Pilule et méningiome : quelles contraceptions sont concernées et que faire ?

Contenu validé par la Direction médicale de Qare.

Des questions sur votre pilule et le risque de méningiome ?

Un médecin peut faire le point sur votre contraception en téléconsultation et vous orienter vers une consultation en présentiel si nécessaire. En cas de symptômes neurologiques soudains, appelez le 15 ou le 112.

L’essentiel en 30 secondes

Le lien entre pilule et méningiome dépend notamment de l’hormone utilisée et de la durée du traitement. Le méningiome est une tumeur des enveloppes du cerveau, le plus souvent non cancéreuse.

  • Pour la pilule au désogestrel 75 µg, l’ANSM décrit une augmentation du risque très faible, surtout après une utilisation prolongée. Les précautions concernent aussi les contraceptifs au désogestrel associé à un œstrogène et à l’étonogestrel.
  • Certains autres progestatifs, comme ceux d’Androcur, Lutényl, Lutéran, Colprone et Depo Provera, sont associés à un risque plus important et à un suivi spécifique.
  • Ne changez pas votre contraception seule : en l’absence de symptômes et d’antécédent de méningiome, abordez le sujet lors de votre suivi habituel. Une IRM n’est pas systématique sous désogestrel.
  • Si vous avez ou avez eu un méningiome, contactez votre prescripteur : les contraceptifs au désogestrel ou à l’étonogestrel sont contre-indiqués dans cette situation.

Mise à jour documentaire : . Références détaillées en fin d’article.

Plusieurs études ont précisé le lien entre certains progestatifs, des substances qui agissent comme la progestérone, et le méningiome. Ces substances peuvent être utilisées pour la contraception ou pour traiter des troubles gynécologiques. Le niveau de risque varie selon le médicament, sa dose, son mode d’administration et la durée d’utilisation.

Voici les contraceptions concernées par les recommandations françaises, les limites des données disponibles et les situations dans lesquelles consulter. Un risque mis en évidence dans une étude ne signifie pas que chaque utilisatrice développera un méningiome.

Qu’est-ce qu’un méningiome ?

Un méningiome se développe à partir des méninges, les membranes qui entourent le cerveau et la moelle épinière. Il est le plus souvent non cancéreux et sa croissance est généralement lente.

Certains méningiomes ne provoquent aucun symptôme et sont découverts à l’occasion d’un examen réalisé pour une autre raison. D’autres peuvent comprimer des nerfs ou le cerveau. La prise en charge dépend de leur taille, de leur localisation et de leur évolution : une opération n’est pas toujours nécessaire ; une surveillance peut parfois suffire. [1] [2]

Quelles pilules et contraceptions sont concernées ?

Il n’existe pas un niveau de risque unique pour toutes les pilules contraceptives. Pour identifier la vôtre, regardez le nom de la substance active sur la boîte ou demandez conseil à votre pharmacien.

Désogestrel et étonogestrel : les contraceptions visées par l’ANSM

Les recommandations françaises concernent les produits suivants :

  • Pilules au désogestrel 75 µg seul : Antigone, Cerazette, Elfasette, Optimizette et génériques.
  • Pilules combinant désogestrel 150 µg et éthinylestradiol : Desobel, Mercilon, Varnoline, Varnoline continu et génériques.
  • Implant à l’étonogestrel : Nexplanon.
  • Anneaux vaginaux à l’étonogestrel et à l’éthinylestradiol : Nuvaring, Etoring et génériques.

L’étude française EPI-PHARE à l’origine de ces recommandations portait sur le désogestrel seul à 75 µg, ainsi que sur des pilules au lévonorgestrel. Elle ne mesurait pas directement le risque des pilules combinées au désogestrel, de l’implant ou des anneaux. Les précautions ont été étendues à ces contraceptions ; les chiffres obtenus pour le désogestrel 75 µg ne doivent pas leur être attribués automatiquement. Les informations de sécurité actualisées en août 2026 incluent le désogestrel et l’étonogestrel. [3] [4]

Les progestatifs associés à un risque plus important

Un risque plus élevé a été établi avec certains traitements, notamment lors d’une exposition prolongée :

  • l’acétate de cyprotérone à fortes doses : Androcur et génériques ;
  • l’acétate de chlormadinone : Lutéran et génériques ;
  • l’acétate de nomégestrol : Lutényl et génériques ;
  • la médrogestone : Colprone ;
  • l’acétate de médroxyprogestérone injectable : Depo Provera ;
  • la promégestone : Surgestone, dont la commercialisation a cessé en 2020.

