Saxenda : indications, efficacité et risques et conditions d’accès

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L’essentiel à retenir : Saxenda est un médicament sur ordonnance (liraglutide) qui imite une hormone naturelle pour augmenter la satiété et réduire l’appétit. Ce traitement de l’obésité fonctionne comme un « coup de pouce » biologique, efficace uniquement s’il est associé à un régime hypocalorique et une activité physique. Il s’administre via une injection quotidienne et ne fait l’objet d’aucun remboursement en France.

Perdre du poids durablement face à l’obésité ou au surpoids important ne relève pas simplement de la volonté, mais constitue souvent un véritable défi métabolique que le corps impose aux patients. Pour soutenir cette démarche de soins, le Saxenda (liraglutide) se positionne comme un traitement  injectable sur ordonnance, conçu pour agir biologiquement sur les mécanismes internes de la satiété. Cet article  médical détaille son mode d’action précis sur l’organisme, les critères stricts d’éligibilité définis par les autorités de santé, ainsi que la gestion concrète des effets indésirables digestifs et le coût actuel en pharmacie.

Saxenda : un outil médical pour la gestion du poids

Qu’est-ce que le Saxenda exactement ?

Saxenda est un médicament injectable sur ordonnance, et non une solution miracle pour maigrir. Ce traitement médical repose sur une molécule précise, le liraglutide, destinée spécifiquement à la gestion du poids. Le liraglutide agit comme un leurre biologique : c’est un analogue du GLP-1. Imaginez un interrupteur de faim naturel : il imite l’hormone intestinale libérée après la prise d’un repas pour signaler au cerveau que l’estomac est plein. Développé par le laboratoire Novo Nordisk, ce dispositif n’est pas en vente libre. Son accès exige une prescription médicale stricte et un suivi régulier.

À qui s’adresse ce traitement ?

Ce protocole ne convient pas à une simple envie de mincir. Il cible spécifiquement les patients souffrant d’obésité avérée ou d’un surpoids important entraînant des complications de santé. Les critères d’éligibilité sont précis (voir les indications de l’EMA : Agence Européenne des Médicaments) : 

  • Adultes : avec un Indice de Masse Corporelle (IMC) de 30 kg/m² ou plus (obésité). Adultes : avec un IMC de 27 kg/m² ou plus (surpoids) ET une pathologie associée (diabète de type 2, hypertension, dyslipidémie). 
  • Adolescents (12-17 ans) : pesant plus de 60 kg avec un diagnostic d’obésité, après échec des approches conventionnelles.

Le complément indispensable : un mode de vie sain

Soyons clairs : Saxenda ne fonctionne pas isolément. Il s’agit d’un traitement pharmacologique, un levier supplémentaire, qui ne dispense pas d’un engagement réel avec des modifications des habitudes alimentaires, un suivi diététique pour mettre en place un régime hypocalorique structuré. L’activité physique régulière constitue le second pilier indissociable du traitement. Si le médicament aide à modérer l’appétit, c’est bien la modification durable du comportement et le mouvement qui ancrent la perte de poids sur le long terme.

Le statut réglementaire en France

En France, Saxenda est inscrit sur la Liste I des substances vénéneuses. Cela implique une délivrance uniquement sur ordonnance non renouvelable, sauf indication contraire explicite du médecin traitant sur la prescription pour sécuriser le parcours de soin. Concernant le coût, il faut savoir qu’à ce jour, ce traitement n’est pas remboursé par l’Assurance Maladie pour l’indication perte de poids. L’intégralité des frais reste donc à la charge du patient, sans prise en charge par l’assurance maladie.

Comment fonctionne le liraglutide sur l’organisme ?

Maintenant que l’on a posé les bases de ce qu’est ce traitement et pour qui il est indiqué , penchons-nous sur son mécanisme d’action. Comment une molecule peut-elle concrètement aider à réguler l’appétit ?

L’imitation d’une hormone naturelle : le GLP-1

Le liraglutide agit comme un leurre intelligent : c’est un analogue du GLP-1 (Glucagon-Like Peptide-1). Cette hormone, que nous fabriquons tous naturellement dans l’intestin, a pour mission physiologique de réguler la glycémie et de couper l’appétit. Le souci avec l’hormone naturelle, c’est sa fragilité : elle est détruite par l’organisme en quelques minutes. Le liraglutide est une copie synthétique quasi identique, mais modifiée pour résister à cette dégradation enzymatique ultra-rapide. Grâce à cette modification, le médicament reste actif dans le sang environ 24 heures. C’est cette persistance qui permet de maintenir un effet constant sur la satiété avec une seule injection quotidienne, au lieu d’une perfusion continue.

