Les bonnes résolutions de la nouvelle année : mieux communiquer avec vos enfants

Par Sabrina Sitruk-Bodin · Thérapeute · Mis à jour le 6 mars 2020, publié le 28 décembre 2017

Contenu validé par la Direction médicale de Qare.

Si cette résolution fait partie de votre programme de 2018, c’est peut-être que vous jugez vos attitudes inadaptées et inadéquates par rapport à votre représentation du « bon parent » que vous aimeriez être : sans cri, sans colère démesurée… Rappelons-nous que le « bon parent » c’est celui qui fait de son mieux dans une situation particulière, en fonction d’un contexte.

communication enfant

Il est important d’avoir en tête que lorsque nous adoptons des attitudes que nous n’aimons pas, que nous ne voulons pas, c’est bien souvent parce que sur le moment, nous sommes nous-mêmes submergés par nos émotions, débordés par l’opposition de nos enfants. Nous avons bien souvent face à nous des enfants très affirmés, nous tenant tête, ne respectant pas nos demandes, nos limites.

Or nous ne sommes plus au temps où l’adulte avait une autorité rigide et absolue et l’enfant n’avait qu’à se taire et obéir, où régnaient la peur et la crainte de l’adulte. Cette parentalité bienveillante n’est pas évidente au quotidien, nous souhaitons des enfants qui échangent avec nous, qui s’expriment.

Cette liberté peut en retour nous donner le sentiment, lorsque notre enfant ne respecte pas nos demandes, que nous l’élevons mal, que ses attitudes sont insolentes ou irrespectueuses. Dans le développement de la personnalité d’un enfant, se succèdent des phases de questionnement, de remise en question et d’opposition, et nous sommes les premiers témoins et sujets de ces tumultes.

L’enfant se construit en testant ainsi notre solidité, notre raisonnement, notre amour pour lui, en se mesurant à nous pour progresser. Si l’on arrive à prendre un peu de recul et que l’on accepte que ces étapes sont obligées, alors on ne prend plus les assauts pour soi, et on peut diminuer les tensions.

Il est en effet essentiel d’avoir en tête que l’enfant n’a connaissance ni de notre rythme, ni de nos contraintes. De la même façon, nous n’avons pas toujours conscience de ce qu’il traverse au même moment sur le plan émotionnel, tant la perception que les enfants ont d’un contexte, varie selon leur âge. Si l’on souhaite que les enfants s’expriment, Il est important de faire de même, et d’oser exprimer notre ressenti du moment.

Par exemple, lorsque nous rentrons exténués par une journée de travail, nous aimerions que tout soit fait, les devoirs, la douche, le repas, sans rechigner. Pour que ces moments ne soient pas source de conflits, il est indispensable que l’enfant sache exactement ce qu’on attend de lui, d’oser lui exprimer si ce soir nous nous sentons particulièrement fatigué(e) et que nous lui demandons une plus grande autonomie.

A l’inverse, si nous percevons que c’est l’enfant qui a passé une mauvaise journée, prendre le temps de lui poser la question, en fonction de son âge, en l’aidant à exprimer ce qu’il a vécu, en prenant le temps de l’écouter sans chercher à interpréter, pour ensuite répondre au mieux s’il a des interrogations.

Autre situation : le départ à l’école qui est souvent source de conflit, lorsque l’enfant ne fait pas immédiatement ce que l’adulte attend de lui. Cela est souvent lié à une inadéquation entre la conscience qu’a l’enfant des choses à faire, le temps dont il aurait besoin pour les faire, et le temps dont il dispose vraiment. C’est à l’adulte alors d’adapter le programme aux contraintes extérieures en essayant de respecter le rythme de l’enfant : l’avertir avant de quitter un lieu, ou avant une nouvelle étape, afin qu’il puisse se préparer à un programme qu’il ne maitrise pas ; anticiper ce qui peut l’être la veille (le cartable, les vêtements, le sac de sport, les signatures, etc..) permet d’alléger les contraintes du matin.

Ne pas chercher à le laisser dormir le plus tard possible car le peu de sommeil gagné sera perdu dans la tension que génèrera la précipitation, (Pour son sommeil mieux vaudra le coucher plus tôt). Pour les enfants en bas âge, on peut s’aider d’un tableau avec des images représentant les différentes tâches à faire avant de partir du lever jusqu’au départ : habillage, petit déjeuner, brossage de dents, coiffage…

En somme, améliorer la communication avec un enfants passe par trois principes clés :

  • L’écoute : l’écoute de chacun permet de comprendre une impatience, une mauvaise humeur qui peuvent être liées à une cause extérieure mais bien souvent se cristallisent sur les proches
  • Le dialogue : instaurer des moments réguliers d’échanges où les émotions sont exprimées, les inquiétudes sont apaisées. Cela permet d’éviter d’empoisonner lentement les relations par des malentendus et des non-dits.
    peut-être le principe plus important de tous pour faciliter la communication avec nos enfants : montrer l’exemple en instaurant écoute et dialogue dans nos relations entre adultes !