Acide urique élevé : quels sont les risques et que faut-il faire ?

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Souvent asymptomatique, un taux d’acide urique élevé n’est pas forcément le signe d’une maladie. Cependant, dans certains cas, il est associé à la formation de calculs rénaux et à des pathologies comme la goutte. Cet article propose une synthèse complète sur l’acide urique élevé, ses causes, ses conséquences et les solutions possibles. Qu’est-ce qui cause l’élévation du taux d’acide urique sanguin ? Quelles sont ses conséquences ? L’équipe médicale de Qare vous répond.

  1. Quand parle-t-on d’acide urique élevé ?
  2. Quelles sont les conséquences de l’hyperuricémie ?
  3. Que faire en cas d’hyperuricémie ?

Quand parle-t-on d’acide urique élevé ?

C’est quoi l’acide urique ?

L’acide urique est un composé naturellement présent dans le corps. Il est principalement produit lors de la dégradation des purines dans le foie. Ensuite, il est filtré par les reins et éliminé dans les urines.

On peut aussi le retrouver dans certains aliments riches en protéines (comme la viande rouge, la charcuterie, les abats, le poulet, les poissons gras et les crustacés), ceux contenant du sirop de maïs (utilisé dans de nombreux produits transformés comme les boissons sucrées ou les glaces…) et dans les boissons alcoolisées (notamment la bière qui peut d’ailleurs influencer un gamma GT élevé).

Lorsque l’acide urique sanguin atteint des niveaux supérieurs aux normes, on parle d’acide urique élevé ou hyperuricémie. À l’inverse, quand ce taux est plus bas que la moyenne, on parle d’hypo-uricémie

Qu’est-ce qu’un taux d’acide urique dit “normal” ?

Pour estimer le niveau d’acide urique dans le sang, le médecin prescrit généralement un prélèvement sanguin (qui doit être réalisé à jeun). Sachez qu’il est parfois possible d’effectuer une prise de sang sans ordonnance pour certains contrôles, mais l’interprétation d’un dosage de l’acide urique nécessite un avis médical.

Des taux dits “normaux” se situent entre :

  • 30 à 50 mg/L (soit ou 240 à 360 umol/L) pour la femme ;
  • 40 à 60 mg/L (soit 180 à 300 umol/L) pour l’homme ;
  • 25 à 40 mg/L (soit 150 à 240 umol/L) pour l’enfant.

Ces normes peuvent différer selon le laboratoire et la technique utilisée. Il faut également noter qu’un taux d’acide urique élevé a des causes variables, notamment génétiques. Il arrive aussi qu’il ne soit associé à aucun autre symptôme. Il est donc essentiel de tenir compte d’un diagnostic précis et d’un suivi individualisé du patient pour une bonne gestion de l’hyperuricémie.

Néanmoins, quand un médecin demande un dosage de l’acide urique, c’est le plus souvent parce qu’il existe un facteur de risque (en cas de cause héréditaire par exemple) ou dans le cadre du diagnostic d’une pathologie

À savoir : le dosage de l’acide urique peut aussi se faire via la collecte des urines sur une durée de 24h, comme il est éliminé par les reins.

Quelles sont les conséquences de l’hyperuricémie ?

L’hyperuricémie est-elle dangereuse ?

Un taux d’acide urique élevé n’est pas anodin. Sa conséquence directe est l’accumulation d’acide urique au niveau des articulations et/ou des reins

Dans le premier cas, l’excès d’acide urique provoque la formation de cristaux de sels d’urates dans les articulations : c’est ce qu’on appelle la goutte. Il s’agit d’une maladie qui provoque des crises inflammatoires très douloureuses, souvent localisées au niveau du gros orteil (mais pas seulement), parfois accompagnées de signes biologiques comme une vitesse de sédimentation élevée.

Dans le second cas, des calculs rénaux dits “uriques” peuvent se former à l’intérieur des reins, pouvant déclencher une douloureuse colique néphrétique. Ils sont constitués de cristaux d’acide urique et peuvent mener à des infections urinaires et altérer le fonctionnement du rein. Par ailleurs, on sait maintenant que l’hyperuricémie constitue un facteur de risque cardiovasculaire, au même titre que l’hypertension, le diabète ou l’hypercholestérolémie (souvent détectée par un taux de cholestérol dangereux).

Ces troubles étant potentiellement graves (selon leur stade d’avancement et votre situation individuelle), il convient donc de faire preuve de vigilance et solliciter un avis médical rapidement en cas de constat d’hyperuricémie.

