Beyfortus (nirsévimab) : protéger votre bébé de la bronchiolite

Contenu validé par la Direction médicale de Qare.

Des questions sur la protection de votre bébé contre la bronchiolite ?

Un médecin ou un pédiatre peut répondre à vos questions et réaliser une première évaluation des symptômes de votre enfant sans vous déplacer en téléconsultation, 7J/7 de 6h à minuit, et vous orienter si un examen en présentiel est nécessaire. Prise en charge par l’Assurance Maladie selon les conditions en vigueur.

L’essentiel en 30 secondes

Le Beyfortus® (nirsévimab) est un anticorps monoclonal, et non un vaccin. Il est utilisé pour protéger les nouveau-nés et les nourrissons contre les infections des voies respiratoires inférieures dues au virus respiratoire syncytial (VRS), principal virus responsable de la bronchiolite.

  • Une seule injection apporte une protection qui se met en place en quelques jours et dure au moins 5 mois, ce qui permet généralement de couvrir une saison de circulation du VRS.
  • Lors de la campagne 2025-2026 en métropole, l’immunisation a débuté le 1er septembre 2025. Les modalités sont définies pour chaque nouvelle saison par les autorités sanitaires.
  • Pour la saison 2025-2026, les enfants nés entre février et août 2025 pouvaient bénéficier d’un rattrapage, tandis que les nouveau-nés nés pendant la campagne pouvaient recevoir le traitement notamment à la maternité.
  • L’efficacité du nirsévimab pour prévenir les hospitalisations pour bronchiolite à VRS a été estimée à environ 85 % en France lors de la saison 2024-2025.
  • Une autre stratégie existe : la vaccination de la femme enceinte par Abrysvo®, recommandée entre la 32e et la 36e semaine d’aménorrhée, afin de protéger le nourrisson au cours de ses premiers mois de vie.

Le conseil clé : la vaccination pendant la grossesse et l’immunisation du nourrisson par Beyfortus sont deux stratégies différentes de prévention du VRS. Le choix dépend notamment du moment de la grossesse, de la date de naissance et de la situation de l’enfant.

Informations vérifiées en 2026.

Depuis 2023, une nouvelle possibilité de prévention des infections à VRS est proposée aux nourrissons en France : le nirsévimab, commercialisé sous le nom Beyfortus®. Comment fonctionne-t-il ? Quels bébés peuvent le recevoir et quelle est la différence avec la vaccination pendant la grossesse ? L’équipe médicale de Qare fait le point.

Le Beyfortus, qu’est-ce que c’est ?

Le Beyfortus® est le nom commercial du nirsévimab, un anticorps monoclonal dirigé contre le virus respiratoire syncytial (VRS). Ce virus est responsable de la majorité des bronchiolites chez le nourrisson.

Le nirsévimab est utilisé pour prévenir les infections des voies respiratoires inférieures dues au VRS, notamment les formes pouvant nécessiter une hospitalisation.

Il est administré sous la forme d’une injection unique. Le bébé reçoit directement des anticorps capables de neutraliser le VRS.

Le Beyfortus est-il un vaccin ?

Non. Un vaccin stimule le système immunitaire afin qu’il fabrique lui-même une réponse immunitaire contre un micro-organisme. Le nirsévimab apporte directement au nourrisson des anticorps déjà formés. On parle d’immunisation passive.

La protection se met en place rapidement après l’injection, en quelques jours, et dure au moins 5 mois. Elle diminue ensuite progressivement à mesure que les anticorps sont éliminés de l’organisme.

Contre quoi le Beyfortus protège-t-il ?

Le nirsévimab vise spécifiquement le VRS, principal virus responsable de la bronchiolite du nourrisson.

La bronchiolite est une infection respiratoire virale qui touche principalement les enfants de moins de 2 ans. Dans la majorité des cas, elle évolue favorablement en quelques jours. Les nourrissons les plus jeunes, notamment ceux de moins de 2 mois, et certains enfants fragiles présentent cependant davantage de risque de forme nécessitant une surveillance hospitalière.

