Brûlures en urinant, écoulement inhabituel, bouton sur le sexe ou simple doute après un rapport non protégé : il y a de nombreuses raisons de s’interroger sur les infections sexuellement transmissibles (IST), fréquentes et souvent silencieuses. Que vous ayez des symptômes, une prise de risque récente ou simplement des questions, ce guide de l’équipe médicale de Qare vous aide à y voir clair. Vous y trouverez la liste des principales IST, dont la chlamydia et la syphilis, leurs modes de transmission, les signes qui doivent alerter, le dépistage (désormais possible sans ordonnance), les traitements et les moyens de s’en protéger.
Un doute après un rapport à risque ?
Un praticien peut vous orienter en vidéo vers le dépistage adapté et répondre à vos questions, en toute confidentialité.
IST ou MST : de quoi parle-t-on ?
Une infection sexuellement transmissible (IST) est une infection due à une bactérie, un virus ou un parasite qui se transmet principalement lors des rapports sexuels, qu’ils soient vaginaux, anaux ou bucco-génitaux. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) recense plus de 30 agents pathogènes transmissibles par voie sexuelle. On parlait autrefois de maladies sexuellement transmissibles (MST) : le terme IST s’est imposé, car on peut être infecté, et contagieux, sans être malade ni avoir le moindre symptôme.
Quelles sont les principales IST ?
Les IST se distinguent d’abord par l’agent qui les provoque, car c’est lui qui guide le traitement. Les infections dues à des bactéries ou à des parasites se guérissent en général avec un traitement court. Les infections virales se soignent aussi, mais certaines persistent : le traitement les contrôle sans toujours les éliminer. Selon l’OMS, huit infections concentrent l’essentiel des nouveaux cas dans le monde : quatre sont guérissables (syphilis, gonorrhée, chlamydiose et trichomonase) et quatre sont virales et ne se guérissent pas par un traitement (hépatite B, herpès, VIH et papillomavirus), même si l’organisme élimine souvent seul les papillomavirus et, le plus souvent, une hépatite B contractée à l’âge adulte. Chaque jour, plus d’un million de personnes de 15 à 49 ans contractent une IST guérissable, le plus souvent sans symptôme.
| IST | Agent | Signes possibles | Dépistage | Traitement |
|---|
| Chlamydiose | Bactérie (Chlamydia trachomatis) | Souvent aucun ; brûlures, écoulement, douleurs du bas-ventre | PCR sur un auto-prélèvement vaginal ou les urines, parfois la gorge ou l’anus | Antibiotique, guérison |
| Gonorrhée (gonococcie) | Bactérie (Neisseria gonorrhoeae) | Écoulement, brûlures en urinant ; souvent aucun chez la femme | PCR sur un auto-prélèvement vaginal ou les urines, parfois la gorge ou l’anus | Antibiotique en une injection, guérison |
| Syphilis | Bactérie (Treponema pallidum) | Chancre indolore, puis éruption ; parfois aucun | Prise de sang | Pénicilline en injection, guérison |
| Mycoplasma genitalium | Bactérie | Souvent aucun ; écoulement, brûlures | PCR en cas de symptômes | Antibiotique choisi selon les résistances |
| Trichomonase | Parasite (Trichomonas vaginalis) | Souvent aucun, surtout chez l’homme ; pertes malodorantes, démangeaisons | Prélèvement | Antiparasitaire (métronidazole), guérison |
| Herpès génital | Virus (HSV) | Vésicules douloureuses, poussées répétées | Prélèvement d’une lésion | Antiviral, sans guérison définitive |
| Papillomavirus (HPV) | Virus | Souvent aucun ; verrues génitales (condylomes) | Chez la femme, dépistage du cancer du col de l’utérus de 25 à 65 ans ; aucun dépistage chez l’homme | Traitement des lésions ; vaccin préventif |
