Hypercholestérolémie : qu’est-ce qui rend un taux de cholestérol élevé dangereux ?
Le cholestérol est un corps gras essentiel au bon fonctionnement de l’organisme. Il sert notamment à constituer les membranes des cellules et à synthétiser certaines hormones et vitamines. Si un excès de cholestérol sanguin peut avoir des causes variables, on le lie aussi à une augmentation du risque cardiovasculaire, ce qui est potentiellement dangereux. Quels sont les risques de l’hypercholestérolémie ? L’équipe médicale de Qare vous informe.
L’essentiel en 30 secondes
L’hypercholestérolémie désigne un excès de cholestérol LDL dans le sang, facteur de risque majeur de maladies cardiovasculaires selon la HAS.
- Un taux de cholestérol LDL supérieur à 1,6 g/L est considéré comme élevé et nécessite une prise en charge médicale. (HAS)
- Le bilan lipidique (ou EAL) est recommandé dès 50 ans chez l’homme et 60 ans chez la femme, ou plus tôt en cas de facteur de risque. (HAS)
- Les statines (ex. : atorvastatine, rosuvastatine) sont les médicaments de première intention prescrits pour réduire le LDL. (ANSM)
- Le traitement médicamenteux de l’hypercholestérolémie est remboursé par l’Assurance Maladie sur prescription médicale. (Ameli.fr)
- Un HDL inférieur à 0,40 g/L constitue un facteur de risque cardiovasculaire supplémentaire indépendant du LDL. (HAS)
Le conseil clé : Consultez votre médecin pour réaliser un bilan lipidique complet et évaluer votre risque cardiovasculaire global avant toute décision thérapeutique.
Informations vérifiées en 2026 — Sources : HAS, Ameli.fr, ANSM
Quand parle-t-on de taux de cholestérol dangereux ?
C’est quoi l’hypercholestérolémie ?
Avant de parler d’hypercholestérolémie, voici un petit rappel sur le cholestérol :
- C’est un lipide (une substance grasse) de la famille des stérols.
- Il joue un rôle indispensable au bon fonctionnement de l’organisme : constituant des membranes cellulaires, précurseur de la synthèse de la vitamine D à la surface de la peau ainsi que de certaines hormones comme le cortisol et la testostérone.
- Le foie fabrique environ 65% du cholestérol du corps, le reste provenant de l’alimentation.
Un médecin peut prescrire un dosage du cholestérol afin d’évaluer le taux de cholestérol sanguin. Il est réalisé dans le cadre d’un bilan lipidique, qui a pour objectif de rechercher d’éventuelles anomalies.
Cela passe par une prise de sang pour laquelle il est obligatoire d’être à jeun. Quand le taux de cholestérol de type LDL est plus bas que la norme, ce qui est rare, on parle d’hypocholestérolémie. Quand c’est l’inverse, il s’agit d’hypercholestérolémie.
Qu’est-ce qu’un taux de cholestérol dangereux ?
Bien que le terme cholestérol ne désigne qu’une seule molécule, on distingue :
- Le cholestérol LDL ou “mauvais cholestérol”. Il constitue la majorité du cholestérol total. Lorsque son taux est élevé, cela est associé à une augmentation du risque cardiovasculaire et donc à un potentiel danger pour la santé.
- Le cholestérol HDL ou “bon cholestérol”. Il capte et transporte le cholestérol présent en excès vers le foie afin de permettre son élimination via la bile.
- La notion de cholestérol total regroupe quant à elle les taux de cholestérol HDL et LDL et le taux de triglycérides.
La notion de taux de cholestérol normal est variable :
- Le taux de cholestérol total ne doit idéalement pas dépasser 2 g/l de sang (soit environ 5,2 mmol/l). Cette valeur constitue un repère général, mais les recommandations HAS/ESC 2021 privilégient une approche individualisée fondée sur le risque cardiovasculaire global plutôt qu’un seuil universel.
- Le taux de cholestérol HDL doit rester supérieur à 0,40 g/l chez l’homme et à 0,50 g/l chez la femme. Lorsqu’il dépasse les 0,60 g/l, il diminue le risque cardiovasculaire, pouvant même compenser la présence d’un facteur de risque (diabète, hypertension artérielle…)
- Le taux de cholestérol LDL doit quant à lui rester inférieur à 1,5 g/l. Cette norme est cependant soumise à l’appréciation de votre médecin. Lui seul est en mesure d’évaluer votre taux optimal en fonction de votre âge et de la présence d’un ou de plusieurs facteurs de risque cardiovasculaires.
