L’alcoolisme, une dépendance silencieuse

Par Marie De Conigliano · Psychologue · Publié le 13 juin 2017, mis à jour le 31 mars 2020

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Il y a autant d’occasions que de manières de boire : un peu, beaucoup, exagérément, de temps en temps, régulièrement. Pour certains, boire tous les jours est une habitude. Sans être jamais ivres, ils n’en sont pas moins en danger. Pour d’autres c’est plus spectaculaire : l’alcool est essentiellement lié à la fête. S’ils ne boivent pas en semaine, ils peuvent se soûler le week-end. Enfin, il y a ceux pour lesquels l’alcool n’est plus du tout un plaisir, mais un besoin. Ils sont « alcolo-dépendants », en d’autres termes «alcooliques ».

alcoolisme

« Boire trop » : qu’est-ce que ça veut dire ?

Pour apporter une réponse à cette question, les experts ont défini des repères, c’est-à-dire des types de consommations jugées dangereuses :

  • la consommation à risque : vous buvez, mais pour le moment, vous n’avez pas de problèmes médicaux, professionnels ou relationnels. Pour limiter les risques pour la santé, les experts ont établi des limites : pas plus de 2 verres par jour pour les femmes et 3 verres pour les hommes, avec au moins un jour dans la semaine sans alcool. Et le week-end si vous êtes invités à une fête, il est conseillé de ne pas aller au-delà de 4 verres.
  • la consommation devient nocive quand elle commence à poser des problèmes : maladies, difficultés professionnelles, soucis conjugaux… à ce stade, il est souhaitable de réduire fortement votre consommation , voire d’arrêter totalement de boire.
  • au stade de l’alcolo-dépendance, vous ne maîtrisez plus votre consommation. Vous ne pouvez plus vous passer de boire de l’alcool. Et quand vous arrêtez brutalement, vous avez ce qu’on appelle les « symptômes de sevrage » : anxiété, tremblements, sueurs, agitation… Vous vous remettez alors à boire pour calmer ce mal-être.

Quelles conséquences pour la santé ?

Boire de manière excessive peut être un réel danger pour votre santé. L’organe le plus exposé est le foie. Par exemple, la cirrhose, dont l’alcool est la cause principale, détruit progressivement les cellules hépatiques. Mais l’alcool favorise aussi l’apparition de cancers de l’appareil digestif : bouche, gorge, œsophage, foie, côlon, rectum…auxquels il faut ajouter celui du sein chez les femmes.

L’alcool favorise également les maladies cardio-vasculaires : hypertension, AVC et infarctus. Autres troubles causés par l’alcool : l’anxiété et la dépression. Ils se retrouvent souvent chez les personnes qui boivent trop.

Même si parfois les médecins s’interrogent sur ce qui est la cause ou la conséquence, il reste d’autres questions à aborder : ces troubles sont-ils dus à une consommation excessive d’alcool ? ou, est-ce parce que l’on se sent mal que l’on cherche refuge dans l’alcool ?

L’avis du thérapeute

Les anxieux cherchent à réduire leur état de tension en ayant recours à l’alcool, au tabac ou d’autres substances. Le recours à l’alcool est plus fréquent quand il y a association anxiété-dépression chez un individu, ou lorsqu’une personne présente une anxiété sociale importante. L’alcool est alors perçu comme une auto-médication contre la dimension anxieuse. Cercle vicieux puisque la dépendance à l’alcool entraîne à son tour des symptômes anxieux.

L’appréhension des sensations anxieuses peut alors motiver une prise de boisson excessive afin de réduire et de contrôler ses sensations redoutées. Le sentiment d’apaisement apporté à court terme par l’alcool, fait que petit à petit, boire devient indispensable et les quantités d’alcool augmentent. Tout comme la dépendance, qui s’installe et entraîne un effet de manque.

Les “avantages” liés à l’alcool ne sont que très temporaires, à court terme ou immédiats, alors que les inconvénients sont certains sur le long terme et concernent surtout la santé. Le fait que les “avantages” soient matérialisables bien avant les inconvénients dans le temps, joue certainement un rôle important dans le maintien de cette habitude toxique.

Le besoin ou l’envie de consommer crée une sensation de tension, parfois de l’irritabilité, de l’anxiété ou un sentiment dépressif qui est difficile à accepter. Boire un verre n’est alors plus un moment convivial mais un moyen toxique de calmer rapidement ces symptômes.

Les personnes dépendantes supportent très mal le manque lié à leur addiction. De plus, presque toutes les situations de frustrations, qu’elles soient professionnelles, relationnelles, financières augmentent le problème.L’individu dépendant se retrouvera donc face aux mêmes difficultés, accrues, sans avoir pu développer de stratégies adéquates pour les résoudre…

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Quelles conséquences sociales et relationnelles ?

L’alcool a aussi des effets négatifs sur le comportement et le caractère : agressivité, violence, impatience, obstination… Le cercle proche, les amis prennent alors leurs distances et la personne vacille…

La vie professionnelle s’en ressent aussi inévitablement : une personne qui boit a plus de mal à se concentrer, a des trous de mémoire et perd son efficacité.

Combien d’alcool contient un verre standard ?

Si on considère les verres habituellement servis dans les bars (mais en privé les doses peuvent être très différentes…), on estime que pour toutes les boissons courantes, chaque verre contient environ la même dose d’alcool pur, soit de 10 à 13 grammes.

L’important est de ne pas laisser ces habitudes s’installer et ces routines prendre le pas sur votre quotidien.

L’apéro n’est pas à bannir, loin de là. Cultivons nos petits plaisirs mais restons maîtres de nos désirs !

Pour en savoir plus :

https://www.has-sante.fr/jcms/c_272073/fr/objectifs-indications-et-modalites-du-sevrage-du-patient-alcoolodependant