
Interruption volontaire de grossesse (IVG) : quel est le délai pour y recourir ?
L’IVG permet aux femmes d’interrompre leur grossesse de manière sécurisée. En 2022, le délai pour y recourir a été allongé.
Article validé médicalement
9 min de lectureMis à jour le 24/09/26Publié le 19/01/23

L’interruption volontaire de grossesse (IVG) est un droit encadré en France, accessible selon des délais et conditions définis par la loi.
Le conseil clé : Consultez rapidement un médecin ou une sage-femme dès que vous envisagez une IVG, car les délais légaux sont stricts et varient selon la méthode choisie.
Informations vérifiées en 2026 — Sources : HAS, Ameli.fr, Sécurité Sociale
Depuis sa légalisation en 1980, l’interruption volontaire de grossesse (IVG) n’a cessé d’être améliorée. En France, toutes les femmes, qu’elles soient mineures ou majeures, ont le droit de pratiquer une IVG. Quels sont les délais légaux ? Les méthodes utilisées ? Et quelles sont les démarches à suivre ? On fait le point avec l’équipe médicale de Qare.
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Une Interruption volontaire de grossesse (IVG) est un acte médical, qui désigne le fait d’interrompre sa grossesse. Il est volontaire, comme son nom l’indique, et réalisé pour des raisons personnelles, propres à chaque patiente.
Quelques éléments factuels à retenir sur l’IVG en France :
Selon la méthode d’IVG utilisée, les délais légaux ne sont pas les mêmes.
Pour une IVG chirurgicale, le délai s’étend jusqu’à la fin de la 14e semaine de grossesse, soit 16 semaines après le début des dernières règles (16 semaines d’aménorrhée).
Pour une IVG médicamenteuse, le délai s’étend jusqu’à la fin de la 7e semaine de grossesse, soit 9 semaines après le début des dernières règles (9 semaines d’aménorrhée).
Bon à savoir : en mars 2022, le délai de l’IVG chirurgicale a été allongé, passant de 12 à 14 semaines de grossesse. Celui de l’IVG médicamenteuse, quant à lui, est passé de 5 à 7 semaines de grossesse.
Voir aussi : une sage-femme, un gynécologue
Le choix de l’IVG à pratiquer revient à la patiente, selon ses éventuels problèmes médicaux et son terme de grossesse. Avant 9 semaines d’aménorrhée, les deux méthodes sont possibles, au-delà de ce seuil, seule la méthode chirurgicale est autorisée.
L’IVG chirurgicale, aussi appelée IVG instrumentale, consiste à dilater le col de l’utérus afin d’évacuer le contenu utérin par aspiration. Cette intervention est praticable dans un établissement de santé, dans certains centres de santé ou de planification familiale, et dure généralement une dizaine de minutes.
Pour préparer le col, la prise d’un médicament est nécessaire :
Une fois le col suffisamment ouvert, le médecin introduit un petit tube dans l’utérus, lui-même relié à un dispositif qui permet d’aspirer le contenu utérin.
À noter : l’IVG chirurgicale est réalisée sous anesthésie locale ou générale, selon le choix de la patiente et sa situation médicale. Si celle-ci s’effectue sous anesthésie générale, une consultation pré-anesthésie est obligatoire.
Cette technique d’IVG comporte des avantages, comme des inconvénients, qu’il est important de prendre en compte avant de se décider.
Ses avantages :
Ses inconvénients :
En France, l’IVG médicamenteuse repose sur la prise successive de deux médicaments, une combinaison mieux connue du grand public sous le nom de « pilule abortive ».
Ces comprimés provoquent l’interruption de la grossesse, ainsi que l’expulsion de l’embryon du sac gestationnel.
En 1er, la mifépristone (antiprogestérone)
Pris par voie orale, ce médicament prépare le col en le dilatant, décolle l’œuf et interrompt en général la grossesse. Il peut être pris :
Après la prise de ce médicament, des saignements sont possibles. Ils n’indiquent pas forcément l’interruption de la grossesse, c’est pour cela que la prise du deuxième médicament est indispensable.
Puis, le misoprostol (prostaglandine)
Pris 24 à 48 heures après le premier, ce médicament doit être ingéré par voie orale, sous la langue (sublinguale) ou à l’intérieur de la joue (trans-muqueuse).
Concernant le lieu où la patiente peut le prendre :
À noter : ce deuxième médicament provoque des contractions, ainsi que l’expulsion de l’embryon du sac gestationnel. Cette dernière survient généralement dans les 3 à 4 heures suivant la prise de ce second cachet. Néanmoins, chez certaines patientes, cela peut se produire dans les 24 à 72 heures.
Voir aussi : des gynécologues, des sages-femmes
L’IVG médicamenteuse comporte, elle aussi, des avantages et des inconvénients.
Ses avantages :
Ses inconvénients :
Bon à savoir : les signes d’échec d’une IVG médicamenteuse sont similaires aux manifestations de la grossesse. Elle continue de se développer. Absence de saignements, seins douloureux, vomissements, nausées, douleurs pelviennes, frissons… Des saignements persistants sur plusieurs semaines peuvent aussi être un signe de rétention.
