Alimentation de l’enfant : bio ou pas bio ?

Par Dr Julie Salomon · Médecin Pédiatre · Mis à jour le 4 mars 2020, publié le 7 novembre 2017

Contenu validé par la Direction médicale de Qare.

Si les opposants aux aliments « bio » clament haut et fort que ceux-ci n’apportent pas d’éléments nutritionnels supplémentaires par rapport aux non-bio, nous pouvons affirmer avec certitude qu’ils ont bel et bien un intérêt pour l’alimentation de nos enfants, et ce sans défendre un discours idéologique « pro-bio » irrationnel.

En effet, dans la mesure où ils utilisent notamment moins d’herbicides que les aliments produits en agriculture conventionnelle, ils peuvent avoir un intérêt pour l’alimentation de notre progéniture en limitant leur exposition à certains produits toxiques à des périodes charnières de leur développement.

Les perturbations endocriniennes ou toxiques portées par certains intrants utilisés en agriculture conventionnelle sont soupçonnées d’avoir des répercussions à long terme (retards de croissance, puberté précoce, cancers). Ce d’autant plus que, si leurs quantités pourraient être considérées comme négligeables chez un adulte en rythme métabolique « de croisière », ils prennent une toute autre proportion dans les petits gabarits de nos enfants, qui plus est en période de maturation neurologique et hormonale permanente.

On n’oubliera pas que les critères de certification d’Agriculture Biologique peuvent varier notablement d’un pays à l’autre et que la contribution des transports pour l’importation de certains produits (bios ou pas) à la pollution environnementale se retrouve tôt ou tard dans les assiettes ou les poumons de nos enfants.

Néanmoins, face à cette vulnérabilité, nous avons d’autres armes que le bio pour leur proposer une alimentation moins « polluée » et plus équilibrée :

1. La variété

En variant les origines et les marques des aliments, on varie les produits utilisés pour leur fabrication, et ainsi on dilue un risque qui est probablement cumulatif. Un produit toxique qui a une durée de vie brève dans l’organisme peut devenir délétère lorsqu’il est consommé quotidiennement pendant de longues périodes. Donc en variant les provenances on varie les expositions et on limite les accumulations !

2. La saisonnalité

N’oublions pas que les fruits et légumes ont une saisonnalité, ce qui fait que lorsqu’on les consomme « en saison » ils ont moins de raisons d’être traités pour les produire (attention aux fruits et légumes produits sous serre notamment pour lesquels il y aurait une plus forte concentration de certains intrants) et pour les conserver, et, last but not least, ils sont plus gouteux et savoureux ! Alors évitons les tomates ou les fraises en janvier, par exemple.

3. La proximité

Privilégions les fruits et légumes locaux car ceux importés, y compris bios, pour supporter le temps et les conditions de transport ont dû être cueillis avant maturation, et pour rester présentables ont dû être plus traités, par opposition aux produits locaux dont le circuit court autorise une cueillette plus proche de la maturité et devraient donc nécessiter moins d’intrants.
On se rassurera enfin de savoir que la production des aliments pour nourrissons, même s’ils ne sont pas bios, est très surveillée pour limiter l’utilisation des produits potentiellement dangereux dans leur fabrication.

En conclusion, il semble préférable de proposer aux enfants une alimentation, bio ou pas, mais surtout de proximité, de saison, et d’origines et de natures variées !

Sources :