IST : dépistage, prévention, risques, tout ce qu’il faut savoir

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Ignorer la présence d’une IST (infection sexuellement transmissible) est fréquent car ces pathologies agissent souvent comme des passagers clandestins, sans signe visible comme de la fièvre ou des douleurs. Ce guide clarifie la distinction entre infection et maladie en détaillant les quatre pathologies majeures, telles que la chlamydia ou la syphilis, selon les recommandations 2024 de la HAS. Chacun découvrira comment le dépistage régulier et des stratégies comme la PrEP (prophylaxie pré-exposition) et le TasP (traitement comme prévention) permettent de protéger durablement la santé globale et de rompre la chaîne de transmission en toute confidentialité et sans aucun jugement.

  1. IST ou MST : comprendre la nature des infections
  2. Pourquoi de nombreuses infections restent-elles invisibles ?
  3. 3 stratégies pour se protéger et se faire dépister

IST ou MST : comprendre la nature des infections

Derrière ces trois lettres se cache une réalité de santé publique bien plus nuancée qu’on ne le pense, loin des tabous habituels.

Différencier les termes pour mieux agir

Le passage de MST (Maladies Sexuellement Transmissibles) à IST (Infections Sexuellement Transmissibles) marque un tournant. Le terme infection est plus juste. On peut être porteur sans être malade.

Les recommandations 2024-2025 de la HAS (Haute Autorité de Santé) insistent sur ce point. L’absence de symptômes ne signifie pas l’absence de danger. La vigilance reste donc de mise.

L’infection peut rester silencieuse pendant des années, mais elle n’en demeure pas moins transmissible à vos partenaires sexuels.

Utiliser le bon vocabulaire aide à déstigmatiser le dépistage (test de détection). C’est un acte de soin courant chez les adultes.

Bactéries, virus et parasites : les 4 pathologies majeures

Le type  d’agents infectieux dicte la prise en charge. Leur nature est déterminante. Elle indique si l’usage d’antibiotiques (médicaments contre les bactéries) est possible pour traiter l’infection, ou si un traitement antiviral ou antiparasitaire est à débuter.

En France, quatre infections sont très fréquentes. Il s’agit de la Chlamydia, la Gonorrhée, la Syphilis et le VIH. Elles circulent activement dans toutes les tranches d’âge.

  • Chlamydia (bactérie)
  • Syphilis (bactérie)
  • VIH (virus)
  • Trichomonase (parasite)

Les infections bactériennes sont le plus souvent curables rapidement. Mais certaines infections virales, comme le VIH,  deviennent quant à elles chroniques. Elles demandent alors un suivi médical prolongé pour protéger la santé.

Pourquoi de nombreuses infections restent-elles invisibles ?

Si ces pathologies sont si répandues, c’est précisément parce qu’elles savent se faire oublier, rendant le diagnostic visuel totalement impossible.

L’absence de signes et les risques de complications

De nombreuses infections sexuellement transmissibles (IST) ne provoquent aucune douleur. La majorité des personnes ignorent leur statut car elles ne ressentent aucune gêne physique, ou aucun symptôme. Le corps semble fonctionner normalement.

Pourtant, certains signes doivent alerter comme des brûlures ou des écoulements inhabituels. L’apparition de petites plaies, appelées chancres (lésions indolores), est aussi caractéristique d’une infection spécifique. Ces symptômes disparaissent parfois seuls. Cela ne signifie pas la guérison.

Une infection non traitée peut entraîner des séquelles lourdes. Elle peut causer une stérilité (impossibilité d’avoir des enfants) définitive. Certains virus favorisent aussi les cancers. L’étymologie du suffixe « -ist » illustre cette condition subie.

Sexe oral et transmission materno-foetale

La pénétration n’est jamais une condition obligatoire. Le sexe oral suffit à transmettre des bactéries et virus. La fellation et le cunnilingus présentent des risques réels pour les muqueuses.

La transmission peut survenir de la mère à l’enfant. Cela arrive durant la grossesse ou l’accouchement. C’est le cas pour la syphilis congénitale ou l’hépatite. Un suivi médical strict protège alors le nouveau-né.

