Syphilis : causes, symptômes, transmission et traitement
Souvent oubliée, la syphilis est une « grande simulatrice » qui revient en force en se faisant passer pour des maux anodins. Ce guide décrypte les stades de cette infection bactérienne et vous indique le traitement antibiotique pour l’éliminer totalement. Vous apprendrez à repérer le chancre indolore à temps pour éviter des séquelles irréversibles.
Qu’est-ce que la syphilis : définition et causes
L’agent responsable : la bactérie Treponema pallidum
C’est une infection bactérienne causée par Treponema pallidum. Bien qu’elle soit parfaitement curable avec des antibiotiques, cette maladie reste sérieuse sans prise en charge rapide. Elle évolue souvent sournoisement.
On la surnomme la « grande simulatrice » car elle imite de nombreuses autres pathologies. Pour plus de détails, consultez l’ECDC Syphilis Info.
L’être humain constitue le seul réservoir de cette bactérie. Elle ne se transmet jamais par les objets.
Comprendre ce mécanisme est fondamental pour stopper la chaîne de transmission. Je vous invite à lire notre dossier pour Tout savoir sur les IST et leurs modes de contamination.
Une recrudescence épidémiologique inquiétante
Les chiffres sont alarmants : l’OMS estime à 8 millions le nombre de nouveaux cas en 2022. Cette réalité sanitaire ne doit pas être ignorée. Vous trouverez les données complètes sur la page OMS Syphilis.
En Europe, les cas ont bondi de plus de 100 % depuis 2014. Les populations HSH restent particulièrement touchées par cette recrudescence marquée.
- Augmentation chez les HSH
- Hausse récente chez les hétérosexuels
- Pic chez les 25-34 ans
Comment se transmet la syphilis ?
Pour briser la chaîne de contamination, il faut d’abord identifier comment ce tréponème voyage d’un individu à l’autre.
Les rapports sexuels non protégés
La transmission s’opère par contact direct avec les lésions, ou chancre. Cela inclut les rapports vaginaux, anaux et surtout les rapports oraux. Le simple contact peau contre peau suffit souvent.
C’est très différent d’autres infections, comme on le voit avec la Chlamydia sans rapport sexuel classique. Ici, le contact direct prime sur les fluides. Il faut bien distinguer ces modes.
Le préservatif réduit les risques, c’est indéniable. Mais la protection n’est malheureusement pas totale.
La transmission de la mère à l’enfant et voie sanguine
La bactérie traverse le placenta pour infecter le fœtus in utero. C’est ce qu’on appelle la syphilis congénitale. Cette transmission entraîne des risques très graves pour l’enfant. Le dépistage prénatal est donc une nécessité absolue.
La transmission par transfusion sanguine reste aujourd’hui extrêmement rare en France. Les contrôles systématiques des dons ont sécurisé tout le processus. Le risque est désormais quasi inexistant.
Les statistiques sur les grossesses non suivies sont inquiétantes.
La syphilis non traitée pendant la grossesse entraîne des issues défavorables dans 50 à 80 % des cas.
Quels sont les symptômes selon les stades ?
La maladie évolue par vagues successives, chacune apportant son lot de signes cliniques bien distincts.
La phase primaire : le chancre syphilitique
Après la période d’incubation, une lésion caractéristique surgit : le chancre. C’est une petite plaie ferme, rosée et propre. Le piège principal réside dans le fait qu’elle est totalement indolore.
On retrouve généralement cette lésion sur les zones génitales, anales ou buccales. Elle disparaît spontanément sans aucun traitement, une fausse guérison particulièrement trompeuse.
La phase secondaire : la roséole et les lésions
Quelques semaines plus tard, une éruption cutanée diffuse se déclare : c’est la roséole. Des petites taches rosées pâles, non prurigineuses, envahissent alors le tronc et les membres.
Fait rare pour une éruption, elle touche aussi la paume des mains et la plante des pieds. Un état grippal s’installe souvent en parallèle, mêlant fièvre et grosse fatigue.
D’autres signes moins spécifiques peuvent accompagner cette phase active de l’infection :
- Maux de gorge
- Ganglions gonflés
- Perte de cheveux par plaques
Les stades latent et tertiaire : les risques graves
Si rien n’est fait, l’infection entre en dormance : c’est la phase latente, sans aucun signe visible pendant des années. Pourtant, la bactérie reste active et continue ses dégâts en silence dans l’organisme.
Le stade tertiaire, bien plus tardif, entraîne des destructions organiques irréversibles, notamment neurologiques et cardiovasculaires. On parle alors de neurosyphilis, une complication qui menace directement le pronostic vital.
Voici un résumé pour visualiser l’évolution temporelle et la gravité croissante :
| Stade | Délai moyen | Symptômes principaux | Risque |
|---|---|---|---|
| Primaire | 3 à 90 jours | Chancre indolore | Transmission élevée |
| Secondaire | 2 à 12 semaines | Éruptions (roséole) | Contagion active |
| Latent | Années | Aucun symptôme | Dégâts internes |
| Tertiaire | 10 à 30 ans | Neurosyphilis, cœur | Complications fatales |
Diagnostic et dépistage : quand faire le test ?
Face à une infection aussi discrète, seul un examen biologique rigoureux permet de lever le doute.