Un triple mécanisme sur la satiété et la faim

Premier levier d’action : le cerveau. Le liraglutide traverse la barrière encéphalique et se fixe sur les récepteurs de l’hypothalamus qui gèrent la prise alimentaire. Il augmente la sensation de satiété (on est calé plus vite) et diminue la sensation de faim. Deuxième levier : la mécanique digestive. Le médicament ralentit la vidange gastrique, c’est-à-dire la vitesse à laquelle l’estomac se vide. Les aliments y restent plus longtemps, ce qui prolonge physiquement la sensation de plénitude après le repas. Troisième levier : une modification des préférences. Les études montrent une baisse de l’envie pour les aliments très gras ou sucrés. Pour visualiser le mécanisme d’action du GLP-1, comprenez simplement qu’il aide à résister aux « craquages ».

Au-delà du poids : les effets sur la glycémie

Il ne faut pas oublier que le liraglutide est aussi utilisé dans le traitement du diabète de type 2 (commercialisé sous le nom de Victoza). Il aide à réguler le taux de sucre dans le sang en stimulant la production d’insuline, mais intelligemment : uniquement quand la glycémie est trop haute. C’est un atout majeur, car les patients en surpoids souffrent souvent d’une résistance à l’insuline ou d’un pré-diabète ignoré. Le traitement permet donc de corriger ce déséquilibre métabolique en même temps qu’il agit sur la perte de poids.

Pourquoi une injection et pas un comprimé ?

C’est une question légitime que j’entends souvent au cabinet. Le problème est chimique : le liraglutide est un peptide, une protéine complexe. Si vous l’avaliez, les acides et enzymes de votre estomac le digéreraient immédiatement, comme un simple morceau de viande. La molécule serait détruite avant même de passer dans le sang et n’aurait aucun effet. L’injection sous-cutanée reste donc le seul moyen technique actuel pour contourner la barrière digestive.

Le traitement en pratique : utilisation du stylo et suivi

Comprendre le mécanisme c’est bien, mais concrètement, comment se passe le traitement au quotidien ? L’idée d’une injection quotidienne peut impressionner, mais le dispositif est pensé pour être simple.

Le stylo pré-rempli : un dispositif conçu pour l’autonomie

Visualisez le stylo contenant le traitement comme un gros marqueur. C’est un stylo injecteur pré-rempli et multidose, très similaire aux modèles que les patients diabétiques utilisent couramment pour leur insuline. L’objectif est de rendre l’auto-injection triviale et sans douleur. L’aiguille est extrêmement fine et courte, car le produit doit être déposé dans la couche de graisse sous la peau, jamais dans le muscle. Le patient se forme initialement avec son médecin ou un infirmier pour maîtriser le geste. Une fois la technique comprise, l’injection quotidienne de saxenda devient une routine rapide, prenant moins d’une minute.

Les étapes clés de l’injection quotidienne

Le processus suit un protocole standardisé pour garantir la sécurité du patient. Il est recommandé de changer régulièrement de zone d’injection pour éviter l’apparition de petites boules sous la peau (dépôts amyloïdes). Préparation : Se laver soigneusement les mains et visser une nouvelle aiguille sur le stylo. Vérification : Purger le stylo (vérifier qu’une goutte perle au bout) avant la toute première utilisation d’un stylo neuf. Sélection de la dose : Tourner la molette du sélecteur jusqu’à afficher la posologie exacte prescrite par le médecin. Injection : Piquer en sous cutané dans l’abdomen, la cuisse ou le haut du bras. Maintenir le bouton enfoncé et comptez lentement jusqu’à 6 avant de retirer l’aiguille. Élimination : Dévisser l’aiguille avec précaution et la jeter impérativement dans un collecteur spécifique (boîte jaune DASRI).

