Santé orale, santé globale : les 10 bonnes résolutions

Par Dr Sabine Barlette · Chirurgien-Dentiste · Publié le 28 décembre 2017, mis à jour le 23 mars 2020

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santé buccale résolutions

1. Mon dentiste et moi, une histoire de régularité

On sait maintenant que l’on ne peut pas se déclarer en bonne santé, si l’on n’a pas une bonne santé bucco-dentaire. Et la santé bucco-dentaire est fragile. Elle demande de votre part régularité, vigilance et attention, et elle nécessite d’être contrôlée régulièrement par un professionnel.

En effet, tout changement dans votre vie (alimentation, sport, hygiène, déménagement, stress, accident, pathologie, traitement médicamenteux, sommeil…) peut induire un déséquilibre ou un traumatisme au niveau de votre cavité buccale. Cette dernière ne contient pas que des dents : c’est un écosystème éminemment complexe comprenant dents, muqueuses, ligaments, gencives, os, nerfs, vaisseaux, muscles, glandes salivaires, recepteurs tactiles et sensoriels, le tout au milieu d’un équilibre bactérien comprenant des souches protectrices et des souches agressives qui s’équilibrent en permanence.

Vous comprenez maintenant que la visite chez le dentiste n’est pas une option, qu’elle ne doit pas attendre qu’il y ait une douleur, car, généralement, lorsque la douleur se déclenche, c’est qu’il y a déjà des dégâts. La visite chez le dentiste doit faire partie de votre planning annuel. Une fois par an, ou deux fois par an, en fonction de votre terrain (à déterminer avec votre chirurgien-dentiste).

Donc, en janvier, je sors mon agenda, et je planifie à l’avance ma visite de contrôle !

2. Santé orale au XXIe siècle : objectif « zéro carie » pour mes enfants

Cet objectif n’est pas une utopie, il devrait être intégré. On sait maintenant qu’en associant, brossage matin et soir (après le dîner), visite annuelle chez le dentiste, utilisation d’un dentifrice fluoré, et hygiène alimentaire (notamment laisser les sodas et les bonbons dans la catégorie « festif » ou « exceptionnel »…), tout enfant du XXIe siècle (sauf pathologies rares), peut prétendre à une denture « zéro carie » ! Alors, ça vaut peut-être le coup de leur en parler et de se motiver !

3. Nouveau rituel du soir : je deviens un pro du fil dentaire

Mais à quoi diantre sert le fil dentaire ?

Pour répondre à cette question, je vais reprendre une image très pertinente , empruntée à une consoeur qui a une grande expérience de la prévention bucco-dentaire, notamment au niveau du jeune public (merci Catherine !). Se laver les dents sans passer le fil, c’est comme se laver les pieds sans nettoyer entre les orteils…

L’image ne vous suffit pas ? Alors sachez qu’il restera toujours entre vos dents des déchets de décomposition alimentaire et des bactéries qui à terme créeront des problèmes (même si le processus peut prendre des années…). Mauvais goût, mauvaise haleine, gingivite, maladie parodontale, mobilités, déchaussements.

La solution ?

Un passage de fil dentaire (si possible ciré, ou ciré et mentholé) chaque soir après le brossage.

4. Séquence découverte : je teste du matériel spécifique et adapté

Cette année , devenez curieux ! Questionnez votre dentiste, son assistante, votre pharmacien, à propos des brosses, des fils, des dentifrices, des bains de bouche, des brossettes. Il existe une multitude de produits de grande qualité à des prix raisonnables pour l’hygiène bucco-dentaire, et vous devez trouver les produits qui vous conviennent le mieux. Votre chirurgien-dentiste peut vous prescrire des produits très spécifiques pour une santé orale optimale. N’hésitez pas à lui demander lors de votre prochaine visite !

5. Séduction : je bichonne mes gencives

Une gencive qui est écarlate, irritée, douloureuse, blessée, qui saigne, ce n’est pas normal. Une mauvaise haleine ou un mauvais goût qui persiste, ce n’est pas normal. Si cela arrive, renouvelez vos produits d’hygiène, et redoublez d’attention dans vos soins quotidiens. Si cela ne suffit pas, allez consulter.

Une gencive malade, c’est une gencive entourée de bactéries virulentes, et c’est aussi une porte d’entrée dans l’organisme pour toutes les bactéries ou virus en présence. Soyez exigeant avec votre partenaire et avec vous-même. Le « French Kiss » ne doit pas devenir un « French Kill » !

