Variole du singe : symptômes, causes et traitements

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Après la pandémie de COVID, c’est un nouveau virus qui fait parler de lui : le virus de la variole du singe ou Monkeypox. Quelques semaines après le premier cas recensé on parle déjà d’épidémie. Les nouveaux cas se multiplient (552 cas en France au 4 juillet 2022). Faut-il craindre la variole du singe ? Comment le virus nous infecte-t-il? Quels sont les symptômes ? Y-a-t-il un traitement ? Chez Qare, on vous explique tout sur cette infection virale.

C’est quoi la variole du singe ?

Variole du singe définition

L’épidémie de cas d’infections à la variole du singe a débuté en mai 2022. Voici les éléments à savoir sur ce qu’on appelle la Monkeypox :

  • Le virus de la variole du singe vient de la famille des Orthopoxvirus
  • Le virus actuel est proche de la souche d’Afrique de l’Ouest
  • La variole du singe est moins dangereuse que la variole
  • Le taux de mortalité de la variole du singe se situe en 1 et 10%
  • Le virus est plus grave chez les enfants et les personnes immunodéprimées
  • Les cas de variole du singe en France sont bénins aucun décès n’a été signalé
  • Il existe un vaccin contre la variole de 3e génération dont l’efficacité contre la variole du singe est estimée à 85%
  • Début juillet, la Haute Autorité de Santé a élargit le public concerné par la vaccination contre la variole du singe

Les origines de la variole du singe

La variole du singe a été découverte pour la première fois en 1958 sur des singes en captivité au Danemark.

Ca n’est qu’en 1970 que l’on observe pour la premier fois un cas de variole du singe sur un humain, à l’hôpital Basankusu dans l’ex-Zaïre, actuelle République Démocratique du Congo.

Les souches du virus se propagent ensuite sur le continent africain. C’est ce qu’on appelle une “zoonose virale” c’est-à-dire un virus qui peut être transmis à l’Homme par les animaux.

La variole du singe est-elle mortelle ?

Après avoir vécu l’épidémie de Covid, une question se pose : « la variole du singe est-elle dangereuse ? »

Pour mieux comprendre le taux de létalité de la variole du singe, le corps médical distingue deux souches principales du virus :

  • la souche d’Afrique centrale qui est la plus létale (6 à 10%)
  • la souche d’Afrique de l’Ouest qui est la moins létale (1 à 3%)

Ces deux souches sont identiques à 97% en termes de nucléotides (comparaison du génome).

La souche de la variole du singe dont nous avons à faire face depuis mai 2022 est relativement proche de celle de l’Afrique de l’Ouest.

L’OMS précise que les décès touchent majoritairement les personnes les plus jeunes et les personnes immunodéprimées.

Le rapport de Santé Publique France souligne qu’en France les cas sont bénins et qu’aucun décès n’a été rapporté.

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Variole et variole du singe quelles différences ?

Bien qu’ayant des similitudes, comme les pustules sur la peau, ces deux maladies sont à distinguer. Toutes deux sont des infections causées par un virus appartenant à la famille des Orthopoxvirus à l’origine d’épidémies. Mais la souche de la variole (smallpox) et de la variole du singe ne sont pas identiques.

La différence majeure concerne le taux de létalité. La variole a un taux de mortalité de 30%. Au 18ème siècle, suite à une épidémie, elle a tué des dizaines de milliers de personnes chaque année en Europe.

Variole du singe causes et propagation

Une nouvelle souche du virus

Ce n’est pas la première fois qu’il y a un début de propagation du virus de la variole du singe hors d’Afrique. En 2003, les Etats-Unis ont connu une flambée de cas avec 71 cas recensés entre le mois de mai et juin.

Mais la propagation avait été lente et la transmission se faisait majoritairement via des contacts avec des animaux infectés. La souche originelle d’Afrique de l’Ouest est en effet normalement peu contagieuse entre humains.

La souche qui se répand actuellement a des caractéristiques propres :

  • la transmission est interhumaine
  • la souche se diffuse rapidement

Un consensus se dessine actuellement au sein de la communauté scientifique et au sein de l’OMS, pour que ce variant de la variole du singe soit considéré comme une « 3e souche » distincte de celle d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale.

Cas de variole du singe en France

L’épidémie actuelle de variole du singe a commencé en mai 2022. Le premier cas recensé a été identifié au Royaume-Uni.