Le schéma d’augmentation progressive de la dose

On démarre le traitement à des doses progressivement croissantes. Le protocole commence par une faible dose pour évaluer les effets du traitement . C’est ce que nous appelons la phase de titration, puis les doses sont progressivement augmentées afin de limiter les effets secondaires digestifs, notamment les nausées, qui surviennent souvent en début de prise. Le médecin établit un calendrier précis : la dose est augmentée par paliers chaque semaine, sur une période de 5 semaines, jusqu’à atteindre la dose d’entretien cible de 3,0 mg par jour.

L’importance cruciale du suivi médical

Ce médicament n’est pas un produit anodin à gérer seul dans son coin. Un suivi médical régulier est absolument nécessaire tout au long du parcours pour garantir la sécurité du patient. Le praticien doit évaluer la tolérance digestive, mesurer l’efficacité réelle sur la perte de poids après 16 semaines, et ajuster le plan de soins si les résultats ne sont pas au rendez-vous. Ces consultations permettent aussi de maintenir la motivation et d’adapter les recommandations nutritionnelles. C’est un traitement pour la gestion chronique du poids qui exige un véritable travail d’équipe.

Efficacité et limites du traitement

Alors, une fois le traitement bien suivi, à quels résultats peut-on s’attendre ? Les données cliniques nous donnent une image assez claire de l’efficacité, mais aussi des conditions pour que ça marche.

Que disent les études cliniques sur la perte de poids ?

Les résultats des grandes études cliniques, comme l’essai SCALE, sont formels. Ces études comparent le liraglutide à un placebo, toujours en association avec un régime et de l’exercice. Chez les adultes, les résultats montrent une perte de poids moyenne significativement supérieure avec Saxenda. On parle d’une différence notable par rapport au groupe qui ne recevait qu’un placebo et des conseils de vie. Les études de référence montrent une perte de poids moyenne de 7,5% du poids corporel avec Saxenda, contre seulement 2,3% pour les patients sous placebo après un an.

La « règle des 12 semaines » : un critère d’arrêt clair

L’efficacité du traitement est évaluée assez tôt, car tout le monde ne répond pas de la même manière au liraglutide. Il existe une règle claire pour décider de la poursuite du traitement. Après 12 semaines à la dose d’entretien de 3,0 mg, le médecin fait le point. Si le patient n’a pas perdu au moins 5% de son poids corporel initial, il est recommandé d’arrêter le traitement, et d’envisager d’autres options. 

Les bénéfices au-delà de la balance

La perte de poids est l’objectif principal, mais ce n’est pas le seul bénéfice. La réduction de la masse grasse a des effets positifs sur tout le corps. Les études ont montré des améliorations sur plusieurs facteurs de risque cardiométaboliques. On observe souvent une baisse de la pression artérielle, par exemple. De même, le profil lipidique (cholestérol, triglycérides) et le contrôle de la glycémie s’améliorent, réduisant le risque de complications à long terme. 

Les effets secondaires les plus courants à connaître

Comme tout médicament actif, Saxenda peut provoquer des effets indésirables. La plupart sont liés à son action sur le système digestif. Les plus fréquents sont les nausées, vomissements, diarrhées et constipation. Ces troubles sont surtout présents au début du traitement. Dans la majorité des cas, ces effets sont d’intensité légère à modérée et diminuent avec le temps. C’est tout l’intérêt de l’augmentation progressive de la dose.

Saxenda face à ses alternatives : faisons le point 

Saxenda n’est plus le seul médicament analogue du GLP-1 pour la perte de poids. D’autres noms comme Ozempic, Wegovy ou Mounjaro circulent beaucoup. Faisons le point pour y voir plus clair.

Saxenda vs Ozempic et Wegovy (sémaglutide)

Il y a souvent confusion chez les patients. En réalité, Ozempic et Wegovy contiennent exactement la même molécule active : le sémaglutide. C’est un analogue du GLP-1, tout comme le liraglutide présent dans le saxenda, qui agit sur la satiété. La différence majeure réside dans la fréquence d’administration, Saxenda nécessite une injection quotidienne , alors que Wegovy et Ozempic offrent le confort d’une injection hebdomadaire grâce à leur durée d’action prolongée. Attention toutefois aux indications médicales officielles. Wegovy est spécifiquement dosé et approuvé pour traiter l’obésité. Ozempic, lui, reste indiqué prioritairement pour le diabète de type 2, même si la perte de poids est un effet secondaire connu.

