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Tension chez la femme enceinte : quels sont les bons repères ?

Prise de tension au bras d’une personne au ventre arrondi.

L’essentiel en 30 secondes

Pendant la grossesse, les deux chiffres de la tension comptent, ainsi que les symptômes.

  • Au cabinet : le seuil d’hypertension est de 140 mmHg pour le premier chiffre ou de 90 mmHg pour le second, à confirmer par des mesures répétées. [1]
  • À domicile : le seuil utilisé pour la moyenne des mesures est de 135 mmHg ou 85 mmHg. Suivez les consignes de votre équipe soignante. [2], [12]
  • À partir de 160 mmHg ou de 110 mmHg : contactez immédiatement la maternité pour une évaluation urgente, même si vous vous sentez bien. [2], [3]
  • Une tension basse peut être bien tolérée. Des vertiges ou des malaises doivent cependant être signalés. [10], [13]

Le conseil clé : des maux de tête inhabituels ou persistants, des troubles visuels ou une forte douleur en haut du ventre justifient de contacter sans attendre la maternité, pendant la grossesse comme après l’accouchement. [5], [6]

Quelle est la tension normale chez une femme enceinte ?

La tension mesure la pression du sang dans les artères. Le premier chiffre correspond à la contraction du cœur ; le second, à son relâchement entre deux battements. Une tension de 120/80 mmHg se dit aussi « 12/8 ».

Au cabinet, on reste sous le seuil d’hypertension si le premier chiffre est inférieur à 140 et le second inférieur à 90. Cela ne constitue pas, à lui seul, une garantie que tout va bien : une tension très basse ou des symptômes inhabituels nécessitent aussi une évaluation. [1], [10]

La tension varie au fil de la grossesse. Elle diminue souvent au deuxième trimestre et peut retrouver ses valeurs habituelles au troisième. Il n’existe donc pas une valeur unique que toutes les femmes devraient atteindre. [10]

Comment interpréter les chiffres ?

Repères de tension pendant la grossesse

SituationValeursConduite à tenir
Mesure au cabinet sous le seuil d’hypertensionPremier chiffre < 140 et second < 90 mmHgPoursuivre le suivi prévu. Signaler tout symptôme inhabituel.
Tension élevée au cabinetPremier chiffre entre 140 et 159 ou second entre 90 et 109 mmHg, sans atteindre un seuil de sévéritéLe professionnel répète les mesures et organise le bilan nécessaire.
Moyenne élevée à domicilePremier chiffre ≥ 135 ou second ≥ 85 mmHgTransmettre les résultats à l’équipe qui suit la grossesse.
Tension très élevée, quel que soit le lieuPremier chiffre ≥ 160 ou second ≥ 110 mmHgContacter immédiatement la maternité pour une évaluation urgente ; appeler le 15 si elle n’est pas joignable rapidement ou en cas de symptômes graves.

Ces repères proviennent de l’Assurance Maladie et de la Société française d’hypertension artérielle. Ce sont des seuils diagnostiques, pas des objectifs personnels de traitement.

Un seul chiffre élevé suffit : une tension à 14/8 ou à 13/9 doit être évaluée. Si vous mesurez une tension à 140 ou 90 ou davantage chez vous, contactez rapidement votre équipe soignante. En cas de valeur très élevée ou de signe d’alerte, n’attendez pas de terminer plusieurs jours d’automesure. [2], [3]

Comment bien mesurer sa tension pendant la grossesse ?

Utilisez un tensiomètre à brassard placé sur le bras, validé pour la grossesse et adapté à votre tour de bras. Votre sage-femme, votre médecin ou votre pharmacien peut vous aider à le choisir. [2]

  1. Évitez l’effort physique et le café dans les 30 minutes précédentes, puis restez assise au calme pendant au moins cinq minutes.
  2. Gardez le dos appuyé, les pieds au sol et les jambes décroisées. Posez le bras pour que le brassard soit à hauteur du cœur.
  3. Ne parlez pas et ne bougez pas pendant la mesure. Notez les deux chiffres et les symptômes éventuels.

Si une automesure est prescrite, le protocole habituel comporte trois mesures le matin et trois le soir pendant trois jours. L’équipe peut adapter ce rythme à votre situation. La moyenne aide à interpréter la tension, mais une valeur très élevée ne doit pas être ignorée parce que les autres sont plus basses. [2], [12]

Hypertension gravidique, chronique ou pré-éclampsie : quelle différence ?

Les semaines d’aménorrhée (SA) sont comptées depuis le premier jour des dernières règles : 20 SA correspondent à environ 18 semaines de grossesse.

  • L’hypertension chronique existait avant la grossesse ou est découverte avant 20 SA.
  • L’hypertension gravidique apparaît à partir de 20 SA, sans les critères de pré-éclampsie. Elle disparaît généralement après l’accouchement ; si elle persiste, un bilan est nécessaire.
  • La pré-éclampsie associe, dans la définition française, une hypertension après 20 SA et une quantité anormalement élevée de protéines dans les urines. Elle peut aussi se surajouter à une hypertension déjà connue. [1], [5], [11]

Ces troubles concernaient environ 7,4 % des grossesses étudiées en France entre 2010 et 2018, d’après les données présentées par Santé publique France. Ce chiffre décrit cette période d’étude. [14]

Pourquoi recherche-t-on une pré-éclampsie ?