Ces médicaments ne sont pas tous des pilules contraceptives : plusieurs servent à traiter des troubles gynécologiques. Depo Provera est un contraceptif injectable. Des mesures de prescription et de surveillance, notamment par IRM cérébrale, s’appliquent selon le produit et l’exposition. Signalez également une ancienne prise de ces traitements. [5]

Lévonorgestrel et stérilets hormonaux : des résultats à nuancer

Les études françaises EPI-PHARE n’avaient pas retrouvé d’augmentation du risque de méningiome opéré avec les pilules au lévonorgestrel, seul ou associé à un œstrogène, ni avec les stérilets au lévonorgestrel à 52 mg ou 13,5 mg étudiés. [6] [7]

Cependant, une étude danoise publiée dans JAMA Network Open en juillet 2026 a observé une association avec les pilules combinées au lévonorgestrel et les stérilets contenant 52 mg de lévonorgestrel. Aucun excès statistiquement significatif n’était retrouvé pour les dispositifs à 13,5 ou 19,5 mg, avec un recul plus limité. [8]

Les données ne permettent donc pas de garantir une absence de risque. L’agence danoise a annoncé transmettre ce signal à l’évaluation européenne, tout en rappelant que le risque individuel reste très faible et ne justifie pas de renoncer à sa contraception de sa propre initiative. Un signal de recherche ne constitue pas, à lui seul, une nouvelle contre-indication. [9]

Slinda, Visanne et autres traitements : distinguer les molécules et les usages

Pour Slinda, qui contient de la drospirénone seule, les données restent insuffisantes pour quantifier le risque. L’étude danoise a relevé une association avec des pilules combinées à la drospirénone, ainsi qu’au désogestrel et au gestodène ; ces résultats ne donnent pas une estimation propre à Slinda. [8]

Pour le diénogest seul à 2 mg, les données disponibles ne permettent pas non plus de conclure solidement sur ce risque. Visanne et ses génériques sont des traitements de l’endométriose : ils ne doivent pas être considérés comme une contraception. Si une contraception est nécessaire, elle doit être discutée avec le prescripteur. [5] [10]

Enfin, l’étude française de 2024 n’a pas retrouvé d’augmentation du risque de méningiome opéré avec la progestérone ou la dydrogestérone dans les conditions étudiées. Utrogestan et Duphaston ne sont toutefois pas des alternatives contraceptives à une pilule. [7]

Quel est le niveau du risque avec le désogestrel ?

L’ANSM qualifie de très faible l’augmentation du risque associée au désogestrel. Le chiffre d’environ 1 cas supplémentaire pour 67 300 utilisatrices provient d’une estimation portant sur les méningiomes intracrâniens opérés dans l’étude française, dont les cas ont été identifiés entre 2020 et 2023. Il ne représente ni le risque total de tout méningiome, ni une probabilité individuelle sur toute la vie. [4] [6]

Plusieurs éléments comptent pour interpréter ce risque :

  • La durée : dans la publication de 2025, l’augmentation concernait surtout une utilisation continue de plus de cinq ans. L’association était d’environ 1,5 entre cinq et sept ans, et d’environ 2 à partir de sept ans, par rapport à la non-utilisation du désogestrel. Ces chiffres sont des comparaisons statistiques, pas des pourcentages de femmes touchées. [6]
  • L’âge : une vigilance particulière est recommandée à partir de 45 ans. Cet âge n’est pas un seuil en dessous duquel le risque serait nul. [11]
  • Les traitements antérieurs : une ancienne exposition à certains progestatifs à risque peut modifier l’évaluation. Dans ce contexte, un excès de risque a été observé dès la première année de désogestrel. [12]

Dans l’étude française, le surrisque n’était plus observé après un an d’arrêt. Cela ne garantit pas l’absence de méningiome chez une personne donnée et ne signifie pas qu’une tumeur déjà présente disparaît en un an. Ce délai ne doit pas non plus être généralisé à tous les progestatifs. [6]

Pourquoi l’ANSM a-t-elle envoyé un courrier en 2026 ?