Le nouveau venu : Mounjaro (tirzépatide)

Parlons maintenant du Mounjaro,  sa molécule, le tirzépatide, est unique car c’est un « double agoniste » : il cible non seulement les récepteurs du GLP-1, mais active aussi ceux du GIP, une autre hormone digestive clé. Cette double action métabolique semble, d’après les études cliniques récentes, entraîner une perte de poids encore plus significative. Tout comme le Wegovy, il s’administre via une injection sous cutané hebdomadaire, facilitant l’adhésion au traitement sur le long terme.

Tableau comparatif des principaux traitements injectables

Pour synthétiser ces informations et vous aider à comparer objectivement, un tableau est l’outil le plus clair. Voici un comparatif direct des données actuelles.

Caractéristique Saxenda Wegovy Mounjaro
Molécule active Liraglutide Sémaglutide Tirzépatide
Mécanisme Agoniste GLP-1 Agoniste GLP-1 Double agoniste GLP-1/GIP
Fréquence d’injection Quotidienne Hebdomadaire Hebdomadaire
Indication principale (poids) Oui (IMC ≥27 + comorbidités ou ≥30) Oui (même indication que Saxenda) Oui ( )
Perte de poids moy. (études) Environ 5-10% Environ 15% Environ 20% ou plus (Moyennes d’études, protocoles différents)
Statut en France Autorisé, non remboursé.  Autorisé, non remboursé.  Autorisé, non remboursé. 

Bien que les traitements injectables soient très médiatisés, certains patients préfèrent une approche par voie orale. Il est alors possible de se tourner vers des médicaments comme le Xenical, dont l’action se concentre sur l’élimination des graisses au niveau intestinal.

Sécurité, précautions et points de vigilance

Ces traitements sont efficaces, mais ce sont des médicaments qui ne sont pas anodins. Il est donc fondamental d’être accompagné par des professionnels de santé formés à la gestion de l’obésité, et qui savent manier ces traitements dans le respect des indictaion, en connaîssant e les contre-indications et les signaux d’alerte.

Les contre-indications absolues à ne pas négliger

Il existe des situations où l’usage de Saxenda est strictement interdit. La première barrière infranchissable est une allergie connue au liraglutide ou à l’un des excipients présents dans le stylo. Une ligne rouge majeure concerne vos antécédents familiaux ou personnels de cancer de la thyroïde dont le carcinome médullaire de la thyroïde (CMT), une pathologie rare mais sérieuse. Ce médicament est aussi proscrit si vous souffrez de néoplasie endocrinienne multiple de type 2 (NEM 2). De même, la grossesse et l’allaitement imposent un arrêt immédiat.

Les risques à surveiller : pancréatite et vésicule biliaire

Bien que cela reste rare, le risque de pancréatite aiguë (inflammation du pancréas) ne doit pas être ignoré. Vous devez rester vigilant face à tout signe digestif inhabituel. Le signal d’alarme est une douleur abdominale intense et persistante, irradiant souvent vers le dos. Si vous ressentez cela : consultez immédiatement un médecin ou aux urgences. Une perte de poids rapide sollicite la vésicule biliaire et peut favoriser les calculs biliaires. Soyez attentif à toute douleur vive située sous les côtes, du côté droit.

Hydratation et fonction rénale : un point d’attention

En début de protocole, les nausées ou diarrhées sont fréquentes et créent un vrai risque de déshydratation. Je répète souvent à mes patients : buvez abondamment pour compenser ces pertes hydriques. Cette déshydratation, si elle est mal gérée, peut fatiguer inutilement la fonction rénale. Les patients ayant déjà des reins fragiles doivent être surveillés par leur médecin traitant.

Le danger des contrefaçons et du marché noir

L’engouement mondial pour ces molécules a malheureusement créé un marché noir dangereux. De nombreux sites internet vendent des stylos falsifiés qui imitent l’original à la perfection. Ces contrefaçons sont une roulette russe : elles contiennent souvent des substances inefficaces, mal dosées, voire toxiques. Acheter hors du circuit pharmaceutique légal vous expose directement au danger des produits falsifiés. Se procurer un traitement comme le Saxenda, ou un autre, sans ordonnance et en dehors d’une pharmacie, c’est s’exposer à des produits falsifiés qui peuvent avoir des conséquences graves et imprévisibles sur la santé.

