Perlèche : causes, traitement et pourquoi elle revient
L’essentiel en 30 secondes
La perlèche, ou chéilite angulaire, est une inflammation du coin des lèvres : rougeur, fissure ou croûte, d’un seul côté ou des deux. Elle peut avoir plusieurs causes, et le traitement dépend de la cause ou des facteurs favorisants identifiés.
- Les causes infectieuses sont fréquemment en cause : selon la Société Française de Dermatologie, il peut s’agir d’un champignon (Candida albicans, provenant de la bouche), d’une bactérie (staphylocoque doré), ou des deux — Société Française de Dermatologie.
- Le léchage répété des lèvres favorise la macération et peut entretenir l’irritation — Société Française de Dermatologie.
- Une dentition très usée ou certaines prothèses dentaires peuvent accentuer les plis au coin de la bouche et favoriser l’accumulation de salive — Manuels MSD.
- Le diagnostic se fait à l’examen, par le médecin. Un premier épisode ne nécessite pas forcément d’examens ; un prélèvement est envisagé en cas de forme qui récidive ou résiste — Société Française de Dermatologie.
- Un baume émollient peut soulager une sécheresse associée, mais il ne remplace pas un traitement antibiotique ou antifongique lorsqu’une infection a été identifiée — Société Française de Dermatologie.
Le conseil clé : éviter de lécher régulièrement les coins des lèvres aide à limiter la macération. En cas de récidives, il est utile de rechercher un facteur qui persiste : infection, sécheresse, problème dentaire ou autre cause associée.
Informations vérifiées en 2026 — Sources : Société Française de Dermatologie, Assurance Maladie, UFSBD, Manuels MSD.
Une fissure au coin de la bouche peut tirer lorsqu’on ouvre la bouche ou qu’on sourit, s’améliorer puis parfois revenir. Un simple baume ne suffit pas toujours, car la perlèche peut avoir plusieurs causes. L’équipe médicale de Qare vous explique les principaux facteurs en cause, la façon dont le diagnostic est posé et les traitements possibles.
- Qu’est-ce que la perlèche ?
- Quelles sont les causes d’une perlèche ?
- La perlèche chez l’enfant
- La perlèche chez la personne âgée
- Perlèche ou autre chose ?
- Comment se fait le diagnostic ?
- Quels sont les traitements ?
- Pourquoi ma perlèche revient-elle sans arrêt ?
- Comment prévenir les récidives ?
- Questions fréquentes sur la perlèche
Qu’est-ce que la perlèche ?
La Société Française de Dermatologie en donne une définition simple : une perlèche, ou chéilite angulaire, correspond à une inflammation de la commissure labiale — le pli situé au coin des lèvres, là où la lèvre supérieure rejoint l’inférieure. Elle peut toucher un seul côté ou les deux, et se manifeste par une rougeur, une fissure ou une croûte, souvent douloureuse.
La perlèche touche une zone de pli, au niveau de la commissure des lèvres. L’humidité, la macération et les irritations répétées peuvent fragiliser cette zone et favoriser l’inflammation ainsi que la prolifération de certains micro-organismes.
Beaucoup de personnes la décrivent comme une gerçure ou une crevasse au coin de la bouche, avec un coin des lèvres qui se fend. Une simple sécheresse des lèvres peut donner un aspect proche, mais une perlèche est surtout localisée à la commissure et peut nécessiter un traitement spécifique selon sa cause.
Point important pour comprendre la suite : la perlèche peut avoir plusieurs causes, parfois associées entre elles. Il n’existe donc pas un traitement unique adapté à toutes les situations.
Quelles sont les causes d’une perlèche ?
Les causes infectieuses, fréquemment en cause
Selon la Société Française de Dermatologie, les causes infectieuses sont les plus fréquentes. Deux micro-organismes sont souvent retrouvés, seuls ou associés :
- Candida albicans, un champignon de type levure, qui provient de la bouche. L’Assurance Maladie décrit d’ailleurs les perlèches parmi les manifestations d’une mycose buccale : « des perlèches ou fissurations humides rouges et croûteuses des coins de la bouche » ;
- le staphylocoque doré, une bactérie dont on peut être porteur de manière chronique — ce qui explique certaines récidives.
Lorsqu’une candidose buccale est associée à la perlèche, elle peut contribuer aux récidives. Dans ce cas, sa prise en charge fait partie du traitement global.
