Papillomavirus : transmission, dépistage et traitements
- Qu’est-ce que le papillomavirus ?
- Papillomavirus : quelles sont les personnes concernées ?
- Comment attrape-t-on le papillomavirus ?
- Papillomavirus : quels sont les symptômes ?
- Combien de temps met le papillomavirus à se déclarer ?
- Papillomavirus non traité et risque de cancer du col de l’utérus
- Comment diagnostiquer le papillomavirus ?
- Papillomavirus : les traitements pour soigner l’infection
- Papillomavirus et vaccin : la solution préventive
- Jeunes femmes et vaccination : un enjeu majeur
- Papillomavirus et santé publique : enjeux et actions collectives
- Foire aux questions
Qu’est-ce que le papillomavirus ?
Papillomavirus : la définition
Le papillomavirus humain, ou HPV, est un virus extrêmement contagieux qui peut affecter les muqueuses et la peau. Il est considéré comme l’une des infections sexuellement transmissibles (IST) les plus courantes dans le monde.
Selon les autorités sanitaires, près de 80% de la population sexuellement active risque de contracter le HPV une ou plusieurs fois. Sa transmission est principalement liée à des rapports sexuels, mais il peut aussi être transmis par contact peau-à-peau, même en l’absence de pénétration sexuelle.
Il existe de nombreuses souches de papillomavirus humain, certaines sont bénignes et provoquent de simples verrues cutanées. D’autres en revanche peuvent causer des lésions précancéreuses qui à long terme se transforment en cancer. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le papillomavirus est responsable de 95% des cas de cancer du col de l’utérus.
Le mot de l’équipe médicale de Qare
Chaque année, 6500 cancers sont liés à une infection HPV, et un homme sur quatre est touché. Chez la femme, près de 3000 nouveaux cas de cancers du col de l’utérus sont diagnostiqués. La contamination a lieu lors des premiers rapports sexuels. La vaccination, couplée au dépistage par frottis tout au long de la vie, permet de se prémunir de ces risques, elle est recommandée chez les filles et les garçons dès l’âge de 11 ans, avec deux doses de vaccin à 6 mois d’intervalle. Pour ceux non vaccinés avant l’âge de 14 ans, un rattrapage est possible entre 15 et 19 ans avec 3 doses de vaccin. N’hésitez pas à vous rapprocher de votre médecin pour en discuter.
Les différents types de papillomavirus
Le papillomavirus humain (HPV) comprend une grande diversité de types de HPV, classés selon leur tropisme (cutané ou muqueux) et leur potentiel de risque. Cette classification permet de mieux comprendre la prévention, le dépistage et la vaccination contre le HPV.
Le HPV se décline en plusieurs types, certains étant plus courants que d’autres. Concernant la zone du corps touchée on répartit les papillomavirus en deux groupes :
- Les papillomavirus à tropisme cutané : ils touchent l’épiderme de la peau et peuvent provoquer notamment des verrues sur la plante du pied ou sur les mains.
- Les papillomavirus à tropisme muqueux : Ils touchent les zones présentant des muqueuses, telles que le vagin ou le pénis ou encore la bouche, la langue et la gorge.
Concernant la gravité du virus, on distingue deux catégories, les HPV à bas risque et les HPV à haut risque cancérogènes :
- Les HPV à bas risque peuvent provoquer des verrues génitales, aussi appelées condylomes, et des lésions cutanées bénignes, telles que les verrues sur la peau. On retrouve les HPV 6 et 11 notamment.
- Les HPV à haut risque, aussi appelés HPV-HR (High-Risk), provoquent des lésions précancéreuses. Ils sont responsables de la majorité des cancers dus au HPV, tels que le cancer du col de l’utérus, de la gorge, de la bouche, du pénis, et de l’anus. Il s’agit précisément des HPV 16 et 18.
Des questions sur le papillomavirus ?
Papillomavirus : quelles sont les personnes concernées ?
Papillomavirus chez l’homme
Les hommes peuvent être porteurs de HPV. Chez les hommes, l’infection par le papillomavirus est souvent asymptomatique, ce qui explique un faible taux de dépistage dans cette population. Cependant, elle peut entraîner des verrues génitales ou évoluer vers des cancers de la sphère ORL, de l’anus et du pénis, bien que les cas d’évolution en cancer du pénis soient assez rares. Les symptômes sont globalement moins visibles que chez les femmes. Néanmoins, des verrues génitales peuvent survenir mais elles se résorbent généralement de façon naturelle.