Les autres causes d’un taux d’acide urique élevé

Si un taux d’acide urique élevé est parfois bénin, il doit cependant être surveillé. En effet, on l’associe à un certain nombre de causes, parfois graves.

Parmi elles :

  • Antécédents familiaux d’hyperuricémie ;
  • Dysfonctionnement des reins (comme insuffisance rénale chronique par exemple, souvent surveillée via une créatinine élevée) ;
  • Certaines maladies du sang (comme les leucémies) ;
  • Régime riche en protéines ;
  • Activité physique importante ;
  • Certains médicaments (diurétiques utilisés pour traiter l’hypertension, antituberculeux…) ;
  • La toxémie gravidique (ou pré-éclampsie), une maladie de la grossesse ;
  • Le syndrome métabolique, soit un tour de taille important qui s’accompagne d’au moins 2 troubles parmi l’hyperglycémie (liée à un dérèglement du taux de glycémie normal), un faible taux cholestérol HDL (le “bon” cholestérol), un taux de triglycérides élevé et une hypertension artérielle.

À savoir : les hommes sont plus souvent concernés par l’hyperuricémie que les femmes.

Symptômes et complications de l’hyperuricémie

Un taux d’acide urique élevé dans le sang, ou hyperuricémie, peut rester silencieux pendant longtemps, mais il expose à des symptômes et complications parfois sévères. L’une des manifestations les plus connues est la crise de goutte : elle se traduit par des douleurs articulaires soudaines et intenses, souvent localisées au niveau du gros orteil provoquant une vive douleur aux pieds, mais pouvant toucher d’autres articulations. Cette douleur est causée par la formation de cristaux d’acide urique dans les articulations, qui déclenchent une inflammation, un gonflement, une rougeur et une sensation de chaleur. Biologiquement, cette inflammation peut être corrélée à une protéine C réactive élevée. Outre la goutte, l’hyperuricémie favorise la formation de calculs rénaux, responsables de coliques néphrétiques et de troubles urinaires. Les personnes concernées présentent également un risque accru de complications cardiovasculaires, comme l’hypertension artérielle ou les accidents vasculaires cérébraux. Il est donc important de reconnaître ces symptômes et de surveiller régulièrement son taux d’acide urique pour limiter les risques de complications.

Les complications de l’hyperuricémie non traitée

Lorsque l’hyperuricémie n’est pas prise en charge, les dépôts de cristaux d’acide urique peuvent s’accumuler dans les articulations et les tissus, provoquant des lésions irréversibles et des déformations articulaires. Les calculs rénaux, s’ils ne sont pas traités, peuvent entraîner des infections urinaires à répétition, endommager progressivement les reins et faire grimper le taux d’urée (visible en cas d’urée élevée). Par ailleurs, le risque de complications cardiovasculaires, telles que l’infarctus du myocarde ou l’accident vasculaire cérébral, augmente en cas d’hyperuricémie persistante. Pour préserver sa santé et éviter ces complications, il est essentiel de surveiller son taux d’acide urique et de consulter un professionnel de santé en cas de doute.

La relation entre l’acide urique et le syndrome métabolique

Le syndrome métabolique regroupe plusieurs facteurs de risque, comme l’obésité, l’hypertension artérielle, la résistance à l’insuline et les troubles du métabolisme des lipides, souvent marqués par des triglycérides élevés. Ce contexte favorise souvent un taux d’acide urique élevé chez les personnes concernées. L’hyperuricémie, dans ce cadre, augmente le risque de complications cardiovasculaires et rénales. Adopter une alimentation équilibrée et pratiquer une activité physique régulière sont des mesures clés pour réduire le taux d’acide urique et limiter les complications liées au syndrome métabolique. Prendre en charge ces facteurs de risque permet ainsi de préserver sa santé globale.

Les facteurs de risque pour l’hyperuricémie

Certains facteurs augmentent la probabilité de développer un taux d’acide urique élevé. L’âge, le sexe masculin, l’obésité, l’hypertension artérielle, le diabète ou encore les troubles thyroïdiens figurent parmi les principaux. La prise de certains médicaments, comme les diurétiques, peut également favoriser l’hyperuricémie. Sur le plan alimentaire, la consommation régulière d’aliments riches en purines, tels que les fruits de mer, les abats, les poissons gras ou encore la bière, accroît le risque d’augmentation du taux d’acide urique. Il est donc important pour les personnes à risque d’adopter une alimentation adaptée et de surveiller leur santé avec l’aide de leur médecin.

Que faire en cas d’hyperuricémie ?