Oubliez le cliché du malade sexuel. L’apparence physique ne révèle jamais la présence d’un virus. N’importe qui peut être porteur sans que cela ne se voie sur son visage.

Type de rapport Niveau de risque
Sexe oral Risque élevé
Pénétration sans préservatif Risque très élevé
Contact muqueux simple Risque modéré

3 stratégies pour se protéger et se faire dépister

Heureusement, nous disposons aujourd’hui d’un arsenal complet pour bloquer la route à ces infections et reprendre le contrôle sur notre santé.

Le rôle des CeGIDD et la notification aux partenaires

Les CeGIDD (Centres Gratuits d’Information, de Dépistage et de Diagnostic)sont des centres où le dépistage est gratuit, anonyme et accessible sans rendez-vous. Ces structures garantissent une prise en charge complète . On les trouve partout en France.

Informer ses partenaires reste une étape fondamentale du soin. Des outils numériques permettent d’envoyer une notification anonyme par SMS. On alerte ainsi les proches sans dévoiler une identité. C’est une méthode efficace pour stopper la transmission.

Le secret médical protège rigoureusement les données de santé. Aucun résultat n’est communiqué à un tiers  . Cette confidentialité est validée par des recherches scientifiques sur la santé.

Traitements curatifs et nouvelles protections contre le VIH

Le préservatif demeure la barrière la plus fiable. Il bloque mécaniquement la majorité des microbes (bactéries, virus ou parasites lors des rapports. C’est un outil simple protégeant les muqueuses fragiles.

Les stratégies comme la PrEP (prophylaxie pré-exposition) transforment la prévention du VIH. Le TasP (traitement comme prévention) complète ce dispositif. Une charge virale indétectable empêche la contamination. C’est un progrès médical majeur pour la vie sexuelle.

Grâce aux traitements actuels comme le TasP, une personne vivant avec le VIH et qui est sous traitement efficace ne transmet plus le virus.

La guérison est possible pour la plupart des IST (Infections Sexuellement Transmissibles). Un traitement antibiotique court suffit à éliminer la bactérie. Agir tôt évite des complications comme l’infertilité.

Face aux infections sexuellement transmissibles (IST), la vigilance reste la meilleure alliée. Comme les symptômes sont souvent absents, le dépistage régulier est essentiel pour protéger la santé. Selon les recommandations 2024 de la HAS, un diagnostic précoce permet une prise en charge efficace, évitant ainsi des complications graves comme l’infertilité.

FAQ

Pourquoi parle-t-on aujourd’hui d’IST plutôt que de MST ?

Le terme IST (Infections Sexuellement Transmissibles) a remplacé celui de MST (Maladies Sexuellement Transmissibles) pour une raison de précision médicale : on peut être porteur d’une infection sans pour autant présenter de symptômes visibles de « maladie ». L’infection est comme un passager clandestin : elle est là, mais elle ne se manifeste pas forcément tout de suite.

Selon les recommandations 2024-2025 de la HAS (Haute Autorité de Santé), ce changement sémantique est essentiel pour déstigmatiser le dépistage. Il rappelle qu’une infection, même « silencieuse », reste transmissible à vos partenaires. Utiliser le bon vocabulaire permet de mieux comprendre que l’absence de douleur ne signifie pas l’absence de risque.

Quelles sont les infections les plus fréquentes actuellement en France ?

En France, nous surveillons de près quatre pathologies majeures. On distingue d’abord les infections d’origine bactérienne comme la Chlamydia (particulièrement fréquente chez les jeunes adultes), la Gonorrhée (souvent appelée « chaude-pisse ») et la Syphilis. Ces infections sont curables grâce à un traitement antibiotique adapté s’il est pris précocement.

On rencontre également des infections virales comme le VIH (Virus de l’Immunodéficience Humaine), les Hépatites B et D, ou encore les HPV (Papillomavirus humains). Contrairement aux bactéries, certains virus entraînent des infections chroniques qui nécessitent un suivi médical sur le long terme, même si les traitements actuels sont extrêmement performants.

Est-il possible d’être infecté sans ressentir de symptômes ?

