Sexualité et cancer : comment vivre sa sexualité en étant confronté à la maladie ?

Par L'équipe médicale · Qare · Mis à jour le 29 juillet 2020, publié le 13 novembre 2018

Contenu validé par la Direction médicale de Qare.

Cancer et sexualité… ces deux mots sont peu associés tant ils nous nous renvoient à des registres différents: celui de la maladie et de la souffrance d’une part; celui du plaisir et de la vie d’autre part. Pour autant, vivre et partager une intimité sexuelle n’est pas incompatible avec le fait d’être confronté à une maladie grave.

Quelques mots sur les réalités du cancer

Le cancer est une maladie caractérisée par la prolifération incontrôlée de cellules ; prolifération qui échappe aux mécanismes de régulation assurant le développement harmonieux de notre organisme (Source : La ligue contre le cancer). En France, les quatre principaux cancers touchent la prostate, le sein, le colon-rectum, le poumon. Ces maladies sont multi-factorielles : facteurs biologiques, comportements individuels, impact de l’environnement du patient. Comme toute maladie grave, le cancer suscite des peurs et des questions, notamment dans le champ de la vie relationnelle, affective et sexuelle.

Vivre sa sexualité, au féminin, au masculin

La sexualité nous interpelle dans notre sphère intime, en tant qu’être désirant : « J’ai envie de… ». Elle nous mobilise dans notre corps et dans notre imaginaire, en tant que personne incarnée dans un corps sexué d’homme ou de femme. Si les comportements sexuels sont moins codifiés aujourd’hui, les réactions sexuelles réflexes demeurent strictement distinctes selon qu’on est homme ou femme: érection et éjaculation pour l’homme; lubrification vaginale et orgasme pour la femme. Ces réactions sexuelles réflexes sont déclenchées par le niveau d’excitation sexuelle, qui lui repose sur plusieurs paramètres: les caresses et les fantasmes.

Quel est l’impact du cancer sur la vie sexuelle?

Comme toute maladie grave, l’annonce du cancer est un choc émotionnel, qui suspend la vie entre un « avant » et « après ». Selon la ligue contre le cancer, 40% des effets secondaires du cancer, toutes localisations confondues, concernent la sexualité. Les difficultés exprimées concernent souvent les réactions sexuelles, considérées comme moins satisfaisantes, dans un contexte d’excitation sexuelle moindre. De manière plus globale, la maladie touche le patient dans son identité et constitue une épreuve, avec des questionnements individuels et relationnels :

« Mon (ou ma) partenaire va -t-il continuer à me désirer? Comment vais-je rester homme si mon corps répond moins bien aux sollicitations de ma (ou mon) partenaire ?… »

Quels sont les moyens d’y faire face?

Si parler de sa sexualité quand on est malade est encore tabou, une prise en charge sexologique permettra d’évaluer quelle est l’origine des difficultés sexuelles : avant ou depuis le cancer. En fonction, un accompagnement pluridisciplinaire (thérapeute et médecin) pourra être mis en place, pour favoriser une intimité source de plaisir. Si la sexualité était ressentie comme satisfaisante avant la maladie, le sexothérapeute aidera le patient ou le couple à identifier les moyens existants pour la retrouver : travail sur l’image du corps, l’estime de soi, la confiance relationnelle, usage d’un gel lubrifiant… Cette expérience pourra être l’occasion de diversifier les habitudes sexuelles : par des massages, des caresses, certains préliminaires…

Si les difficultés sont antérieures à la maladie, dans ce cas le cancer peut être un « révélateur ». L’accompagnement thérapeutique visera alors à lever les freins psychologiques et/ou relationnels.

Demander de l’aide est une première étape vers le mieux-être. Les praticiens du réseau Qare sont disponibles en ce sens. Quelques consultations spécialisées en Onco-sexologie voient le jour (Le Mans et Angers). Il existe aussi des associations de soutien spécialisées telles que la Ligue contre le Cancer https://www.ligue-cancer.net/ ou l’Association Europa Donna (lutte contre le cancer du sein).