Les allergies aux pollens

Par Dr Luc Colas · Médecin Allergologue · Mis à jour le 4 mars 2020, publié le 21 mars 2018

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allergie pollen

C’est quoi un pollen ?

Les pollens sont de petites particules très volatiles mesurant en moyenne un centième de centimètre permettant aux végétaux de se reproduire. Contrairement à l’idée répandue, ils ne sont donc pas visibles à l’œil nu au même titre que les cellules reproductrices des Hommes.

Ils sont de plus en plus responsables d’allergies saisonnières chez les sujets prédisposés aux maladies allergiques ou apparentées. Cette prédisposition s’appelle l’Atopie.

Quand parle-t-on d’allergie saisonnière aux pollens ?

Ces allergies saisonnières peuvent s’exprimer de diverses manières telles que :

  • une rhinite (éternuements, démangeaisons et/ou encombrement nasal)
  • une conjonctivite (yeux rouges, larmoyants avec des démangeaisons)
  • un asthme (toux sèche, oppression dans la poitrine, essoufflement, sifflement dans la poitrine).

Elle rendent compte d’une mémoire du corps quant au(x) pollen(s) en cause.

Les saisons de pollinisation s’étendent généralement de fin février à fin août. Elles peuvent varier en fonction des conditions climatiques. En effet, un climat doux favorisera une sortie plus précoce des pollens. Par conséquent, on pourra suspecter une allergie aux pollens, quelle que soit son expression, uniquement durant ces périodes.

On distingue schématiquement :

  • les pollens d’arbres/arbustes
  • les pollens des plantes vivaces telles que les graminées/herbacées.

Les premiers sont volontiers présents de fin février à fin avril alors que les seconds plutôt de mai à fin août.

Une autre particularité des allergies aux pollens est leur fâcheuse tendance à croiser avec des aliments tels que les pommes, le melon, la tomate, la pêche, le kiwi, la cerise et plus généralement avec les fruits à noyaux printaniers et estivaux.

Cela s’appelle le syndrome pollen/aliment dont l’expression clinique va de la démangeaison brève des lèvres et/ou de la bouche jusqu’à des gonflements de lèvre et/ou de la langue.

Les symptômes plus sévères sont exceptionnels. La particularité de ce syndrome est de pouvoir ingérer sans problème les fruits cuits alors que les fruits crus déclenchent les symptômes.

Il s’agît de la forme d’allergie alimentaire la plus fréquente chez l’adulte dont la plus connue est le syndrome « Pomme/Bouleau ».

Quand et pourquoi consulter un allergologue ?

Idéalement, la consultation de diagnostic se fait durant la période des symptômes afin que ces derniers soient objectivés par le médecin allergologue. Le diagnostic repose sur des symptômes compatibles (Cf. ci-dessus) et des tests cutanés (prick-tests) avec des extraits standardisés de pollens (par exemple, graminées, herbacés, bétulacée, fagacés, cupressacés…). Il y est souvent associé une exploration du souffle dite EFR en cas de symptômes respiratoires.

Cette étape diagnostique est essentielle. En effet, beaucoup de pathologies du nez, des yeux ou des poumons peuvent mimer une allergie ce d’autant plus qu’une partie des symptômes sont présents. Le médecin allergologue peut alors en cas de doute demander un avis auprès d’un confrère ORL et/ou ophtalmologue et/ou pneumologue.

L’intérêt de la consultation avec un allergologue est donc de pouvoir discriminer quel(s) pollen(s) est/sont en cause pour, à terme, proposer une désensibilisation autrement appelée immunothérapie spécifique. C’est actuellement le seul traitement qui permet de moduler à long terme (au minimum 10 ans après la fin) les symptômes de la maladie allergique. La désensibilisation n’est pas un traitement anodin. En effet, son principal inconvénient est sa durée pouvant aller de 3 à 5 ans suivant les symptômes (allergie isolée aux pollens ou syndrome pollen/aliment).

En filigrane, cela signifie que la consultation d’allergologie n’est utile qu’en cas de symptômes gênants ou bien s’accentuant d’année en année.

Traitement

Dans tous les cas, un traitement symptomatique à base d’anti-histaminique en comprimé sera prescrit. Il pourra s’associer avec un traitement pour l’asthme et/ou des gouttes oculaires anti-histaminiques (= collyre). Le médecin pourra vous conseiller des mesures « d’éviction » des pollens comme par exemple, prendre une douche et changer ses vêtements après un long moment en extérieur pendant la période des pollens.

Enfin, le réseau de surveillance aéro-biologique (RNSA ; http://www.pollens.fr/accueil.php) est un formidable outil pour les patients souffrant d’ allergie saisonnière.

En effet, il est possible d’anticiper le début de la saison pollinique grâce aux relevés des années précédentes et par conséquent commencer le traitement symptomatique en prévention des symptômes.