La maladie dure généralement autour d’une dizaine de jours. Une toux peut persister plus longtemps après l’amélioration des autres symptômes.

Beyfortus ne protège que contre le VRS. Il ne protège pas contre les autres virus respiratoires comme ceux de la grippe, du Covid-19 ou les rhinovirus. Un enfant immunisé contre le VRS peut donc toujours présenter un rhume, une toux ou une autre infection respiratoire.

Quels bébés peuvent recevoir le Beyfortus ?

Les modalités pratiques sont définies pour chaque saison de circulation du VRS.

Pour la campagne 2025-2026 en France métropolitaine :

  • les enfants nés entre février et août 2025 pouvaient bénéficier d’une immunisation avant leur première saison de circulation du VRS ;
  • les enfants nés à partir du 1er septembre 2025 et jusqu’à la fin de la campagne pouvaient notamment recevoir le nirsévimab à la maternité.

Le nirsévimab peut également être utilisé chez certains enfants âgés de moins de 24 mois qui restent particulièrement vulnérables à une infection sévère à VRS au cours de leur deuxième saison d’exposition.

Les critères et les dates étant susceptibles d’évoluer d’une saison à l’autre, les modalités de la campagne 2026-2027 doivent être vérifiées à partir des recommandations publiées pour cette nouvelle saison.

Quand et où faire l’injection ?

L’objectif est d’assurer une protection pendant la période où le VRS circule le plus.

Lors de la campagne 2025-2026 en métropole :

  • pour les nouveau-nés nés pendant la campagne, l’injection pouvait être proposée à la maternité avant la sortie ;
  • pour les nourrissons nés avant le début de la campagne et éligibles, le produit pouvait être obtenu en pharmacie sur prescription puis administré en ville.

Beyfortus peut être prescrit par un médecin ou une sage-femme. Son administration peut notamment être réalisée par un médecin, une sage-femme ou un infirmier, ainsi qu’en PMI.

Une téléconsultation peut permettre de discuter de la situation de l’enfant et de son éligibilité. L’injection elle-même est réalisée en présentiel.

Le Beyfortus est-il efficace ?

Oui. Les études réalisées en France et à l’étranger montrent que le nirsévimab réduit nettement le risque de formes de bronchiolite à VRS nécessitant une hospitalisation.

En France, une étude menée lors de la saison 2024-2025 a estimé son efficacité à environ 85 % contre les hospitalisations pour bronchiolite à VRS.

La saison 2025-2026 a par ailleurs été marquée en France métropolitaine par une épidémie de bronchiolite de faible intensité et relativement courte, d’environ 8 semaines. Les campagnes de prévention par vaccination maternelle et anticorps monoclonaux pourraient avoir contribué à cette moindre intensité, sans être le seul facteur pouvant l’expliquer.

Aucune méthode préventive ne protège cependant à 100 %. Une bronchiolite à VRS reste donc possible après l’injection, même si le risque de forme nécessitant une hospitalisation est réduit.

Le Beyfortus est-il remboursé ?

Lors de la campagne 2025-2026, lorsqu’il était administré dans le cadre du séjour à la maternité, Beyfortus était pris en charge intégralement et sans avance de frais.

En ville, le médicament était remboursé à 30 % par l’Assurance Maladie. Le reste pouvait être pris en charge par la complémentaire santé selon le contrat. La prise en charge était intégrale pour les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire ou de l’aide médicale de l’État.

Les modalités de remboursement pouvant évoluer, elles doivent être vérifiées pour la saison concernée.

Beyfortus ou vaccin pendant la grossesse ?

Il existe une autre stratégie destinée à protéger le nourrisson contre le VRS : la vaccination de la femme enceinte avec Abrysvo®.

En France, cette vaccination est recommandée entre la 32e et la 36e semaine d’aménorrhée. La mère produit des anticorps qui traversent le placenta et sont transmis au bébé. Cette protection concerne les premiers mois de vie du nourrisson, jusqu’à environ 6 mois.

