Épidémie d’Ebola en RDC : symptômes, transmission et situation en France

L’essentiel en 30 secondes

La République démocratique du Congo fait face depuis mai 2026 à une épidémie majeure d’Ebola due au variant Bundibugyo, classée urgence de santé publique de portée internationale par l’OMS.

  • Près de 4 500 cas confirmés et plus de 2 000 décès à la mi-août 2026 — OMS.
  • Un premier cas importé confirmé en France (médecin humanitaire de retour de RDC), pris en charge dès son arrivée dans un établissement spécialisé — info.gouv.fr.
  • Le risque pour la population en France est jugé très faible par les modélisations de l’INSERM et de Santé publique France — info.gouv.fr.
  • Aucun vaccin ni traitement spécifique homologué contre le variant Bundibugyo à ce jour — OMS.
  • Au retour d’une zone touchée, surveillez votre température pendant 21 joursinfo.gouv.fr.

Le conseil clé : en cas de fièvre supérieure ou égale à 38 °C dans les 21 jours suivant un retour de RDC ou d’Ouganda, appelez immédiatement le SAMU-Centre 15 en signalant votre voyage, sans vous déplacer.

Informations vérifiées en août 2026 — Sources : OMS, info.gouv.fr, France Diplomatie.

Le virus Ebola se propage en RDC à un rythme que l’Organisation mondiale de la santé qualifie d’inédit : l’épidémie actuelle, due à une souche rare du virus, pourrait devenir la plus importante jamais enregistrée dans le pays. Des cas ont également été signalés en Ouganda, et un premier cas importé a été identifié en France en mai.

Symptômes, modes de transmission, vaccin, risque réel en France et conduite à tenir au retour d’un voyage : on fait le point sur ce qu’il faut savoir, en s’appuyant sur les informations officielles de l’OMS et des autorités françaises.

Que se passe-t-il en RDC ? Le point sur l’épidémie

Le 16 mai 2026, le ministère de la Santé publique congolais a déclaré la 17ᵉ épidémie d’Ebola de l’histoire du pays, après confirmation de premiers cas dans la province de l’Ituri, dans le nord-est de la RDC. Le lendemain, l’OMS a classé l’événement « urgence de santé publique de portée internationale », son niveau d’alerte le plus élevé, en raison de cas également détectés en Ouganda voisin.

À la mi-août 2026, l’OMS fait état de près de 4 500 cas confirmés et de plus de 2 000 décès. Le virus s’est propagé dans cinq provinces et 53 zones de santé ; l’Ituri reste l’épicentre, avec une transmission active au Nord-Kivu et dans le Haut-Uele. L’organisation a lancé un plan de riposte de 180 jours, couvrant la période du 1ᵉʳ août 2026 au 27 janvier 2027, pour tenter de maîtriser la transmission. Si la tendance actuelle se poursuivait, cette épidémie pourrait dépasser en ampleur toutes les précédentes flambées enregistrées en RDC.

Une souche particulière : le virus Bundibugyo

L’épidémie actuelle est due au virus Bundibugyo, l’une des espèces du genre Ebolavirus, identifiée pour la première fois en Ouganda en 2007. C’est une souche plus rarement en cause que le virus dit « Zaïre », responsable de la plupart des grandes épidémies passées — et cette particularité a une conséquence importante : les vaccins et traitements développés ces dernières années ciblent la souche Zaïre et ne sont pas homologués contre le variant Bundibugyo, comme le rappellent les autorités françaises.

Quels sont les symptômes d’Ebola ?

Selon l’OMS, les symptômes apparaissent 2 à 21 jours après l’exposition au virus. La maladie débute le plus souvent brutalement par :

  • une fièvre d’apparition soudaine (voir aussi notre fiche sur la fièvre et ses causes) ;
  • une fatigue intense, des douleurs musculaires et des maux de tête ;
  • des maux de gorge.

Ces premiers signes, peu spécifiques, peuvent être suivis de vomissements, de diarrhées, d’éruptions cutanées, d’une atteinte des reins et du foie et, dans certains cas, de saignements internes ou externes. C’est une maladie grave, dont la létalité varie selon les épidémies et la précocité de la prise en charge : les soins de support précoces (réhydratation, traitement des symptômes) améliorent significativement les chances de survie.

Comment le virus Ebola se transmet-il ?

Le virus Ebola ne se transmet pas par l’air. La transmission interhumaine nécessite un contact direct (par une lésion de la peau ou par les muqueuses) avec :

  • le sang ou les fluides corporels d’une personne malade ou décédée d’Ebola ;
  • des objets ou surfaces contaminés par ces fluides (linge, matériel de soin…) ;
  • le corps d’un défunt, notamment lors de rites funéraires impliquant un contact direct.

Point important : selon l’OMS, une personne infectée ne transmet pas le virus avant l’apparition des symptômes. Les soignants et les proches des malades sont les plus exposés, ce qui explique les mesures de protection strictes déployées dans les zones touchées.

Vaccin et traitements : où en est-on ?

Un vaccin homologué existe contre la souche Zaïre du virus (il a été largement utilisé lors des épidémies précédentes), mais aucun vaccin ni traitement spécifique n’est à ce jour homologué contre le variant Bundibugyo, en cause dans l’épidémie actuelle. Des travaux de recherche et des évaluations de candidats vaccins sont en cours sous l’égide de l’OMS.