Les tests sérologiques : VDRL et TPHA
Le diagnostic repose sur une simple prise de sang. On combine toujours deux analyses : les tests tréponémiques (spécifiques à la bactérie) et non-tréponémiques (pour suivre l’activité). C’est le standard médical.
Attention au délai de séroconversion. Il faut attendre 2 à 4 semaines après le rapport à risque pour que le test soit totalement fiable.
L’importance du dépistage systématique
Le dépistage est obligatoire en début de grossesse. Cela permet de traiter la mère et de protéger l’enfant à naître.
La syphilis fragilise les muqueuses. Elle double le risque de transmission du VIH selon une étude publiée dans Nature Reviews. C’est une porte d’entrée qu’il faut refermer rapidement.
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Traitements et suivi médical
Une fois le diagnostic posé, la médecine dispose d’une arme redoutable et historique pour éradiquer l’infection.
La pénicilline : le traitement de référence
L’injection intramusculaire de benzathine pénicilline G constitue le standard thérapeutique absolu. Lorsqu’elle est administrée précocement, cette molécule offre une efficacité totale pour éliminer la bactérie et stopper immédiatement la contagion.
Si une allergie à la pénicilline est avérée, la doxycycline prend le relais. Une réaction inflammatoire passagère (Jarisch-Herxheimer) peut parfois survenir juste après le début du traitement.
Gestion des partenaires et prévention
Traiter le patient ne suffit pas ; il faut briser la chaîne de transmission. Il est impératif que les partenaires sexuels récents soient dépistés et traités, et d’éviter tout rapport jusqu’à la guérison complète.
La disparition des symptômes ne signe pas l’arrêt du suivi médical. Des contrôles sérologiques sont obligatoires à 3, 6 et 12 mois pour vérifier la chute effective du taux d’anticorps dans le sang.
Pour limiter les risques de réinfection à l’avenir, la stratégie repose sur trois piliers concrets :
- Utiliser des préservatifs lors des rapports.
- Faire des tests de dépistage réguliers.
- Communiquer en toute transparence avec ses partenaires.
Bien que surnommée la « grande simulatrice », la syphilis est une infection bactérienne parfaitement curable par antibiotiques. Face à des symptômes parfois invisibles, le dépistage régulier reste la meilleure stratégie de prévention. Une prise en charge rapide permet d’éviter les complications graves et de protéger efficacement les partenaires.
FAQ
Comment s’attrape la syphilis ?
La transmission se fait principalement par contact direct avec une lésion infectieuse, appelée chancre, lors de rapports sexuels vaginaux, anaux ou oraux. Il est important de noter que la contamination peut survenir par simple contact peau à peau avec ces lésions, même sans pénétration. En revanche, il est impossible d’attraper la syphilis via des objets du quotidien comme les sièges de toilettes ou les piscines, car la bactérie Treponema pallidum ne survit pas sur les surfaces inertes.
Quels sont les premiers signes qui doivent alerter ?
Le premier symptôme visible est l’apparition du chancre syphilitique, une petite plaie ferme, ronde et surtout indolore. Elle se situe au point d’entrée de la bactérie (organes génitaux, anus, bouche ou gorge). Comme cette lésion ne fait pas mal, elle passe souvent inaperçue. Une inflammation des ganglions au niveau de l’aine ou du cou accompagne souvent ce premier stade.
Est-ce que la syphilis se soigne bien ?
Oui, la syphilis est une infection bactérienne qui se guérit efficacement grâce à un traitement par antibiotiques, le plus souvent de la pénicilline en injection. Les résultats sont excellents lorsque le traitement est administré tôt. Toutefois, si le médicament élimine l’infection, il ne permet pas de réparer les lésions irréversibles que la maladie aurait pu causer aux organes internes si elle a été laissée sans soin pendant longtemps.
Peut-on être porteur de la syphilis sans avoir de symptômes ?
Absolument. Il existe une phase appelée syphilis latente durant laquelle la bactérie est présente dans l’organisme sans provoquer aucun signe visible. Cette période peut durer plusieurs années. C’est pourquoi le dépistage par analyse sanguine est le seul moyen fiable de savoir si l’on est infecté, d’autant plus que la maladie reste transmissible durant la phase latente précoce (moins de 12 mois d’infection).
Quels sont les risques pour le bébé en cas de grossesse ?
La transmission de la mère à l’enfant, ou syphilis congénitale, est une complication très sérieuse. Sans traitement adéquat à base de pénicilline, l’infection entraîne des issues défavorables dans 50 % à 80 % des cas, incluant la prématurité, un faible poids à la naissance, voire le décès du fœtus ou du nouveau-né. Un dépistage systématique est donc recommandé dès le début de la grossesse pour protéger l’enfant.
Références scientifiques et recommandations officielles
- Haute Autorité de Santé – Recommandations de prise en charge des personnes ayant une syphilis – Consulter les recommandations HAS (2025)
- Santé Publique France – Syphilis : surveillance épidémiologique et données 2024 – Voir les données de surveillance (2025)
- Organisation mondiale de la Santé – Syphilis : principaux faits et données mondiales – Consulter la fiche OMS (2025)
- Ameli Assurance Maladie – Syphilis : définition, évolution et transmission – Voir les informations Ameli (2024)

