Dyspraxie : bien la diagnostiquer pour mieux la prendre en charge

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La dyspraxie fait partie des troubles « dys » et désigne des difficultés à automatiser, apprendre, planifier certaines actions. Elle est souvent décelée à l’école, mais pas toujours. Quels sont les symptômes de la dyspraxie ? Comment la prendre en charge ? L’équipe médicale de Qare fait le point sur ce trouble qui handicape fortement le quotidien.

La dyspraxie, qu’est-ce que c’est ?

La dyspraxie est, par définition, un trouble du développement moteur. Également appelée « trouble de la coordination motrice d’origine développementale », elle correspond à des difficultés dans l’automatisation des gestes volontaires, la planification, la réalisation et la coordination.

La praxie, deuxième partie du mot, désigne une coordination motrice volontaire, que l’on met en place dès le plus jeune âge. Celle-ci est le résultat d’un ensemble d’apprentissages qui, lorsqu’ils sont intégrés par entraînement ou imitation, finissent par devenir automatiques. Parmi eux, faire du vélo, par exemple, ou apprendre à écrire.

Chez les personnes dyspraxiques, c’est ce processus d’apprentissage qui fait défaut, rendant la coordination et la planification de certains gestes difficiles.

Attention à ne pas confondre dyspraxie et dyslexie. Bien que faisant partie tous les deux des troubles de l’apprentissage et du système cognitif, ce ne sont pas les mêmes syndromes.

Quels sont les différents types de dyspraxie ?

Il existe plusieurs types de dyspraxie. Il est possible que plusieurs d’entre elles cohabitent chez une même personne.

  • La dyspraxie idéatoire, qui rend difficile l’utilisation ou la manipulation d’outils (difficultés à ouvrir une boîte ou utiliser un compas, par exemple).
  • La dyspraxie visuo-spatiale, qui correspond à des difficultés à s’orienter dans l’espace (distinguer sa droite de sa gauche), à situer des objets les uns par rapport aux autres ou à organiser son regard.
  • La dyspraxie constructive, qui entraîne des difficultés lors d’activités d’assemblage ou de construction (faire un puzzle, par exemple).
  • La dyspraxie oro-faciale, qui perturbe le fait de pouvoir déglutir, parler, articuler, siffler, souffler des bougies…
  • La dyspraxie de l’habillage, qui rend difficile le fait de boutonner, lacer, s’habiller

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Est-ce que la dyspraxie est un handicap ?

Depuis 2005, les troubles « dys » sont reconnus comme étant des « handicaps cognitifs ». Pour les enfants dyspraxiques, on considère que leur trouble est un handicap à partir du moment où il devient trop invalidant dans leur quotidien.

En d’autres termes, lorsqu’ils sont limités dans plusieurs domaines de leur vie : familial, social, scolaire…

Quels sont les symptômes de la dyspraxie ?

La dyspraxie est un trouble que l’on décèle souvent à l’école. Toutefois, quand elle n’a pas été diagnostiquée pendant l’enfance, certaines personnes la portent jusqu’à l’âge adulte, ce qui entraîne toutes sortes de difficultés au quotidien.

Les symptômes de la dyspraxie chez l’enfant

La dyspraxie est un trouble relativement fréquent chez les enfants. Selon l’Assurance Maladie, elle touche 5 à 7% des enfants de 5 à 11 ans, avec une prévalence plus importante chez les garçons que les filles. Les estimations portent sur le fait qu’au moins un enfant par classe scolaire en est atteint.

Chez les enfants, la dyspraxie se manifeste par divers signes/symptômes :

  • Une maladresse ;
  • Des difficultés à apprendre des gestes nouveaux ;
  • Des difficultés dans l’écriture et le dessin ;
  • Un désintérêt pour les jeux de construction ;
  • Des difficultés à s’orienter dans l’espace et à se déplacer dans des endroits qui ne lui sont pas familiers.

