Cancer du foie : symptômes, causes et traitements

Contenu validé par la Direction médicale de Qare.

Une question, inquiétude ou besoin d’informations sur le cancer ?

Nos médecins sont disponibles pour vous dès maintenant, rapidement, 7J/7 de 6h à 23h.

(Remboursable par l’Assurance Maladie)

Face à un cancer du foie, le silence de la maladie aux premiers stades retarde trop souvent la consultation médicale nécessaire. Nous passons ici en revue les facteurs de risque majeurs comme la cirrhose ainsi que les signes cliniques précis qui doivent vous alerter. Des options chirurgicales aux taux de survie, cet article vous donne les clés pour comprendre ce diagnostic avec précision et sérénité.

Comprendre le cancer du foie : définitions et formes principales
Quels sont les principaux facteurs de risque ?
Symptômes et diagnostic : comment détecter la maladie ?
Traitements et espoir de guérison

Comprendre le cancer du foie : définitions et formes principales

Après avoir survolé l’importance vitale de cet organe, voyons précisément ce qui se passe quand la machine s’enraye et que les cellules deviennent folles.

Distinction entre cancer primitif et métastases hépatiques

Il faut impérativement distinguer le cancer primitif, qui naît directement dans le foie, des métastases (ou cancer secondaire) provenant d’un autre organe comme le côlon ou le sein. Cette origine dicte tout le protocole de soins.

Le carcinome hépatocellulaire reste la forme la plus fréquente. Il se manifeste souvent par une destruction cellulaire, visible biologiquement via une cytolyse hépatique, signe que les hépatocytes souffrent.

Notez bien ceci : dans près de 90 % des cas, ce cancer survient sur un foie déjà fragilisé par une pathologie chronique comme la cirrhose.

Le carcinome hépatocellulaire et les statistiques en France

L’impact est massif. On recense environ 905 700 diagnostics mondiaux en 2020, ce qui en fait un enjeu de santé publique majeur que nous ne pouvons plus ignorer.

Les hommes sont nettement plus touchés que les femmes en France. C’est une réalité statistique : le CHC représente 90% des cancers primitifs, souvent lié à des comportements à risque cumulés.

L’âge médian au diagnostic tourne autour de 70 ans. Malheureusement, les projections anticipent une hausse continue des cas d’ici 2050.

Quels sont les principaux facteurs de risque ?

Si la génétique joue parfois des tours, ce sont souvent nos habitudes de vie ou des infections silencieuses qui préparent le terrain.

La cirrhose et l’impact de l’alcool

Imaginez une cicatrice fibreuse remplaçant le tissu sain : c’est le mécanisme de la cirrhose du foie. Le foie durcit et perd ses fonctions vitales, créant le principal terrain favorable au cancer.

L’alcool accélère ce processus destructeur. Une consommation de plus de 4 verres par jour multiplie les risques de lésions graves. La modération reste la seule protection efficace.

La cirrhose est l’évolution de la fibrose chez 10 à 20% des patients après 10 à 20 ans, constituant un terreau fertile pour la tumeur.

Hépatites virales, obésité et diabète

Les virus des hépatites B et C attaquent le foie silencieusement. Une infection chronique, parfois signalée par un taux de Gamma GT élevé, nécessite un dépistage précoce.

La maladie du « foie gras » (NASH), liée au syndrome métabolique, inquiète de plus en plus. Voici le cocktail explosif pour les cellules hépatiques :

  • Surpoids et obésité abdominale
  • Diabète de type 2 mal contrôlé
  • Sédentarité prolongée

La surveillance est impérative pour ces profils. N’oublions pas le tabagisme, facteur aggravant nécessitant un suivi régulier par échographie.

Symptômes et diagnostic : comment détecter la maladie ?

Le problème avec le foie, c’est qu’il est du genre stoïque ; il souffre souvent en silence avant d’envoyer de vrais signaux d’alerte.

Les signes d’alerte qui doivent pousser à consulter

Souvent, tout commence par une fatigue écrasante qui ne passe pas, accompagnée d’une perte de poids sans régime. Si une douleur au foie persistante (sous les côtes à droite) ou irradiant vers l’épaule s’installe, il faut réagir vite.

D’autres signaux plus visibles peuvent apparaître quand le foie peine à filtrer les toxines. On observe souvent :

  • Une coloration jaune de la peau et des yeux (ictère)
  • Des urines foncées
  • augmentation du volume de l’abdomen (ascite)

Parfois, un gonflement des ganglions ou une masse palpable sous la cage thoracique viennent compléter ce tableau clinique inquiétant.

Le piège ? Ces symptômes sont tardifs. C’est pourquoi le suivi régulier des maladies hépatiques chroniques est absolument non négociable.

Les examens requis pour confirmer le diagnostic

L’imagerie médicale est la première étape logique. L’échographie, le scanner ou l’IRM permettent de repérer et localiser précisément les lésions suspectes ou une tumeur sur le tissu hépatique.

Ensuite, la biologie sanguine évalue le fonctionnement de l’organe. On surveille des transaminases élevées et le taux de phosphatases alcalines, ainsi que l’alpha-foetoprotéine, un marqueur tumoral spécifique.

