
Syndrome de Stockholm dans le couple : comment vous libérer de l’emprise de votre partenaire ?
Le syndrome de Stockholm fait éprouver de l’affection ou amour pour son bourreau. Sous l’emprise de votre partenaire comment s’en sortir?
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6 min de lecturePublié le 04/11/22

Le syndrome de la femme battue, aussi appelé syndrome de stress post-traumatique lié aux violences conjugales, désigne l’état psychologique des victimes de violences conjugales répétées maintenues sous emprise.
Le conseil clé : Si vous vous reconnaissez dans ces situations, consultez sans attendre votre médecin traitant ou appelez le 3919 pour être orientée vers une prise en charge adaptée.
Informations vérifiées en 2026 — Sources : HAS, Ameli.fr, Sécurité Sociale, Ministère chargé de l’Égalité.
Certains couples se construisent sur une base sombre et pathologique. Dans le cas du syndrome de la femme battue, le partenaire est aliénant. Par un stratagème insidieux, il installe sa domination sur la femme. L’emprise psychologique signe le début des sévices. Qu’est-ce que le syndrome de la femme battue ? Quelles en sont les symptômes ? Que faire si l’on est victime de violence ? Chez Qare, on vous dévoile les mécanismes de cette emprise néfaste.
En 2020, le ministère de l’Intérieur a réalisé une étude sur les violences faites aux femmes. Les résultats sont alarmants. En 2020, 82% des morts au sein du couple étaient des femmes, 102 femmes ont été tuées dont 35% souffraient de violences antérieures répétées. Face à ce constat, il est important de comprendre ce qu’est le syndrome de la femme battue.
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Le syndrome de la femme battue se caractérise par un état d’emprise lié à la répétition de violences physiques, sexuelles et/ou psychiques souvent exercées de façon continue pendant une longue période. Ces attaques répétées atteignent l’intégrité psychique de la personne.
Le syndrome de la femme battue est répertorié dans le DSM V, manuel diagnostique des troubles psychiques et mentaux, sous la rubrique syndrome de stress post traumatique.
La psychologue Éléonore E. Walker a voué sa carrière aux problématiques de violences conjugales. Grâce à ses divers ouvrages sur le sujet, elle a permis de mettre en lumière les rouages de ce phénomène d’emprise aux conséquences dévastatrices.
Lorsqu’on en est victime, notre identité est profondément altérée.
A l’instar du syndrome de Stockholm, la victime souffrant du syndrome de la femme battue reste souvent aux côtés de son bourreau malgré toute sa souffrance. Il ne s’agit pas là d’un choix délibéré mais d’un conditionnement.
Ces dernières décennies ont été ponctuées de drames à l’issue fatale mettant en cause des couples. Les circonstances étaient similaires : une femme ayant subi des violences répétées par son partenaire finissait par commettre l’irréparable. La victime devenait coupable.
En 2021, le syndrome de femme battue a été reconnu pour la première fois par les experts psychiatres lors d’un procès pénal, pour expliquer le meurtre d’un homme par sa conjointe, victime de violences depuis des années.
Face aux décisions de justice rendant pénalement coupables ces femmes, une partie de l’opinion publique s’est battue pour faire évoluer le code pénal. Cette libération de la parole permet de mettre en lumière le statut de victime des femmes subissant des violences conjugales.
Le syndrome de la femme battue est un mécanisme insidieux qui se referme lentement sur sa victime. Au début de la relation, le partenaire se présente sous son meilleur jour, exempt de tout caractère déviant.
Ca n’est qu’au fil du temps qu’il installe une atmosphère de violence psychologique pour asseoir sa domination. Il utilise divers stratagème, parmi ceux-ci on retrouve :
En subissant cette relation toxique, l’estime de la femme et sa capacité de discernement s’effritent peu à peu. Cela est la conséquence de l’expérience répétée d’une situation dans laquelle elle n’a pas – ou croit ne pas avoir – de maîtrise sur les événements qui surviennent. Il s’agit de l’impuissance apprise, un concept psychologique théorisé en 1975.
