
Dépression et covid-19 : détecter et soigner un état dépressif
Le nombre de personnes en dépression a augmenté avec la pandémie de covid-19. Voici les causes et les solutions pour en sortir.
Article relu
6 min de lectureMis à jour le 16/10/26

La dépression chronique désigne des symptômes dépressifs qui durent au moins 2 ans, sans amélioration de plus de 2 mois ; le DSM-5 la regroupe avec la dysthymie sous le nom de trouble dépressif persistant. (HAS)
Le conseil clé : consultez un médecin généraliste ou un psychiatre dès que les symptômes dépressifs persistent au-delà de 2 semaines, sans attendre qu’ils s’aggravent.
Informations vérifiées en octobre 2026 — Sources : HAS, Ameli.fr, BDPM, Légifrance, Inserm, Service-public.fr
La dépression peut toucher chacun de nous, à tout âge. Elle se soigne, mais chez certaines personnes, les symptômes s’installent pendant des années : on parle de dépression chronique. Vous vous reconnaissez dans cette situation, ou vous accompagnez un proche ? L’équipe médicale de Qare vous explique comment la reconnaître, la différencier des autres formes et la soigner.
Lorsqu’elle prend la forme d’une dépression sévère, elle nécessite une prise en charge rapide.
La dépression chronique se définit par la présence de symptômes de dépression pendant au moins 2 ans, avec des périodes d’amélioration qui ne durent jamais plus de 2 mois. Le DSM-5 la regroupe avec la dysthymie, une forme moins intense, sous le nom de trouble dépressif persistant.
Il ne faut pas la confondre avec la dépression récurrente : dans ce cas, plusieurs épisodes dépressifs se succèdent, séparés par des périodes d’au moins deux mois sans symptômes.
Il faut aussi la distinguer de la dépression réactionnelle, qui survient en réponse à un événement de vie identifiable.
Après un premier épisode, le risque d’en refaire un est élevé : selon l’Inserm, les épisodes dépressifs sont récidivants chez 80 % des patients. Certains facteurs de risque favorisent aussi le passage à une forme chronique ou à une dysthymie :
Un accompagnement au quotidien face à la dépression
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En cas de dépression chronique, on retrouve les mêmes symptômes que lors d’un épisode dépressif caractérisé, mais ils durent. On parle de dysthymie lorsque ces symptômes sont trop peu nombreux ou trop peu intenses pour constituer un épisode dépressif caractérisé. Les symptômes sont :
À ces signes s’ajoutent des symptômes physiques, comme la fatigue et un ralentissement psychomoteur (physique et psychique), mais aussi :
Bon à savoir : contrairement à une idée répandue, il n’existe pas de « 5 phases de la dépression » au sens médical. Cette idée vient souvent du modèle des cinq étapes du deuil (Kübler-Ross), qui cite la dépression parmi ces étapes ; or le deuil n’est pas une dépression, même s’il peut s’en compliquer.
Une dépression chronique, c’est une dépression qui ne guérit pas, ou pas complètement, pendant au moins deux ans. Quand on a déjà fait un épisode dépressif, on sait souvent en repérer les symptômes. Des questionnaires en ligne peuvent vous aider à faire le point, mais c’est le médecin généraliste ou le psychiatre qui pose le diagnostic de dépression chronique.
Bon à savoir : une dépression apparue avant 25 ans est un signe d’appel : le médecin recherche alors un trouble bipolaire (HAS).
Comme pour toutes les maladies chroniques, il faut du temps pour sortir d’une dépression chronique. Un traitement adapté et bien suivi peut vous y aider. Lorsque la maladie retentit fortement sur la vie professionnelle, des aides existent (voir plus bas).