Après les premières recommandations françaises, l’évaluation européenne a conduit en juillet 2026 à recommander l’ajout d’informations sur le méningiome dans les notices des contraceptifs au désogestrel et à l’étonogestrel. [4]

En septembre 2026, une campagne d’information personnalisée a été lancée avec l’Assurance Maladie auprès d’environ 1,6 million de femmes majeures ayant eu une prescription remboursée de désogestrel 75 µg dans les douze derniers mois. Les prescripteurs ont également été informés. [11] [12]

Recevoir ce courrier ne signifie pas qu’un méningiome a été diagnostiqué ou suspecté. L’absence de courrier ne suffit pas non plus à déterminer si votre contraception est concernée : les recommandations portent également sur les pilules combinées au désogestrel, l’implant et les anneaux à l’étonogestrel.

Faut-il arrêter sa pilule ou faire une IRM ?

En l’absence de symptômes ou d’antécédent de méningiome

N’arrêtez pas votre contraception de votre propre initiative. Si vous souhaitez la changer, organisez le relais avec un médecin ou une sage-femme pour éviter une période sans protection contre une grossesse non désirée.

Le seul fait de prendre du désogestrel ne nécessite pas de rendez-vous en urgence. Profitez du suivi annuel pour revoir la contraception, en particulier à partir de 45 ans ou après plusieurs années d’utilisation. Apportez si possible les noms et les durées de vos anciens traitements hormonaux. [3] [12]

Une téléconsultation avec un gynécologue ou un médecin généraliste peut aider à faire le point et à organiser la suite. Des symptômes neurologiques peuvent nécessiter un examen en présentiel ; s’ils apparaissent soudainement, appelez les urgences.

Quand une IRM cérébrale est-elle recommandée ?

Une IRM n’est pas un examen systématique pour toutes les utilisatrices de désogestrel. L’ANSM la recommande notamment :

  • en présence de signes pouvant évoquer un méningiome, après évaluation médicale ;
  • à l’instauration du désogestrel, en cas d’exposition antérieure de plus d’un an à un ou plusieurs progestatifs à risque.

Les traitements à signaler comprennent Androcur, Lutényl, Lutéran, Colprone, Depo Provera, leurs génériques et l’ancien traitement Surgestone. Si le désogestrel a déjà été commencé dans cette situation, signalez-le au prescripteur pour vérifier le suivi nécessaire. [11]

Si vous avez ou avez eu un méningiome

Les contraceptifs au désogestrel et à l’étonogestrel sont contre-indiqués. Si vous en utilisez un, contactez rapidement votre prescripteur pour organiser son arrêt ou son retrait et prévoir une autre contraception. N’attendez pas simplement la prochaine visite annuelle. [4]

Plus largement, le choix d’un traitement hormonal dans cette situation relève d’un avis spécialisé. Les recommandations françaises demandent d’éviter les progestatifs, sauf exception discutée entre plusieurs spécialistes. Une méthode non hormonale peut être envisagée selon votre situation. [3]

Quels symptômes doivent amener à consulter ?

Un méningiome peut rester sans symptôme. Lorsqu’il en provoque, les signes varient selon sa localisation. Demandez un avis médical en cas de :

  • maux de tête nouveaux, persistants ou qui s’aggravent ;
  • troubles de la vision ;
  • baisse de l’audition ou bourdonnements inhabituels ;
  • perte de l’odorat ;
  • troubles de l’équilibre ;
  • faiblesse d’un bras ou d’une jambe ;
  • troubles du langage ou de la mémoire ;
  • apparition ou modification de crises d’épilepsie.

Ces signes ne sont pas spécifiques d’un méningiome. Ils peuvent avoir d’autres causes et ne permettent pas de poser un diagnostic soi-même. S’ils sont nouveaux ou s’aggravent, consultez sans attendre votre rendez-vous annuel. [13]

Appelez le 15 ou le 112 si une faiblesse, une paralysie, un trouble de la parole ou de la vision apparaît brutalement, même si le trouble disparaît. Un mal de tête soudain et extrêmement intense justifie également cet appel. [14]

Une première crise convulsive nécessite une évaluation médicale urgente. Appelez également le 15 ou le 112 si une crise dure plus de cinq minutes ou si plusieurs crises se succèdent sans récupération entre elles. [15]

Que se passe-t-il si un méningiome est découvert ?