C’est tout à fait possible, et c’est même le cas le plus fréquent. De nombreuses infections sont asymptomatiques (elles ne provoquent aucune douleur, ni démangeaison, ni signe extérieur). C’est ce que nous appelons le caractère « invisible » des IST. On peut ainsi être porteur du virus ou de la bactérie pendant des années sans le savoir.

Certains signes doivent tout de même vous alerter : des brûlures lors de la miction (le fait d’uriner), des écoulements inhabituels ou l’apparition d’un chancre (un petit bouton avec un creux, souvent indolore). Attention, ces signes peuvent disparaître seuls sans que l’infection ne soit guérie, augmentant le risque de complications futures comme l’infertilité.

Le sexe oral présente-t-il un risque de transmission ?

Oui, c’est une idée reçue tenace : la pénétration n’est pas la seule voie de transmission. Le sexe oral […] permet le passage de nombreuses bactéries et virus par simple contact entre les muqueuses (les tissus fragiles de la bouche et des organes génitaux). Des infections comme la syphilis ou la chlamydia peuvent ainsi se loger directement dans la gorge.

Pour réduire les risques lors de ces pratiques, l’utilisation d’un préservatif (pour la fellation) ou d’une digue dentaire (un carré de latex protecteur pour le cunnilingus ou l’anulingus) est vivement recommandée. Il est impossible de savoir si un partenaire est infecté simplement en observant son apparence physique ou sa bouche.

Comment se faire dépister sans ordonnance en 2024 ?

Depuis le 1er septembre 2024, l’accès au dépistage a été considérablement simplifié en France. Vous pouvez désormais vous rendre dans n’importe quel laboratoire de biologie médicale pour demander un test pour quatre IST : la Chlamydia, la Gonorrhée, la Syphilis et l’Hépatite B. Ce dépistage est possible sans ordonnance et est intégralement pris en charge pour les moins de 26 ans.

Cette mesure s’ajoute au dispositif « VIH Test » qui permet déjà, depuis 2022, de dépister le virus du sida sans prescription médicale. L’objectif est de lever tous les freins, qu’ils soient financiers ou liés à la gêne de demander une ordonnance à son médecin traitant.

C’est quoi un CeGIDD et quels services y trouve-t-on ?

Les CeGIDD (Centres Gratuits d’Information, de Dépistage et de Diagnostic) sont des structures spécialisées dans la santé sexuelle. Ils remplacent les anciens CDAG. Leur mission est d’offrir un accueil anonyme et gratuit pour le dépistage du VIH, des hépatites et de l’ensemble des IST. On en trouve au moins un par département, souvent avec des plages horaires sans rendez-vous.

Au-delà des tests, vous pouvez y recevoir des traitements gratuits pour les infections bactériennes, des vaccinations (Hépatite B, HPV) et des conseils sur la contraception. Les professionnels sur place peuvent également vous accompagner pour prévenir vos partenaires de manière anonyme si un résultat s’avère positif, garantissant ainsi le secret médical.

Quelles sont les nouvelles stratégies de prévention contre le VIH ?

Aujourd’hui, nous disposons d’un arsenal préventif très complet. La PrEP (Prophylaxie Pré-Exposition) est un médicament à prendre avant un rapport pour les personnes séronégatives très exposées. En cas de risque accidentel (rupture de préservatif), il existe le TPE (Traitement Post-Exposition), à débuter impérativement dans les 48 heures aux urgences ou en CeGIDD.

Une autre avancée majeure est le TasP (Treatment as Prevention). Grâce aux traitements actuels, une personne vivant avec le VIH qui a une charge virale indétectable ne transmet plus le virus à ses partenaires. C’est le principe « Indétectable = Intransmissible« , qui permet aujourd’hui à de nombreux couples de vivre une sexualité sereine.

Références scientifiques et recommandations officielles

  • Haute Autorité de Santé – Doxycycline en prévention des infections sexuellement transmissibles bactériennes – Consulter la recommandation (janvier 2025)
  • Santé Publique France – VIH et IST bactériennes en France, bilan 2024 – Voir le bulletin national (octobre 2025)
  • Ameli – Maladies et infections sexuellement transmissibles – Consulter le dossier (janvier 2026)
  • Ministère de la Santé – Prévention des IST : quatre nouvelles infections dépistées sans ordonnance – Voir le dispositif (septembre 2024)