Pour que le transfert d’anticorps soit suffisant, un délai est nécessaire entre la vaccination et la naissance. Lorsque l’enfant naît moins de 14 jours après la vaccination maternelle, une immunisation par anticorps monoclonal peut être envisagée.

Dans la plupart des situations, la vaccination maternelle par Abrysvo et l’administration de Beyfortus au nouveau-né sont considérées comme deux stratégies alternatives : il n’est généralement pas nécessaire de les associer.

Certaines situations particulières peuvent toutefois conduire le professionnel de santé à privilégier Beyfortus malgré une vaccination pendant la grossesse, notamment selon le terme de naissance et la situation médicale de la mère ou du nourrisson.

Les gestes qui protègent aussi contre la bronchiolite

Beyfortus ou la vaccination pendant la grossesse ne remplacent pas les gestes permettant de limiter la transmission des virus respiratoires.

  • se laver les mains avant et après s’être occupé du bébé ;
  • aérer régulièrement le logement ;
  • éviter autant que possible les lieux publics clos très fréquentés avec un très jeune nourrisson pendant les périodes de forte circulation des virus ;
  • éviter les contacts rapprochés avec le bébé lorsqu’une personne présente un rhume, une toux ou de la fièvre et porter un masque lorsque le contact ne peut être évité ;
  • ne pas partager des biberons, tétines ou couverts non lavés ;
  • ne pas exposer l’enfant à la fumée de tabac.

Questions fréquentes sur le Beyfortus

Le Beyfortus est-il obligatoire ?

Non. Il s’agit d’une mesure de prévention proposée aux familles afin de réduire le risque d’infection à VRS et notamment de formes nécessitant une hospitalisation. Les parents peuvent en discuter avec le professionnel de santé qui suit leur enfant.

Mon bébé est né avant le mois de février : peut-il recevoir le Beyfortus ?

L’éligibilité dépend de la saison concernée, de l’âge de l’enfant et de sa situation médicale. Certains enfants particulièrement vulnérables peuvent également recevoir une protection pendant leur deuxième saison de circulation du VRS, jusqu’à l’âge de 24 mois.

Mon bébé a déjà eu une bronchiolite : le Beyfortus peut-il encore être utile ?

Une infection par le VRS ne procure pas une protection durable et il est possible d’être infecté plusieurs fois. Un épisode antérieur de bronchiolite ne permet donc pas, à lui seul, de conclure que l’immunisation n’a plus d’intérêt.

L’intérêt du Beyfortus dépend toutefois de l’âge de l’enfant, de la saison en cours et de ses éventuels facteurs de risque.

Quels sont les effets indésirables du Beyfortus ?

Comme tout médicament, le nirsévimab peut provoquer des effets indésirables. Des réactions au niveau du point d’injection ou d’autres réactions telles qu’une éruption cutanée ou de la fièvre peuvent notamment survenir. Elles restent globalement peu fréquentes.

Le professionnel de santé peut préciser les effets connus et la conduite à tenir si une réaction survient après l’injection.

Combien de temps dure la protection ?

La protection apportée par une injection de nirsévimab dure au moins 5 mois. Elle est conçue pour couvrir la période principale de circulation du VRS au cours d’une saison.

Cette protection n’est pas définitive et diminue progressivement au fil du temps.

Peut-on associer vaccination de la mère et Beyfortus ?

En règle générale, l’une des deux stratégies suffit. Lorsque la mère a été vaccinée contre le VRS pendant la grossesse suffisamment longtemps avant l’accouchement, l’administration systématique de Beyfortus au nouveau-né n’est généralement pas nécessaire.

Une immunisation du nourrisson peut néanmoins être proposée dans certaines situations particulières, notamment lorsque la naissance survient moins de 14 jours après la vaccination maternelle ou lorsque la protection apportée par la vaccination maternelle risque d’être insuffisante.

Sources