Les substituts nicotiniques

Par Dr Julien Wain-Hobson · Médecin Cardiologue · Mis à jour le 4 mars 2020, publié le 23 novembre 2017

Contenu validé par la Direction médicale de Qare.

Vous pensez à arrêter de fumer ou venez tout juste d’arrêter… il s’agit certainement de la décision la plus importante que vous ayez prise pour protéger votre santé !

Encadrement du sevrage

Voici le « plan d’attaque » recommandé par les experts français (HAS 2014)*

  • Lors du sevrage tabagique, il est recommandé d’être pris(e) en charge par un professionnel de santé (tabacologue, médecin traitant, psychothérapeute,infirmier spécialisé, autre…)
  • Une consultation de suivi est recommandée toutes les semaines initialement puis tous les mois pendant les 3 à 6 mois suivants.
  • Les traitements nicotiniques de substitution peuvent être prescrits dans une stratégie d’arrêt d’emblée ou de réduction de la consommation visant un arrêt ultérieur.

Les traitements substitutifs nicotiniques

Les traitements substitutifs nicotiniques (TNS) augmentent les chances d’arrêt définitif. Mais le choix du type de TNS par voie orale (inhalateur, spray, gomme, etc…) n’a pas d’impact sur la réussite du sevrage. C’est selon votre préférence. La prise a lieu chaque fois que l’envie de fumer apparaît, mais ne doit pas dépasser un certain nombre/24h selon la notice.

  • La combinaison d’un patch transdermique avec une forme orale rapide est plus efficace. Le patch est placé sur une peau sèche, sans lésion cutanée (omoplate, hanche,face externe du bras…). Il est laissé en place 24h puis remplacé. Le dosage initial est choisi par le professionnel de santé.
  • Ces traitements ne présentent pas d’effet indésirable grave identifié.
  • Une adaptation des doses peut être nécessaire au cours du suivi.

Certains signes feront plutôt évoquer un surdosage :

  • palpitations
  • maux de tête
  • bouche « pâteuse »
  • diarrhée
  • nausées
  • insomnie

Ou bien un sous-dosage :

  • troubles de l’humeur
  • insomnie
  • irritabilité
  • frustration
  • colère
  • anxiété
  • difficultés de concentration
  • augmentation de l’appétit
  • fébrilité et/ou persistance des pulsions à fumer
  • prise persistante de cigarettes.

Pour évaluer pleinement l’efficacité de ces traitements, ils doivent être utilisés au minimum sur une durée de 3 mois.

Remarques

  • En l’état actuel des connaissances, la cigarette électronique semble moins dangereuse que la fumée du tabac. Si le sevrage complet est obtenu grâce à l’utilisation transitoire de cet outil, le bénéfice/risque de son utilisation paraît être favorable.
  • Coût/remboursement : pour avoir un ordre d’idée, un sevrage complet patch + TNS par voie orale vous reviendra à environ 75 à 100 euros/mois. La Caisse Primaire d’Assurance Maladie prend en charge, sur prescription, les TNS (patch, gomme, pastille, etc…) à hauteur de 150 euros/année et par bénéficiaire. Si vous fumiez un paquet de cigarette par jour, vous économisez déjà plus de 200 euros/mois…
  • Sachez que les chirurgiens-dentistes, les infirmiers, les sages-femmes et les kinésithérapeutes peuvent aussi prescrire les TNS.

Vous y êtes presque, tenez bon !

Référence :

Arrêt de la consommation de tabac : du dépistage individuel au maintien de l’abstinence en premier recours Haute Autorité de Santé 2014

https://www.has-sante.fr/jcms/c_1718021/fr/arret-de-la-consommation-de-tabac-du-depistage-individuel-au-maintien-de-l-abstinence-en-premier-recours