
Hépatite C : symptômes, transmission et comment guérir
Comment attraper l'hépatite C et est-ce grave ? Retrouvez tout ce qu'il faut savoir sur cette infection du foie.
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10 min de lecturePublié le 16/10/26

Identifier ces manifestations est utile, mais aucun symptôme ne permet, à lui seul, d’affirmer ou d’exclure une hépatite C. En cas d’exposition au virus, seul un dépistage adapté permet de savoir si l’on est infecté.
Après une contamination par le virus de l’hépatite C (VHC), la phase aiguë correspond aux premiers mois de l’infection. Selon l’Assurance maladie, celle-ci passe inaperçue dans environ 90 % des cas : la personne ne ressent rien ou présente des signes trop discrets pour évoquer spontanément une hépatite.
Il est donc possible d’avoir une hépatite C et de se sentir en bonne santé. Cela n’empêche pas le virus d’être présent dans le sang ni de se transmettre lors d’une exposition à du sang contaminé.
Quand des symptômes se manifestent, leur intensité varie d’une personne à l’autre. Les principaux signes décrits sont :
Ces symptômes ne sont pas propres à l’hépatite C. Ils peuvent notamment être liés à d’autres infections ou maladies du foie. Leur apparition justifie un avis médical, particulièrement lorsqu’ils surviennent après une exposition possible au VHC.
Lorsqu’ils existent, les symptômes apparaissent le plus souvent entre deux et douze semaines après la contamination. Leur apparition peut toutefois être plus tardive, jusqu’à environ six mois. Le délai d’apparition des signes ne permet donc pas de dater précisément l’infection.
À l’inverse, ne rien ressentir plusieurs semaines après une prise de risque n’est pas rassurant à lui seul : le test de dépistage reste nécessaire.
L’ictère apparaît lorsqu’un pigment appelé bilirubine s’accumule dans l’organisme. Une atteinte du foie peut perturber sa transformation et son élimination. Le blanc des yeux et la peau prennent alors une teinte jaune ; les urines peuvent foncer et les selles devenir pâles.
La jaunisse n’est cependant ni constante dans l’hépatite C ni spécifique de cette infection. Elle nécessite une consultation médicale rapide pour en rechercher la cause.
On parle d’hépatite C chronique lorsque l’ARN du virus reste détectable au-delà de six mois. Environ 70 % des personnes infectées développent une forme chronique, tandis qu’environ 30 % éliminent spontanément le virus dans les six premiers mois. Ces proportions peuvent varier selon les populations étudiées.
Une hépatite C chronique ne provoque pas nécessairement de symptômes, même lorsqu’une inflammation et une fibrose du foie progressent. La découverte de l’infection survient souvent à l’occasion d’un dépistage ou d’un bilan sanguin.
Certaines personnes décrivent une fatigue durable, une sensation de faiblesse, une baisse de l’appétit ou une gêne dans la partie supérieure droite de l’abdomen. Des difficultés de concentration ou des troubles de l’humeur peuvent également être rapportés.
Ces manifestations sont très peu spécifiques et leur présence ne permet pas d’évaluer la gravité de l’atteinte hépatique. Une personne très fatiguée peut avoir un foie peu atteint ; inversement, une fibrose importante peut rester silencieuse.
Il faut distinguer les manifestations qui peuvent être associées au VHC de celles qui traduisent une maladie du foie avancée :
Une éruption cutanée isolée ne permet pas de diagnostiquer l’infection. Un médecin pourra apprécier les signes associés et proposer les examens appropriés.
Oui. L’hépatite C est principalement une infection du foie, mais elle peut parfois s’accompagner de manifestations dites extra-hépatiques. Certaines personnes présentent des douleurs articulaires ou musculaires, des atteintes nerveuses avec fourmillements, une sécheresse des yeux ou de la bouche, ou plus rarement une atteinte des reins.
Une partie de ces complications est liée à des troubles immunitaires, notamment à la cryoglobulinémie. Elles nécessitent une évaluation médicale, mais ne concernent pas toutes les personnes vivant avec une hépatite C.
Une inflammation chronique non traitée peut entraîner progressivement une fibrose, c’est-à-dire la formation de tissu cicatriciel dans le foie. À un stade avancé, cette fibrose peut évoluer vers une cirrhose. Selon l’OMS, en l’absence de traitement, environ 15 à 30 % des personnes ayant une infection chronique développent une cirrhose dans les vingt années suivant l’infection.
Ce risque dépend notamment de la durée de l’infection, de la consommation d’alcool, d’éventuelles co-infections et de facteurs métaboliques. Toute hépatite C chronique ne conduit donc pas à une cirrhose.
Lorsque le foie ne parvient plus à assurer correctement ses fonctions, des signes plus évocateurs peuvent apparaître :
Ces signes sont ceux de complications d’une maladie hépatique avancée : ils ne décrivent pas l’évolution habituelle de toutes les hépatites C. Une cirrhose peut également rester longtemps sans symptôme.
En savoir plus sur la cirrhose du foie.
Une jaunisse récente, des urines très foncées associées à des selles pâles, un ventre qui gonfle ou des œdèmes inhabituels justifient un avis médical sans tarder.
En cas de vomissements de sang, de selles noires évoquant un saignement digestif, de confusion soudaine ou de somnolence anormale importante, appelez le 15 ou le 112 : ces signes peuvent correspondre à une urgence, notamment chez une personne souffrant d’une maladie du foie.
Non. La fatigue, les nausées, les douleurs abdominales et les démangeaisons sont communes à de nombreuses situations médicales. Même une jaunisse ne permet pas de désigner à elle seule le virus de l’hépatite C. À l’inverse, une personne sans symptôme peut être infectée.
