Anorexie mentale : comment reconnaître ce trouble de la conduite alimentaire et s’en libérer ?

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A ne pas confondre avec l’anorexie qui est une perte ou diminution de l’appétit involontaire (liée à une maladie physique par exemple), l’anorexie mentale est plutôt rare. Selon la Haute Autorité de Santé (HAS), ce trouble de la conduite alimentaire touche 0,9 à 1,5% des femmes et 0,2 à 0,3% des hommes. Nous vous donnons les clés pour mieux le comprendre, ainsi que les conséquences pour ceux qui en souffrent et leur entourage.

Qu’est-ce qu’un trouble de la conduite alimentaire ?

L’anorexie mentale, tout comme la boulimie et l’hyperphagie boulimique, fait partie des troubles de la conduite alimentaire (TCA), aussi appelés troubles du comportement alimentaire. Ils se caractérisent par un rapport conflictuel à l’image du corps et particulièrement au poids, qui se manifeste par une perturbation de la relation à l’alimentation.

Comment définit-t-on l’anorexie mentale ?

Le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (ou DSM-5) émane de l’Association Américaine de Psychiatrie et est un livre de référence pour les professionnels de la santé mentale. 

Il définit l’anorexie mentale selon 3 critères :

  • Des restrictions alimentaires importantes, responsables du maintien d’un poids anormalement bas (en fonction du sexe, de l’âge…) ;
  • Une peur intense de prendre du poids alors qu’il est déjà très bas ;
  • Une perturbation de la perception de l’image du corps, une influence excessive du poids sur l’estime de soi ou des difficultés à percevoir la gravité relative à sa maigreur.

Le DSM-5 établit aussi une différence entre l’anorexie mentale restrictive et l’anorexie mentale boulimique avec purge. Cette dernière est une anorexie mentale qui s’accompagne d’épisodes de boulimie.

A noter : l’hyperactivité, les obsessions alimentaires, un retard de croissance chez l’adolescent ou un surinvestissement intellectuel au travail ou à l’école font aussi partie des signes associés à l’anorexie mentale. Ce n’est en revanche plus le cas de l’absence de règles (aménorrhée) car elle peut être masquée par la prise de la pilule œstroprogestative.

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Quels sont les autres troubles de la conduite alimentaire ?

Les autres troubles de la conduite alimentaire, qui peuvent parfois être associés à l’anorexie mentale, sont la boulimie mentale et l’hyperphagie boulimique.

La boulimie est définie par des prises alimentaires excessives et compulsives qui sont suivies de comportements compensatoires. La personne boulimique se fait alors vomir, prend des laxatifs, jeûne et/ou fait du sport pour éliminer les calories qu’elle vient d’avaler.

Dans le cas de l’hyperphagie boulimique, ces épisodes boulimiques ne sont pas suivis de comportements compensatoires. Il est donc courant que les personnes souffrant de ce trouble soient également en surpoids ou en situation d’obésité.

Quelles sont les causes de l’anorexie mentale ?

Les causes de l’anorexie mentale sont multiples et diffèrent selon les personnes. On peut cependant distinguer différentes causes : 

  • Les facteurs génétiques : on a plus de risques de devenir anorexique si on a dans son entourage familial proche une personne anorexique. Cela peut être lié à la présence de facteurs hormonaux communs (notamment ceux responsables de la régulation de l’appétit) ou à un effet de mimétisme. 
  • Les facteurs psychologiques : les troubles de la conduite alimentaires sont souvent associés aux troubles dépressifs, aux troubles anxieux, à des bouleversements de la vie qui sont mal vécus (puberté, deuil…), des troubles de la personnalité, du perfectionnisme et/ou une faible estime de soi.
  • Les facteurs environnementaux : on observe que l’anorexie est plus présente dans les milieux professionnels (mannequinat, sport de haut niveau…), les familles et les cultures où l’image du corps a une place très importante.

Comment savoir si je souffre d’anorexie mentale ?

Déterminer seul si un comportement alimentaire qui semble inhabituel relève d’un trouble de la conduite alimentaire ou d’une anxiété alimentaire grandissante peut être délicat. On peut néanmoins s’appuyer sur les observations de son entourage, les outils d’auto-évaluation et le diagnostic d’un médecin ou professionnel de santé.

Qui peut être concerné par l’anorexie mentale ?

L’anorexie mentale peut concerner tout le monde et à tout âge. Mais elle touche surtout les femmes (80% des cas) qui sont particulièrement visées par les injonctions et diktats sociaux les poussant à vouloir un corps dit parfait. Les régimes amaigrissants et le désir de se conformer aux standards de beauté constituent ainsi la porte d’entrée des déséquilibres alimentaires.  

Chez l’homme, l’anorexie mentale est plus rare et plus difficile à déceler. Elle touche particulièrement les sportifs et se caractérise par une obsession pour le fait de manger sain, une grande sélection alimentaire et une pratique sportive intensive.

De manière générale, l’anorexie mentale fait son apparition chez l’adolescent, avec des pic entre 13 et 14 ans et entre 16 et 17 ans. Elle peut cependant se développer dès l’enfance, ou plus tard à l’âge adulte (suite à un traumatisme par exemple).

Chez la personne âgée, à moins qu’il y ait un passif d’anorexie mentale, on parle le plus souvent d’anorexie. Cette perte d’appétit peut être associée à des épisodes dépressifs, dûs parfois à l’isolement ou à la perte d’un proche.

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Comment diagnostiquer l’anorexie mentale ?