| VIH | Virus | Souvent aucun ; état grippal au début | Prise de sang, test rapide ou autotest | Antirétroviraux à vie, très efficaces |
| Hépatite B | Virus (VHB) | Souvent aucun ; fatigue, jaunisse | Prise de sang | Guérison spontanée le plus souvent chez l’adulte ; traitement si chronique ; vaccin préventif |
En France, la chlamydiose est l’IST bactérienne la plus fréquente : environ 61 100 personnes ont été diagnostiquées et traitées en ville en 2024, avec le taux le plus élevé chez les femmes de 15 à 25 ans. Pour les gonococcies (25 800 diagnostics en ville) et la syphilis (6 500), le taux de diagnostic a augmenté de 35 % et de 12 % depuis 2022, selon Santé publique France. Chaque infection a son dossier, rédigé et relu par l’équipe médicale de Qare :
- la chlamydia, son dépistage et son traitement ;
- la gonorrhée, ou infection à gonocoque, surnommée « chaude-pisse » ;
- la syphilis et ses trois stades ;
- Mycoplasma genitalium, une IST souvent silencieuse ;
- la trichomonase, due à un parasite, et son traitement ;
- l’herpès génital ;
- les papillomavirus (HPV) et les condylomes, ou verrues génitales ;
- le VIH et le sida, et le dépistage du VIH ;
- les hépatites virales : l’hépatite B et, plus rarement transmises lors des rapports, l’hépatite C et l’hépatite A ;
- les parasites de la peau comme la gale, qui peut se transmettre lors de contacts intimes.
La plupart des IST se transmettent lors de rapports sexuels non protégés, avec ou sans pénétration : rapports vaginaux et anaux, fellation, cunnilingus, anulingus, partage de jouets sexuels. Certaines passent par simple contact de la peau ou des muqueuses, comme l’herpès, les papillomavirus ou la syphilis : le préservatif ne protège alors qu’en partie. Le VIH et les hépatites B et C se transmettent aussi par le sang, notamment lors du partage de matériel d’injection.
Le sexe oral n’est pas sans risque : la gonorrhée, la syphilis, l’herpès, la chlamydia et les papillomavirus peuvent infecter la gorge. Le risque de transmission du VIH lors d’une fellation est en revanche faible, sans être nul.
Une femme enceinte peut aussi transmettre certaines IST à son enfant pendant la grossesse ou l’accouchement : la syphilis, le VIH, l’hépatite B, la chlamydia ou l’herpès, d’où les dépistages proposés pendant la grossesse. Pour l’hépatite C, cette transmission de la mère à l’enfant est possible, surtout en cas d’infection active.
À l’inverse, un baiser ne transmet ni le VIH ni la chlamydia ; l’herpès et, en cas de lésion dans la bouche, la syphilis font exception. Les IST ne s’attrapent pas sur une cuvette de toilettes. Enfin, l’apparence d’une personne ne dit rien de son statut : on peut être porteur d’une IST sans le savoir.
Quels sont les symptômes d’une IST ?
Souvent, une IST ne donne aucun symptôme, ou des signes discrets que l’on ne relie pas à une infection : la chlamydiose n’en donne aucun près d’une fois sur deux, et jusqu’à 70 % des gonococcies passent inaperçues chez la femme, selon l’Assurance Maladie. C’est pour cela que beaucoup de personnes ignorent qu’elles sont infectées et peuvent transmettre l’infection sans le savoir.
Les signes qui doivent alerter
Consultez si vous remarquez :
- un écoulement inhabituel par le vagin, le pénis ou l’anus ;
- des brûlures ou des douleurs en urinant ;
- des démangeaisons ou une irritation des organes génitaux ;
- des boutons, des vésicules, une plaie ou des verrues sur le sexe, l’anus ou dans la bouche ;
- des douleurs dans le bas-ventre ou pendant les rapports ;
- des saignements entre les règles ou après un rapport ;
- une fièvre, une éruption sur la peau ou des ganglions gonflés, parfois quelques semaines après la contamination.