Le léchage : le geste qui entretient le problème
La Société Française de Dermatologie cite la macération par le léchage parmi les principaux facteurs favorisants. Humidifier régulièrement une zone déjà irritée peut entretenir la macération et retarder sa réparation.
Autrement dit : plus on lèche, plus on entretient l’inflammation, et plus la fissure tire — ce qui donne envie de lécher.
Les causes mécaniques et dentaires
Les facteurs dentaires peuvent jouer un rôle, notamment lorsque les plis au coin de la bouche deviennent plus marqués. Les Manuels MSD indiquent que des dents ou des prothèses très usées, qui ne maintiennent plus correctement l’écartement entre les mâchoires, peuvent créer des plis dans lesquels la salive s’accumule.
Cette accumulation de salive favorise la macération de la peau et peut faciliter la prolifération de micro-organismes. La Société Française de Dermatologie évoque également « un affaissement des plis des lèvres en lien parfois avec des problèmes dentaires ».
Chez l’enfant, la succion du pouce et le léchage répété peuvent aussi augmenter le contact des commissures avec la salive et favoriser la macération.
Carences et maladies associées
Certaines situations générales peuvent s’accompagner d’une perlèche, selon la Société Française de Dermatologie : une baisse d’immunité, un diabète, un eczéma, un psoriasis, ou un manque de vitamines ou de fer.
Sur les carences, une précision utile : une carence en vitamine B2 (riboflavine), en fer ou en certaines autres vitamines du groupe B peut être associée à une chéilite angulaire. Les Manuels MSD indiquent notamment qu’un déficit en riboflavine peut provoquer une macération et des fissures au niveau des coins de la bouche. Une infection par Candida peut aussi être présente en parallèle ou se surajouter.
À l’inverse, avoir une perlèche ne signifie pas automatiquement qu’il existe une carence. Les causes infectieuses et les facteurs locaux sont fréquents. Si une carence est suspectée, un bilan biologique adapté peut être proposé par le médecin.
Enfin, une sécheresse de la bouche et des lèvres favorise la perlèche — sécheresse qui peut elle-même être liée à certains médicaments.
La perlèche chez l’enfant
La perlèche peut survenir chez l’enfant et l’adolescent. Comme chez l’adulte, l’humidité et la macération favorisent l’irritation ; le léchage répété et, chez les plus jeunes, la succion du pouce peuvent notamment maintenir les commissures au contact de la salive.
Chez l’enfant, certaines lésions peuvent ressembler à une perlèche. L’impétigo, une infection cutanée contagieuse fréquente chez les jeunes enfants, apparaît souvent autour des orifices, notamment la bouche, et peut former des croûtes jaunâtres entourées d’une zone rouge, selon l’Assurance Maladie. Une lésion croûteuse au coin des lèvres peut donc nécessiter un examen médical pour distinguer ces différentes causes.
La perlèche chez la personne âgée
Chez la personne âgée, les facteurs dentaires et prothétiques peuvent être particulièrement importants. L’UFSBD cite des données de la DREES de 2016 selon lesquelles 56 % des résidents en maison de retraite et 42 % des personnes de plus de 75 ans vivant à domicile déclaraient avoir perdu toutes leurs dents ou presque.
Une perte importante de dents, une usure de la dentition ou une prothèse qui ne maintient plus correctement la hauteur entre les mâchoires peut accentuer les plis aux commissures. La salive peut alors s’y accumuler plus facilement.
La stomatite prothétique peut aussi être associée : il s’agit d’une inflammation des tissus situés sous la prothèse, favorisée notamment par une prothèse mal adaptée, une hygiène insuffisante ou une accumulation de Candida albicans. L’UFSBD indique qu’elle concerne environ un tiers des personnes portant des prothèses. Lorsque ces problèmes sont présents, leur prise en charge peut aider à limiter les récidives de perlèche.
Enfin, la sécheresse buccale peut également favoriser les problèmes bucco-dentaires et les candidoses. Elle devient plus fréquente avec l’âge et peut être liée à de nombreux médicaments.
Une perlèche qui traîne ou qui revient ?
Une téléconsultation permet à un médecin de réaliser une première évaluation, 7J/7 de 6h à minuit, d’orienter vers la cause probable et de prescrire le traitement adapté ou les examens utiles. Selon l’aspect de la lésion, un examen en présentiel peut être nécessaire.
Perlèche ou autre chose ?
