
Agoraphobie : comment la reconnaître et la soigner ?
L'agoraphobie se caractérise par une peur des lieux publics, d'où il serait difficile de s'extirper. Quelles en sont les causes ? Et comment la soigner ?
Article relu par un professionnel de santé
9 min de lectureMis à jour le 24/09/26Publié le 23/04/20

La phobie est un trouble anxieux spécifique caractérisé par une peur intense, irrationnelle et incontrôlable face à un objet ou une situation déterminée.
Le conseil clé : En cas de peur intense et persistante perturbant le quotidien, consultez un médecin pour un bilan et une orientation vers une prise en charge adaptée.
Informations vérifiées en 2026 — Sources : HAS, Ameli.fr, Sécurité Sociale
Une phobie c’est la peur intense et irrationnelle de quelque chose. C’est très courant : 10 à 20% de la population développe une forme ou une autre de phobie. Mais quand une phobie a un retentissement sur la vie de tous les jours, elle devient un trouble qu’il faut soigner. L’équipe médicale de Qare vous aide à bien identifier une phobie et savoir comment réagir.
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Avoir peur, c’est normal, c’est un réflexe naturel de survie. La peur devient une phobie quand elle n’est plus liée à un danger : on est terrorisé par quelque chose qui n’est en soi pas dangereux :
Quand la peur devient excessive et perturbe la vie de tous les jours, il faut la soigner et pour cela, il faut penser à consulter ou téléconsulter un médecin ou un psychologue.
Une phobie provoque des symptômes violents et difficiles voire impossibles à contrôler. Quand on est face à l’élément qui provoque la phobie, on peut avoir une montée d’angoisse, une appréhension douloureuse, le cœur qui se met à battre très vite… Il y a souvent un mélange de troubles psychologique et physiques : démangeaisons, migraines…
Autre caractéristique de définition de la phobie : les symptômes apparaissent parfois dès que l’on pense à la chose qui nous fait peur, même si elle n’est pas présente. On parle d’anxiété d’anticipation. En cas de phobie du sang, par exemple, il suffit d’imaginer une situation avec du sang pour ressentir une anxiété douloureuse et les symptômes qui l’accompagnent.
Dans certains cas, la phobie peut déclencher une véritable attaque de panique. C’est une crise d’angoisse brutale, qui dure une vingtaine de minutes. Par exemple, lorsque quelqu’un a la phobie de la solitude et qu’il se retrouve seul. Il y a un sentiment de peur intense, une impression de danger immédiat et des signes physiques violents :
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Dans ce contexte, certains troubles anxieux comme les troubles obsessionnels compulsifs peuvent coexister avec des phobies et amplifier ces réactions de panique.
La phobie est classée médicalement dans les troubles de l’anxiété. Elle ne devient une maladie que si elle gêne vraiment la vie sociale, familiale ou professionnelle. Il ne faut pas non plus hésiter à consulter un médecin si l’on commence à soigner l’angoisse de la phobie par des addictions : café, alcool, drogues… ou si on souffre de troubles somatiques, comme des migraines ou le syndrome du colon irritable.
Certaines phobies n’ont pas besoin d’une prise en charge médicale, même si elles sont fortes, car elles ne perturbent pas la vie de tous les jours. Si on a la phobie des clowns, par exemple, il n’est pas compliqué d’éviter les cirques et les films où il y a des clowns. On appelle cela une stratégie d’évitement. Malheureusement elle ne peut pas toujours être pratiquée : si vous souffrez d’ailourophobie, la phobie des chats, vous aurez du mal à toujours éviter leur vue.
Bon à savoir : la phobie d’impulsion fait partie des TOC ; ce n’est pas un élément extérieur qui la déclenche.
Lorsque la phobie conduit à soigner une addiction, une prise en charge spécialisée est indispensable pour traiter simultanément les deux troubles.
Souvent, on connaît bien sa phobie. Dans d’autres cas, c’est notre entourage qui nous la fait remarquer. Pour diagnostiquer un trouble phobique qui a besoin d’être soigné, les médecins s’appuient sur plusieurs critères :
Si vous pensez que votre phobie répond à ces critères, vous devriez consulter un médecin. La télémédecine est tout à fait adaptée dans ce cas, puisqu’un examen clinique n’est pas nécessaire.
Voir aussi : psychiatres
Bon à savoir : la trypophobie ou peur des trous a été identifiée en 2005. Même si elle ne fait pas partie de la liste des vraies phobies, comme la phobie sociale par exemple, elle est handicapante au quotidien et requiert également un suivi psychologique.