La biopsie reste l’examen de référence pour analyser la nature du cancer. Toutefois, si l’imagerie est formelle sur un foie cirrhotique, ce prélèvement invasif n’est pas toujours systématique.

Le diagnostic précoce est la clé pour espérer une guérison complète.

Traitements et espoir de guérison

Chirurgie, transplantation et techniques locales

La résection chirurgicale est l’option privilégiée lorsque la tumeur est petite et le foie fonctionnel. En retirant la partie malade, on vise une guérison complète.

La transplantation hépatique représente le traitement le plus radical. En remplaçant l’organe, elle soigne simultanément le cancer du foie et la cirrhose sous-jacente, offrant d’excellentes chances de survie.

Pour les patients inopérables, les traitements ablatifs (radiofréquence, micro-ondes) détruisent la tumeur par la chaleur. C’est une alternative efficace qui préserve le tissu sain.

Technique Principe Indication principale
Chirurgie (Résection) Ablation de la tumeur avec marge saine Tumeur unique, foie fonctionnel
Transplantation Remplacement complet du foie malade Cancer + cirrhose, critères stricts
Radiofréquence Destruction thermique par aiguille Tumeur < 3-5 cm, patient inopérable
Chimioembolisation Blocage sanguin et chimiothérapie locale Tumeurs multiples ou volumineuses

Radiothérapie stéréotaxique et thérapies ciblées

La radiothérapie stéréotaxique permet de cibler la tumeur avec une précision millimétrique. Elle délivre de fortes doses de rayons sans abîmer le reste du foie.

Aux stades avancés, l’immunothérapie et les thérapies ciblées offrent une perspective thérapeutique. Ces médicaments bloquent la croissance des vaisseaux sanguins qui alimentent la tumeur.

Enfin, la prévention reste le meilleur levier. D’ailleurs, la vaccination contre l’hépatite B constitue une protection majeure recommandée pour réduire les risques futurs.

Face au cancer du foie, la vigilance reste la meilleure alliée. Si la prévention (limitation de l’alcool, vaccination, équilibre alimentaire) est essentielle, le dépistage précoce change la donne. Une surveillance médicale régulière permet d’agir vite, offrant de réels espoirs de guérison grâce aux progrès thérapeutiques actuels.

FAQ

Quels sont les chiffres clés du carcinome hépatocellulaire en France ?

Les données récentes montrent une augmentation significative de l’incidence du carcinome hépatocellulaire (CHC), avec environ 10 580 nouveaux cas estimés en 2018. C’est une pathologie qui affecte très majoritairement les hommes, qui représentent 80 % des diagnostics, avec un âge moyen de survenue autour de 69 ans. Cette hausse s’explique notamment par l’amélioration des méthodes de diagnostic et la persistance des facteurs de risque.

En effet, l’analyse des dossiers montre que la consommation excessive d’alcool reste le facteur de risque prédominant, souvent associé à d’autres causes comme les hépatites virales ou le diabète. Malheureusement, la maladie est souvent découverte tardivement, ce qui explique une survie nette à 5 ans qui restait aux alentours de 15 % sur la période 2005-2010, soulignant l’importance cruciale du dépistage précoce chez les personnes à risque.

Quelle est la différence de traitement entre un cancer primitif et une métastase ?

La distinction est fondamentale pour la stratégie thérapeutique : le cancer primitif naît directement dans les cellules du foie, alors que la métastase est une tumeur secondaire provenant d’un autre organe (comme le côlon ou le sein). Le traitement du cancer primitif peut inclure la transplantation hépatique (greffe de foie), qui est l’option curative par excellence pour les petites tumeurs, car elle traite à la fois le cancer et la cirrhose sous-jacente.

À l’inverse, la greffe n’est jamais une option pour les métastases hépatiques. Pour ces dernières, la prise en charge repose principalement sur la chimiothérapie systémique ou des thérapies ciblées pour contrôler la maladie globale. La chirurgie de résection (enlever un morceau de foie) n’est envisagée que si les métastases sont isolées, peu nombreuses et que l’état général du patient le permet.

Quel rôle jouent la biopsie et l’alpha-fœtoprotéine (AFP) dans le diagnostic ?

La biopsie hépatique (le prélèvement d’un petit morceau de tissu) est fortement recommandée pour confirmer le diagnostic, surtout si le patient ne présente pas de cirrhose évidente. Elle permet d’obtenir une preuve histologique indispensable pour caractériser précisément la tumeur et orienter les traitements personnalisés. C’est le seul moyen d’être certain de la nature de la lésion quand l’imagerie (scanner ou IRM) laisse un doute.

Concernant l’alpha-fœtoprotéine (un marqueur dosé par prise de sang), il est important de noter qu’elle ne permet pas, à elle seule, de poser un diagnostic de cancer. Son élévation n’est pas systématique ni spécifique. En revanche, ce dosage reste très utile pour le suivi des patients en attente de greffe, car il aide les médecins à évaluer l’agressivité de la maladie et à sélectionner les bons candidats pour la transplantation.

Références scientifiques et recommandations officielles