Pré-éclampsie : comment traiter cette maladie grave de la grossesse ?

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Pathologie de grossesse à prendre très au sérieux, la pré-éclampsie peut avoir de graves conséquences sur la future mère et son bébé en cas de prise en charge tardive. Comment en déceler les signes ? Quels sont les facteurs de risques et les traitements qui existent ? L’équipe médicale de Qare fait le point sur la pré-éclampsie.

La pré-éclampsie, qu’est-ce que c’est (définition) ?

La pré-éclampsie, aussi appelée toxémie gravidique ou dysgravidie, est une maladie de la grossesse relativement fréquente (environ 5%). En France, elle est la 2e cause de mortalité maternelle, après l’hémorragie de la délivrance.

Plusieurs éléments sont à retenir concernant cette pathologie :

  • La pré-éclampsie associe une élévation de la pression artérielle, qui survient généralement au milieu du second trimestre de grossesse (après 20 semaines d’aménorrhée) et une augmentation de la quantité des protéines dans les urines.
  • Dans 1 cas sur 10, une pré-éclampsie peut évoluer en pré-éclampsie sévère.
  • Cette maladie de grossesse se développe davantage lors d’une première grossesse (70 à 75% des cas).
  • Selon l’INSERM, 40 000 femmes souffrent d’une pré-éclampsie chaque année en France et cela concerne un tiers des naissances de grands prématurés.

Quels sont les risques d’une pré-éclampsie ?

Après l’apparition des premiers symptômes, la pré-éclampsie est susceptible d’évoluer rapidement, surtout vers la fin de la grossesse (troisième trimestre). Il est indispensable de la prendre en charge sans tarder, sous peine d’être confrontée à de graves complications. Parmi elles :

  • L’éclampsie (crises convulsives de la mère) ;
  • Une insuffisance rénale de la mère ;
  • Une hémorragie cérébrale, première cause de décès des mères ;
  • Le HELLP syndrome, une grave atteinte hépatique qui augmente le risque d’hémorragie ;
  • Un décollement placentaire, qui provoque une hémorragie et nécessite une césarienne en urgence ;
  • Une naissance prématurée ;
  • Un retard de croissance intra-utérin.

À noter attentivement : dans la plupart des cas de pré-éclampsie, la mère donne naissance à un bébé en bonne santé. L’un comme l’autre se rétablissent rapidement. Néanmoins, si cette maladie n’est pas traitée, les complications peuvent être dramatiques et entraîner, dans les cas les plus graves, le décès de la mère et/ou de l’enfant.

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Quelle est la différence entre éclampsie et pré-éclampsie ?

L’éclampsie fait partie des complications d’une pré-éclampsie (d’où le préfixe « pré », puisque la pré-éclampsie précède l’éclampsie). Il s’agit de crises convulsives généralisées de la mère, semblables à l’épilepsie. Celles-ci sont provoquées par une hypertension intracrânienne.

Une éclampsie indique que la pré-éclampsie n’a pas été traitée et sa survenue est potentiellement mortelle. Elle reste toutefois rare et concerne moins de 1% des pré-éclampsies.

Quels sont les symptômes d’une pré-éclampsie ?

Enceinte, il est important de connaître les symptômes d’une pré-éclampsie, afin d’être prise en charge au plus vite. Les deux premiers symptômes qui doivent donner l’alerte sont l’élévation de la pression artérielle (supérieure à 140 mmHg et/ou 90 mmHg) et une concentration des protéines supérieure à 0,3 g/24 h dans les urines.

Lorsque la pré-éclampsie évolue vers une forme sévère, cela entraîne diverses manifestations :

  • Des acouphènes ;
  • Une douleur épigastrique en barre (au niveau de l’estomac) ;
  • De violentes céphalées (maux de tête) ;
  • Des vomissements ;
  • Une diminution ou un arrêt des urines ;
  • Des troubles visuels, comme des tâches de brillance ou « mouches » devant les yeux, une hypersensibilité à la lumière (phosphènes) ;
  • L’apparition d’œdèmes massifs, qui peuvent s’accompagner d’une prise de poids soudaine (plusieurs kilos en seulement quelques jours).

Si vous ressentez plusieurs de ces symptômes alors que vous êtes enceinte, ne tergiversez pas : rendez-vous immédiatement dans le service d’urgence le plus proche de vous.

Quand débute une pré-éclampsie ?

Dans la grande majorité des cas, une pré-éclampsie survient après la 20e semaine d’aménorrhée, ce qui correspond au milieu du second trimestre.

Est-il possible de développer une pré-éclampsie après l’accouchement ?

En effet, c’est possible. Une pré-éclampsie peut se développer après l’accouchement, pendant la période de post-partum. Elle survient souvent dans les 4 premiers jours, mais peut parfois apparaître jusqu’à 6 semaines après la naissance de l’enfant.

Un suivi de la mère après l’accouchement est très important, et particulièrement si celle-ci a eu de l’hypertension durant sa grossesse.

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Quelles sont les causes d’une pré-éclampsie ?

Une pré-éclampsie est due à un dysfonctionnement du placenta. Durant la grossesse, cet organe est responsable des échanges entre la mère et son fœtus, et joue aussi un rôle dans la régulation hormonale.