Cette complication est liée à un mauvais fonctionnement du placenta, l’organe qui assure les échanges entre la mère et le bébé. Elle peut toucher différents organes maternels et perturber la croissance du bébé. Un diagnostic et une prise en charge rapides permettent de limiter ces risques. [5], [6]

La pré-éclampsie est souvent découverte sans symptôme. C’est pourquoi la surveillance comprend la mesure de la tension et une recherche de protéines dans les urines. Un test urinaire positif est précisé par des analyses de laboratoire. Le seuil retenu par le CNGOF est d’au moins 0,3 g de protéines sur 24 heures, ou un rapport protéines/créatinine d’au moins 30 mg/mmol sur un échantillon. Vous n’avez pas à interpréter seule ces résultats. [6], [11]

Le risque est notamment plus élevé en cas d’antécédent de pré-éclampsie, d’hypertension ou de maladie rénale préexistante, de diabète avant la grossesse, de certaines maladies auto-immunes, d’obésité, de première grossesse ou de grossesse multiple. Elle peut toutefois survenir sans facteur de risque connu. [5]

Retrouvez les explications détaillées sur la pré-éclampsie et les autres maladies pouvant survenir pendant la grossesse.

Quels signes doivent faire consulter sans attendre ?

Pendant la grossesse, particulièrement après 20 SA, et dans les semaines qui suivent l’accouchement, contactez immédiatement votre maternité si vous présentez :

  • des maux de tête nouveaux, inhabituels, intenses ou persistants ;
  • une vision floue, des points lumineux ou une vision double ;
  • une douleur forte ou persistante en haut du ventre, sous les côtes, parfois ressentie comme une barre ;
  • des nausées ou vomissements inhabituels, notamment s’ils apparaissent après le premier trimestre ;
  • un gonflement soudain du visage ou des mains, une prise de poids très rapide, une nette diminution des urines ou des bourdonnements d’oreilles persistants. [6], [5], [10]

Appelez le 15 ou le 112 en cas de convulsion, de perte de connaissance ou de difficulté respiratoire importante. Une douleur thoracique nécessite également une évaluation urgente. N’attendez pas de mesurer votre tension pour demander de l’aide. [5], [6]

Des saignements vaginaux ou une diminution inhabituelle des mouvements du bébé justifient aussi de contacter sans attendre la maternité, quelle que soit la tension. Ces signes ne sont pas spécifiques de la pré-éclampsie. [6], [10]

Tension basse pendant la grossesse : est-ce inquiétant ?

Une baisse modérée de tension peut accompagner les changements normaux de la grossesse. Une mesure autour de 10/6 ne suffit donc pas à conclure à un problème. Son interprétation dépend de vos valeurs habituelles, de vos symptômes et de l’examen médical. [10]

Si vous avez la tête qui tourne en vous levant, levez-vous progressivement. En cas de sensation de malaise, asseyez-vous pour éviter de tomber ; si elle persiste, allongez-vous sur le côté. Si vous vous sentez mal en étant sur le dos, tournez-vous sur le côté. [13]

En fin de grossesse, l’utérus peut comprimer une grosse veine qui ramène le sang vers le cœur. La position sur le côté gauche peut diminuer cette compression. [10]

Parlez de vertiges répétés ou d’un malaise à votre sage-femme ou à votre médecin. Une perte de connaissance, des saignements ou une douleur importante nécessitent une prise en charge urgente. Pour les explications générales, consultez notre article sur l’hypotension.

Comment traite-t-on une tension trop élevée pendant la grossesse ?

Le suivi est renforcé : consultations rapprochées, analyses de sang et d’urines, surveillance de la croissance du bébé par échographie, parfois avec doppler pour étudier la circulation du sang. Les médicaments sont choisis selon la situation et leur compatibilité avec la grossesse. Les consignes concernant le repos et les activités sont personnalisées. [3]

Une hypertension sévère nécessite une prise en charge hospitalière. Une pré-éclampsie impose également une évaluation initiale à l’hôpital. Après ce bilan, certaines formes sans signe de gravité peuvent être suivies à domicile selon la décision de l’équipe obstétricale. [3], [7]

Que faire si vous preniez déjà un antihypertenseur ?

Contactez votre prescripteur dès que vous connaissez votre grossesse, sans attendre le prochain rendez-vous. Les IEC et les sartans, deux familles de médicaments contre l’hypertension, sont déconseillés au premier trimestre et contre-indiqués aux deuxième et troisième trimestres.

L’ANSM recommande de prévenir le médecin le plus rapidement possible pour qu’il organise l’arrêt ou le remplacement du médicament concerné. Ne modifiez pas seule votre traitement. Une consultation avant la conception permet d’anticiper cette adaptation. [9]

Une question sur le suivi de votre grossesse ?