Un herpès labial
Une confusion est possible entre une perlèche et un herpès labial. Quelques éléments peuvent orienter, sans remplacer l’examen clinique :
- l’herpès labial se situe le plus souvent sur le bord externe d’une lèvre, d’un seul côté, à la jonction entre la peau et la muqueuse — et non au fond du pli du coin des lèvres ;
- il forme un « bouquet » de petites vésicules remplies d’un liquide transparent, avant de former une croûte ;
- il est précédé, 6 heures à 2 jours avant, de signes annonciateurs : picotements, brûlure, sensation de tension.
La perlèche se manifeste surtout par une rougeur, une fissure ou une croûte au niveau de la commissure, généralement sans le bouquet de vésicules typique de l’herpès labial.
Un impétigo
Surtout chez l’enfant : l’impétigo peut former des croûtes jaunâtres entourées d’une zone rouge, souvent autour des orifices du visage. Il est contagieux, contrairement à la perlèche qui n’est généralement pas considérée comme une affection contagieuse en elle-même.
D’autres infections, plus rares, peuvent également provoquer une atteinte des commissures. Si une lésion persiste, récidive ou présente un aspect inhabituel, un avis médical permet de préciser le diagnostic.
Comment se fait le diagnostic ?
La Société Française de Dermatologie indique que le diagnostic de perlèche se fait au cours de la consultation, à l’examen par le médecin. Des examens complémentaires peuvent ensuite être utiles pour en rechercher la cause.
- Premier épisode : il ne nécessite pas forcément d’examens complémentaires ;
- Formes qui récidivent ou résistent : un prélèvement local par écouvillon, envoyé au laboratoire, peut aider à identifier une bactérie ou un champignon en cause ;
- Recherche d’une cause générale : une prise de sang peut être réalisée pour rechercher un diabète, des carences ou une baisse d’immunité.
Quels sont les traitements ?
Le principe tient en une phrase : on traite la cause, pas seulement la fissure.
Dans tous les cas
La Société Française de Dermatologie recommande d’éviter la macération des plis des lèvres — donc de rompre avec le réflexe de léchage — et de traiter une sécheresse associée par un baume émollient.
Si une infection est en cause
Lorsqu’une infection est identifiée, le traitement peut reposer sur une crème antibiotique ou antifongique adaptée au micro-organisme en cause. Dans les formes récidivantes ou résistantes, le prélèvement peut être utile car une infection bactérienne, fongique ou mixte est possible et un traitement mal adapté peut être inefficace.
Selon la situation, une mycose buccale chronique associée peut également devoir être traitée, notamment chez les personnes portant une prothèse dentaire. En cas d’infections récidivantes à staphylocoque, la recherche d’un portage chronique peut être indiquée.
Si la cause est mécanique ou dentaire
Des soins dentaires peuvent être nécessaires, de même qu’un nettoyage adapté des prothèses. Les Manuels MSD évoquent notamment le remplacement de prothèses inadaptées ou la restauration de la hauteur des dents lorsque cela est nécessaire, afin de réduire les plis favorisant la macération.
Si une carence est identifiée
Si une carence en fer ou en vitamines est confirmée, sa correction peut faire partie du traitement. Une supplémentation n’est utile que lorsqu’elle correspond à un besoin identifié.
Pourquoi ma perlèche revient-elle sans arrêt ?
Une perlèche peut récidiver lorsqu’un facteur favorisant persiste. Les causes ou situations à rechercher dépendent du contexte et peuvent notamment inclure :
- une candidose buccale ou une stomatite prothétique associée ;
- un portage chronique de staphylocoque ;
- une cause mécanique persistante : prothèse inadaptée, dents usées, pli marqué ;
- la poursuite du léchage ;
- un facteur général associé, par exemple un diabète, une sécheresse buccale ou une carence.
Il n’existe donc pas de « remède miracle » unique contre la perlèche. Le traitement dépend de la cause et des facteurs favorisants. Un baume peut être utile en cas de sécheresse, mais il ne remplace pas un traitement ciblé lorsqu’une infection est présente. Il vaut également mieux éviter d’appliquer des produits irritants ou des préparations maison non adaptées sur une peau déjà fissurée.
Comment prévenir les récidives ?
- éviter le léchage répété des lèvres, qui entretient la macération ;
- appliquer un baume émollient en cas de sécheresse, notamment en hiver ;
- soigner l’hygiène bucco-dentaire et limiter les habitudes alimentaires très sucrées ;
- nettoyer quotidiennement les prothèses dentaires et, pour les prothèses amovibles, les retirer plusieurs heures par jour ; l’UFSBD recommande au moins quatre heures par jour ;
- faire vérifier l’adaptation d’une prothèse ou l’état des dents si les coins de la bouche s’affaissent ;
- prendre en charge une sécheresse buccale ou un diabète lorsqu’ils sont présents, avec le suivi adapté.