En cas de pré-éclampsie, pendant les premières semaines, le placenta fonctionne normalement. C’est après la 20e semaine d’aménorrhée que son développement devient anormal. Cela est lié à une mauvaise vascularisation.

Or, pendant la deuxième partie de la grossesse, le bébé a besoin d’un apport de sang considérable pour grandir. Le placenta n’assurant pas son rôle pleinement, la croissance de l’enfant est perturbée et divers débris se déversent dans le sang maternel.

Quels sont les facteurs de risques de la pré-éclampsie ?

Certaines femmes sont plus à même de développer une pré-éclampsie, en raison de l’existence de différents facteurs de risque. Parmi eux :

  • Une grossesse multiple (gémellaire, par exemple) ;
  • Une première grossesse (nulliparité) ;
  • Un antécédent de pré-éclampsie ;
  • Une pathologie rénale, du diabète, une hypertension chronique ;
  • Être âgée de moins de 18 ans ou de plus de 40 ans ;
  • Des antécédents familiaux de pré-éclampsie (grand-mère, mère…) ;
  • L’obésité (IMC supérieure à 30) ;
  • Une maladie auto-immune ;
  • Un syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) ;

Pour les femmes qui présentent un ou plusieurs de ces facteurs de risque, une surveillance particulière de leur grossesse est mise en place, afin de déceler précocement tout début de pré-éclampsie.

Diagnostic, traitement et prévention

De nos jours et grâce à la recherche, la pré-éclampsie est une maladie mieux comprise qu’il y a encore quelques années. Les médecins sont plus avertis des symptômes et les mères, davantage surveillées.

Pré-éclampsie : quand consulter ?

Comme vous l’aurez compris, une pré-éclampsie est une pathologie de la grossesse à prendre très au sérieux, en raison des conséquences potentiellement très graves qu’elle peut provoquer. Aussi, en cas d’apparition de symptômes cités ci-dessus pendant la grossesse, la consultation d’un médecin est fortement recommandée.

Plus ce syndrome est pris en charge tôt, moins il fait courir de risques à la future maman et à son bébé.

Comment diagnostiquer une pré-éclampsie ?

Le plus souvent, c’est lors de la surveillance d’une femme enceinte présentant une hypertension artérielle que la pré-éclampsie est diagnostiquée. Si cette atteinte est associée à la présence de protéines dans les urines, il est alors possible de poser le diagnostic de la maladie.

Bon à savoir : la recherche de protéines dans les urines fait partie des examens réguliers de la grossesse. Tous les mois, lors de la consultation de suivi, on en recherche la présence avec une petite bandelette.

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Comment soigner une pré-éclampsie ?

Lorsque le diagnostic est posé, l’hospitalisation d’urgence est nécessaire. La grossesse est alors considérée comme « à risque », et un bilan fœto-maternel est réalisé.

Celui-ci se compose d’une évaluation de la sévérité de la pré-éclampsie, ainsi qu’un contrôle de la vitalité du fœtus.

Le traitement médicamenteux de la pré-éclampsie

Pendant l’hospitalisation de la mère, l’objectif de la prise en charge est de prolonger la grossesse le plus longtemps possible. Pour cela, on prescrit un antihypertenseur.

Ce traitement peut parfois être accompagné :

  • D’un traitement par corticoïdes injectables, afin d’accélérer la maturation pulmonaire fœtale s’il est nécessaire de faire naître le bébé prématurément ;
  • D’un traitement de sulfate de magnésium, administré par voie intraveineuse.

Si la situation s’aggrave brutalement avant la 24e semaine d’aménorrhée, le corps médical peut proposer une interruption médicale de grossesse (IMG) à la femme enceinte.

Améliorer la prévention de cette pathologie qui peut tuer

Selon un sondage réalisé en 2020 par l’Association Grossesse Santé auprès de 500 femmes ayant fait une pré-éclampsie, 60% d’entre elles n’avaient jamais entendu parler de cette maladie avant d’y être confrontées. Pire encore, 70% n’en connaissaient pas les signes annonciateurs.

Et en effet, même si la recherche a considérablement avancé, la pré-éclampsie demeure un syndrome largement méconnu du grand public, et donc des futures mères. Un travail considérable d’information et de prévention reste à faire auprès des femmes enceintes.

Au niveau médical, plusieurs résultats d’études scientifiques s’accordent sur l’effet protecteur de l’aspirine. Cette molécule, prise à faible dose, permettrait de réduire par 2 à 4 le risque de développer une pré-éclampsie. De futures recherches permettront d’en apprendre davantage sur ce potentiel traitement, utilisé de manière préventive chez les patientes ayant présenté une pré-éclampsie lors de leur 1ere grossesse.

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Foire aux questions

Quel est le taux normal de protéinurie pendant la grossesse ?

Pendant la grossesse, le taux de protéines dans les urines est normalement plus élevé, mais cela n’est pas inquiétant. On fixe le seuil à 0,3G/L, en dessous duquel tout va bien.

Lorsque le taux dépasse ce seuil, un second test doit être réalisé afin de confirmer le premier.

Quelle maladie est dangereuse pour une femme enceinte ?

Attendre un enfant exige de faire particulièrement attention à sa santé. Parmi les maladies qui ne font pas bon ménage avec la grossesse, on compte notamment la varicelle, la rubéole, la toxoplasmose, la listériose, l’hépatite, le cytomégalovirus (CMV) ou encore la syphilis.

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