Les médecins sont les seuls professionnels de santé à pouvoir pratiquer une IVG chirurgicale, dans un établissement de santé, mais pas seulement.
Il est à présent possible de réaliser des IVG chirurgicales dans certains centres de planification ou centres de santé, par des professionnels formés et ayant signé une convention avec un établissement de santé.
L’IVG médicamenteuse peut être prescrite et pratiquée par un médecin ou une sage-femme ayant aussi une formation spécifique et signé une convention avec un établissement de santé.
Une fois votre décision prise de ne pas poursuivre votre grossesse, il est important d’engager très rapidement les démarches. Les délais peuvent être longs, particulièrement pour une IVG chirurgicale, selon la période (estivale) ou la région, notamment.
Il n’est désormais plus obligatoire de faire deux consultations pré-IVG. Une seule suffit pour réaliser toutes les démarches nécessaires.
Lors de cette consultation, la jeune femme expose son souhait de ne pas poursuivre sa grossesse et d’avoir recours à une IVG.
Elle peut se dérouler avec un médecin ou une sage-femme.
Le professionnel de santé :
À noter : si le médecin ou la sage-femme ne souhaite pas prendre en charge l’IVG, il doit en informer la patiente et lui communiquer une liste de praticiens à même de la réaliser.
Une visite de contrôle doit être réalisée entre le 14e et le 21e jour après l’intervention, qu’elle ait été chirurgicale ou médicamenteuse.
Cette consultation de suivi a lieu dans le but de s’assurer qu’il n’existe pas de complication, mais également pour vérifier avec le médecin ou la sage-femme que vous disposez d’un moyen de contraception adapté.
Le professionnel de santé vous propose également d’avoir recours à un entretien psychosocial, si vous le souhaitez.
Seules les consultations de conseils autour de l’IVG peuvent être faites en téléconsultation pour vous accompagner si besoin, et pour répondre aux questions sur l’IVG.
L’IVG ne peut pas être intégralement réalisée en téléconsultation pour le moment.
Sur Qare, des médecins et des sage-femmes sont spécifiquement formés à l’IVG et peuvent vous orienter, vous conseiller et vous accompagner tout au long du processus.
Cette option est valable uniquement pour l’IVG médicamenteuse.
Voir aussi : une sage-femme, un gynécologue
En France, tous les frais engendrés par l’IVG sont intégralement pris en charge par la Sécurité sociale.
Cette intervention fait partie des exceptions où le non-respect du parcours de soins coordonnées n’est pas pénalisant.
En d’autres termes, vous n’êtes pas tenue de consulter votre médecin traitant, et pouvez en voir un autre. De plus, l’accès au gynécologue ou la sage-femme est libre, il n’est pas nécessaire d’être orientée par votre médecin traitant au préalable pour être remboursée.
En fonction de la méthode d’avortement que vous choisissez, les lieux où prendre rendez-vous diffèrent.
Pour les IVG chirurgicales :
Pour les IVG médicamenteuses :
Si vous souhaitez obtenir des informations sur l’avortement, vous pouvez contacter le numéro d’appel anonyme et gratuit : 0 800 08 11 11.
Réponses relues par un médecin.
En France, il n’y a pas d’âge limite pour pratiquer une IVG, toutes les femmes y ont accès. Une jeune fille mineure a donc le droit d’avoir recours à une IVG.
Par ailleurs, elle n’est pas obligée d’en informer ses parents ou d’obtenir leur accord. Les professionnels de santé qui la prennent en charge ont besoin de connaître son nom, mais sont ensuite tenus au secret médical. Ils doivent respecter sa volonté de ne pas en avertir ses parents si elle ne le souhaite pas.
Une jeune fille mineure doit tout de même être accompagnée par une personne majeure de son choix pour avorter.
L’un des tout premiers signes caractéristiques d’une grossesse est l’absence de règles à la date prévue. À cette aménorrhée, viennent parfois s’ajouter d’autres symptômes, qui apparaissent généralement dans les deux semaines suivant la fécondation.
Parmi eux :
Si vous pensez être enceinte, le meilleur moyen de le confirmer est de réaliser un test de grossesse urinaire ou une prise de sang.
Non, l’IVG ne rend pas stérile, les potentielles séquelles au niveau de la fertilité sont très rares. Il s’agit bel et bien d’une idée reçue.
Depuis la légalisation de l’avortement en France, l’encadrement est réalisé par des professionnels formés, dans des établissements médicalisés, avec du matériel stérile. Cela réduit donc considérablement les risques.
Interruption volontaire de grossesse et interruption médicale de grossesse ne désignent pas les mêmes procédures.
La première se pratique pour des raisons qui incombent à la femme enceinte (grossesse non désirée, conditions de vie précaires…). Ces motifs ne sont pas médicaux.
Pour la deuxième, le volet médical prévaut intégralement et intervient lorsque la grossesse met en danger la vie de la mère ou lorsque le fœtus est atteint d’une grave anomalie. Cette interruption médicale de grossesse peut s’effectuer sans restriction de délai, jusqu’à 9 mois de grossesse.
Sources officielles consultées le 24/09/2026.
Cet article a été relu par un médecin.
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