Comprendre et soigner la dépression post-partum

Par Romane Cayuela · Spécialiste santé mentale · Mis à jour le 18 novembre 2020, publié le 22 octobre 2020

Contenu validé par la Direction médicale de Qare.

Nous avons interrogé le Dr Fanny Jacq, médecin psychiatre spécialisée dans les psychopathologies de la grossesse, sur le sujet.

On entend souvent parler du baby blues. Qu’est-ce que c’est ?

“Il faut distinguer deux pathologies bien distinctes, celle du baby blues et celle de la dépression post-partum.

Le baby blues est plus connu sans doute du grand public puisqu’il est plus fréquent : entre 50 à 70% des femmes en souffrent. Il s’agit d’une déprime passagère souvent liée à la diminution des hormones de la mère après l’accouchement, au manque de sommeil et à l’anxiété. On le constate souvent aux alentours du 3e jour après l’accouchement et cela se traduit par de l’irritabilité et une hypersensibilité. En général le baby blues évolue favorablement de lui-même et ne nécessite pas de prise en charge spécifique”.

Qu’en est-il alors de la dépression post-partum ?

“La dépression postnatale ou post partum (après la grossesse) touche quant à elle environ 15% des femmes. Cette fois-ci il s’agit d’un véritable état dépressif, une douleur morale qui entraîne un changement brutal de comportement, et elle survient au cours des 18 mois suivant l’accouchement.

L’état dépressif de la mère peut se manifester à deux moments distincts après l’accouchement. Le premier moment se situe pendant les 6 premiers mois après la naissance de l’enfant, tandis que le deuxième intervient généralement entre le 9e et le 15e mois.”

Pourquoi est-il si important de la prévenir ?

“Dans le cas d’une dépression, l’entourage prend généralement rapidement conscience du changement brutal de comportement du souffrant.

Lorsqu’il s’agit d’une dépression post-partum, la détection et le diagnostic de la pathologie sont plus difficiles. En effet, cette dépression est également appelée “dépression souriante” en rapport au fait que la mère tente de cacher ses symptômes à ses proches. Ce phénomène est souvent lié à la stigmatisation de l’humeur des femmes suite à l’accouchement. Celles-ci n’osent pas avouer qu’elles sont déprimées et banalisent voire minimisent leurs symptômes.

Cela a un réel impact sur la santé de la mère, celle de son enfant ainsi que sur leur relation.”

Comment peut-on traiter la dépression post-partum ?

“Pour soigner une dépression post-partum, le patient peut suivre une psychothérapie avec un spécialiste. Si nécessaire, le médecin peut prescrire un traitement médicamenteux antidépresseur ou anxiolytique.

Une des priorités est également de préserver le lien entre l’enfant et la mère, et cela passe également par des moments de relaxation pour l’enfant (massage, exercice de respiration) pour que celui-ci s’éloigne de tout état anxieux ou anxiogène.”

Sources :