L’anxiété

Par Anaëlle Malherbe · Psychologue · Mis à jour le 16 octobre 2020, publié le 3 juillet 2017

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L’anxiété est un état émotionnel de nature anticipatrice. C’est un phénomène normal qui permet de s’adapter à une situation lorsqu’elle attire l’attention sur des dangers ou des risques réels. Elle revêt un caractère pathologique lorsque la personne est excessivement envahie d’une sensation d’inconfort ou d’une peur anticipatrice de ce qui pourrait se passer dans telle ou telle situation.

L’anxiété se manifeste de différentes manières

  • Les troubles paniques : crises répétitives imprévisibles d’anxiété sévère (ex : peur de faire une crise cardiaque ou de tomber du balcon)
  • Les phobies : peur incontrôlée dans certaines situations ou face à certains objets / êtres vivants (ex : agoraphobie)
  • Les troubles obsessionnels compulsifs : idées obsédantes et comportements compulsifs tels que vérifier à maintes reprises que vous avez bien fermé le gaz ou se laver les mains plusieurs fois par heure etc.
  • Les états post-traumatiques : suite à un événement traumatisant
  • Les états d’anxiété généralisée : ils se caractérisent par une inquiétude constante et une difficulté à contrôler les symptômes associés (douleurs musculaires, fatigue, maux de tête etc.)

Notre cerveau encode les informations venant de l’extérieur et de ses propres sensations, les organise et les stocke en mémoire. Chez les personnes anxieuses, nous observons une sensibilité plus forte aux thèmes du danger et de la vulnérabilité personnelle. En présence de certaines situations stressantes, l’individu anxieux démontre une altération des processus cognitifs : il perçoit et interprètes les choses de manière erronées et produit des pensées parasites.

« Les personnes sujettes à ce type d’anxiété ont tendance à surestimer la probabilité d’apparition d’événements négatifs tout en sous estimant leur propres capacités à y faire face. »

Les personnes sujettes à ce type d’anxiété ont tendance à surestimer la probabilité d’apparition d’événements négatifs tout en sous estimant leur propres capacités à y faire face. Cela peut engendrer des pensées automatiques obsédantes et incontrôlables ou des croyances plus générales sur soi ou l’environnement extérieur.

Pensées et émotions sont liées : par exemple, vous vous levez le matin en vous disant « Je n’ai pas envie de me lever et d’aller à cette réunion. En plus il fait gris, cela va être une mauvaise journée ». Cette vision des choses induit un sentiment de mal-être et potentiellement un comportement plus renfermé ou plus négatif. Vous risquez de confirmer votre pensée matinale en adoptant un comportement négatif.

A contrario, si vous vous levez en vous disant « Je sens que cela va être une belle journée, en plus ce soir je vois des amis ! », vous ressentirez plaisir et motivation. Cette interprétation de la situation amènera également des comportements positifs et ouverts. Votre entourage vous le rendra plus aisément que dans le premier exemple.

Quelques chiffres

La Sécurité Sociale a recensé plusieurs données statistiques :

  • Les troubles anxieux touchent quasiment deux fois plus les femmes que les hommes
  • Ils concernent entre 15 et 21% de la population globale à un moment de leur vie.
  • Les phobies spécifiques semblent les plus fréquentes.

Origines des troubles anxieux

Il est complexe de définir une cause spécifique aux troubles anxieux. Cependant, un ensemble d’éléments plurifactoriels favorisent l’apparition de ces difficultés :

  • Les antécédents familiaux de troubles anxieux
  • Des événements traumatisants
  • Une consommation d’alcool ou de drogues.
  • Des problèmes médicaux ou psychiatriques.

Traitement de l’anxiété

Les traitements non-médicamenteux sont à privilégier dans l’anxiété.

L’une des méthodes utilisées dans les thérapies cognitivo-comportementalistes (TCC) est dans un premier temps d’apprendre à gérer sa vie émotionnelle et de prendre conscience du caractère infondé de ces croyances négatives. Dans un second temps, la thérapie peut s’orienter sur un travail de modification des pensées négatives.

D’autres thérapies existent telles que les thérapies d’inspiration psycho-dynamique, la psychanalyse ou encore les thérapies de type “self help”. Il est important de vérifier au préalable la formation des praticiens et de s’adresser en priorité à des psychologues.

Il existe également des traitements médicamenteux, à envisager avec votre médecin, et dont il faudra d’emblée considérer le caractère temporaire pour éviter la prise prolongée de médicaments dits psychotropes.

Anxiété trait et l’état d’anxiété

Il existe une distinction entre le trait de personnalité anxieux et l’état d’anxiété. L’anxiété état se définit par des changements temporaires avec la présence d’une certaine nervosité, et d’une activation somatique (augmentation du rythme cardiaque, etc…). Elle est donc liée à un contexte tandis que l’anxiété trait s’apparente à un comportement souvent acquis qui prédispose la personne à percevoir certaines situations comme menaçantes.

Il existe des échelles permettant de distinguer ces deux aspects (Voir ci-dessous).

Pour en savoir plus :

  • EYSENCK, M.W. (1992) Anxiety : the Cognitive Perspective, Hillsdale, N.J., Erlbaum.
  • Weinberg, R. S., & Gould, D. (1995). Arousal, stress, and anxiety.In R. S. Weinberg & D. Gould (Eds.), Foundations of sport and exercise psychology (pp. 91 – 113).Champaign, IL: Human Kinetics.
  • Spielberger, C. D., Gorsuch, R. L., & Lushene, R. E. 1970.Manual for the State‐Trait Anxiety Inventory. Palo Alto, CA: Consulting Psychologists Press. https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/troubles-anxieux/comprendre-troubles-anxieux-graves (Voici les deux échelles de Spielberg permettant d’évaluer son niveau d’état d’anxiété et son niveau d’anxiété trait)