
Stress chronique : quel traitement pour aller mieux ?
Le stress chronique peut avoir diverses conséquences sur la santé. Apprenez à reconnaître les symptômes et comment le traiter.
Article relu
12 min de lectureMis à jour le 20/10/26

Le stress est une réponse physiologique et psychologique de l’organisme face à une situation perçue comme menaçante ou dépassant les capacités d’adaptation.
Le conseil clé : consultez un médecin dès que le stress dure, revient ou retentit sur votre sommeil, votre travail ou votre vie quotidienne ; en cas d’idées suicidaires, appelez sans attendre le 3114.
Informations vérifiées en octobre 2026 — Sources : INRS, OMS, HAS, Inserm, Ameli.fr, ANSM
Examen à préparer, surcharge de travail, imprévu : nous ressentons tous du stress à certains moments de notre vie. Cet article s’adresse à vous si vous voulez comprendre ce qui se passe dans votre corps quand vous êtes stressé, repérer le moment où le stress devient nocif et savoir comment le gérer. Le stress déclenche à la fois des réactions physiques et psychologiques : utile sur une courte durée, il peut nuire à la santé physique et mentale lorsqu’il dure. L’équipe médicale de Qare vous explique ses mécanismes, ses symptômes, ses effets sur la santé et les solutions pour lutter contre le stress.
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On parle souvent du stress dans la vie courante, sans toujours en connaître la définition exacte. Il s’agit d’un ensemble de réactions psychiques et physiologiques de l’organisme face à une contrainte, une pression ou une situation inhabituelle, ce qu’on appelle un facteur de stress, ou « stresseur ». Pour l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le stress est un état d’inquiétude ou de tension mentale provoqué par une situation difficile : c’est une réponse naturelle, qui aide à faire face. L’INRS le décrit comme le déséquilibre ressenti entre ce qui nous est demandé et les ressources dont nous disposons pour y répondre. Il se distingue de l’anxiété, une émotion d’inquiétude qui peut survenir sans menace réelle. Il existe deux formes de stress :
Le PSS-10, ou Perceived Stress Scale (échelle de stress perçu), est une échelle courte utilisée pour évaluer le niveau de stress perçu. Ses 10 questions portent sur le mois écoulé et sont notées chacune de 0 à 4 dans sa version d’origine. Elles s’intéressent à la façon dont une personne a ressenti certaines situations récentes, comme le sentiment d’être dépassé, la difficulté à contrôler les événements, l’impression de surcharge ou la capacité à faire face. Selon l’INRS, c’est la version de l’échelle la plus recommandée.
Cette échelle ne mesure pas directement une maladie et ne permet pas, à elle seule, de poser un diagnostic. Elle peut toutefois aider à mieux objectiver un niveau de stress ressenti et à ouvrir un échange avec un professionnel de santé, notamment lorsque le stress devient fréquent, intense ou difficile à gérer au quotidien. Plus le score est élevé, plus le niveau de stress perçu est important.
En cas de stress persistant, de troubles du sommeil, d’épuisement, d’anxiété importante ou de retentissement sur la vie personnelle ou professionnelle, il est recommandé d’en parler à un médecin, un psychologue ou un psychiatre.
Le PSS-10 évalue le stress perçu, mais il ne remplace pas une évaluation de l’anxiété, de la dépression ou d’un autre trouble psychique.
Le stress peut déclencher divers symptômes comme :
Ces divers symptômes ou douleurs liées au stress sont souvent qualifiés de troubles psychosomatiques : bien réels, ils traduisent l’effet du stress sur le corps.
Le stress peut aussi déclencher des symptômes psychologiques et comportementaux, proches de ceux de l’angoisse ou de l’anxiété :
L’exposition à un stress prolongé ou chronique peut également provoquer des troubles cognitifs : oublis, difficultés à se concentrer ou à prendre des décisions. Chez les hommes, le stress et l’anxiété, tout comme le trouble anxieux généralisé, peuvent aussi se manifester par des troubles de l’érection ; l’anxiété de performance en est d’ailleurs la première cause psychologique. Des solutions existent pour lutter contre le stress et éviter ces symptômes gênants.
Bon à savoir : le reflux gastro-œsophagien (RGO) n’est pas considéré comme un symptôme du stress. Fréquent chez l’adulte, il est surtout favorisé par une hernie hiatale, le surpoids, la grossesse, le tabac, l’alcool ou des repas copieux.
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Selon l’OMS, le stress peut provoquer ou aggraver des problèmes de santé mentale, surtout l’anxiété et la dépression. Quand il dure, il peut aussi, selon l’INRS et l’Assurance Maladie, favoriser, déclencher ou aggraver :
Bon à savoir : l’ulcère de l’estomac ou du duodénum est surtout dû à une bactérie, Helicobacter pylori, ou à la prise d’anti-inflammatoires ou d’aspirine ; un stress intense ou prolongé (accident, brûlures graves) n’est qu’un facteur favorisant parmi d’autres.
