L’essentiel en 30 secondes
La peste pulmonaire, aussi appelée peste pneumonique, est la forme la plus virulente de la peste, une infection due à la bactérie Yersinia pestis qui atteint les poumons.
- C’est la forme de peste qui se transmet entre personnes, par les gouttelettes respiratoires émises lors de la toux — OMS, CDC.
- L’incubation peut ne durer que 24 heures — OMS.
- Sans traitement, elle peut être mortelle en 18 à 24 heures après les premiers symptômes — OMS.
- Un traitement antibiotique débuté dès la suspicion augmente fortement les chances de guérison — OMS, CDC.
- Aucun cas de peste n’a été diagnostiqué en France depuis 1945 — Santé publique France.
- Début octobre 2026, le décès d’une laborantine en Sibérie a fait soupçonner un cas de peste pulmonaire : aucun diagnostic de peste n’a été confirmé publiquement à ce jour — Rospotrebnadzor, France 24.
Le conseil clé : une fièvre brutale avec toux ou essoufflement dans les jours qui suivent un séjour dans un pays où la peste circule (Madagascar, RDC, Pérou…) ou un contact avec un malade justifie d’appeler le SAMU-Centre 15 en signalant ce voyage ou ce contact.
Informations vérifiées le 6 octobre 2026 — Sources : OMS, Institut Pasteur, CDC, Santé publique France, Assurance Maladie, Rospotrebnadzor, France 24.
Début octobre 2026, la mort d’une technicienne de laboratoire de 28 ans en Sibérie a remis la peste pulmonaire dans l’actualité. Cette forme de la maladie, la plus redoutable, a immédiatement été soupçonnée, sans qu’aucun diagnostic de peste ne soit confirmé à ce jour. Mais de quoi s’agit-il exactement ?
Symptômes, mode de contagion, traitement, différences avec la peste bubonique et risque réel en France : on fait le point.
Soupçons de peste en Sibérie : où en est-on au 6 octobre 2026 ?
La jeune femme travaillait à l’Institut de lutte contre la peste d’Irkoutsk, un centre de recherche spécialisé dans cette maladie. Hospitalisée à Chelekhov, près d’Irkoutsk, elle est décédée début octobre (France 24).
Selon des médias locaux, relayés notamment par le média indépendant Meduza, elle aurait accidentellement brisé le 25 septembre un tube contenant le bacille de la peste (France 24). Cette version n’est pas établie : l’agence sanitaire russe Rospotrebnadzor affirme qu’aucun incident n’a été constaté lors de la manipulation de micro-organismes pathogènes à l’institut (Interfax). Elle attribue le décès à une « pneumonie d’étiologie indéterminée » et indique que les analyses n’ont révélé aucun micro-organisme lié à l’activité professionnelle de la jeune femme (franceinfo).
Par précaution, 197 personnes ayant été en contact avec elle avaient été placées sous surveillance médicale au 2 octobre, selon le quotidien russe Izvestia, et des mesures de quarantaine ont été rapportées dans plusieurs hôpitaux d’Irkoutsk (Meduza). Selon Rospotrebnadzor, les analyses des personnes contacts n’ont mis en évidence que deux cas de Covid-19 et deux infections à rhinovirus (Interfax), et la surveillance médicale était terminée pour 60 % d’entre elles au soir du 5 octobre (Interfax).
Les États-Unis ont indiqué suivre la situation de près (France 24). Interrogée par la presse, l’OMS estime à ce stade que le risque pour la population générale paraît faible (Demócrata).
À ce jour, aucun diagnostic de peste n’a été confirmé publiquement dans cette affaire, et les circonstances du décès restent floues. Cet épisode rappelle toutefois que la peste existe toujours dans le monde.
Qu’est-ce que la peste pulmonaire ?
La peste est une maladie infectieuse due à une bactérie, Yersinia pestis. Elle circule surtout chez les petits mammifères, en particulier les rongeurs, et chez les puces qui les parasitent (OMS).
On distingue trois formes de peste chez l’humain :
- la peste bubonique, la plus fréquente : après une piqûre de puce infectée, la bactérie gagne un ganglion lymphatique, qui gonfle et devient douloureux (le « bubon ») ;
- la peste septicémique : la bactérie se multiplie dans le sang ;
- la peste pulmonaire, ou peste pneumonique : la bactérie atteint les poumons. C’est la forme la plus virulente, mais aussi une forme rare (OMS).
La peste pulmonaire est dite primaire lorsqu’elle survient après l’inhalation de gouttelettes infectées, émises par une personne ou un animal atteint de peste pulmonaire. Elle est dite secondaire lorsque la bactérie gagne les poumons au cours d’une peste bubonique ou septicémique non traitée (CDC).
Quels sont les symptômes de la peste pulmonaire ?
L’incubation est particulièrement courte : elle peut n’être que de 24 heures (OMS), contre 2 à 8 jours pour la peste bubonique (CDC).
Les symptômes apparaissent brutalement. Les premiers signes ressemblent souvent à ceux d’une forte grippe :
- une fièvre élevée et des frissons ;
- des maux de tête et des courbatures ;
- une grande faiblesse ;
- des nausées et des vomissements.
Une pneumonie s’installe rapidement, avec, selon les CDC :
- un essoufflement ;
- une douleur dans la poitrine ;
- une toux, avec parfois des crachats sanglants ou liquides.
Ces symptômes ne sont pas spécifiques : ils évoquent d’abord une grippe ou une pneumonie, bien plus fréquentes. C’est le contexte qui doit faire penser à la peste : un séjour récent dans une région où elle circule, un contact avec un malade, ou avec des rongeurs ou des animaux morts.
Comment se transmet la peste pulmonaire ?