Ces signes peuvent disparaître seuls sans que l’infection soit guérie : c’est le cas du chancre de la syphilis, une petite plaie indolore. Ils peuvent aussi avoir une autre cause, comme une cystite, une mycose ou une vaginose : seul un examen permet de faire la différence.
IST chez la femme
Chez la femme, les IST passent souvent inaperçues ou sont confondues avec une mycose ou une infection urinaire. Des pertes vaginales qui changent d’aspect ou d’odeur, des douleurs pelviennes ou des saignements inhabituels doivent faire consulter un médecin généraliste, un gynécologue ou une sage-femme. Non traitées, la chlamydia et la gonorrhée peuvent atteindre les trompes (salpingite).
IST chez l’homme
Chez l’homme, une IST se manifeste souvent par un écoulement par le pénis ou des brûlures en urinant (urétrite), parfois par une douleur des testicules. Mais la chlamydia, comme le VIH ou la syphilis à certains stades, peut ne donner aucun signe. Pour les autres troubles masculins, consultez notre dossier dédié à la santé masculine.
Est-ce grave d’avoir une IST ?
La plupart des IST se soignent bien lorsqu’elles sont dépistées tôt. Non traitées, certaines peuvent en revanche entraîner des complications durables :
- une infection des trompes, une grossesse extra-utérine ou une infertilité après une chlamydia ou une gonorrhée ;
- des cancers liés aux papillomavirus humains : la quasi-totalité des cancers du col de l’utérus et 90 % des cancers de l’anus, selon l’Institut national du cancer ;
- une cirrhose ou un cancer du foie en cas d’hépatite B chronique ;
- des atteintes du cerveau, des yeux ou du cœur en cas de syphilis non soignée ;
- un affaiblissement des défenses immunitaires jusqu’au sida, sans traitement du VIH ;
- un risque accru de contracter le VIH, car une IST fragilise les muqueuses.
Pendant la grossesse, une IST peut aussi provoquer une fausse couche, un accouchement prématuré ou une infection du nouveau-né.
Dépistage des IST : quand et où le faire ?
Un dépistage est conseillé :
- après un rapport non protégé ou une rupture de préservatif ;
- avec un nouveau partenaire, ou avant d’arrêter le préservatif dans un couple ;
- en cas de symptômes, ou si un partenaire vous annonce une IST ;
- au début d’une grossesse ;
- régulièrement si vous êtes plus exposé : la HAS conseille par exemple un test du VIH tous les 3 mois aux hommes qui ont des rapports avec des hommes ;
- si vous êtes une femme de 15 à 25 ans sexuellement active : la HAS recommande un dépistage systématique de la chlamydia, à refaire chaque année en cas de rapports non protégés avec un nouveau partenaire.
Selon l’infection, le dépistage repose sur une prise de sang (VIH, syphilis, hépatite B), une analyse d’urine ou un auto-prélèvement (chlamydia, gonorrhée), à faire de quelques jours à trois mois après la prise de risque selon l’infection et le test. Les délais, les examens et leur prise en charge sont détaillés dans notre guide du dépistage des IST.
Où se faire dépister ?
- en laboratoire, sans ordonnance ni rendez-vous, grâce au dispositif Mon test IST ;
- dans un CeGIDD (centre gratuit d’information, de dépistage et de diagnostic), gratuitement et, si vous le souhaitez, de façon anonyme ; les mineurs y sont accueillis : l’accord d’un parent reste la règle, mais un médecin peut s’en passer si le mineur veut garder le secret et vient avec un adulte de son choix ;
- dans un centre de santé sexuelle (ancien centre de planification), gratuit pour les mineurs et les personnes sans couverture sociale ;
- chez votre médecin traitant, un gynécologue ou une sage-femme, y compris en téléconsultation pour la prescription des examens ;
- à domicile, avec un kit d’auto-prélèvement pris en charge à 100 % pour les 18-25 ans (chlamydia et gonorrhée) ou un autotest du VIH vendu en pharmacie.