Un stress ponctuel et limité dans le temps n’est pas forcément une mauvaise chose : pour l’OMS, un léger stress peut même nous aider à accomplir nos activités quotidiennes. Il agit comme un signal d’alarme qui mobilise l’organisme. Pour un étudiant stressé avant un examen ou quelqu’un qui doit faire un discours en public, il peut aider à se concentrer et à se dépasser. On parle parfois de « bon stress », mais pour l’INRS, il n’existe scientifiquement ni bon ni mauvais stress : il faut surtout distinguer le stress aigu, ponctuel, du stress chronique, qui dure.
En revanche, un stress qui s’installe sur le long terme, le stress chronique, peut avoir des effets négatifs sur la santé physique et mentale.
Enfin, certaines personnes supportent mal d’être exposées à un stresseur, même ponctuel : « le stress les stresse ». Un étudiant qui a du mal à gérer son stress avant un examen peut ainsi voir ses performances diminuer (la « page blanche ») au lieu de s’améliorer. Les différentes techniques de gestion du stress peuvent alors l’aider.
Dans certaines situations, éloigner le facteur de stress suffit à le faire baisser, mais pas toujours. Une prise en charge peut être utile si le stress devient chronique ou s’il a entraîné un trouble anxieux ou une dépression. Si vous êtes dans ce cas, consultez votre médecin traitant ou un psychiatre pour en parler.
Si le stress est dû à un surmenage au travail, par exemple, votre généraliste pourra vous aider et, s’il le juge utile, vous prescrire un arrêt de travail.
Il peut aussi vous orienter vers une thérapie cognitivo-comportementale (TCC) pour mieux gérer votre anxiété et, si nécessaire, vous prescrire un traitement médicamenteux sur une courte durée, comme un anxiolytique. Pour venir à bout du stress, les mesures non médicamenteuses passent avant : une benzodiazépine ne se prescrit qu’en cas d’anxiété sévère, pour 12 semaines au maximum, arrêt progressif compris.
Si vous avez des idées suicidaires, n’attendez pas : appelez le 3114, le numéro national de prévention du suicide, gratuit et joignable 24 h/24 et 7 j/7. En cas de danger immédiat, appelez le 15 ou le 112.
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Si vous êtes légèrement stressé ou de façon épisodique, vous pouvez apprendre à mieux gérer votre stress grâce à des méthodes naturelles. Garder une bonne hygiène de vie est essentiel pour y arriver.

Face à une situation perçue comme une menace, notre organisme réagit en deux temps, sous la commande du cerveau. D’abord, les glandes surrénales libèrent de l’adrénaline, qui augmente la fréquence cardiaque, la tension artérielle et la vigilance : l’organisme se prépare à réagir. Ensuite, sous le contrôle du cerveau (l’axe corticotrope, qui relie l’hypothalamus, l’hypophyse et les surrénales), elles sécrètent du cortisol, l’une des principales hormones du stress, qui augmente le taux de sucre dans le sang pour fournir l’énergie nécessaire à la réponse au stress. Une fois la situation passée, ce système se calme.
Dès 1936, le médecin Hans Selye a décrit cette réponse de l’organisme sous le nom de syndrome général d’adaptation. Elle comporte trois phases : la phase d’alarme, réaction immédiate au stresseur ; la phase de résistance, pendant laquelle l’organisme s’adapte et mobilise ses réserves ; puis, si le stress se prolonge, la phase d’épuisement, où ce système de régulation se dérègle. C’est à ce stade que le stress chronique devient nocif pour la santé.
Il existe de nombreux facteurs de stress différents, qui sont personnels à chacun : tout dépend de votre perception d’un événement. Vous pouvez très bien être stressé par une situation qui serait mieux acceptée par quelqu’un d’autre. Ces sources de stress sont souvent extérieures : la gestion de la vie familiale, une période intense au travail, des difficultés financières, un problème de santé, un deuil, un déménagement ou encore une période d’examens. Le stress peut aussi venir de l’appréhension d’un événement, par exemple avant une compétition sportive.
Des événements exceptionnels peuvent aussi favoriser le stress de toute une population. En 2020, la crise du Covid-19 et les confinements ont été une source d’angoisse et de stress pour beaucoup : Santé publique France a alors observé une hausse des troubles anxieux et dépressifs.
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Le stress au travail ou surmenage professionnel est une source très fréquente de stress chronique. S’il s’installe sans que rien ne change, il peut mener à un burn-out, ou syndrome d’épuisement professionnel : l’OMS le décrit comme un phénomène lié au travail, résultant d’un stress chronique qui n’a pas été géré avec succès. Ses symptômes sont proches de ceux du stress : mal de dos, maux de tête, tension musculaire, fatigue, troubles de la mémoire, difficultés à dormir, insomnies prolongées, troubles de l’humeur…
Il faut alors trouver un moyen de rééquilibrer vie professionnelle et vie privée pour éviter le burn-out. Parfois, il s’agit d’un problème d’organisation, ou tout simplement d’une difficulté à dire non : parlez-en à votre hiérarchie pour trouver une solution à votre surcharge de travail. Si cette période de surmenage professionnel se prolonge, consultez votre généraliste ; vous pouvez aussi demander à tout moment une visite au médecin du travail, sans avoir besoin de l’accord de votre employeur.