La vaccination contre le HPV est tout de même recommandée pour les garçons dès 11 ans, pour les hommes jusqu’à l’âge de 26 ans dans certaines conditions, et afin de prévenir la transmission et les complications liées au HPV.
Le papillomavirus chez la Femme
Chez les femmes, le HPV est un sujet particulièrement important en raison de son lien avec le cancer du col de l’utérus. Ce cancer fait partie des quatre les plus répandus chez la femme. Plus précisément, le risque de cancer du col de l’utérus est associé aux souches 16 et 18 du papillomavirus.
Le HPV est principalement transmis par voie sexuelle et peut aussi entraîner des verrues génitales. Le dépistage régulier et la vaccination sont des moyens essentiels de prévention.
Comment attrape-t-on le papillomavirus ?
Une Infection Sexuellement Transmissible (IST)
Les rapports sexuels sont la principale voie de transmission du HPV. Cela inclut le sexe oral, anal et vaginal. Il est important de souligner que le HPV peut être transmis même en l’absence de symptômes visibles. En effet, un porteur du HPV peut être asymptomatique.
L’utilisation de préservatifs permet donc de réduire le risque. Ceux-ci protègent des IST se transmettent par contact peau à peau, comme le HPV lorsqu’ une lésion est présente dans la zone couverte par le préservatif.
A noter : les dépistages réguliers permettent de s’assurer de l’absence d’IST. Au-delà du papillomavirus, ils détectent le VIH, la chlamydia, ou encore la trichomonase.
Contamination sans rapport sexuel
Outre les rapports sexuels, le HPV peut également se transmettre par contact direct ou indirect. Cela signifie que le simple fait de toucher une zone infectée peut suffire à contracter le virus.
Par conséquent, il est crucial de maintenir une bonne hygiène et d’éviter tout contact avec des lésions visibles.
Papillomavirus : quels sont les symptômes ?
Les symptômes du HPV peuvent varier en fonction de la souche infectieuse. La plupart du temps, le HPV ne provoque aucun symptôme et disparaît naturellement. Ce qui signifie qu’un grand nombre de personnes sont porteuses du HPV sans même le savoir.
Cependant, certaines souches peuvent entraîner des symptômes tels que :
- des verrues génitales (ou condylomes), situées au niveau des parties intimes (lèvres, vulve, vagin, pénis, anus)
- des démangeaisons vulvaires ou vaginales
- des lésions cutanées telles que les verrues sur le corps,
- des lésions cancéreuses dans la bouche, la gorge ou les voies respiratoires.
Vous constatez des symptômes liés au papillomavirus ?
Combien de temps met le papillomavirus à se déclarer ?
La période d’incubation du HPV peut varier, mais en général, les symptômes n’apparaissent pas immédiatement après l’infection. Cela peut prendre plusieurs semaines à plusieurs mois, voire plus longtemps, avant que des symptômes visibles ne se manifestent.
En outre, le HPV peut être présent dans le corps pendant de nombreuses années sans montrer de signes (phase de latence).
A noter : dans le cas des verrues mortes, leur aspect peut indiquer une guérison. Pour autant, le virus peut toujours être présent. En l’absence de traitement, le risque d’une verrue récidivante est donc élevé.
Papillomavirus non traité et risque de cancer du col de l’utérus
Le HPV non traité peut à terme entraîner un cancer du col de l’utérus, en particulier chez les personnes à haut risque. En effet, les femmes atteintes du VIH ont 6 fois plus de risque de le contracter.
Pour autant, le développement des cellules cancéreuses peut s’étendre sur plusieurs années voire des décennies. Le traitement précoce est essentiel pour prévenir ces complications potentiellement mortelles. Les chances de guérison sont d’autant plus grandes lorsque la femme est prise en charge à temps.
Il est donc essentiel d’effectuer des contrôles réguliers chez son médecin, et un dépistage IST en cas de symptômes.
Comment diagnostiquer le papillomavirus ?
Les contrôles réguliers (Frottis)
Le dépistage du HPV implique des contrôles réguliers, en particulier pour les femmes. Les frottis du col utérin permettent de détecter une contamination au papillomavirus.