Il existe plusieurs types de phobies :
Les phobies les plus fréquentes sont réunies sous le terme de phobies simples. Ce sont toutes les phobies provoquées par une chose ou une situation spécifique. Elles démarrent souvent dans l’enfance ou à la fin de l’adolescence. On y trouve notamment :
Il est impossible de faire une liste exhaustive des phobies : il en existe près de 6000 formes. Certaines sont bien connues, comme la peur des espaces clos (claustrophobie) ou bien la peur du sang. D’autres sont moins fréquentes mais tout aussi difficiles à vivre : par exemple la phobie des pieds. Enfin, certaines phobies paraissent franchement insolites : phobie des trous, phobie des fleurs, phobie des nains…
Dans tous les cas, une phobie peut être source de réelle souffrance. N’hésitez pas à consulter un médecin ou un psychologue même si votre phobie vous paraît bizarre, si elle vous gêne dans votre vie quotidienne.
A noter : la “phobie administrative”, ou phobie des formalités administratives, est considérée davantage comme une forme de procrastination que comme une phobie.
Quand on souffre d’agoraphobie, on a peur de se trouver dans un lieu public ou dans un grand espace clos dont on ne peut pas s’échapper. Il ne s’agit donc pas seulement d’une phobie de la foule. On peut être agoraphobe dans des bus, des trains, des cinémas, des centres commerciaux, mais aussi dans des parcs isolés.
L’agoraphobie apparaît souvent entre 18 et 35 ans et touche majoritairement les femmes. peut s’avérer un gros handicap dans la vie de tous les jours si elle n’est pas soignée. Certaines personnes restent cloîtrées chez elles et ne parviennent presque plus à sortir. Il est donc important de consulter un médecin ou un psychologue dès qu’on pense avoir des symptômes d’agoraphobie, avant qu’ils ne s’aggravent.
La phobie sociale est bien plus intense qu’un simple malaise en société ou que l’anxiété sociale. Elle correspond à la crainte persistante et intense d’être jugé par les autres, de se sentir ridicule ou humilié. Il ne s’agit pas simplement de timidité même si certains symptômes y ressemblent (le fait de rougir par exemple). En cas de phobie sociale, on peut avoir des tremblements, des palpitations cardiaques ou des nausées. Parfois cela va jusqu’à l’attaque de panique.
Quand on est atteint de ce type de phobie, cela devient tellement douloureux de se trouver avec d’autres personnes que l’on cherche au maximum à éviter les relations et interactions sociales : réunions de bureau, invitations, examens… La personne atteinte est tout à fait consciente qu’il n’y a pas de danger à participer à ces événements mais elle n’arrive pas à dépasser sa peur. Ça rend sa vie quotidienne très compliquée.
La phobie sociale touche 3% de la population, aussi bien masculine que féminine. Ses symptômes ont tendance à s’aggraver dans le temps. Il ne faut donc pas hésiter à appeler un médecin s’ils deviennent gênants. Il s’agit d’une maladie qui est connue, vous n’êtes pas seul à en éprouver les symptômes ; le médecin ou le psychologue saura vous écouter et vous proposer des solutions.
Soigner une phobie, c’est possible. Et c’est important. En effet si on ne soigne pas la phobie, on risque de vouloir soulager ses angoisses avec des addictions. Et dans certains cas, une phobie non soignée peut mener à la dépression.
Par ailleurs, une phobie non traitée peut s’aggraver la nuit, provoquant des angoisses nocturnes intenses qui perturbent le sommeil et fragilisent l’équilibre psychologique.
Le traitement le plus efficace des phobies simples consiste en une thérapie comportementale et cognitive (TCC). Avec l’aide d’un professionnel formé, médecin généraliste, psychiatre ou psychologue, vous apprendrez petit à petit à vous confronter aux situations qui vous font peur. Au bout de 12 à 25 séances, cette thérapie aboutit à une désensibilisation, un déconditionnement de la peur. L’hypnose médicale a également montré son utilité dans certains cas de phobie mais elle n’est pas remboursée.

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En cas de phobie plus importante, agoraphobie et phobie sociale, un soutien psychologique est essentiel, en plus d’une TCC. Il peut être assuré par un psychologue ou par un psychiatre, en fonction des cas. En complément, la thérapie de groupe se révèle très efficace mais n’est pas remboursée. Un travail psychologique de fond, d’inspiration psychanalytique, a parfois son utilité pour comprendre l’origine de la phobie.
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Enfin, dans certains cas de phobies compliquées, ou en alternative d’une thérapie, le médecin généraliste peut vous proposer un traitement médicamenteux : antidépresseurs ou anxiolytiques. Les médicaments anxiolytiques (benzodiazépines) se prennent sur une durée assez courte mais permettent d’éviter les symptômes liés à la panique.
En plus d’un traitement psychologique, une vie quotidienne bien équilibrée vous aidera à lutter contre une phobie trop envahissante.
Notre conseil : dès qu’une phobie a un retentissement sur la vie de tous les jours, il faut bien penser à consulter avant qu’elle ne devienne une vraie pathologie.
Photo : Alex Green / Pexels
Réponses relues par notre équipe médicale.
Parmi les phobies fréquentes, on retrouve la peur des araignées, des serpents, des hauteurs, des espaces clos, de l’avion, du sang, des injections, des animaux, de la foule et des situations sociales. La fréquence varie selon les études et les populations.
On distingue les phobies spécifiques, comme la peur d’un animal ou d’une situation précise ; la phobie sociale, liée au regard des autres ; et l’agoraphobie, liée à certains lieux ou situations dont il semble difficile de s’échapper.
La peur est une réaction normale face à un danger réel ou perçu. La phobie est une peur intense, durable et disproportionnée, qui entraîne souvent de l’évitement et gêne la vie quotidienne, même lorsque le danger objectif est faible.
Une phobie est une peur excessive et persistante d’un objet, d’un animal, d’une situation ou d’un contexte précis. Elle provoque une anxiété importante et conduit souvent la personne à éviter ce qui déclenche sa peur.
Sources officielles consultées le 24/09/2026.
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