3 troubles digestifs méconnus et fréquents

Par Inès Montenon · Rédactrice seo - santé et psychologie · Mis à jour le 27 septembre 2022

Contenu validé par la Direction médicale de Qare.

Vous vous êtes déjà retrouvé bloqué par un problème de ventre ? Vous aviez tout prévu, votre discours était parfaitement ficelé, cette réunion signifiait votre moment de gloire, quand une douleur lancinante se propage en vous. Plié en deux, c’est tout votre programme qui finit avec vous aux toilettes. Survenant de façon inopinée, les troubles digestifs peuvent ébranler l’agenda de chacun d’entre nous. Parmi eux, certains sont peu ou mal connus et pourtant fréquents. Voici 3 troubles gastro-intestinaux à connaître pour mieux les appréhender.

D’un point de vue linguistique, il existe un florilège d’expressions pour définir le mal de ventre. « Avoir l’estomac retourné », « le ventre noué », « la boule au ventre »… Leur point commun ? Elles mettent en lumière le lien entre émotions et problèmes digestifs.

Ce lien s’explique d’un point de vue anatomique. Notre paroi intestinale possède tout un écosystème de bactéries appelé microbiote, mais aussi plusieurs millions de neurones qui constituent notre système nerveux entérique. Ce dernier communique avec le cerveau à travers le nerf vague en quelques secondes seulement.

Des chercheurs de l’université de Duke se sont intéressés à cette communication. Les résultats de leur étude soulignent un lien de réciprocité. Notre état émotionnel impacte notre système entérique et peut modifier son fonctionnement. A l’inverse, un déséquilibre de notre microbiote intestinal peut altérer notre humeur.

L’état de notre ventre est donc le reflet de nos émotions, et vice versa. Un élément à prendre en compte si vous souffrez de l’un de ces troubles digestifs.

Le syndrome du côlon irritable

Aussi appelé syndrome des intestins irritables ou colopathie fonctionnelle, ce trouble digestif touche 10% de la population dont deux tiers de femmes.

Ce trouble désigne un dysfonctionnement du gros intestin. Ce dernier subit des épisodes de sur-stimulation ou d’hyper-distension. Cela engendre des symptômes tels qu’une diarrhée, une constipation, des ballonnements, des flatulences et des pics de douleurs.

En être sujet peut rendre le quotidien difficile et à long terme affaiblir l’estime de soi.

Il est possible de se prémunir des crises en adoptant ces conseils :

  • Privilégiez une alimentation riche en fibres solubles, elles aident à réguler le transit
  • Évitez les crudités, difficiles à digérer, préférez consommer vos légumes cuits
  • Évitez les aliments fermentescibles, comme les légumineuses ou les crucifères
  • Évitez l’alimentation trop riche en sucre
  • Fractionnez vos repas
  • Supprimez les produits excitants comme l’alcool ou le café
  • Arrêtez de fumer
  • Pratiquez une activité comme le yoga ou la méditation pour réguler vos émotions

Le SIBO ou Small Intestinal Bacterial Overgrowth

Le SIBO désigne une prolifération de bactéries intestinales provoquant un déséquilibre du microbiote. Cette invasion prend racine dans un ralentissement du mouvement du contenu intestinal.

Les recherches médicales liées à ce trouble en sont encore à leurs balbutiements. Le SIBO a néanmoins été médiatisé, notamment à travers l’un de ces symptômes : les flatulences excessives.

Lorsqu’elles se nourrissent, les bactéries invasives produisent certains gaz, comme l’hydrogène et le méthane. Une partie de ces gaz provoquent ces flatulences, une autre partie se retrouve dans notre respiration. Pour diagnostiquer un SIBO, la méthode la plus fiable est donc le test respiratoire.

Au-delà des ballonnements, le SIBO engendre aussi diarrhées, carences nutritionnelles et perte de poids.

Les normes sociales n’étant pas adaptées à ce type de troubles, le SIBO est particulièrement handicapant dans sa vie sociale et professionnelle.

Si vous en souffrez, il est essentiel d’adopter une bonne hygiène de vie. Évitez de vous exposer à des situations stressantes, le stress chronique contribue à la pullulation des bactéries invasives. Veillez à garder une bonne qualité de sommeil ainsi qu’une alimentation équilibrée.

Le reflux gastro-œsophagien ou RGO

Près de 5% de la population souffre d’aigreurs d’estomac quotidiennement. Cette fréquence traduit la présence d’un RGO. Le reflux gastro-œsophagien désigne un relâchement du sphincter inférieur. Il s’agit d’un muscle délimitant la frontière entre l’estomac et l’œsophage.

L’estomac libère des sucs gastriques afin de diviser les aliments en cellules pour mieux les assimiler par la suite. Pendant ce travail, le sphincter est contracté.

En cas de RGO, le sphincter se détend. Cela provoque une remontée du contenu de l’estomac dans l’œsophage. Ce dernier ne possédant pas de muqueuse protectrice, sa paroi est touchée par les sucs gastriques. On ressent alors des aigreurs d’estomac.

Au-delà des brûlures d’estomac et de l’inflammation, le RGO peut créer une érosion de la paroi de l’œsophage, détériorer le tissu osseux dentaire et provoquer un déchaussement des dents.

Pour calmer vos remontées acides, voici nos conseils :

  • Arrêtez de fumer, la nicotine participe au relâchement du sphincter œsophagien
  • Prenez le temps de bien mastiquer vos aliments, la salive contient de l’amylase salivaire, une enzyme qui facilite le travail de digestion
  • Évitez les aliments riches en graisse ou les plats en sauce
  • Évitez la position allongée après avoir mangé
  • Supprimez les épices, les aliments acides, l’alcool et le café