Le dépistage du cancer du col de l’utérus est proposé à toutes les femmes âgées de 25 à 65 ans, conformément aux directives de la Haute Autorité de Santé (HAS).
La fréquence pour les réaliser est :
- entre 25 et 29 ans : réalisation d’un frottis avec examen cytologique : deux tests à un an d’intervalle, puis tous les 3 ans si normal.
- entre 30 et 65 ans : réalisation d’un test HPV tous les 5 ans, dès lors que le résultat est négatif.
L’auto-prélèvement vaginal : une nouvelle alternative
Depuis 2024, la Haute Autorité de Santé recommande l’auto-prélèvement vaginal (APV) pour certaines femmes. Ce dispositif permet de réaliser le prélèvement soi-même à domicile ou en laboratoire, sans examen gynécologique avec speculum.
Il est principalement destiné aux femmes de plus de 30 ans qui ne réalisent pas leurs frottis régulièrement (pas de dépistage depuis plus de 4 ans). Si le test HPV réalisé par auto-prélèvement est positif, un frottis de contrôle chez un médecin sera alors nécessaire. Les kits sont disponibles en pharmacie et laboratoires d’analyse médicale.
Le dépistage en cas de symptômes
En cas de symptômes tels que des verrues génitales ou des lésions cutanées, il est essentiel de consulter un médecin rapidement. Vous pouvez les réaliser chez un médecin généraliste, un gynécologue ou une sage-femme.
En cas de symptômes s’apparentant au HPV, téléconsultez un médecin dès aujourd’hui.
Papillomavirus : les traitements pour soigner l’infection
Le traitement du HPV dépend de la gravité de l’infection. Dans certains cas, le HPV disparaît de lui-même sans nécessiter de traitement.
En cas de verrue cutanée
Dans le cas des verrues cutanées (mains, pieds), divers traitements sont possibles :
- Extraction de la verrue par acide salicylique ou cryothérapie
- Traitement topique pour éradiquer le virus
- Intervention avec un certain type de laser en cas de récidive
Un dermatologue peut vous accompagner pour ces soins.
En cas de condylomes
Les verrues génitales (condylomes) peuvent être traitées avec un traitement médicamenteux ou une intervention médicale.
En cas de cancer du col de l’utérus
En cas de suspicion de lésions précancéreuses ou de cancers du col de l’utérus, le médecin réalise une coloscopie afin de confirmer son diagnostic.
S’il est positif, divers traitements sont possibles selon l’avancement de l’affection. Parmi eux, on retrouve :
- la chirurgie,
- la radiothérapie,
- la chimiothérapie.
Papillomavirus et vaccin : la solution préventive
La vaccination contre le HPV est l’un des moyens les plus efficaces de prévenir l’infection et ses complications graves. Lorsque la vaccination est faite avant le début de la vie sexuelle, la protection donnée par le vaccin est proche de 100%. Elle permet de réduire drastiquement le risque de développer un cancer associé.
Les vaccins sont recommandés par la Haute Autorité de Santé dès l’adolescence entre 11 ans et 14 ans, aussi bien pour les filles que pour les garçons.
Où se faire vacciner ?
Depuis 2023, une campagne de vaccination gratuite est organisée chaque année dans les collèges pour les élèves de 5ème (avec autorisation parentale).
En ville, la vaccination peut être prescrite et administrée par un médecin, une sage-femme, mais aussi désormais par un pharmacien ou un infirmier, simplifiant grandement l’accès à cette protection.
Jeunes femmes et vaccination : un enjeu majeur
La vaccination contre le papillomavirus humain (HPV) représente un enjeu crucial pour la santé des jeunes femmes. En effet, se faire vacciner dès l’adolescence permet de protéger efficacement contre les infections à HPV, responsables de la majorité des cas de cancer du col de l’utérus. Le système immunitaire des jeunes filles et des jeunes femmes réagit particulièrement bien à la vaccination contre le HPV, ce qui maximise la prévention des lésions précancéreuses et des cancers liés au papillomavirus humain.