Les symptômes de la dyspraxie chez l’adulte

Les adultes dyspraxiques souffrent des mêmes difficultés que les enfants. Leur quotidien n’étant pas le même, car plus âgés, les problèmes liés à leur trouble entraînent d’autres types de conséquences. Parmi les manifestations observées chez les adultes :

  • Des difficultés à gérer leurs émotions, leur temps ;
  • Des difficultés à planifier leur quotidien ;
  • Un manque d’équilibre et de coordination lors des mouvements ;
  • Des difficultés à apprendre de nouvelles compétences, notamment dans le domaine professionnel ou lors de l’apprentissage de la conduite, par exemple.
  • Des difficultés à écrire, dessiner, taper

Bon à savoir : chez certains adultes, la dyspraxie peut cohabiter avec d’autres troubles psychologiques, comme le trouble du déficit d’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), la dyslexie, un trouble dépressif, l’anxiété ou des troubles du spectre autistique.

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Quelles sont les causes de la dyspraxie ?

À ce jour, les causes de la dyspraxie ne sont pas intégralement connues. Il est avéré qu’il s’agit d’un dysfonctionnement de la zone cérébrale en charge de la motricité, mais son origine est encore pavée de zones d’ombre. Plusieurs facteurs semblent néanmoins impliqués, comme :

  • La prématurité ;
  • Des lésions cérébrales.

Diagnostic et traitement de la dyspraxie

Avant toute chose, il est important de comprendre que la dyspraxie ne se soigne pas, mais se soulage. Même si le protocole multidisciplinaire mis en place permet de réduire les difficultés, celles-ci ne disparaîtront pas totalement.

Sachez que plus le diagnostic est posé tôt, plus l’enfant atteint pourra bénéficier de toute l’aide possible. De nombreux adultes sont malheureusement diagnostiqués sur le tard, et ont souffert toute leur vie de difficultés inexpliquées.

Comment déceler la dyspraxie ?

Dans la grande majorité des cas, la dyspraxie est détectée à l’école maternelle, par une maîtresse ou un médecin scolaire. Elle peut également être évoquée plus tôt, par le médecin traitant de l’enfant, son pédiatre ou dans un centre de Protection maternelle et infantile (PMI).

En cas de doute, la première intention sera de prescrire un bilan psychomoteur pour faire un état des lieux des difficultés de l’enfant. À l’issue des résultats et si les difficultés persistent, un bilan médical complet est préconisé, avec une équipe pluridisciplinaire.

Parmi cette équipe, peuvent notamment être présents :

  • Un neurologue ;
  • Un pédiatre ;
  • Un psychologue ;
  • Un psychomotricien ;
  • Un ophtalmologiste ;
  • Un pédopsychiatre ;
  • Un oto-rhino-laryngologiste (ORL) ;
  • Un ergothérapeute ;
  • Un orthophoniste.

Ce bilan doit, de préférence, être réalisé dans un centre référent. Ces lieux d’informations sont composés d’équipes compétentes à diagnostiquer des troubles spécifiques des apprentissages et du langage, tel que la dyspraxie.

Pour trouver un centre référent proche de chez vous, consultez la page dédiée de la Fédération Française des Dys.

Quel traitement pour la dyspraxie ?

Il importe d’affiner le diagnostic de dyspraxie de l’enfant, afin d’élaborer un traitement individualisé et multidisciplinaire. Ce trouble ne se soigne pas, le traitement passe donc par une rééducation et un suivi psychologique, dans certains cas.

Plus les soins sont entamés de manière précoce, plus les résultats observés sont efficaces.

Au niveau de la rééducation, les objectifs principaux seront de mettre en place des stratégies pour compenser, corriger et contourner les difficultés rencontrées.

Au niveau psychologique, un suivi est parfois nécessaire, en raison du développement chez certains enfants dyspraxiques d’un sentiment d’échec, d’une anxiété, voire même de troubles dépressifs.

Quoi qu’il en soit, pour que la prise en charge soit un succès, le soutien total de la famille et des encadrants scolaires est indispensable.

Foire aux questions

Quels sont les autres troubles « DYS » ?

Les troubles en « dys » font partie des « troubles spécifiques du langage et des apprentissages ». On compte parmi eux : la dyspraxie, la dyslexie, la dysphasie. Certaines manifestations sont induites par ces troubles, comme la dysgraphie, la dyscalculie et la dysorthographie.