Vous pouvez parler de votre stress à un médecin généraliste ou à un psychiatre en vidéo, par exemple sur Qare, depuis chez vous. Le médecin fait le point avec vous, recherche si besoin une autre cause à vos symptômes, vous oriente, le cas échéant, vers une psychothérapie et peut, si nécessaire, vous prescrire un traitement. En France, une prescription en ligne doit reposer sur un échange direct avec le médecin, en vidéo ou par téléphone, et non sur un simple questionnaire.
Une téléconsultation avec un médecin généraliste de secteur 1 coûte 25 € ; avec un psychiatre de secteur 1, 50,20 € pour les patients de plus de 25 ans. Elles sont remboursées à 70 %, moins la participation forfaitaire de 2 €, dans le respect du parcours de soins (l’accès direct au psychiatre est possible entre 16 et 25 ans si vous avez déclaré un médecin traitant).
Pour une souffrance psychique d’intensité légère à modérée, les séances chez un psychologue partenaire de Mon soutien psy sont aussi remboursées à 60 %, dans la limite de 12 séances par année civile ; la première a lieu au cabinet, puis le suivi peut se faire en vidéo.
Bon à savoir : en téléconsultation, un arrêt de travail est limité à 3 jours, tout comme son premier renouvellement à distance ; les renouvellements suivants ne peuvent pas se faire à distance. Ces limites ne s’appliquent pas lorsque l’arrêt est prescrit ou renouvelé par votre médecin traitant.
Le trouble de stress post-traumatique (TSPT) est un trouble psychique qui peut apparaître après un événement traumatisant : accident, agression, attentat, catastrophe naturelle… La personne revit l’événement (souvenirs intrusifs, cauchemars), évite tout ce qui le lui rappelle, reste en état d’alerte permanent et sursaute au moindre bruit. On parle de TSPT lorsque ces symptômes persistent plus d’un mois et perturbent la vie quotidienne.
Il touche plus souvent les personnes dont la vie a été menacée, qui ont été blessées ou qui ont connu la guerre. Il se soigne : une psychothérapie centrée sur le traumatisme (TCC ou EMDR) est le traitement de référence, et un généraliste peut vous orienter, y compris en téléconsultation.
Ce type de stress n’a rien à voir avec le stress psychologique. Le stress oxydatif, ou stress oxydant, est un déséquilibre entre les espèces réactives de l’oxygène, dont les radicaux libres, que les cellules produisent en fonctionnant normalement, et les défenses antioxydantes de l’organisme. Ce déséquilibre est impliqué dans le vieillissement et dans de nombreuses maladies.
Non. Le PSS-10 est une échelle d’évaluation du stress perçu. Elle peut aider à mieux comprendre l’intensité du stress ressenti, mais elle ne remplace pas une évaluation médicale ou psychologique, notamment si les symptômes persistent ou ont un impact sur la vie quotidienne.
Le stress se manifeste à la fois dans le corps et dans l’esprit : accélération du rythme cardiaque, souffle court, tensions musculaires, maux de tête ou de ventre, troubles du sommeil et de l’appétit, mais aussi irritabilité, nervosité et difficultés de concentration. Il peut aussi modifier le comportement : repli sur soi, consommation accrue de café, de tabac ou d’alcool. Découvrez le détail des symptômes du stress.
Le stress ne touche pas un seul organe : c’est le cerveau qui déclenche la réaction, en commandant aux glandes surrénales de libérer de l’adrénaline puis du cortisol. Ces hormones agissent sur tout le corps : le cœur accélère, la tension monte, les muscles se contractent et la digestion est perturbée. Lorsque le stress dure, il peut retentir sur le cœur et les vaisseaux, le système digestif, la peau, les muscles et le sommeil.
Il n’existe pas de classification officielle en trois types. L’INRS distingue deux formes de stress : le stress aigu, réaction ponctuelle à une contrainte, et le stress chronique, qui s’installe dans la durée. On parle aussi de trois phases du stress, décrites dès 1936 par le médecin Hans Selye : l’alarme, la résistance, puis l’épuisement si le stress se prolonge.
On ne peut pas supprimer tout stress, et ce n’est pas souhaitable : il aide à réagir face à une difficulté. On peut en revanche le réduire : repérer ce qui le provoque, agir sur ce qui peut l’être (organisation, charge de travail), pratiquer une activité physique régulière, soigner son sommeil, s’accorder des pauses et des temps de relaxation, et en parler à ses proches. Si le stress dure ou retentit sur votre quotidien, consultez un professionnel de santé.
Sources officielles.
Nos articles citent des sources officielles : HAS, Ameli, études cliniques.
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