Lorsque l’emprise psychologique est mise en place, l’étape suivante est celle des violences psychologiques aux violences physiques ou sexuelles.
A ce stade, l’état de stress ressenti par la femme face au danger perçu mêlé à son sentiment d’impuissance provoque un mécanisme de défense psychique. La victime va percevoir la situation à travers les yeux de son agresseur.
Elle va donc finir par excuser son partenaire, ou encore croire qu’elle est responsable de cette violence et qu’elle pourrait faire mieux pour l’éviter.
Ce conditionnement induit aussi une soumission absolue face à son bourreau, une apathie rendant toute réaction impossible. Par extension, on peut parler de syndrome de Stockholm au sein du couple.
Le fait qu’une victime du syndrome de la femme battue reste auprès de son bourreau ne résulte pas d’un choix (induisant une capacité de discernement) mais plutôt d’un conditionnement malsain.
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Au-delà de la violence subie et de la faible estime de soi qui en découle, des troubles psychologiques peuvent apparaître, dont :
Des symptômes physiques peuvent survenir, dont :
Les séquelles laissées par le syndrome de la femme battue peuvent perdurer dans le temps. Un stress post-traumatique survient généralement après la séparation. Il est la conséquence de la tension constante causée par les sévices répétées. Il se traduit par :
Si vous subissez des violences verbales ou physiques de la part de votre partenaire il est primordial de ne pas rester murée dans le silence. Même si vous pensez que cela n’est pas grave, prévenez une personne extérieure de votre situation.
En lui expliquant ce qu’il se passe, cette personne pourra vous donner un avis plus distancié sur la situation et son avis sur la dangerosité de votre relation. Vous pouvez vous confier à un proche, un membre de votre famille ou encore à votre médecin traitant ou toute personne de confiance. Vous pouvez aussi appeler le 3919. Cette plateforme de soutien est gratuite et disponible.
La seconde étape, est de vous éloigner physiquement de votre partenaire. Vous pouvez vous rendre chez un proche ou dans un centre spécialisé. Les personnes dédiées y sont à l’écoute et sans jugement. Le 3919 vous orientera si vous ne savez pas où aller.
A noter : Si vous êtes témoin de violence conjugale, appelez le 3919.
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L’étape suivante est de vous reconstruire psychologiquement. Les séquelles que laissent ce type d’événements traumatisants sont profondes. Elles peuvent mettre un moment avant de cicatriser.
Pour accompagner votre guérison, une aide extérieure est nécessaire. Un suivi chez un psychologue vous permettra de vous confier, de bénéficier de conseils pour traverser cette période. N’hésitez pas non plus à en parler à votre médecin ou à tout professionnel de santé qui pourra vous aider.
Le syndrome de la femme battue désigne les effets psychologiques possibles de violences conjugales répétées : peur, sidération, perte de confiance, sentiment d’impuissance et difficulté à partir. Ce terme décrit un état d’emprise, pas une faiblesse personnelle.
Les trois phases souvent décrites dans le cycle des violences sont la tension, l’explosion violente puis la phase d’excuses ou de réconciliation. Ce cycle peut donner l’impression que la situation va s’améliorer, tout en maintenant l’emprise.
L’expression ‘femme soumise’ est réductrice. Les signes d’emprise peuvent être l’isolement, la peur de contrarier l’autre, la perte d’autonomie, la surveillance, la culpabilisation et la difficulté à prendre des décisions sans l’accord du partenaire.
On parle souvent de syndrome de Stockholm lorsque la victime développe un attachement ou une loyauté envers une personne qui la maltraite ou la contrôle. Dans le couple, le terme d’emprise psychologique est souvent plus précis.
Sources officielles.
Nos articles citent des sources officielles : HAS, Ameli, études cliniques.
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