Qu’est-ce que la trichomonase exactement ?
La trichomonase est une infection liée à un parasite appelé Trichomonas vaginalis. Il colonise principalement les voies urogénitales. Chez la femme, il peut infecter la vulve, le vagin, le col de l’utérus et l’urètre. Chez l’homme, l’infection est souvent asymptomatique et touche principalement l’urètre.
Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), environ 156 millions de nouvelles infections à Trichomonas vaginalis ont été estimées en 2020 chez les personnes âgées de 15 à 49 ans dans le monde.
Le parasite se transmet principalement lors de contacts sexuels impliquant les voies génitales. Très sensible à la dessiccation, il survit mal hors de l’organisme. Une contamination indirecte par du linge humide ou des objets de toilette n’a pas été formellement établie et ne constitue pas un mode habituel de transmission.
Les symptômes
Chez la femme, l’infection est asymptomatique dans 10 à 50 % des cas. Chez l’homme, elle peut également rester asymptomatique, notamment dans 15 à 50 % des cas selon les données reprises par la HAS.
Chez les femmes, les symptômes les plus fréquents sont des pertes vaginales jaunâtres ou verdâtres, parfois malodorantes, associées à des démangeaisons ainsi qu’à des brûlures lors des mictions ou des rapports sexuels.
Chez les hommes, l’infection reste souvent asymptomatique. Lorsqu’ils sont présents, les symptômes peuvent inclure des brûlures lors de la miction, un écoulement urétral ou une irritation de l’urètre.
La période d’incubation est généralement comprise entre 4 et 28 jours. Toutefois, l’absence de symptômes n’empêche pas l’infection de persister pendant plusieurs mois, voire plusieurs années, si elle n’est pas traitée.
Peut-on l’attraper sans rapport sexuel ?
Trichomonas vaginalis survit mal hors de l’organisme et est très sensible à la dessiccation.
La contamination indirecte par du linge humide ou des objets de toilette n’a pas été formellement établie. Les piscines et les sièges publics ne sont pas considérés comme des modes habituels de transmission.
La trichomonase est avant tout une infection sexuellement transmissible. Lorsqu’elle est diagnostiquée longtemps après le dernier rapport sexuel, une infection ancienne restée asymptomatique pendant plusieurs mois ou années est une explication possible. Le diagnostic ne permet pas de dater précisément la contamination.
Pourquoi l’infection apparaît-elle si tard ?
Trichomonas vaginalis peut rester longtemps asymptomatique. Une personne peut donc être infectée sans présenter de signe évocateur et découvrir l’infection seulement à l’occasion de symptômes tardifs ou d’un dépistage.
Une infection non traitée peut persister pendant plusieurs mois, voire plusieurs années. Sa découverte tardive ne signifie donc pas nécessairement que la contamination est récente, et aucun test ne permet d’en déterminer précisément la date.
Le diagnostic ne permet donc pas, à lui seul, de conclure à une contamination récente ni d’en déterminer l’origine avec certitude.
Dépistage et diagnostic : lever le doute
Le diagnostic repose sur un prélèvement analysé en laboratoire. L’examen direct à l’état frais permet de visualiser le parasite, mais sa sensibilité est limitée. Des tests moléculaires par amplification des acides nucléiques (TAAN/PCR), plus sensibles, sont également disponibles dans certains laboratoires.
L’examen microscopique à l’état frais a l’avantage d’être rapide, mais sa sensibilité est estimée entre 38 et 65 % et dépend notamment des conditions de prélèvement et de l’expérience de l’opérateur.
Les principales méthodes utilisées pour rechercher Trichomonas vaginalis n’ont pas les mêmes performances ni la même place en pratique :
| Méthode | Performance / place | Délai | Point clé |
|---|
| Examen direct | Sensibilité : 38 à 65 % | Immédiat | Rapide ; spécificité élevée |
| Culture | Rarement réalisée | Plusieurs jours | Réservée notamment aux formes résistantes |
| Test TAAN/PCR | Sensibilité élevée selon le test | Selon le laboratoire | Détection moléculaire ; parfois couplée à d’autres IST |
Un doute après un rapport à risque ?
Un praticien peut vous orienter en vidéo vers le dépistage adapté et répondre à vos questions, en toute confidentialité.
Une fois le diagnostic posé, un traitement adapté permet généralement de guérir l’infection.
Le traitement simultané des partenaires
Les partenaires sexuels doivent être informés et pris en charge afin de limiter le risque de réinfection. Selon les recommandations françaises, le ou les partenaires doivent être dépistés et traités simultanément, y compris lorsque leur prélèvement est négatif.
Une réinfection peut survenir si un partenaire n’est pas traité en même temps. La prise en charge simultanée des partenaires est donc essentielle, même en cas de prélèvement négatif.
Selon les recommandations françaises, le traitement de première intention repose sur le métronidazole 500 mg matin et soir pendant sept jours. Le traitement doit être suivi jusqu’au bout. Il est recommandé de s’abstenir de rapports sexuels ou d’utiliser un préservatif jusqu’à la fin du traitement de la personne infectée et de son ou ses partenaires. Une trichomonase traitée ne protège pas contre une nouvelle infection ultérieure.
Il faut éviter l’alcool pendant le traitement par métronidazole et suivre les consignes données par le prescripteur.
Un dépistage des autres infections sexuellement transmissibles est recommandé afin de rechercher d’éventuelles co-infections.
Prévention et complications possibles
Une trichomonase non traitée peut persister et est associée à un risque accru d’acquisition ou de transmission du VIH. Chez la femme enceinte, l’infection est également associée à certaines issues obstétricales défavorables, notamment la prématurité et un faible poids de naissance.
L’utilisation correcte et régulière du préservatif réduit le risque de transmission de la trichomonase, sans garantir une protection absolue.
Le diagnostic et le traitement permettent de réduire les symptômes, la transmission du parasite et le risque de réinfection lorsque les partenaires sont pris en charge simultanément.
La transmission de la trichomonase est principalement sexuelle. En l’absence de rapport récent, une infection ancienne restée silencieuse est l’explication la plus probable. En cas de doute, un test et une prise en charge des partenaires permettent de traiter l’infection et de limiter les réinfections.