VIH : 6 découvertes porteuses d’espoir

Par Barbara Ejenguele · Rédactrice web santé · Mis à jour le 23 novembre 2022

Contenu validé par la Direction médicale de Qare.

Dans le cadre de la journée mondiale de lutte contre le sida le jeudi 1er décembre 2022, revenons sur six avancées majeures sur le VIH qui apportent de l’espoir.

Les antirétroviraux par injection : une innovation majeure

L’année 2022 signe une évolution majeure dans les traitements des personnes séropositives. Jusqu’alors, l’unique choix possible était l’administration de médicaments antirétroviraux à prendre tous les jours.

Désormais, les personnes atteintes du VIH peuvent troquer leur cachet quotidien pour un traitement moins contraignant. Sous certaines conditions, notamment celle d’être stable sous traitement oral depuis 6 mois, il est maintenant possible de passer à des injections intramusculaires à effectuer tous les 2 mois.

Une véritable libération pour certains puisqu’une étude publiée en 2020 dans la revue AIDS and behavior souligne que 33% des personnes séropositives ressentent de l’anxiété et du stress à l’idée de prendre un traitement médicamenteux tous les jours et 58% d’entre elles perçoivent dans ce geste le rappel de leur condition.

Le traitement préventif progresse

La PREP est le traitement préventif du VIH qui cible les personnes à haut risque d’infection. Le mode d’administration en continu est valable pour les hommes et les femmes.

Progressivement, un mode d’administration à la demande a été lancé. Valable uniquement pour les hommes, ce dernier n’inclut que deux prises de médicaments entre un rapport sexuel. Une alternative moins contraignante pour les hommes ayant des rapports sexuels peu fréquents.

La PREP à la demande aussi performante que la PREP en continu

L’étude ANRS-Prévenir s’est penchée sur l’efficacité de la PREP à la demande pendant 3 ans sur un échantillon de 3 056 personnes vivant en région parisienne, lieu comptabilisant le plus de contaminations au VIH. Les résultats publiés en août 2022 sont excellents.

Parmi les deux groupes de même taille, l’un utilisant la PREP quotidienne l’autre la PREP à la demande, le bilan est équivalent : seulement 0,11% d’infection au par le VIH durant les années de suivi de l’étude.

Un mode de prescription démocratisé

Jusqu’en avril 2021, la PREP était prescrite uniquement par les infectiologues, notamment concernant les premières prescriptions. Les médecins généralistes peuvent maintenant la prescrire, y compris via la téléconsultation. Un gain de praticité non négligeable !

Une troisième patiente est en rémission du virus

C’est une excellente nouvelle annoncée par des chercheurs américains lors de la Conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes, qui s’est tenue au mois de février. Alors que nous avions déjà connaissance de la guérison du VIH de deux patients (le « patient de Berlin » et le « patient de Londres), une troisième personne vient de s’ajouter à cette fameuse liste. Il s’agit d’une femme métisse américaine, d’âge moyen. Diagnostiquée avec une leucémie aiguë myéloïde (maladie potentiellement mortelle affectant la moelle osseuse), quatre ans après été testée positive au VIH, elle a pu bénéficier d’une greffe très prometteuse. Contrairement à ses prédécesseurs, cette patiente a reçu une greffe de cellules souches, associée à une transplantation de cellules de sang de cordon ombilical ! Plus accessible que la moelle osseuse, cette technique innovante pourrait être réalisée sur des millions de personnes.

Le vaccin ARN messager, un espoir majeur dans la recherche

Vous avez probablement entendu parler de la technologie ARN messager, utilisée pour produire un vaccin contre le Covid-19. Moderna, un des principaux laboratoires à avoir produit ce vaccin, a décidé de poursuivre sa lancée dans la lutte contre le VIH en utilisant cette technique.

Un premier patient séropositif a reçu une dose de vaccin à ARN messager

Le laboratoire Moderna a annoncé avoir injecté une personne séropositive avec son vaccin à ARN messager. D’abord testé en 2021 sur des animaux, les résultats étaient très encourageants. En effet, le risque de contracter le virus était descendu de 79% chez sept macaques ayant été injectés. Ces essais avaient, auparavant, été réalisés sur des souris. Les chercheurs n’avaient pas observés d’effets secondaires majeurs chez elles, si ce n’est une perte d’appétit temporaire. Si la communauté scientifique retient son souffle quant à l’efficacité de ce vaccin potentiellement révolutionnaire, Moderna a néanmoins annoncé qu’il ne serait pas commercialisé avant une dizaine d’années.

Le vaccin à titre préventif est également testé sur des humains

La première phase de l’essai clinique de Moderna a débuté le 27 janvier 2022. Elle inclut un échantillon de 56 personnes, âgées de 18 à 50 ans, séronégatives et en bonne santé. Le but de ce vaccin est de stimuler la production d’anticorps spécifiques, qui seraient en mesure de lutter contre le VIH, responsable du SIDA. Il est donc important de réaliser des tests sur des personnes qui ne sont pas porteuses du virus, pour pouvoir les protéger à titre préventif.