La peste pulmonaire est la forme de peste qui se transmet entre personnes : lorsqu’un malade tousse, il émet des gouttelettes respiratoires chargées de bactéries que son entourage peut inhaler (Institut Pasteur). Cette transmission nécessite en général un contact direct et rapproché avec le malade (CDC).
La peste bubonique, elle, ne se transmet pas par voie respiratoire tant que les poumons ne sont pas atteints : on la contracte surtout par la piqûre d’une puce infectée, ou par contact direct avec des tissus d’animaux contaminés (OMS).
Peste pulmonaire et peste bubonique : quelles différences ?
| Peste bubonique | Peste pulmonaire | |
|---|---|---|
| Organe atteint | Ganglions lymphatiques | Poumons |
| Fréquence | La forme la plus courante | Une forme rare |
| Contamination | Piqûre de puce, contact avec un animal infecté | Inhalation de gouttelettes, ou complication d’une peste bubonique ou septicémique |
| Transmission par voie respiratoire | Non, sauf si les poumons sont atteints | Oui, lors de contacts rapprochés |
| Incubation | 2 à 8 jours | Parfois 24 heures seulement |
| Létalité sans traitement | 30 à 60 % | Presque toujours mortelle |
La peste pulmonaire est-elle mortelle ?
Sans traitement précoce, la peste pulmonaire est presque toujours mortelle, et son évolution peut être très rapide : selon l’OMS, elle peut tuer en 18 à 24 heures après l’apparition des symptômes.
La bonne nouvelle, c’est qu’elle se soigne. Les taux de guérison sont élevés lorsque la maladie est détectée et traitée dans les 24 heures suivant l’apparition des symptômes (OMS). C’est pourquoi le traitement est débuté dès que la peste est suspectée, sans attendre la confirmation du diagnostic (CDC).
Quel est le traitement de la peste pulmonaire ?
Le traitement repose sur des antibiotiques adaptés, par exemple des aminosides ou des fluoroquinolones, choisis par l’équipe médicale selon la forme et la gravité de l’infection (CDC). Le malade est hospitalisé et isolé pour éviter la contagion (OMS).
Les personnes ayant eu un contact rapproché (à moins de 2 mètres) et prolongé avec un malade atteint de peste pulmonaire reçoivent un traitement antibiotique préventif pendant 7 jours (CDC).
Il n’existe pas de vaccin contre la peste proposé au grand public en France : la vaccination a été abandonnée en raison des effets indésirables des premiers vaccins, et plusieurs vaccins sont aujourd’hui à l’étude (Institut Pasteur). L’OMS ne recommande la vaccination que pour certains groupes très exposés, comme le personnel de laboratoire travaillant en permanence au contact de la bactérie (OMS). La prévention repose donc avant tout sur la réduction des expositions et, si besoin, sur un traitement antibiotique préventif.
La peste existe-t-elle encore aujourd’hui ?
Oui. Entre 2019 et 2025, dix pays ont déclaré des cas humains suspects de peste à l’OMS, soit 3 847 cas suspects et 423 décès. La plupart de ces cas ont été signalés en République démocratique du Congo et à Madagascar, où la peste reste endémique dans certaines régions (OMS). Le Pérou fait aussi partie des principaux pays d’endémie (OMS), et des cas surviennent ponctuellement dans le sud-ouest des États-Unis et en Chine (Santé publique France).
Ces chiffres correspondent aux cas notifiés à l’OMS : ils varient d’une année à l’autre et dépendent aussi de la surveillance mise en place dans chaque pays. Madagascar a par exemple connu des flambées de peste pulmonaire en 2017 et en 2021.
Peste pulmonaire en France : faut-il s’inquiéter ?
Le risque de contracter la peste en France est extrêmement faible : aucun cas n’y a été diagnostiqué depuis 1945 (Santé publique France), et les derniers cas étaient survenus en Corse (Institut Pasteur). La maladie reste surveillée afin de détecter rapidement un éventuel cas importé : elle fait partie des maladies à signalement obligatoire, que les médecins et les biologistes doivent signaler aux autorités sanitaires (Santé publique France).
Le risque concerne avant tout les voyageurs qui séjournent dans un pays où la peste est présente.
Les précautions en voyage
Dans les pays où la peste circule, l’OMS et l’Institut Pasteur recommandent de :
- éviter tout contact avec les rongeurs ;
- se protéger des piqûres de puces avec des répulsifs cutanés ;
- ne pas manipuler de carcasses d’animaux.
Après un contact rapproché avec une personne atteinte ou suspecte de peste pulmonaire, demandez rapidement un avis médical : le médecin évaluera la nécessité d’un traitement antibiotique préventif.
Au retour : quand appeler le 15 ?
En cas de fièvre brutale, accompagnée de toux, d’essoufflement ou d’un ganglion gonflé et douloureux, dans les jours qui suivent un séjour dans un pays où la peste circule ou un contact avec un malade, appelez le SAMU-Centre 15 en signalant ce voyage ou ce contact : le médecin régulateur organisera la prise en charge. Lors de l’épidémie de Madagascar en 2017, Santé publique France demandait ainsi d’appeler le 15 pour tout cas suspect revenu depuis moins de 7 jours (Santé publique France).
Même sans voyage récent, appelez immédiatement le 15 ou le 112 en cas de signe de gravité : respiration très rapide, courte et superficielle, lèvres ou extrémités bleutées, douleur dans la poitrine (Assurance Maladie).
Un essoufflement récent, même sans signe de gravité, justifie un avis médical dans la journée (Assurance Maladie). Pour des symptômes respiratoires légers, sans signe de gravité et sans exposition à risque, un médecin généraliste peut vous conseiller en téléconsultation et vous orienter si un examen en présentiel est nécessaire.
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