Au 28 juillet 2022, 1 955 cas confirmés ont été recensés en France. Les régions les plus touchées sont l’Ile-de-France avec 814 cas, l’Occitanie avec 170 cas  et l’Auvergne-Rhône-Alpes avec 161 cas.

Pour les cas dont on dispose de l’information concernant leur orientation sexuelle, 97% sont des hommes ayant des rapport sexuels avec des hommes (HSH). Dans 75% des cas, ils ont eu plus de 2 partenaires dans les 3 dernières semaines. 149 personnes sont également infectées par le virus du VIH (27%).

Seules 3 femmes et 1 enfant ont été infectés en France depuis le début de l’épidémie.

Sur les français contaminés par le Monkeypox l’âge médian est de 35 ans.

A noter : il est possible qu’un nombre de cas supplémentaires n’ai pas pu être recensés.

En cas de doute, consultez un médecin depuis chez vous !

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Le virus Monkeypox et sa transmission

Comment s’attrape la variole du singe ?

La variole du singe se transmet par contact étroit avec une personne infectée :

  • contact direct avec du pus issu des pustules d’une personne contaminée
  • contact indirect avec du pus notamment à travers les vêtements, la literie et les serviettes de bain
  • Lors d’un rapport sexuel ou les frottements provoquent un échange sanguin (type rapport anal)
  • par inhalation du virus par voie respiratoire, par exemple si une personne contaminée tousse

Le temps d’incubation du Monkeypox

L’incubation du virus de la variole du singe est longue varie habituellement de 7 à 14 jours (minimum 5 maximum 21). Dans les 5 premiers jours après l’infection, le virus se diffuse de manière silencieuse à différents organes par la circulation sanguine.

Il faut attendre une dizaine de jours après avoir été contaminé pour voir les premiers symptômes apparaître.

Variole du singe : les symptômes

Les premiers symptômes

Après 10 jours d’incubation du virus, la variole du singe provoque :

  • De la fièvre
  • Des douleurs musculaires
  • De la fatigue allant jusqu’à l’épuisement
  • Des ganglions

A ce stade les sécrétions du malade sont très contagieuses. Ces premiers symptômes de la variole du singe qui s’apparentent à ceux de la grippe sont appelés « prodromes ».

Les symptômes cutanés

Dans les 2 jours qui suivent les premiers symptômes, une éruption cutanée se produit à différents endroits du corps :

  • Le visage et du cuir chevelu
  • Les mains et particulièrement les paumes
  • Les pieds et particulièrement les plantes
  • La région génitale et anale
  • Le tronc peut parfois être touché

Les lésions ressemblent d’abord à des macules puis des vésicules et évoluent en pustules ombiliquées extrêmement contagieuses. Elles ressemblent aux lésions de varicelle. Au bout de deux semaines, une croûte se forme sur les lésions qui évoluent spontanément vers la guérison.

L’infection est passée lorsque les croûtes tombent. Elles peuvent laisser place à des cicatrices.

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Comment se prémunir de la variole du singe ?

Il n’existe pas de traitement spécifique à la monkeypox. La personne contaminée guérit d’elle-même au bout de quelques semaines.

Variole du singe et vaccin

Il n’y a pas de vaccin spécifique à la Monkeypox. A l’heure actuelle nous utilisons les vaccins contre la variole, efficaces à 85% sur la variole du singe selon l’Institut Pasteur.

Le premier vaccin développé contre la variole conférait une protection longue durée (10 ans), en revanche il comportait des effets secondaires pouvant être graves chez les immunodéprimés.

Un vaccin de 3e génération a donc été développé contre la variole sous le nom de Imvanex en Europe et de Jynneos aux Etats-Unis par le groupe pharmaceutique danois Bavarian Nordic.

Ce vaccin de 3e génération s’apparente plus ou moins à un vaccin inactivé (virus tué). La protection immunitaire de ce vaccin est plus courte que le précédent vaccin.

Vers une campagne de vaccination ?

Au début de l’épidémie, l’OMS était défavorable à une campagne massive de vaccination.

Depuis le 7 juillet 2022, la Haute autorité de Santé a élargit le public concerné par la vaccination. Il est maintenant proposé à tous les homosexuels multi-partenaires, les transexuels multi-partenaires et travailleurs du sexe.

Le schéma vaccinal complet est de 2 doses à effectuer à 28 jours d’intervalle. Pour les immunodéprimés une 3ème dose est nécessaire. Quant aux personnes ayant reçu le vaccin contre la variole étant enfant, une seule dose suffit.

