
Douleur intercostale : quelles sont les causes et les symptômes ?
La douleur intercostale peut rapidement inquiéter. Souvent sans gravité, mais peut aussi être un symptôme en elle-même.
Article validé médicalement
6 min de lecturePublié le 07/06/22

La douleur thoracique du côté gauche peut signaler une urgence cardiaque, mais aussi de nombreuses causes bénignes — savoir les distinguer est essentiel.
Le conseil clé : En cas de douleur thoracique gauche intense, soudaine ou accompagnée d’essoufflement, n’attendez pas — composez le 15 sans délai.
Informations vérifiées en 2026 — Sources : HAS, Ameli.fr, Sécurité Sociale
Si les douleurs thoraciques du côté gauche sont communes, elles peuvent cependant être source d’inquiétude car elles sont souvent associées à des situations d’urgence médicale comme l’infarctus du myocarde (également appelé crise cardiaque) ou l’embolie pulmonaire. Quelles sont les causes les plus fréquentes de ces douleurs ? Dans quels cas faut-il consulter ? L’équipe de Qare répond à vos interrogations.
Une douleur thoracique à gauche qui vous alarme ?
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L’infarctus du myocarde ou crise cardiaque se produit suite à l’obstruction d’une artère coronaire (dont le rôle est d’alimenter le cœur en oxygène), provoquant la destruction partielle d’une partie du muscle cardiaque. Cette obstruction est causée par des dépôts de graisse sur les parois des artères, ce qui est le cas pour toutes les maladies cardiovasculaires.
Les personnes les plus touchées par cette pathologie sont les hommes de plus de 55 ans et les femmes entre 65 et 70 ans. D’autres facteurs tels que les antécédents familiaux, le tabagisme, la sédentarité, le taux de cholestérol ou la pression artérielle peuvent cependant augmenter le risque cardiovasculaire, c’est-à-dire les chances de développer une maladie ou un accident cardiovasculaire.
L’infarctus du myocarde concerne 80 000 personnes par an en France et est responsable d’environ 12 000 décès chaque année. Le décès survient soit directement après l’infarctus (1 personne sur 10 décède dans l’heure qui suit) soit dans l’année suivante (le taux de mortalité est de 15%).
Savoir reconnaître ses symptômes permet d’accélérer la prise en charge et de faire diminuer le taux de mortalité associé à cette pathologie. Ses caractéristiques les plus courantes sont :
Il peut cependant arriver qu’un infarctus du myocarde soit silencieux, c’est-à-dire qu’il ne s’accompagne d’aucun de ces signes. Ce cas est plus courant chez les femmes, les diabétiques et les personnes âgées. D’autres symptômes peuvent tout de même alerter comme un essoufflement soudain, une fatigue intense, des douleurs dans le creux de l’estomac et des sensations inhabituelles dans le bras gauche.
Par ailleurs, un essoufflement soudain et inexpliqué peut constituer un signal d’alarme cardiovasculaire à ne pas négliger, même en l’absence de douleur thoracique.
En cas de présence de ces symptômes ou de doute, mieux vaut contacter immédiatement le SAMU en appelant le 15 ou le 112. Le diagnostic pourra être confirmé par le réalisation d’un électrocardiogramme, un test qui mesure l’activité électrique du cœur et permet d’évaluer son bon fonctionnement. La vérification du dosage des enzymes cardiaques (la troponine) contribue aussi au diagnostic.
En cas de crise cardiaque avérée, il est nécessaire d’intervenir immédiatement afin de déboucher l’artère. La prise en charge consiste en une thrombolyse, l’injection d’un produit qui va tenter de dissoudre le caillot obstruant l’artère coronaire atteinte. Dans un deuxième temps, une intervention chirurgicale sera nécessaire pour agrandir et déboucher l’artère malade (un pontage, une pose de stent…)
D’autres situations peuvent provoquer des symptômes similaires à l’infarctus du myocarde. Elles constituent également des urgences médicales nécessitant une prise en charge par le SAMU.
L’embolie pulmonaire est l’obstruction d’une artère pulmonaire ou d’une de ses branches, généralement par un caillot de sang. Elle endommage le poumon atteint qui ne peut alors plus fournir d’oxygène à l’organisme.
Ses symptômes incluent de fortes douleurs thoraciques, des douleurs ou rougeurs dans la jambe (elles sont dûes à une phlébite du mollet avec un caillot de sang qui obstrue une grosse veine), un essoufflement soudain, un évanouissement ou le fait de cracher du sang.
