
Comment soigner l’hypocondrie ?
Peur panique de souffrir d’une maladie grave, l’hypocondrie est particulièrement difficile à vivre pour les personnes atteintes et leur entourage.
Article relu
5 min de lectureMis à jour le 13/06/26

L’hypocondrie, officiellement appelée trouble anxieux lié à la maladie (TAM) dans le DSM-5, est une peur persistante et irrationnelle d’être atteint d’une maladie grave.
Le conseil clé : Si la peur de la maladie perturbe votre quotidien depuis plus de 6 mois, consultez un professionnel de santé pour une évaluation adaptée.
Informations vérifiées en 2026 — Sources : HAS, Ameli.fr, Assurance Maladie
Souvent qualifiés de “malades imaginaires”, les hypocondriaques sont des personnes qui vivent dans la peur d’avoir une maladie grave. Tout symptôme est amplifié : de la toux qui devient le signe précoce d’un cancer de la gorge aux maux de tête qui évoquent une possible tumeur au cerveau. Mais quelles sont les causes de l’hypocondrie ? Peut-on en guérir ? L’équipe de Qare répond à vos questions.
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L’hypocondrie est un trouble psychique caractérisé par :
En terme d’étymologie, le terme vient du grec “hypo” qui signifie “sous” et “khondros” qui signifie côtes. Il concernait des personnes qui ressentaient des douleurs sous le cartilage des côtes droites, une partie du corps qui ne pouvait auparavant pas être examinée par les médecins.
On sait maintenant que ces personnes souffraient certainement de douleurs réelles (liées à des calculs biliaires par exemple). Mais avant les progrès de la médecine (et une meilleure compréhension des causes de l’hypocondrie), ils étaient qualifiés de malades imaginaires.
Aujourd’hui, le DSM-5 (le livre de classification des troubles mentaux de l’Association américaine de psychiatrie), préfère au terme hypocondrie celui de crainte d’avoir une maladie. Il est rattaché aux troubles à symptomatologie somatique et relève des troubles anxieux.
Sur le plan médical, l’hypocondrie partage certaines caractéristiques avec d’autres troubles anxieux associés, comme le trouble borderline, notamment l’intensité émotionnelle et la difficulté à réguler les angoisses.
Dans la vie de tous les jours, un hypocondriaque se reconnaît par sa tendance à interpréter des signes physiques anodins en symptômes d’une maladie grave et potentiellement mortelle. Il peut s’agir d’une tendance temporaire ou qui s’inscrit sur la durée.
Une perte de poids, une tachycardie ou des nausées inexpliquées deviennent rapidement le centre de son attention et le point de départ de scénarios catastrophiques. Solliciter un avis médical devient alors son principal recours afin de se rassurer et d’éviter une issue dramatique.
Cependant, consulter un professionnel de santé n’a souvent pas l’effet escompté. S’il a l’impression qu’il n’a pas été correctement écouté ou pris en charge, le patient peut ainsi multiplier les visites et insister pour réaliser des examens médicaux qui ne sont souvent pas utiles. Ces comportements peuvent d’ailleurs mener à des tensions dans les relations avec les médecins.
La personne qui consulte peut aussi être rassurée, mais seulement temporairement. Après quelques jours, cette sensation s’affaiblit et les ruminations reprennent. Elle ressent alors le besoin de consulter de nouveau.
À savoir : la névrose hypocondriaque touche indifféremment les hommes et les femmes. De plus, si on l’observe le plus souvent chez les adultes, elle peut faire son apparition dès l’enfance ou l’adolescence.
Voir aussi : des psychologues
Dans ce contexte, des symptômes comme les nausées et perte de poids inexpliquées peuvent parfois masquer un état de déshydratation progressif, souvent méconnu du patient.
On ne devient pas hypocondriaque sans raison et pour soigner ce trouble, il est indispensable de comprendre ses origines. Cela peut être complexe car elles varient selon les individus, pouvant être liées à l’éducation, l’environnement, ou encore un traumatisme.
Ainsi, certains hypocondriaques ont pu vivre la maladie ou le décès d’un proche ou grandir avec un parent qui souffrait lui-même d’hypocondrie par exemple. Mais il arrive également qu’aucune cause claire ne soit identifiable.
On observe cependant que l’anxiété et le stress jouent un rôle majeur dans la crainte de tomber malade. Les hypocondriaques vivent en étant contrôlés par des pensées angoissantes reliées à leur santé. A travers leurs actions, ils tentent à la fois d’éviter un destin potentiellement dramatique et de se rassurer.
Par ailleurs, identifier ces mécanismes anxieux est une étape clé pour traiter l’hypocondrie efficacement et retrouver un rapport apaisé à sa santé.
Si l’hypocondrie se soigne bien, cela nécessite une prise de conscience de la part du patient et un accompagnement psychologique.
La thérapie cognitivo comportementale (ou TCC) est le traitement de prédilection de l’hypocondrie. Les séances sont menées par un psychiatre ou un psychologue. Elles ont plusieurs objectifs :
D’autres types de thérapies peuvent également donner de bons résultats comme la thérapie psychodynamique (qui aide à prendre conscience des processus inconscients), la thérapie psychocorporelle ou les séances de thérapie familiale.
La crainte de tomber malade ne se soigne pas par la prise de médicaments. Cependant, un médecin peut prescrire des anxiolytiques ou des antidépresseurs à un patient hypocondriaque qui souffre également d’anxiété ou de dépression. Ces médicaments ne se substituent pas à la thérapie mais permettent de soulager les symptômes de l’hypocondrie en agissant sur ses causes.
À savoir : les cas sévères d’hypocondrie peuvent nécessiter des traitements particuliers, selon l’avis médical.
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L’hypocondrie n’est simple à vivre ni pour ceux qui en souffrent ni pour leur entourage. Pour les malades, la situation s’améliore généralement lorsqu’ils reconnaissent le caractère psychique de leurs maux, acceptent de se faire traiter et apprennent à mieux gérer leur stress.
Pour l’entourage, il est nécessaire de se rappeler que ce trouble trouve ses origines dans l’anxiété et de ne pas essayer d’y rattacher des arguments logiques. Ils ne seront pas toujours entendus par le malade, ce qui peut générer de la frustration d’un côté comme de l’autre.
Ce qui peut aider en revanche, c’est de garder en tête que l’on a en face de soi une personne qui souffre d’un trouble psychique et de faire preuve de bienveillance et de patience. Solliciter un accompagnement psychologique de son côté peut être recommandé.
La cybercondrie désigne une tendance de certains hypocondriaques à rechercher leurs symptômes de manière compulsive sur internet. En général, cela ne les aide pas et les mènent à des conclusions catastrophiques qui sont bien éloignées de la réalité.
Sources officielles.
Nos articles citent des sources officielles : HAS, Ameli, études cliniques.
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