Pour les personnes non concernées, les recommandations sont d’ordre préventif :

  • Signaler tout cas suspect à l’ARS (Agence Régionale de santé la plus proche)
  • Utiliser les gestes barrières pour se prémunir (masque, hygiène des mains)
  • S’isoler lorsque l’on est infecté pour éviter la propagation du virus
  • Vaccination des personnes contacts idéalement dans les 4 jours et maximum 14 jours après le contact avec la personne infectée.

Nos conseils pour se protéger

Certaines habitudes peuvent diminuer le risque de transmission du Monkeypox :

  • Se protéger lors des rapports sexuels
  • Conserver une distanciation sociale lors des rassemblements
  • Ne pas fumer sur la cigarette de quelqu’un d’autre
  • Ne pas boire dans les mêmes verres

Si vous êtes contaminés restez isolé et évitez tout contact pendant la durée de l’infection.

Traitement de la variole du singe

En général, les symptômes de la variole du singe disparaissent sans traitement. Il est recommandé de laisser sécher les éruptions cutanées à l’air libre, si possible. Un traitement spécifique par immunoglobulines ou un traitement antiviral (tecovirimat, brincidofovir, cidofovir) peut être proposé dans les cas les plus graves et en centre spécialisé.

Monkeypox : l’avis de l’expert, Dr Bénédicte Melot, infectiologue

Y-a-t-il un risque que l’épidémie de variole du singe se transforme en pandémie comme le Covid-19 ?

Il n’existe pas de définition claire et unanime du terme pandémie. Étymologiquement, on parle de pandémie lorsqu’une épidémie se diffuse à l’ensemble de la population. En pratique, il s’agit d’une épidémie qui touche un grand nombre de pays et/ou une partie importante de la population mondiale.

En date du 29 juillet 2022, on a confirmé 21077 cas de variole du singe dans 94 pays (on recense 195 pays dans le monde). On peut donc dire que les cas s’étendent à un grand nombre de pays, mais le nombre absolu de personnes déclarées comme infectées reste limité.

En effet, pour l’instant les contaminations touchent essentiellement des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH) entre 35 et 40 ans, souvent multipartenaires.

Néanmoins quelques cas ont également déjà été signalés chez des femmes et des enfants. On ne peut donc exclure la possibilité d’une expansion du nombre de cas chez ces catégories de populations ni la possibilité d’acquisition de mutations du virus, le rendant plus transmissible et donc responsable rapidement d’un beaucoup plus grand nombre de cas.

Quels sont les risques de contamination en ayant des rapports protégés avec quelqu’un atteint de variole du singe ?

La transmission inter-humaine de la variole du singe se fait par :

  • Contact étroit avec une personne infectée
  • Contact direct avec des lésions
  • Contact avec des objets contaminés par une personne infectée
  • Contact avec des gouttelettes respiratoires d’une personne infectée
  • D’une femme enceinte au fœtus

On considère qu’une personne infectée est contagieuse du début des symptômes jusqu’à cicatrisation complète des lésions, soit environ 21 jours.

Cependant un certain nombre de questions restent en suspens : on ignore notamment encore combien de temps il faut rester en contact avec une personne contaminée pour se contaminer soit même, la durée de survie du virus sur les matériaux inertes (objets) et le taux de reproduction de base du virus, le fameux R0.

Ainsi on considère qu’un rapport sexuel même protégé peut exposer au virus de la variole du singe par :

  • Contact cutané direct avec des lésions d’une personne infectée, qu’elles soient situées au niveau génital ou ailleurs
  • Contact avec des gouttelettes respiratoires d’une personne infectée
  • Contact avec un objet contaminé : le linge de lit par exemple

Par précaution, il est recommandé pour les personnes infectées d’utiliser un préservatif lors des rapports sexuels de tout type, jusqu’à 8 semaines après la fin de la période de contagiosité.

FAQ

C’est quoi la petite vérole ?

La petite vérole est l’autre nom pour définir la variole. C’est en référence à la petite vérole que la syphilis a été surnommé « grande vérole ».

Est-ce que la variole existe encore ?

L’Europe a connu une vague d’épidémie sévère au 18ème siècle. Dès 1958, l’OMS a entamé une campagne massive de vaccination. Le succès de cette opération est au rendez-vous puisqu’en 1980 l’OMS déclare la variole officiellement éradiquée. Actuellement seuls quelques échantillons subsistent à des fins de recherches.