La face cachée de la baisse de la libido hivernale

Par Jeanne Soudey · · Mis à jour le 24 novembre 2022

Contenu validé par la Direction médicale de Qare.

“Libido” est un terme qui désigne le désir, et plus particulièrement le désir sexuel. Autrement dit, l’envie de faire l’amour. Contrairement à la plupart des animaux dont le comportement sexuel est régi par des périodes de chaleurs, le besoin de nous reproduire n’est pas systématiquement lié à la pratique sexuelle. Par ailleurs, de nombreux facteurs influencent notre désir : hormones, état de santé général, événements divers, vie sociale et amoureuse… pour ne citer que les plus évidents. Résultat : notre libido est loin d’être linéaire et varie sensiblement au cours de la vie. Mais elle peut aussi varier sur une échelle de temps beaucoup plus courte, par exemple à l’échelle des saisons.
A la baisse des températures et de la luminosité correspond souvent une baisse de moral et d’entrain pouvant produire des répercussions négatives sur le désir en général, dont le désir sexuel. La majeure partie du temps, le phénomène est de courte durée et ne se reproduit pas. Mais s’il perdure ou qu’il se reproduit chaque année, c’est peut-être le signe d’une dépression saisonnière.

Qu’est-ce qui provoque la dépression saisonnière ?

Parce que la luminosité diminue dès l’automne, notre temps d’exposition au soleil diminue lui aussi. Or ce manque de lumière perturbe le fonctionnement de nos rythmes circadiens, sorte d’horloge interne qui régule nos rythmes veille/sommeil, mais aussi notre humeur.
Chez certaines personnes, le phénomène provoque une dépression saisonnière. Selon plusieurs études menées dans les pays nordiques, plus de 5% des habitants de ces régions souffriraient de ce type de dépression.
Elle survient généralement à l’automne ou en hiver, pour disparaître au retour du printemps. La présence de symptômes pendant au moins deux années de suite permet au médecin d’établir un diagnostic.

Quels sont les symptômes de la dépression saisonnière ?

La dépression saisonnière présente les mêmes symptômes qu’une dépression caractérisée. Elle produit des modifications de l’humeur, des émotions et des comportements pendant plusieurs semaines consécutives, produisant un impact négatif sur la vie de la personne.
Parmi les symptômes les plus caractéristiques :
• une fatigue chronique
• un dérèglement du comportement alimentaire, conduisant la personne à manger plus et/ou à être plus attirée par les aliments sucrés
• des troubles du sommeil : hypersomnie, réveils difficiles
• une humeur dépressive
• une baisse de la libido.
La « diminution marquée d’intérêt ou de plaisir » est en effet l’un des symptômes caractéristiques de la dépression. De fait, une diminution significative voire une extinction du désir sexuel sont souvent rapportés par les patients. Ainsi, le niveau de libido serait inversement proportionnel à la gravité de la dépression.

Comment soigner une dépression saisonnière ?

Le fait de s’exposer à la lumière naturelle ou de pratiquer la luminothérapie est un bon moyen de prévenir ou traiter la dépression saisonnière (de même que les troubles de sommeil). Mais avant de commencer ce type « d’automédication », mieux vaut demander conseil à un médecin.
De même, il convient de rester vigilant et s’assurer que la baisse de libido en hiver n’est que passagère et qu’elle n’est pas la manifestation de troubles dépressifs, de difficultés psychologiques comme un manque d’estime de soi, ou encore d’un dérèglement hormonal. Dans le doute, il est recommandé de consulter ou téléconsulter un médecin qui, seul, pourra établir un diagnostic.

Pour finir, il convient de rappeler que l’expression du désir sexuel est propre à chaque individu. Suivons la sagesse du dicton populaire « comparaison n’est pas raison ». Les pratiques sexuelles ne sont régies par aucune « norme » : ni en termes d’envie, ni de fréquence, de qualité ou de modalités – pourvu que les personnes concernées s’entendent sur tous ces points. C’est ce que l’on appelle le contrat libidinal.

Source : https://www.cairn.info/depression-et-libido–2913062350-page-169.htm?contenu=resume#:~:text=La%20majorit%C3%A9%20des%20patients%20d%C3%A9pressifs,la%20gravit%C3%A9%20de%20la%20d%C3%A9pression