Plusieurs outils d’auto-évaluation existent afin de déterminer si on souffre d’un trouble du comportement alimentaire, comme le questionnaire SCOFF-F ou le Yale Food Addiction Scale (YFAS). Ces tests sont gratuits et permettent d’évaluer si les symptômes peuvent relever d’un rapport pathologique à l’alimentation. Ils ne remplacent cependant pas un diagnostic réalisé auprès d’un professionnel de la santé mentale, comme un psychiatre, un pédopsychiatre ou un psychologue. Vous pouvez retrouver ces tests sur l’application de soutien psychologique Mon Sherpa.

Quelles sont les complications liées à l’anorexie mentale ?

L’anorexie mentale impacte la santé physique et mentale de la personne qui en souffre, mais elle a également des conséquences sur sa vie sociale.

Les conséquences sur la santé physique Les conséquences sur la santé mentale Les conséquences sur la vie sociale
  • Des problèmes de dents : caries, gingivite et érosion de l’émail dues aux vomissements 
  • Lésions de l’estomac (particulièrement de l’oesophage), liées à l’acidité des reflux lors des vomissements
  • Anémie et fatigue causées par les carences en fer et en vitamine B
  • Troubles cardiaques et rénaux dus aux pertes en minéraux 
  • Augmentation du risque d’ostéoporose, de perte de cheveux, de troubles de la fertilité et d’autres complications
  • Anxiété
  • Dépression
  • Idées suicidaires
  • Pensées obsessionnelles
  • Baisse de l’estime de soi
  • Repli sur soi et isolement
  • Difficultés relationnelles avec le cercle proche, notamment les personnes avec lesquelles on vit
  • Possibles difficultés professionnelles ou scolaires dans les cas graves

 

Comment guérit-on de l’anorexie mentale ?

Même si le processus est long, il est heureusement possible de sortir de l’anorexie mentale. Le premier pas consiste en général à sortir de son isolement  afin de solliciter l’aide de son entourage et d’un médecin ou professionnel de santé.

Parler pour se libérer de l’anorexie mentale

La guérison de l’anorexie mentale, si elle résulte d’une volonté individuelle, passe aussi par les autres. Même si les personnes souffrant d’anorexie mentale ont souvent des stratégies pour cacher leurs maux et se replient sur eux-même, c’est souvent l’entourage (famille, amis, médecin, infirmière scolaire…) qui remarque une perte de poids importante ou des comportements alimentaires inhabituels. 

Une fois la prise de conscience réalisée, la meilleure option est de parler de son anorexie mentale. On peut dans un premier temps s’ouvrir à une personne proche ou bien solliciter directement un professionnel de santé (médecin généraliste, psychiatre, psychologue…). La combinaison du soutien de l’entourage et de l’accompagnement thérapeutique (via des psychothérapies individuelles, en famille et/ou avec un groupe) est le traitement qui donne les meilleurs résultats pour sortir de l’anorexie mentale.

La patience est de mise car la guérison est souvent longue. Elle peut prendre plusieurs années et implique parfois des rechutes. Néanmoins, avec une bonne prise en charge, il est possible de laisser l’anorexie mentale derrière soi et de retrouver un rapport épanouissant à son corps et son alimentation.

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L’hospitalisation : le dernier recours en cas d’anorexie mentale grave

Dans les cas où l’anorexie mentale met la personne qui en souffre en danger de mort, l’hospitalisation est nécessaire. La décision est prise en fonction de plusieurs critères :

  • L’aggravation des symptômes physiques : perte de poids très rapide, refus ou difficultés pour s’alimenter et/ou boire, dénutrition, fatigue intense, malaises, vomissements…
  • Une dégradation de l’état mental : tentatives de suicide, automutilations présence d’un autre trouble psychiatrique (anxiété, dépression…)
  • Un environnement peu propice à la guérison :isolement social, conflits familiaux, épuisement familial…

La prise en charge hospitalière vise à offrir un cadre à la stabilisation de la santé physique et mentale de la personne souffrant d’anorexie mentale, quand son pronostic vital est mis en jeu. Elle se fait le plus souvent dans un service de psychiatrie spécialisé dans les troubles du comportement alimentaire. Mais dans les cas les plus graves, elle peut débuter dans un service de médecine ou de réanimation, avec parfois une alimentation par sonde naso-gastrique.

Le psychiatre responsable du suivi du patient met en place un accompagnement pluridisciplinaire qui passe notamment par une rééducation alimentaire, un suivi psychologique et un objectif de poids à atteindre pour pouvoir envisager une sortie d’hôpital.

Restaurer une relation saine avec son corps et son alimentation

En parallèle de la thérapie, d’autres professionnels de santé et pratiques quotidiennes peuvent permettre de faire la paix avec son corps et avec son assiette :

  • Se faire suivre par un nutritionniste ou un diététicien afin de réapprendre à manger de façon saine et de bénéficier de conseils alimentaires.
  • Utiliser une application de suivi psychologique comme Mon Sherpa, qui comporte un parcours “Nutrition”
  • Se détacher des diktats du prétendu corps idéal et réaliser l’importance d’aimer son corps tel qu’il est
  • Se réapproprier son corps à travers des activités physiques comme le yoga, la danse ou le sport

Cette liste n’est bien sûr pas exhaustive, l’important est d’aller vers les pratiques qui vous font du bien. 

Ce qui est à retenir, c’est que, même si l’anorexie mentale engendre de nombreuses difficultés pour les personnes qui en souffrent et leur entourage, il est possible d’en sortir avec de la patience, du soutien et un accompagnement médical et thérapeutique adaptés.