Contexte actuel : disponibilité et perspectives

Au-delà de l’aspect purement médical, l’accès à ces traitements est un vrai sujet. Entre les tensions d’approvisionnement et les recherches en cours, quel est le paysage actuel pour Saxenda ?

Des tensions d’approvisionnement récurrentes

Il faut être réaliste : la demande mondiale pour les analogues du GLP-1 a explosé ces derniers mois. Cela concerne aussi bien Saxenda que ses concurrents directs sur le marché. Les laboratoires peinent aujourd’hui à suivre cette demande exponentielle des patients. Résultat : des tensions d’approvisionnement, voire des pénuries temporaires, sont régulièrement signalées dans les pharmacies de l’Hexagone. Il peut donc être difficile, même avec une ordonnance valide, de commencer ou de poursuivre son traitement sans interruption. Il est important d’en discuter avec son médecin et son pharmacien.

Le coût : un frein majeur en l’absence de remboursement

Rappelons un point important : le non-remboursement du médicament. Le coût mensuel du traitement est élevé, se chiffrant généralement entre 240 et 300 euros selon les traitements et dosages . C’est un facteur limitant pour beaucoup de patients. La décision de commencer le traitement doit donc prendre en compte cette contrainte budgétaire sur le long terme, car l’Assurance Maladie ne couvre pas ces frais.

Les pistes de recherche : le cas du SOPK

La recherche clinique ne s’arrête pas à l’obésité simple. Le liraglutide est étudié dans d’autres contextes médicaux où le surpoids et les dérèglements métaboliques jouent un rôle prépondérant. C’est le cas du Syndrome des Ovaires Polykystiques (SOPK), une pathologie hormonale, souvent associée à une prise de poids difficile à contrôler et une résistance à l’insuline. Des études sont en cours pour évaluer si Saxenda pourrait aider ces patientes à réguler leur métabolisme. Vous pouvez consulter les détails de cette étude clinique en cours concernant le SOPK pour approfondir le sujet.

Le mot de la fin : replacer Saxenda dans une stratégie globale

Un outil, pas une solution magique

Soyons très clairs : ce traitement n’est pas une solution de facilité. C’est un outil thérapeutique puissant conçu pour des situations médicales précises, notamment une obésité installée ou un surpoids avec complications. Il permet souvent de franchir un cap difficile, d’enclencher une dynamique de perte de poids lorsque les modifications du mode de vie, seules, ne suffisent plus à faire bouger l’aiguille sur la balance. Pourtant, la réussite sur la durée repose entièrement sur la capacité à modifier durablement les habitudes alimentaires. Sans une activité physique régulière et une assiette équilibrée, le médicament ne fera pas de miracles.

La décision médicale : une évaluation au cas par cas

La prescription de ce médicament n’est pas automatique. Elle résulte toujours de la décision du médecin au regard de votre état de santé, et d’une discussion approfondie en consultation pour valider que l’indication médicale est strictement respectée et pertinente. Nous pesons ensemble les bénéfices escomptés face aux contraintes réelles : les injections sous-cutanées quotidiennes, le coût (non remboursé) et les effets secondaires possibles, comme les nausées ou les troubles digestifs. L’histoire médicale, l’indication médicale confirmée, la motivation et l’environnement personnel sont des éléments déterminants dans cette décision partagée. Chaque patient est unique, et ce qui fonctionne pour l’un ne convient pas forcément à l’autre.

Vers une prise en charge pluridisciplinaire de l’obésité

L’obésité est une maladie complexe aux multiples facettes. L’approche la plus efficace reste toujours pluridisciplinaire. Le médicament n’est qu’une pièce du puzzle, Dans l’idéal, le parcours de soins inclut un suivi par un diététicien, un soutien psychologique , et une activité physique adaptée. C’est cet écosystème qui traite le fond du problème. C’est dans ce cadre global que saxenda trouve sa juste place. Utilisé ainsi, il offre les meilleures chances de succès durable pour la santé, bien au-delà de la simple perte de kilos. Saxenda ne doit pas être vu comme une solution miracle, mais comme un outil médical pour initier la perte de poids. Son succès dépend de votre engagement vers un mode de vie sain : alimentation équilibrée et activité physique. Une approche pluridisciplinaire reste indispensable pour garantir des résultats durables sur la santé.

FAQ

Est-ce que le Saxenda fait réellement maigrir ?