Questions fréquentes sur la perlèche
La perlèche est-elle contagieuse ?
La perlèche n’est généralement pas considérée comme une maladie contagieuse en elle-même. Les micro-organismes impliqués, comme Candida ou le staphylocoque, peuvent déjà être présents dans la bouche ou sur la peau. En revanche, certaines lésions qui ressemblent à une perlèche, notamment l’impétigo et l’herpès labial, sont contagieuses.
Combien de temps dure une perlèche ?
La durée est variable : elle dépend de la cause, des facteurs favorisants et du traitement. Certaines formes peuvent être récidivantes ou résistantes ; dans ce cas, un prélèvement local et parfois un bilan complémentaire peuvent être proposés. Si la fissure persiste ou revient régulièrement, un avis médical peut aider à en identifier la cause.
Est-ce un manque de vitamines ?
Parfois, mais ce n’est pas la cause la plus fréquente. Un manque de fer ou de certaines vitamines du groupe B, notamment la vitamine B2, peut contribuer directement à une chéilite angulaire et parfois favoriser une infection associée. Une perlèche seule ne permet toutefois pas de conclure à une carence : un bilan adapté est nécessaire si le contexte la fait suspecter.
Perlèche ou bouton de fièvre ?
L’herpès labial siège le plus souvent sur le bord externe de la lèvre, souvent d’un seul côté, et forme un bouquet de vésicules précédé de picotements, de brûlures ou d’une sensation de tension. La perlèche touche surtout la commissure et se présente plutôt comme une rougeur, une fissure ou une croûte. Ces éléments orientent, mais l’examen médical permet de confirmer le diagnostic en cas de doute.
Faut-il consulter un dentiste ?
Un avis de chirurgien-dentiste peut être utile lorsqu’une cause dentaire est suspectée : prothèse mal adaptée ou très usée, perte de dents, modification de l’occlusion ou problème d’hygiène prothétique. Le médecin peut de son côté évaluer les autres causes possibles et traiter une éventuelle infection.
Un baume à lèvres suffit-il ?
Pas toujours. Un baume émollient peut aider en cas de sécheresse et limiter les fissures, mais il ne remplace pas un traitement antibiotique ou antifongique lorsqu’une infection a été identifiée.
Le diabète peut-il en être la cause ?
Le diabète fait partie des maladies pouvant s’accompagner d’une perlèche. L’Assurance Maladie indique également que les personnes diabétiques sont plus sensibles aux infections cutanées dues à des champignons ou à des bactéries. En cas de perlèche récidivante, un dépistage du diabète peut être envisagé selon le contexte et les autres facteurs de risque.
Pourquoi mes coins de lèvres se fissurent depuis que je porte un appareil dentaire ?
Un appareil dentaire ou orthodontique peut parfois favoriser une irritation locale ou maintenir davantage d’humidité aux commissures, surtout s’il est mal adapté. Si les fissures sont apparues après la mise en place d’un appareil, un contrôle par le chirurgien-dentiste ou l’orthodontiste peut être utile.
La perlèche est le plus souvent bénigne, mais plusieurs facteurs peuvent être impliqués : infection, macération liée à la salive, sécheresse, problème dentaire ou, plus rarement, carence ou maladie associée. Identifier les facteurs qui persistent permet d’adapter le traitement et de réduire le risque de récidive.
- Société Française de Dermatologie / GEMUB — Fiche patient : la perlèche
- Dermato-Info (Société Française de Dermatologie) — La perlèche
- Assurance Maladie (Ameli) — Reconnaître une mycose cutanée
- Assurance Maladie (Ameli) — Reconnaître un herpès labial
- Assurance Maladie (Ameli) — Reconnaître l’impétigo
- Assurance Maladie (Ameli) — La sécheresse de la bouche
- Assurance Maladie (Ameli) — Diabète : les autres complications
- UFSBD — Les problèmes bucco-dentaires fréquents chez les personnes âgées
- Manuel MSD (édition professionnelle) — Ulcères et inflammation des lèvres
- Manuels MSD (version grand public) — Lésions sur les lèvres et inflammation
- Manuel MSD (édition professionnelle) — Candidose cutanéomuqueuse
- Manuel MSD (édition professionnelle) — Déficit en riboflavine