Le professionnel de santé organise l’arrêt du contraceptif au désogestrel ou à l’étonogestrel et l’avis d’un neurochirurgien. Le choix d’une autre contraception est fait avec vous. [4] [11]

Cet avis ne signifie pas qu’une opération sera nécessaire. Selon le méningiome, une surveillance par IRM, une chirurgie ou une radiothérapie peuvent être proposées. Certains méningiomes associés à des traitements hormonaux se stabilisent ou diminuent après leur arrêt, sous surveillance. [2]

Si vous suspectez un effet indésirable lié à un médicament, vous pouvez le déclarer sur le portail officiel de signalement des événements indésirables. Ce signalement ne remplace pas une consultation.

Foire aux questions

Quelle pilule est concernée par le risque de méningiome ?

Les recommandations françaises récentes visent notamment les pilules au désogestrel, seul ou combiné à un œstrogène, ainsi que l’implant et les anneaux à l’étonogestrel. Cela ne signifie pas que le risque est identique pour tous ces produits, ni que les autres contraceptions sont définitivement exemptes de risque.

Faut-il arrêter Optimizette ou Cerazette ?

Pas de votre propre initiative si vous n’avez ni symptôme ni antécédent de méningiome. Faites le point lors du suivi habituel. En cas de méningiome actuel ou passé, contactez rapidement votre prescripteur : le désogestrel est contre-indiqué.

La pilule Slinda augmente-t-elle le risque de méningiome ?

Les données restent insuffisantes pour quantifier ce risque avec Slinda, à la drospirénone seule. Les résultats concernant des pilules combinées à la drospirénone ne permettent pas de conclure directement pour Slinda. [8]

Le stérilet hormonal est-il sans risque de méningiome ?

On ne peut pas garantir une absence de risque. Les études françaises étaient rassurantes, mais de nouvelles données danoises conduisent à nuancer cette affirmation. Le choix d’un stérilet hormonal se discute avec un professionnel selon votre situation ; ces données ne justifient pas un retrait décidé seule. [9]

J’ai reçu un courrier de l’ANSM : dois-je m’inquiéter ?

Ce courrier est une information de prévention, pas l’annonce d’un diagnostic. En l’absence de symptômes ou d’antécédent de méningiome, vous pouvez en parler lors de votre prochaine consultation habituelle. Si des symptômes apparaissent, demandez un avis médical plus tôt.

Le risque disparaît-il après l’arrêt de la pilule ?

Dans l’étude française sur le désogestrel, le surrisque n’était plus observé un an après l’arrêt. Cela n’équivaut pas à un risque nul et ne permet pas de prédire l’évolution d’un méningiome déjà présent. L’arrêt ou le changement de contraception doit être organisé avec un professionnel.

Sources

  1. Assurance Maladie — Méningiome : définition et causes.
  2. Assurance Maladie — Traitement d’un méningiome.
  3. ANSM — Contraception et risque de méningiome : nouvelles recommandations, 20 mars 2025, page actualisée le 11 août 2026.
  4. ANSM — Désogestrel et étonogestrel : évolution des notices, 11 août 2026.
  5. ANSM — Progestatifs et risque de méningiome : recommandations pour limiter ce risque, 18 décembre 2023, page actualisée le 12 juin 2025. Les informations concernant le désogestrel sont complétées par les publications ultérieures.
  6. Roland et coll., EPI-PHARE — Oral contraceptives with progestogens desogestrel or levonorgestrel and risk of intracranial meningioma, BMJ, 11 juin 2025, 389:e083981. Présentation de l’étude par EPI-PHARE.
  7. Roland et coll., EPI-PHARE — Use of progestogens and the risk of intracranial meningioma, BMJ, 2024, 384:e078078.
  8. Contraceptive Progestogens and Incident Meningioma, JAMA Network Open, juillet 2026, 9(7):e2622603.
  9. Agence danoise du médicament — Présentation de l’étude sur les contraceptifs progestatifs et le méningiome, 3 juillet 2026.
  10. Base de données publique des médicaments — Visanne 2 mg : résumé des caractéristiques et notice.
  11. ANSM — Contraception à base de désogestrel et risque de méningiome : questions-réponses, 10 septembre 2026.
  12. ANSM — Courrier personnalisé aux utilisatrices de désogestrel, 10 septembre 2026.
  13. Assurance Maladie — Symptômes et diagnostic d’un méningiome.
  14. Assurance Maladie — AVC : que faire ?.
  15. Assurance Maladie — Symptômes et diagnostic de l’épilepsie de l’enfant et de l’adulte.

Cet article fournit des informations générales et ne remplace pas une consultation ni une décision médicale adaptée à votre situation.