Les douleurs musculaires

Par François Dausse · Masseur-kinésithérapeute · Mis à jour le 4 mars 2020, publié le 26 octobre 2017

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Les douleurs musculaires peuvent apparaître dans différentes conditions et on ne sait pas toujours comment les endiguer. Doit-on appliquer du froid, du chaud, rien ? Doit-on étirer ou non ? Peut-on poursuivre l’activité ? Doit-on consulter ?

Douleurs musculaires d’apparition brutale

1. Crampes

Les crampes sont des contractions musculaires involontaires, douloureuses, incontrôlables et transitoires. Elles peuvent apparaître :

Pendant un effort d’intensité élevée :

  • Que faire ? Arrêter l’activité, étirer et masser doucement pour décontracter le muscle.
  • Et pour les prévenir ? Être progressif et mesuré(e) dans la durée et l’intensité de l’activité. S’être entraîné progressivement et régulièrement en vue de l’effort envisagé.

Au repos (comme les crampes nocturnes) :

  • Que faire ? Étirer et masser doucement pour décontracter le muscle.
  • Et pour les prévenir ? Agir sur les facteurs favorisants : déshydratation, abus d’excitants (alcool, tabac, …), baisse de potassium, magnésium, calcium (pendant la grossesse par exemple)

2. Lésions musculaires (élongation, déchirure, claquage)

Les lésions musculaires sont des douleurs qui apparaissent brutalement au cours un effort : elles obligent à arrêter l’activité et peuvent entraîner une impotence fonctionnelle plus ou moins importante (boiterie, béquillage).

  • Que faire ? Appliquer le protocole GREC (Glace, Repos, Élévation, Compression) puis consulter pour estimer la gravité et les modalités de reprise.
  • Et pour les prévenir ? S’être entraîné progressivement et régulièrement en vue de l’effort envisagé.

Douleurs musculaires d’apparition retardée

1. Contractures

Les contractures sont douleurs musculaires d’apparition progressive, pendant ou après l’effort. Il s’agit de l’expression de fatigue musculaire, les contractures sont réversibles spontanément.

  • Que faire ? Se mettre au repos, masser et étirer doucement. Au moindre doute quant aux modalités d’apparition (brutales ou non), appliquer le protocole GREC pour les lésions musculaires.
  • Et pour les prévenir ? S’être entraîné progressivement et régulièrement en vue de l’effort envisagé.

2. Courbatures

Ce sont des douleurs musculaires retardées par rapport à l’effort (entre 24 et 72h). Il s’agit de l’expression de microlésions qui, en se cicatrisant, vont permettre au muscle de progresser.

  • Que faire ? Favoriser les actions drainantes : efforts modérés, balnéothérapie, contentions veineuses (bas chaussettes, manchons), hydratation et ne pas réitérer un effort violent sur des courbatures.
  • Et pour les prévenir ? Diminuer l’intensité de l’activité physique responsable sauf si on est dans une logique de gain de force. Dans ce cas précis, la courbature est recherchée mais de façon très mesurée.

Douleurs musculaires chroniques

Les douleurs musculaires peuvent être chroniques (présentes depuis plus de 3 mois). Dans ce cas, elles nécessitent un diagnostic médical. Il faudra alors consulter un professionnel de santé (médecin, ou kinésithérapeute/physiothérapeute).

1. Rachialgies

Les douleurs du rachis sont souvent d’origine musculaire, que ce soient les cervicalgies, dorsalgies ou lombalgies, avec une composante à type de contracture qui dure dans le temps.

Que faire ? S’efforcer de relâcher, détendre, assouplir ces muscles en les massant, les étirant, et en les mettant au repos mais aussi en les rééduquant c’est-à-dire en leur réapprenant à travailler de façon efficace et coordonnée.
Et pour les prévenir ? Il faut s’occuper des rachialgies dès leur apparition et ne pas laisser s’installer les contractures musculaires qui sont souvent compensatrices. Une activité physique modérée régulière permettra de prévenir au mieux les douleurs musculaires du dos.

2. Syndromes polyalgiques

Ce sont des douleurs musculaires de topographie variée en fonction des atteintes et des personnes. Elles sont un des symptômes d’une pathologie qui doit être diagnostiquée par votre médecin.

  • Que faire ? Traiter la douleur (chaleur, froid, médicaments, électrothérapie, psychothérapie…) et favoriser le relâchement musculaire. L’activité musculaire modérée à intense est souvent une bonne solution pour limiter l’installation ou la propagation des douleurs.
  • Et pour les prévenir ? Les syndromes polyalgiques de type fibromyalgie ou polyarthrite sont d’apparition lente avec des facteurs favorisants intrinsèques divers et mal maîtrisés à ce jour. En traitant la douleur, les symptômes peuvent être circonscrits, voire diminués.

Références et liens utiles :