Le traitement présente plusieurs volets :

Après huit semaines d’un premier traitement, environ un tiers des patients ne répondent pas, selon l’Inserm : le médecin peut alors changer d’antidépresseur ou en associer plusieurs. Après l’échec d’au moins deux traitements bien conduits, on parle de dépression résistante : d’autres prises en charge sont possibles, comme une nouvelle forme de psychothérapie, l’électroconvulsivothérapie ou l’eskétamine, à l’hôpital. Pour en savoir plus, consultez notre article sur le traitement de la dépression.
Vous pouvez parler de vos symptômes à un médecin généraliste ou à un psychiatre en vidéo, par exemple sur Qare, depuis chez vous. Le médecin fait le point avec vous, évalue l’intensité de l’épisode et le risque suicidaire, vous oriente et peut, si besoin, vous prescrire un antidépresseur. En France, une prescription en ligne doit reposer sur un échange direct avec le médecin, en vidéo ou par téléphone, et non sur un simple questionnaire.
Une téléconsultation avec un médecin généraliste de secteur 1 coûte 25 € ; avec un psychiatre de secteur 1, 50,20 € après 25 ans. Elles sont remboursées à 70 %, moins la participation forfaitaire de 2 €, dans le respect du parcours de soins (l’accès direct au psychiatre est possible entre 16 et 25 ans si vous avez déclaré un médecin traitant).
Pour un épisode léger à modéré, les séances chez un psychologue partenaire de Mon soutien psy sont aussi remboursées à 60 %, dans la limite de 12 par année civile ; la première a lieu au cabinet, le suivi peut ensuite se faire en vidéo.
Bon à savoir : en téléconsultation, un arrêt de travail est limité à 3 jours, tout comme son premier renouvellement à distance ; les renouvellements suivants ne peuvent pas se faire à distance. Ces limites ne s’appliquent pas lorsque l’arrêt est prescrit ou renouvelé par votre médecin traitant.
Dépression chronique et travail ne sont pas forcément incompatibles. En cas de dysthymie, forme moins intense de dépression chronique, il est souvent possible d’avoir une activité professionnelle, et il existe de nombreux témoignages de personnes qui travaillent malgré une dépression chronique.
Si la dépression réduit fortement votre capacité de travail, plusieurs aides existent. La pension d’invalidité, versée par l’Assurance Maladie, concerne les personnes dont la capacité de travail ou de gain est réduite d’au moins deux tiers. La MDPH peut reconnaître un taux d’incapacité, ouvrir droit, sous conditions, à l’allocation aux adultes handicapés (AAH), et accorder la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH), qui peut donner accès à des aménagements de poste. Votre médecin peut vous aider à constituer le dossier.
La dépression chronique peut se soigner. La prise en charge peut associer psychothérapie, traitement antidépresseur, amélioration du sommeil, activité progressive et prise en compte des facteurs sociaux ou médicaux. L’amélioration est souvent progressive.
Une personne peut vivre longtemps avec des symptômes dépressifs, surtout si la dépression est chronique ou mal prise en charge. Cela ne signifie pas que cet état soit figé : des traitements et un accompagnement adaptés peuvent réduire l’intensité des symptômes et améliorer la qualité de vie.
On parle souvent de dépression légère, modérée ou sévère selon le nombre de symptômes, leur intensité et leur retentissement sur la vie quotidienne. Cette classification aide à choisir le niveau de prise en charge et le type de traitement.
Les formes les plus graves sont les dépressions sévères, surtout lorsqu’elles s’accompagnent d’idées suicidaires, de symptômes psychotiques, d’un ralentissement important ou d’une impossibilité à assurer les besoins de base. Ces situations nécessitent une prise en charge rapide et structurée.
La dysthymie est une forme de dépression chronique moins intense : les symptômes sont présents plus d’un jour sur deux pendant au moins deux ans, mais ils sont trop peu nombreux ou trop légers pour constituer un épisode dépressif caractérisé. Le DSM-5 regroupe les deux sous le nom de trouble dépressif persistant.
Elle peut l’être. Les troubles dépressifs récurrents (au moins trois épisodes) et les troubles de l’humeur persistants et sévères relèvent de l’ALD 23 s’ils évoluent depuis plus d’un an et ont des conséquences importantes sur la vie quotidienne. Les soins liés sont alors pris en charge à 100 %, dans la limite des tarifs de l’Assurance Maladie. Parlez-en à votre médecin traitant, qui fait la demande.
Sources officielles.
Nos articles citent des sources officielles : HAS, Ameli, études cliniques.
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