Il est donc essentiel que les jeunes femmes soient bien informées sur les avantages de la vaccination contre le HPV, ainsi que sur les modalités d’accès à ce vaccin. La vaccination est recommandée dès l’âge de 11 ans, et elle constitue un geste de prévention majeur pour la santé future. Toutefois, il est important de rappeler que la vaccination ne remplace pas le dépistage régulier du col de l’utérus : les deux approches sont complémentaires pour réduire le risque de développer des lésions ou un cancer du col.
En s’informant et en se faisant vacciner, les jeunes femmes prennent une décision éclairée pour leur santé et celle de leur entourage, tout en contribuant à la lutte contre les infections à papillomavirus humain hpv.
Papillomavirus et santé publique : enjeux et actions collectives
Le papillomavirus humain (HPV) constitue un véritable défi de santé publique, car il est à l’origine de nombreux cancers, notamment du col de l’utérus, mais aussi de l’anus, de la gorge ou du pénis. La prévention des infections à HPV et de leurs conséquences graves nécessite une mobilisation collective de l’ensemble des acteurs de la santé publique : professionnels de santé, institutions, associations et pouvoirs publics.
Les actions collectives pour lutter contre le HPV reposent sur plusieurs piliers essentiels. La vaccination contre le papillomavirus humain hpv, accessible aux jeunes filles et aux jeunes garçons, est l’un des moyens les plus efficaces pour réduire le nombre de cas de cancers liés au HPV. Le dépistage régulier du col de l’utérus chez les femmes permet de détecter précocement les lésions précancéreuses et d’éviter l’évolution vers un cancer. Par ailleurs, l’éducation et la sensibilisation de la population sur les risques du HPV, les modes de transmission et les bénéfices de la vaccination sont indispensables pour renforcer la prévention.
Il est également important de rappeler que la vaccination ne se substitue pas aux autres mesures de prévention, telles que l’utilisation du préservatif ou la limitation du nombre de partenaires sexuels. La lutte contre le HPV (human papillomavirus en anglais) est donc un enjeu de santé publique qui concerne aussi bien les femmes que les hommes, et qui nécessite l’engagement de tous pour réduire l’incidence des infections à hpv et des cancers associés. Promouvoir la vaccination, le dépistage et l’information, c’est agir concrètement pour la santé de la population.
Foire aux questions
Comment attrape-t-on le virus papillomavirus ?
Ce virus, qui appartient à la vaste famille des papillomaviridae, est extrêmement contagieux. Il se transmet principalement par contact direct de la peau et des muqueuses, le plus souvent lors de relations sexuelles. C’est une infection très fréquente : la majorité des gens sexuellement actifs seront en contact avec ce virus à un moment donné de leur vie.
Est-ce grave d’avoir le papillomavirus ?
Dans la plupart des cas, l’infection est bénigne et transitoire. De nombreux patients ne développent jamais de problèmes de santé majeurs car leur système immunitaire élimine le virus naturellement. Cependant, il est essentiel de recueillir des informations fiables et de se faire dépister, car certains types de virus à haut risque peuvent, s’ils persistent, évoluer vers des lésions précancéreuses ou des cancers (notamment du col de l’utérus).
Quels sont les symptômes du papillomavirus ?
Le virus est souvent « silencieux » et ne provoque aucun symptôme visible immédiat. Après une période d’incubation très variable (allant de quelques semaines à plusieurs mois, voire années), des lésions bénignes comme des verrues génitales (condylomes) peuvent apparaître sur les organes génitaux externes ou internes.
Est-ce que le papillomavirus se guérit ?
Il n’existe pas de médicament pour « tuer » le virus une fois qu’il est dans le corps ; c’est le système immunitaire qui s’en débarrasse généralement au cours du temps (souvent en moins de deux ans). En revanche, on soigne très bien les manifestations du virus (verrues, lésions précancéreuses) par divers traitements médicaux ou chirurgicaux.
Références scientifiques et recommandations officielles
- Ameli (Assurance Maladie) – Infection par le papillomavirus humain (VPH) – Consulter la fiche (2024).
- Haute Autorité de Santé (HAS) – Vaccination contre les infections à papillomavirus humains – Voir les recommandations (2023).
- Inserm – Papillomavirus et cancer du col de l’utérus – Lire le dossier (2023).
- Organisation Mondiale de la Santé (OMS) – Papillomavirus humain (VPH) et cancer du col de l’utérus – Voir la fiche d’information (2024).