En dehors d’une urgence, une sage-femme en téléconsultation peut répondre à vos questions et vous orienter. Le suivi de la tension et les examens nécessaires restent organisés avec votre équipe de grossesse. Une tension très élevée ou un signe d’alerte nécessite de contacter la maternité ou le 15.

L’hypertension peut-elle avancer la date de l’accouchement ?

Oui, selon les chiffres de tension, les résultats du bilan, le bien-être du bébé et le terme. Un déclenchement peut être proposé ; en cas de complication, une naissance plus précoce devient parfois nécessaire. Une césarienne n’est pas systématique. L’équipe choisit le moment et le mode d’accouchement en évaluant les bénéfices et les risques pour la mère et l’enfant. [3], [7], [11]

Faut-il continuer à surveiller sa tension après l’accouchement ?

Oui. L’hypertension peut persister plusieurs semaines. Une pré-éclampsie peut aussi apparaître pour la première fois après la naissance, jusqu’à six semaines après l’accouchement. Les signes d’alerte restent donc à connaître, même si la grossesse s’est bien passée. [4], [5]

Le suivi commence dès les jours suivant la naissance. Après une pré-éclampsie, un contrôle vers six semaines complète cette surveillance ; il ne remplace pas les contrôles précoces. Le traitement est adapté, y compris en cas d’allaitement. [4], [8]

À plus long terme, une surveillance reste utile, car un trouble hypertensif de la grossesse est associé à un risque accru d’hypertension chronique et de maladies cardiovasculaires. Avant une nouvelle grossesse, une consultation permet de préparer le suivi. Après une pré-éclampsie, de l’aspirine à faible dose peut être prescrite tôt dans la grossesse suivante : uniquement sur décision médicale. [4], [8], [7]

Questions fréquentes

Est-ce que 12/8 est une bonne tension pendant la grossesse ?

Oui, 12/8 est sous le seuil d’hypertension au cabinet. Cette mesure ne dispense pas du suivi habituel et ne doit pas faire ignorer des symptômes inhabituels. [1], [6]

Une tension à 14/9 signifie-t-elle une pré-éclampsie ?

Non. Elle atteint le seuil d’hypertension et nécessite une évaluation médicale. Le diagnostic de pré-éclampsie repose sur un bilan complémentaire, notamment urinaire. Une mesure isolée ne suffit pas à le poser. [1], [6]

Peut-on avoir une hypertension sans la sentir ?

Oui. L’absence de symptôme ne permet pas d’écarter une hypertension ou une pré-éclampsie. C’est l’une des raisons de la mesure régulière de la tension pendant la grossesse. [6]

Sources et références

Sources officielles.

  1. 1.ameli.fr. Assurance Maladie — Hypertension artérielle au cours de la grossesse : définition et risques Publié le 14/10/2026.ameli.fr ↗abcd
  2. 2.ameli.fr. Assurance Maladie — Diagnostic de l’hypertension artérielle au cours de la grossesse Publié le 24/07/2025.ameli.fr ↗abc
  3. 3.ameli.fr. Assurance Maladie — Traitement de l’hypertension artérielle pendant la grossesse Publié le 24/07/2025.ameli.fr ↗abcd
  4. 4.ameli.fr. Assurance Maladie — Après l’accouchement : quel suivi pour la femme hypertendue pendant la grossesse ? Publié le 24/07/2025.ameli.fr ↗abc
  5. 5.ameli.fr. Assurance Maladie — Définition et causes de la pré-éclampsie Publié le 24/07/2025.ameli.fr ↗abcdef
  6. 6.ameli.fr. Assurance Maladie — Circonstances de découverte, symptômes, diagnostic et évolution de la pré-éclampsie Publié le 24/07/2025.ameli.fr ↗abcdefgh
  7. 7.ameli.fr. Assurance Maladie — Traitement de la pré-éclampsie Publié le 24/07/2025.ameli.fr ↗abc
  8. 8.ameli.fr. Assurance Maladie — Suivi post-partum et à long terme après une pré-éclampsie Publié le 24/07/2025.ameli.fr ↗ab
  9. 9.ansm.sante.fr. ANSM — Médicaments utilisés en cardiologie : hypertension, insuffisance cardiaque Publié le 05/03/2021.ansm.sante.fr ↗↩
  10. 10.msdmanuals.com. Manuel MSD, grand public — Modifications physiques au cours de la grossessemsdmanuals.com ↗abcdef
  11. 11.cngof.fr. CNGOF — La pré-éclampsie : recommandations pour la pratique clinique (RPC 2023, publication en revue 2024) Publié le 25/10/2023.cngof.fr ↗abc
  12. 12.sfhta.eu. SFHTA — Grossesse, HTA, pré-éclampsie : consensus d’expertssfhta.eu ↗↩
  13. 13.nhs.uk. NHS — Common health problems in pregnancy : feeling faintnhs.uk ↗↩
  14. 14.santepubliquefrance.fr. Santé publique France — Épidémiologie des facteurs de risque cardiovasculaire : les facteurs de risque non comportementaux (BEH, 4 mars 2025) Publié le 04/03/2025.beh.santepubliquefrance.fr ↗↩
  • Sources médicales

    Nos articles citent des sources officielles : HAS, Ameli, études cliniques.

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