Un taux de cholestérol légèrement augmenté n’est pas forcément dangereux. Il doit en revanche être surveillé et faire l’objet d’une prise en charge médicale, selon la situation.
À savoir : les normes peuvent varier selon les laboratoires et les techniques utilisées.
Des questions sur le déroulement ou les résultats d'une prise de sang ?
Des médecins généralistes sont là pour vous guider. Disponibilités 7J/7, de 6h à 1h.
Par ailleurs, un taux de sucre dans le sang élevé constitue, comme l’hypercholestérolémie, un facteur de risque cardiovasculaire majeur à surveiller.
Qu’est-ce qui rend l’hypercholestérolémie dangereuse ?
L’élévation du taux de cholestérol est insidieuse
Un des facteurs qui fait que l’hypercholestérolémie est dangereuse, c’est qu’elle est insidieuse. En effet, un taux de cholestérol élevé ne provoque pas de symptômes. Ce qu’il révèle en revanche, c’est une accumulation de lipides dans les vaisseaux sanguins, qui peut mener à une altération voire à une obstruction de la circulation sanguine.
C’est ainsi qu’augmente silencieusement le risque d’avoir une maladie cardiovasculaire, avec les symptômes et les conséquences difficiles qui y sont associées.
Un facteur d’augmentation du risque cardiovasculaire
En France, les maladies cardiovasculaires et leurs complications représentent la 2ème cause de décès après les cancers, selon les données de Santé Publique France et de l’INSERM. Bien qu’un taux de cholestérol élevé ne soit pas le seul facteur qui les favorise, il doit cependant alerter.
De plus, même si à âge égal les hommes sont plus souvent touchés par les maladies cardiovasculaires que les femmes, l’écart tend à se combler avant 65 ans. Cela s’explique par différents facteurs comme l’augmentation du tabagisme chez les femmes entre 45 et 64 ans, l’association tabac et pilule chez les femmes en âge de procréer, la prévalence de l’obésité, la sédentarité, l’hypertension artérielle ou encore le diabète.
Une ordonnance sans vous déplacer ?
Des médecins sont disponibles 7J/7 en téléconsultation et peuvent vous faire une ordonnance pour une prise de sang, si nécessaire. Prendre RDV en ligne.
Comment faire baisser un taux de cholestérol dangereux ?
Qui consulter en cas d’hypercholestérolémie ?
Dans un premier temps, le bon réflexe en cas d’hypercholestérolémie est de faire part des résultats de son bilan lipidique à un médecin. Il peut s’agir de votre médecin traitant ou du médecin généraliste de votre choix (en présentiel ou en téléconsultation). C’est d’ailleurs souvent lui qui a souhaité contrôler votre taux de cholestérol initialement.
En fonction du taux et de la présence d’un ou de plusieurs facteurs de risque, il peut aussi vous orienter vers un médecin spécialiste comme un cardiologue (en cas de risque cardiovasculaire avéré), un endocrinologue (si l’hypercholestérolémie est causée par une hypothyroïdie par exemple) ou encore un néphrologue (quand elle liée à une insuffisance rénale).
Ces médecins peuvent mettre en place un suivi et un traitement adapté, en fonction de votre situation.
Comment réduire un taux de cholestérol trop élevé ?
Pour réduire son taux de cholestérol, il est souvent nécessaire de revoir ses habitudes alimentaires et son hygiène de vie. Cela passe par le fait de réduire sa consommation d’aliments gras (et particulièrement les graisses animales qui contiennent du cholestérol) et sucrés afin de limiter la part de cholestérol apportée par l’alimentation. L’arrêt du tabagisme et la pratique d’une activité physique régulière sont aussi recommandés.
En fonction de la cause de l’hypercholestérolémie et notamment si elle est héréditaire, cela peut ne pas être suffisant. Le médecin prescrit alors des médicaments hypolipémiants (statines, ézétimibe, fibrates…) qui provoquent la baisse du taux de cholestérol et/ou des triglycérides.
Références scientifiques et recommandations officielles
- HAS – Principales dyslipidémies : stratégies de prise en charge – Voir la recommandation (2017)
- Santé Publique France – Maladies cardiovasculaires : données épidémiologiques – Voir la recommandation (2024)