Il s’agit d’une cause fréquente d’hospitalisation aux urgences. Il existe cependant plusieurs facteurs de risque comme certaines interventions chirurgicales (particulièrement les interventions orthopédiques, gynéco-obstétricales ou liées à un cancer), les traumatismes physiques, les troubles de la coagulation liés à des maladies héréditaires ou la prise la contraceptif oral chez la femme. Cette liste est non exhaustive.
Dans ce contexte, des douleurs ou rougeurs dans le bras peuvent accompagner la formation d’un caillot et doivent être évaluées rapidement par un médecin.
La dissection aortique est une fissuration localisée de la paroie de l’aorte, la plus grosse artère du corps humain, qui est rattachée au ventricule gauche du cœur. Elle provoque une douleur intense au niveau de la poitrine, pouvant irradier dans le dos et dans les lombaires.
Rare, elle concerne le plus souvent les hommes de plus de 50 ans souffrant d’hypertension artérielle mais peut aussi toucher les personnes plus jeunes avec des facteurs aggravants comme des maladies génétiques par exemple.
Le péricarde est une membrane fibreuse qui entoure le cœur et qui, quand il se contracte, sécrète un fluide qui facilite ses mouvements. On parle de péricardite aigüe lorsqu’une inflammation du péricarde se produit, causant une accumulation de fluide qui empêche les contractions du cœur.
Elle s’accompagne de douleurs thoraciques violentes qui débutent brusquement. Elles augmentent à l’inspiration et sont soulagées par la position penchée en avant. La douleur irradie souvent au niveau du cou ou des épaules et s’accompagne de fièvre et d’un essoufflement qui tend à s’atténuer en position assise. Sa cause est virale dans 85% des cas (entérovirus, VIH, Herpès…) mais elle peut également être d’origine bactérienne, fongique ou faire suite à une opération chirurgicale.
D’autres maladies ou infections liées à la sphère respiratoire peuvent également causer des douleurs au thorax comme la pneumonie, le pneumothorax, la pleurite virale ou le Covid-19 long. Elles ne requièrent pas toujours une prise en charge urgente mais nécessitent tout de même un suivi auprès d’un médecin pour éviter des complications.
Les douleurs au thorax n’ont pas toujours des causes cardiovasculaires ou pulmonaires. Selon votre situation, la douleur pourrait être liée à :
Les douleurs sous la cage thoracique, notamment après les repas, sont quant à elles souvent liées à la présence de gaz dans l’intestin. Elles s’accompagnent alors d’un ventre gonflé et de flatulences. Modifier son alimentation et développer une routine anti-stress (comme des techniques de respiration) est généralement suffisant pour les calmer.
Les causes des douleurs au côté gauche de la poitrine sont variées et n’engagent pas systématiquement le pronostic vital. En cas de douleur persistante suscitant des inquiétudes, la meilleure chose à faire est de consulter un médecin généraliste afin qu’il en détermine les causes exactes et vous oriente vers les traitements et professionnels de santé adaptés à votre situation.
Lorsque le stress est en cause, une dyspnée liée au stress peut accompagner la douleur thoracique, traduisant une réaction physiologique du système nerveux autonome.
Réponses relues par un médecin.
Une douleur thoracique du côté gauche peut avoir plusieurs causes : musculaire, digestive, pulmonaire, anxieuse ou cardiaque. La douleur cardiaque est à évoquer surtout si elle serre la poitrine, irradie vers le bras, la mâchoire ou le dos, ou s’accompagne de malaise.
Une douleur musculaire est souvent localisée, augmente au mouvement ou à la pression, et survient après un effort ou une mauvaise posture. Une douleur cardiaque est plutôt profonde, oppressante, déclenchée par l’effort ou associée à essoufflement, sueurs, nausées ou malaise.
Une douleur du côté gauche doit être prise au sérieux si elle est intense, prolongée, oppressante, associée à essoufflement, malaise, sueurs, nausées, douleur dans le bras ou la mâchoire. Dans ce contexte, le 15 ou le 112 doit être appelé.
Le soulagement dépend de la cause. Pour une douleur musculaire, repos, chaleur douce et antalgiques adaptés peuvent aider. Une douleur thoracique inhabituelle, oppressante ou associée à un malaise ne doit pas être simplement traitée à domicile.
Sources officielles.
Cet article a été relu par un médecin.
Nos articles citent des sources officielles : HAS, Ameli, études cliniques.
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