Lire aussi : comment soigner un abcès dentaire ?

6. Psychologie : je prends enfin en charge ma peur du dentiste

Vous avez peur du dentiste ? N’ayez pas honte. Vous êtes « dans la norme ». Plus de la moitié de la population a peur du dentiste. A des degrés divers, bien sûr. Cela va du simple inconfort jusqu’à la vraie phobie, avec comportement d’évitement. C’est-à-dire que la personne fait un déni de toute douleur ou problème dentaire de façon à ne jamais consulter. Ce cas est moins rare qu’on ne l’imagine.

Les solutions ?

Pour les peurs légères, en parler tout simplement avec le dentiste et son assistante, de façon à adapter votre prise en charge. Parfois, une bonne discussion résout le problème. Pour les anxiétés et les phobies, une prise en charge psychologique peut être envisagée. Il existe également des chirurgiens-dentistes qui sont formés à diverses techniques pour des prises en charge adaptées : hypnose, sédation consciente… Chaque patient doit pouvoir être soigné avec ses particularités. L’anxiété en est une.

Et si la consultation vidéo était une des solutions pour vous rassurer ?

7. Prise de conscience : le pouvoir de nuisance du sucre

Tout le monde le sait. L’excès de sucre est mauvais pour la santé. Les patients le savent, les médecins le savent. Et les dentistes enfoncent le clou : l’association du sucré et de l’acide est un poison violent pour votre cavité buccale !

Fuyez les bonbons et les sodas !

La consommation de ces produits doit rester exceptionnelle. Si vous n’en êtes pas convaincus, parlez-en avec votre dentiste, cherchez des photos sur internet… Pour vous, pour vos enfants, cette prise de conscience est essentielle.

8. Je me libère de mes chaînes : je me prépare à participer au « mois sans tabac »

Le tabac est un des ennemis jurés de votre santé bucco-dentaire. Vous le savez déjà. Vous voulez arrêter. Certains « veinards » arrêtent de fumer du jour au lendemain. Si cela n’est pas votre cas, vous n’êtes pas seuls.

Beaucoup de fumeurs cherchent à arrêter, avec beaucoup de difficultés. L’opération « mois sans tabac » est là pour vous accompagner dans cette démarche. Vous ferez peut-être partie de la « prochaine promo » ? « Mois sans tabac » est facile à trouver sur les réseaux sociaux ou ici.

9. Exit les idées reçues : j’ose l’orthodontie quel que soit mon âge !

Vous vous cachez pour sourire ? Vous avez honte de vos dents ? Vous ne supportez plus vos dents « de travers »? L’orthodontie n’est pas une spécialité réservée aux enfants ! On peut commencer un traitement orthodontique à tout âge, avec des bénéfices inestimables au niveau confort de vie, conservation des dents et des gencives, équilibre postural. Vous hésitiez ? N’hésitez plus, courez faire un bilan chez votre orthodontiste !

10. Compassion : je prends soin des personnes vulnérables de mon entourage

Vous avez une personne handicapée dans votre entourage ? Un de vos parents est très âgé ? Atteint de la maladie d’Alzheimer ? Placé en maison de retraite ? Vous êtes-vous déjà interrogé sur la santé bucco-dentaire de cette personne ? De son suivi ? De ses soins quotidiens ?

Cela doit devenir une vraie préoccupation pour vous car cela interfère directement sur la santé globale, l’aggravation des pathologies existantes et la dénutrition. Parlez-en avec les soignants, et voyez comment vous pouvez participer (renouveler le matériel d’hygiène, participer au brossage, planifier des RV chez le dentiste).

Toute personne doit pouvoir avoir accès à une hygiène bucco-dentaire quotidienne et un suivi par un professionnel, quel que soit son âge, sa situation, et son état physiologique ou pathologique.

La profession se mobilise actuellement en France pour permettre à tous cet accès aux soins. En tant que famille, vous êtes concernés, et acteurs potentiels. Chaque région propose des solutions, et un référent handicap/ dépendance existe dans chaque région. Il faut appeler le conseil départemental de l’ordre des chirurgiens-dentistes de votre département.

Se fixer trop de bonnes résolutions, c’est utopique. Mais, si vous en choisissiez une et que la teniez toute l’année ?