Le diagnostic repose sur des examens biologiques. Le bilan peut également mesurer les transaminases (ALAT, ASAT), qui renseignent sur une inflammation du foie, mais une valeur normale n’exclut pas une infection par le VHC.
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En France, le dépistage est recommandé en particulier en présence de facteurs d’exposition. Il est pertinent d’en parler à un professionnel de santé, notamment dans les situations suivantes :
Il n’est pas nécessaire d’attendre des symptômes pour demander conseil ou réaliser un dépistage. Le professionnel de santé adapte la démarche à la situation et au délai depuis l’exposition.
Le diagnostic se fait généralement en deux étapes :
Une exposition très récente peut entraîner une sérologie encore négative. Selon l’Assurance maladie, le dépistage par anticorps est considéré comme fiable trois mois après la dernière prise de risque. Avant ce délai, un médecin peut prescrire une recherche de l’ARN viral et programmer un contrôle. En cas d’immunodépression, l’interprétation et les examens peuvent aussi être adaptés.
Une sérologie peut être réalisée dans un laboratoire d’analyses médicales, sur prescription. Les CeGIDD proposent également un dépistage gratuit. Dans certains établissements et associations habilités, un test rapide d’orientation diagnostique (TROD) peut être proposé ; un résultat positif doit ensuite être confirmé par des examens biologiques.
Pour évaluer l’état du foie après un diagnostic, le médecin peut demander un bilan sanguin, des scores de fibrose et/ou une élastographie (FibroScan). Ces examens évaluent les lésions hépatiques ; ils ne remplacent pas le test qui recherche le virus.
Dans la grande majorité des cas, l’hépatite C peut aujourd’hui être guérie. Les antiviraux à action directe (AAD) empêchent le virus de se multiplier. Le traitement dure le plus souvent huit à douze semaines, parfois davantage selon la situation, et permet une guérison virologique dans plus de 95 % des cas.
Le traitement peut être prescrit dans un parcours simplifié, notamment par un médecin généraliste formé, lorsque la situation le permet. Les personnes ayant une cirrhose, des co-infections ou d’autres situations complexes bénéficient d’une prise en charge spécialisée. Le choix des médicaments dépend du bilan médical et des interactions possibles avec les autres traitements.
La guérison est habituellement confirmée par l’absence d’ARN du VHC dans le sang douze semaines après la fin du traitement, ce qu’on appelle la réponse virologique soutenue. Les anticorps anti-VHC peuvent rester positifs après la guérison : cela ne signifie pas que le virus est toujours présent.
La fatigue ou certaines manifestations extra-hépatiques peuvent s’améliorer après l’élimination du virus, sans garantie de disparition immédiate. Si une fibrose avancée ou une cirrhose existe déjà, une surveillance du foie reste nécessaire, notamment vis-à-vis du cancer du foie. À l’inverse, le suivi à long terme n’est pas identique pour toutes les personnes guéries.
La guérison ne protège pas contre une nouvelle contamination : une réinfection reste possible en cas de nouvelle exposition.
Le VHC se transmet principalement par contact avec du sang infecté. Les principaux moyens de prévention consistent à ne pas partager le matériel d’injection ou de consommation de drogues, les rasoirs et les objets pouvant porter des traces de sang, et à s’assurer de la stérilité du matériel utilisé pour les soins, tatouages et piercings.
La transmission sexuelle est possible, notamment lorsqu’il existe une exposition au sang, mais elle est généralement moins fréquente que la transmission sanguine directe. Une transmission de la mère à l’enfant peut également survenir pendant la grossesse ou l’accouchement.
L’hépatite C ne s’attrape pas en serrant la main, en partageant un repas, en s’embrassant dans les situations ordinaires ni par l’eau ou les aliments. Il n’existe actuellement aucun vaccin contre le VHC, contrairement à l’hépatite B.
Pour approfondir, consultez notre article sur les symptômes et la transmission de l’hépatite B.
Oui. L’infection est le plus souvent silencieuse au début et peut rester asymptomatique pendant des années. La seule façon de connaître son statut après une exposition est de réaliser un dépistage adapté.
Les symptômes, lorsqu’ils surviennent, apparaissent habituellement deux à douze semaines après la contamination, parfois jusqu’à six mois. Beaucoup de personnes ne présentent aucun signe pendant cette période.
Non. Une fatigue intense ou persistante peut accompagner une hépatite C aiguë ou chronique, mais elle est très fréquente dans d’autres situations. Elle ne suffit pas à orienter le diagnostic sans contexte et examens complémentaires.
Des démangeaisons ou certaines lésions cutanées peuvent être observées, mais elles sont loin d’être systématiques. Le purpura lié à une vascularite ou les cloques d’une porphyrie cutanée tardive sont des manifestations particulières, et non des signes présents chez tous les patients.
Une gêne ou une douleur dans la partie supérieure droite de l’abdomen est possible, mais elle n’est ni constante ni spécifique. Une douleur importante, persistante ou associée à une jaunisse doit conduire à consulter pour en déterminer la cause.
Ce n’est pas l’intensité des symptômes qui définit la chronicité. Une infection est dite chronique lorsque la présence de l’ARN du VHC persiste au-delà de six mois, ce que les examens biologiques permettent d’établir.
Oui. Les traitements actuels permettent une guérison virologique chez plus de 95 % des personnes traitées, mais ils ne créent pas d’immunité protectrice. Une nouvelle exposition au sang infecté peut entraîner une réinfection.
Sources officielles.
Nos articles citent des sources officielles : HAS, Ameli, études cliniques.
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