Les médicaments qui permettent de réguler le taux d’acide urique

Si vous constatez que votre taux d’acide urique est élevé, la bonne réaction est de solliciter un avis médical, par exemple via une téléconsultation rapide. En effet, seul un professionnel peut interpréter vos résultats de manière fiable, selon votre situation.

La diminution du taux passe généralement par des traitements médicamenteux comme l’allopurinol et le fébuxostat, qui diminuent la formation d’acide urique et doivent être pris au long terme. On peut aussi se voir prescrire de la colchicine, notamment en cas de crise de goutte.

L’alimentation peut-elle influer sur un taux d’acide urique élevé ?

Ce que l’on mange peut avoir un impact sur l’hyperuricémie, notamment si elle est causée par une consommation excessive d’alcool ou d’aliments riches en purines. Il convient alors de limiter la consommation de ces produits ou de les exclure de son régime alimentaire

Cela peut aussi constituer une base à une alimentation plus équilibrée, qui favorise une bonne santé. Néanmoins, l’impact n’est généralement pas suffisant pour avoir un effet notable en cas de pathologie.

L’importance de contrôler l’acide urique dans le sang

Surveiller et contrôler le taux d’acide urique dans le sang est essentiel pour prévenir les complications de l’hyperuricémie, comme la goutte ou les calculs rénaux. Les personnes présentant un taux d’acide urique élevé doivent suivre les recommandations de leur médecin, qui peut proposer un traitement adapté pour éviter les crises et protéger la santé des reins et des articulations. Une alimentation équilibrée, associée à une activité physique régulière, contribue également à maintenir un taux d’acide urique stable et à limiter les risques de complications. Prendre soin de son taux d’acide urique, c’est agir pour sa santé sur le long terme.

Les bénéfices d’une bonne gestion de l’hyperuricémie

Bien gérer l’hyperuricémie permet de prévenir efficacement les crises de goutte, la formation de calculs rénaux et de réduire le risque de maladies cardiovasculaires. En maintenant un taux d’acide urique sous contrôle, les personnes concernées améliorent leur qualité de vie et diminuent les complications liées à l’excès d’acide urique. Une prise en charge adaptée, associant traitement médical, suivi régulier et hygiène de vie, est la clé pour préserver sa santé et éviter les conséquences parfois lourdes de l’hyperuricémie.

Foire aux questions

Qu’est-ce qui provoque un excès d’acide urique ?

Un excès provient généralement d’un problème dans l’équilibre entre la production et l’élimination de ce déchet par l’organisme. Cela peut être dû à une augmentation de la décomposition des cellules (libérant des acides nucléiques, un mécanisme parfois associé à une ferritine élevée) ou à la présence excessive de certaines substances. L’environnement métabolique et un type particulier de dysfonctionnement peuvent aussi être en cause.

Comment faire baisser le taux d’acide urique dans le sang rapidement ?

Il est essentiel de soutenir le travail de la fonction rénale pour optimiser l’élimination. Il y a un besoin immédiat de réduire la quantité d’alcool ingérée. Une surveillance régulière par prise de sang permet de vérifier l’état général et l’évolution des valeurs.

Quels sont les aliments à éviter pour l’acide urique ?

Il faut principalement éviter les abats comme le ris de veau. Bien que ce soit un légume, le chou fleur est parfois cité dans les régimes stricts, tout comme l’alcool qui perturbe l’élimination. Il faut surveiller la quantité de ces produits pour ne pas surcharger l’organisme.

Quel est le taux d’acide urique dangereux ?

Les valeurs considérées comme dangereuses peuvent varier selon la population et l’état de santé de l’individu. Un taux critique est détecté par une prise de sang, s’il est trop haut, il peut signaler un problème sérieux où une partie du système immunitaire (parfois visible via les leucocytes en cas d’inflammation) réagit à la présence de cristaux.
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Ces informations sont fournies à titre purement indicatif. Pour obtenir un diagnostic ou un avis médical, consultez un professionnel.
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Références scientifiques et recommandations officielles

  • Assurance Maladie (Ameli) – Goutte : définition et facteurs favorisants (Hyperuricémie) – Consulter la fiche (2024).
  • Assurance Maladie (Ameli) – Comprendre ses résultats d’analyse de sang – Consulter le guide (2024).
  • Vidal – Goutte et hyperuricémie : Recommandations de prise en charge – Voir les recommandations (2025).
  • Base de Données Publique des Médicaments – Notice : Allopurinol (Traitement de l’hyperuricémie) – Lire la notice officielle (2023).