En attendant, la riposte repose sur les mesures éprouvées : identification et isolement des malades, recherche des contacts, enterrements sécurisés, protection des soignants et prise en charge médicale précoce, qui reste le principal facteur d’amélioration du pronostic. Pour rappel, le calendrier vaccinal français ne comporte pas de vaccination contre Ebola : ce n’est pas un vaccin du voyageur classique, contrairement par exemple au vaccin contre la fièvre jaune.

Ebola en France : quel est le risque réel ?

Un premier cas importé de maladie à virus Ebola a été confirmé en France en mai 2026 : un médecin humanitaire de retour d’une mission dans une zone de circulation active du virus en RDC, pris en charge immédiatement à son arrivée et hospitalisé dans un établissement de santé de référence, spécialisé dans les maladies infectieuses hautement transmissibles.

Selon les modélisations de l’INSERM et de Santé publique France, le risque d’importation du virus en France hexagonale reste très faible : il n’existe aucune liaison aérienne directe entre les zones touchées et l’Hexagone, et un dispositif de surveillance est en place. Compte tenu de sa situation géographique, Mayotte fait l’objet d’une vigilance renforcée (surveillance sanitaire, préparation du centre hospitalier, contrôles renforcés des arrivées en provenance d’Afrique de l’Est et des Grands Lacs).

Il n’y a donc, à ce jour, pas de circulation du virus Ebola en France — et pas de raison de s’inquiéter en l’absence de séjour récent dans une zone touchée ou de contact avec une personne malade.

Voyageurs : précautions avant, pendant et après le séjour

Avant et pendant le voyage

Le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères déconseille formellement tout déplacement en Ituri et au Nord-Kivu, quel qu’en soit le motif, et les autorités appellent à reporter si possible les séjours en RDC et en Ouganda. Si le voyage ne peut être reporté :

  • lavez-vous régulièrement les mains ;
  • évitez tout contact avec des personnes malades ou avec le corps de personnes décédées ;
  • ne manipulez pas et ne consommez pas de viande de brousse ;
  • évitez les rites funéraires impliquant un contact avec les corps ;
  • tenez-vous informé via les sites de l’ambassade de France, de l’OMS et la page Conseils aux voyageurs.

Vous préparez un voyage dans une zone à risque sanitaire ?

Un médecin généraliste en vidéo peut vous aider à préparer votre départ : point sur vos vaccinations, trousse à pharmacie, précautions adaptées à votre destination et à votre état de santé. 7J/7, sans vous déplacer. Consultation remboursable sous conditions par l’Assurance Maladie.

Préparer mon voyage avec un médecin

Au retour : la conduite à tenir officielle

Au retour d’un séjour dans une zone concernée, les autorités demandent de surveiller sa température pendant 21 jours, durée maximale d’incubation du virus.

En cas de fièvre supérieure ou égale à 38 °C ou d’autres symptômes dans ce délai : appelez immédiatement le SAMU-Centre 15 en signalant votre voyage, sans vous rendre chez un médecin, aux urgences ni en pharmacie. Cette consigne officielle vise à protéger les soignants et les autres patients — dans cette situation précise, ni une consultation au cabinet ni une téléconsultation ne remplacent l’appel au 15.

Foire aux questions

Le virus Ebola est-il arrivé en France ?

Un premier cas importé a été confirmé en mai 2026 chez un médecin humanitaire de retour de RDC, pris en charge dès son arrivée dans un établissement spécialisé. Il n’y a pas de circulation du virus en France, et le risque d’importation est jugé très faible par les autorités sanitaires.

Comment attrape-t-on le virus Ebola ?

Uniquement par contact direct avec le sang ou les fluides corporels d’une personne malade ou décédée, ou avec des objets contaminés — pas par l’air. Une personne infectée n’est pas contagieuse avant l’apparition de ses symptômes.

Quels sont les premiers signes de la maladie ?

Une fièvre brutale, une fatigue intense, des douleurs musculaires, des maux de tête et de gorge, apparaissant 2 à 21 jours après l’exposition. Ces signes ne sont pas spécifiques : c’est le contexte (séjour en zone touchée, contact à risque) qui doit alerter.

Existe-t-il un vaccin contre Ebola ?

Il existe un vaccin homologué contre la souche Zaïre du virus, mais aucun vaccin ni traitement spécifique n’est à ce jour homologué contre le variant Bundibugyo responsable de l’épidémie actuelle. Des candidats vaccins sont en cours d’évaluation.

Que faire si j’ai de la fièvre au retour d’un voyage en RDC ou en Ouganda ?

Appelez immédiatement le SAMU-Centre 15 en signalant votre voyage, sans vous déplacer chez un médecin ni aux urgences. Surveillez votre température pendant les 21 jours suivant votre retour, même en l’absence de tout symptôme.

Une question santé avant un départ, ou une inquiétude sans lien avec un retour de zone à risque ? Un médecin généraliste vous répond en vidéo, 7J/7. En revanche, en cas de fièvre au retour d’une zone touchée par Ebola : appelez le 15 en signalant votre voyage, sans vous déplacer.

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Sources : OMS — Déclaration d’urgence de santé publique de portée internationale (17 mai 2026) ; OMS — Maladie à virus Ebola (fiche) ; ONU Info — Ebola en RDC : appel à intensifier la riposte (août 2026) ; info.gouv.fr — Ebola : point de situation (mis à jour le 13 août 2026) ; France Diplomatie — Conseils aux voyageurs RDC. Informations à visée générale, ne remplaçant pas un avis médical. Chiffres arrêtés à la mi-août 2026, susceptibles d’évoluer.