Oui, mais attention : ce n’est pas une baguette magique qui fait perdre du poids sans effort. Le liraglutide agit comme un leurre pour votre cerveau en imitant l’hormone de la satiété. Les études cliniques montrent une perte de poids significative (souvent entre 5 et 10 % du poids initial), mais uniquement lorsque le traitement est associé à un rééquilibrage alimentaire et à de l’activité physique. Sans changement d’hygiène de vie, les résultats sont minimes.

Peut-on se procurer Saxenda sans ordonnance ?

Non, c’est strictement impossible dans le circuit légal en France. Saxenda est un médicament inscrit sur la Liste I, ce qui signifie qu’il nécessite obligatoirement une prescription médicale (et non renouvelable sans avis du médecin). Je vous mets en garde fermement contre l’achat en ligne sans ordonnance. Vous risquez de recevoir des produits contrefaits, mal dosés ou toxiques, qui peuvent avoir des conséquences dramatiques sur votre santé. 

Quelle est la différence entre Saxenda et Ozempic ?

C’est la confusion la plus fréquente . La première différence est la molécule : Saxenda contient du liraglutide, tandis qu’Ozempic contient du sémaglutide. La deuxième différence majeure est pratique : Saxenda nécessite une injection quotidienne, alors qu’Ozempic s’injecte une fois par semaine. Enfin, Saxenda possède une Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) spécifique pour l’obésité, alors qu’Ozempic est officiellement indiqué pour le diabète de type 2.

Quel est le prix du Saxenda en pharmacie ?

En France, le prix de ce médicament est libre, ce qui signifie qu’il varie d’une officine à l’autre. Il faut compter en moyenne autour de 300 € par mois pour le traitement (souvent vendu par boîte de 3 ou 5 stylos selon le dosage). Il est important de préciser qu’à ce jour, ce traitement n’est pas remboursé par l’Assurance Maladie dans le cadre de la perte de poids. C’est donc un investissement financier qui reste entièrement à la charge du patient.

Combien de temps faut-il pour perdre du poids avec ce traitement ?

Il n’y a pas de réponse universelle car chaque métabolisme réagit différemment. . Si après 12 semaines à la dose maximale (3,0 mg/jour), vous n’avez pas perdu au moins 5 % de votre poids initial, on considère que le traitement n’est pas efficace. . Dans ce cas, il est recommandé de l’arrêter pour ne pas poursuivre un médicament inutilement.

Quels sont les dangers et contre-indications à connaître ?

Comme tout traitement actif, il comporte des risques. La contre-indication absolue concerne les personnes ayant des antécédents (personnels ou familiaux) de cancer médullaire de la thyroïde ou de néoplasie endocrinienne multiple de type 2 (NEM 2). Il faut également être vigilant pour votre pancréas et votre vésicule biliaire. En cas de douleurs abdominales intenses et persistantes, il faut consulter immédiatement pour écarter un risque de pancréatite.

Où et comment faire l’injection de Saxenda ?

L’injection se fait en sous-cutané, c’est-à-dire dans la graisse sous la peau, et non dans le muscle. Les zones recommandées sont l’avant des cuisses, l’abdomen (en évitant le contour immédiat du nombril) ou le haut des bras. un conseil pour éviter les irritations ou les

petites boules sous la peau (dépôts amyloïdes) : changez de site d’injection chaque jour. Vous pouvez par exemple tourner dans le sens des aiguilles d’une montre sur votre ventre.

Quels sont les effets secondaires les plus fréquents ?

Le système digestif est le premier impacté. Les effets les plus courants sont les nausées, la diarrhée, la constipation ou parfois des vomissements. C’est logique puisque le médicament agit sur la vidange de l’estomac. Rassurez-vous, ces effets sont souvent transitoires. Ils apparaissent surtout au début du traitement ou lors de l’augmentation de la dose, puis s’estompent généralement une fois que le corps s’est habitué au médicament.

Références scientifiques et recommandations officielles

  • Haute Autorité de Santé (HAS) – Guide du parcours de soins : Surpoids et obésité de l’adulte – Voir les recommandations (2023).
  • Assurance Maladie (Ameli) – Surpoids et obésité de l’adulte : définition et causes – Consulter la fiche (2024).
  • Inserm – Obésité : Une maladie aux causes multiples – Lire le dossier (2023).
  • OMS – Activité physique et sédentarité – Voir les directives (2022).