La diversification alimentaire quand, comment et pourquoi ?

Par Dr Julie Salomon · Médecin Pédiatre · Mis à jour le 4 mars 2020, publié le 27 juin 2018

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Nourrir au mieux son enfant est une évidence et souvent un sujet de questionnements pour tous les parents. Après la phase des premiers mois où le lait, qu’il soit maternel ou artificiel est l’aliment exclusif, vient la question de “et après ?“. Tout d’abord le lait reste l’aliment central jusqu’à 1 an, on a le temps de diversifier à son rythme, sans forcer ni angoisser. Il faut que cela reste un plaisir, le goût des enfants évoluant, il faut savoir attendre et reproposer plus tard.

allergies alimentaires

Pourquoi diversifier ?

Pour le goût, le plaisir de la découverte, s’ habituer à manger d’une autre façon (à la cuillère, avec les doigts, …), d’autres consistances et d’autres saveurs. Aussi pour entraîner son système digestif à digérer de nouveaux aliments et “immerger” son système immunitaire au contact du monde extérieur.

Quand ?

Pas trop vite, pas trop tôt, mais pas trop tard !

Actuellement les recommandations sont d’introduire tous les aliments entre 4 et 6 mois afin de réduire le risque de développer des allergies. La tolérance immunitaire étant maximale dans le premier semestre l’enfant à moins de risque de réagir à une substance nouvelle. Ceci est observé aussi avec les vaccins.

Comment diversifier ?

En pratique, il est préférable d’introduire un nouvel aliment à la fois, en espaçant d’au moins 3 jours entre deux nouveaux aliments, et en augmentant les quantités de façon progressivement croissante (une cuillère à café puis deux puis … d’un jour à l’autre).

Éviter certains aliments plus allergisants au début, ceux contenant de l’arachide et ses dérivés, certains fruits type kiwi, fraises. Les aliments doivent être toujours bien cuits, ou très mûrs pour ceux qui ne peuvent être cuits (melon, pastèque, etc..), bien mixés, sans ajouter de sel (même si cela peut nous paraître fade à nous, adultes élevés au sel !), et en ajoutant si nécessaire un peu de sucre. Les fruits, les légumes, les viandes blanches et rouges, les poissons, les oeufs, les laitages – toujours pasteurisés – les matières grasses et les féculents sont ainsi progressivement introduits.

Vers 9 mois l’enfant doit ainsi avoir 3 biberons et un repas complet (protéines, féculents, légumes, laitage, fruits).

Vers 12 mois : 2 biberons et 2 repas complets dont un seul a besoin de contenir des protéines. Ces recommandations ne sont évidemment pas strictes, et ne servent que de repères.

Et le lait dans tout ça ?

Le lait reste l’aliment principal pendant les premiers mois, il est complété progressivement par les produits laitiers, et passe en France du premier au deuxième âge.

Quand suspecter une allergie alimentaire ?

Un refus réitéré avec haut-le-coeur, des renvois plus marqués ou des vomissements, des selles liquides dans les minutes ou heures suivant l’ingestion, peuvent traduire une allergie alimentaire. Une éruption cutanée locale (autour de la bouche, par exemple ) ou générale de type urticaire (plaques rouges boursouflées comme des piqûres d’orties, qui semblent se déplacer sur le corps avec des démangeaisons) renforcerait cette hypothèse allergique. Si le visage gonfle, si l’enfant tousse et semble avoir du mal à respirer alors il faut appeler un service d’urgence 999 (UK), 15 (France), 112 (international et depuis un portable).

En conclusion

La diversification permet d’introduire peu à peu une alimentation équilibrée en complément du lait. Elle devrait viser un apport protéique et glucidique non excessif et une appétence pour les légumes et les fruits trop souvent insuffisants chez les enfants, ces derniers ayant une alimentation trop monomorphe. Dans la mesure du possible, on fera une place à la cuisine d’aliments simples au domicile, pas seulement à la cuisine industrielle même si elle a fait des progrès.

Soyez patients, aidez votre enfant à découvrir et prendre plaisir à la nourriture c’est un enjeu primordial de santé pour toute sa vie.

Pour en savoir plus : https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/actions42_allergies.pdf