Les résultats sont couverts par le secret médical : ils ne sont communiqués à personne sans votre accord.
Le traitement des IST dépend de l’agent en cause. Les IST dues à des bactéries ou à des parasites (chlamydia, gonorrhée, syphilis, Mycoplasma genitalium, trichomonase) se guérissent en général avec un traitement antibiotique ou antiparasitaire, souvent court, parfois en une seule prise. Le traitement est toujours prescrit par un médecin ou une sage-femme, qui choisit le médicament selon l’infection et la zone touchée : prendre un antibiotique sans avis médical expose à un échec et favorise les résistances.
Les IST virales se soignent aussi : les antirétroviraux contrôlent le VIH, les antiviraux espacent les poussées d’herpès et une hépatite B chronique peut être traitée. Les verrues génitales et les lésions précancéreuses dues aux papillomavirus se traitent localement, par une crème, une cryothérapie, un laser ou une petite chirurgie.
Pour ne pas se recontaminer ni transmettre l’infection, il faut prévenir ses partenaires sexuels récents, pour qu’ils se fassent dépister et traiter. Il faut aussi éviter les rapports, ou utiliser un préservatif, pendant le temps indiqué par le médecin. Le médecin, la sage-femme ou le CeGIDD peuvent vous aider à prévenir vos partenaires, et des outils associatifs gratuits permettent d’envoyer un SMS anonyme à un partenaire.
Le préservatif, externe ou interne, reste le moyen le plus simple de se protéger de la plupart des IST, y compris lors d’une fellation ; pour un cunnilingus ou un anulingus, on peut utiliser une digue dentaire. Les préservatifs sont gratuits en pharmacie pour les moins de 26 ans, sans ordonnance. Ils protègent moins bien de l’herpès et des papillomavirus, qui se transmettent aussi par la peau autour des organes génitaux.
Des vaccins protègent de plusieurs IST virales : le vaccin contre l’hépatite B, obligatoire pour les enfants nés depuis 2018, recommandé en rattrapage avant 16 ans et chez les adultes exposés (partenaires multiples, IST récente, partenaire porteur du virus) ; le vaccin contre les papillomavirus, recommandé aux filles et aux garçons de 11 à 14 ans, avec un rattrapage jusqu’à 26 ans révolus ; et le vaccin contre l’hépatite A, recommandé notamment aux hommes ayant des rapports avec des hommes.
Contre le VIH, la PrEP, un traitement préventif, protège très efficacement les personnes exposées ; tout médecin peut la prescrire et elle est remboursée à 100 %. Après une prise de risque, un traitement post-exposition (TPE) peut être prescrit aux urgences ou dans un CeGIDD : il doit commencer le plus tôt possible, idéalement dans les 4 heures, et au plus tard dans les 48 heures.
Enfin, une personne vivant avec le VIH dont le traitement maintient la charge virale indétectable ne transmet pas le virus à ses partenaires sexuels, selon l’OMS : c’est le principe « indétectable = intransmissible ».
Le dépistage régulier complète ces protections : comme beaucoup d’IST ne donnent aucun symptôme, c’est le seul moyen de les traiter tôt et d’éviter leurs complications.
Parler d’une IST à un médecin en téléconsultation
Vous pouvez parler d’une IST à un médecin généraliste, à un gynécologue ou à une sage-femme en vidéo, par exemple sur Qare : le professionnel fait le point sur vos symptômes et la prise de risque, vous prescrit les examens de dépistage adaptés, vous aide à lire les résultats et peut, si nécessaire, prescrire le traitement. Une consultation au cabinet reste parfois nécessaire, par exemple pour examiner une lésion. En France, une prescription en ligne doit reposer sur un échange direct avec le professionnel de santé, en vidéo ou par téléphone, et non sur un simple questionnaire.
Une téléconsultation avec un médecin généraliste de secteur 1 coûte 25 € ; elle est remboursée à 70 % par l’Assurance Maladie, moins la participation forfaitaire de 2 €, dans le respect du parcours de soins.