Epidémie de grippe en France en 2026

Par Jérémy Nolorgues · · Mis à jour le 25 décembre 2025

Contenu validé par la Direction médicale de Qare.

L’essentiel à retenir : l’épidémie de grippe 2025-2026 est officiellement installée, dominée par le virus de type A. La vaccination annuelle, couplée aux gestes barrières, constitue le rempart le plus efficace contre les formes graves. Fait marquant : pour la première fois, l’Institut Pasteur déploie une modélisation prédictive pour anticiper le pic épidémique avec quatre semaines d’avance.

Chaque année, l’arrivée brutale de la grippe saisonnière laisse de nombreux patients démunis face à une fièvre soudaine et une fatigue écrasante. Ce guide médical fait le tri entre les idées reçues et la réalité clinique pour vous permettre d’identifier rapidement cette infection respiratoire aiguë. Vous y trouverez les protocoles de surveillance actuels et les gestes de prévention indispensables pour protéger votre santé cet hiver.

  1. Grippe saisonnière : la distinguer pour mieux comprendre
  2. Le rythme de l’hiver : pourquoi l’épidémie est-elle saisonnière ?
  3. La mécanique de la contagion : comment le virus se propage
  4. Anticiper la vague : surveillance et prévention

Grippe saisonnière : la distinguer pour mieux comprendre

La grippe, une infection virale bien spécifique

La grippe est une infection respiratoire aiguë provoquée exclusivement par les virus Influenza. On distingue principalement les types A et B qui circulent chaque hiver en France.

Attention, ne confondez pas la vraie grippe avec un simple « état grippal » ou un rhume, causés par d’autres virus (rhinovirus, VRS). Cette distinction est capitale pour la prise en charge médicale.

Rappelons une règle d’or : les antibiotiques sont totalement inefficaces contre le virus de la grippe.

Des symptômes qui ne trompent pas

L’arrivée de la maladie est brutale et intense. Le thermomètre grimpe vite, dépassant souvent 38,5°C, accompagné de frissons et de sueurs froides. Une sensation de prostration s’installe immédiatement.

Le tableau inclut des douleurs musculaires (myalgies), des maux de tête (céphalées) et une toux sèche. Enfin, une fatigue écrasante cloue littéralement le malade au lit pour plusieurs jours.

Grippe, rhume, covid-19 : le tableau pour s’y retrouver

Pour éviter les confusions, voici un outil visuel simple. Il permet de différencier ces trois infections respiratoires au premier coup d’œil.

Comparatif des symptômes : Grippe vs. Rhume vs. COVID-19
Symptôme Grippe (Influenza) Rhume (Rhinovirus, etc.) COVID-19 (SARS-CoV-2)
Fièvre Fréquente et élevée Rare Fréquente
Fatigue Intense, brutale Légère Variable, parfois intense
Toux Sèche et fréquente Légère Sèche ou grasse
Douleurs musculaires Intenses, fréquentes Rares, légères Fréquentes
Maux de tête Fréquents Rares Fréquents
Nez qui coule/bouché Parfois Très fréquent Parfois
Perte de goût/odorat Rare Très rare Fréquente (surtout variants initiaux)
Apparition des symptômes Brutale Progressive Progressive

Le rythme de l’hiver : pourquoi l’épidémie est-elle saisonnière ?

Quand le froid devient l’allié du virus

Le virus Influenza survit et se transmet nettement mieux dans un air froid et sec. L’humidité basse de l’hiver permet aux gouttelettes respiratoires contenant le virus de rester en suspension plus longtemps, agissant comme une menace invisible.

Le froid fragilise aussi nos défenses naturelles. Le système immunitaire des voies respiratoires supérieures est moins réactif par temps froid, ce qui facilite grandement l’installation du virus dans l’organisme lorsqu’on respire un air glacé.

L’hiver offre donc, hélas, des conditions idéales pour la propagation virale.

Nos habitudes hivernales en cause

Notre comportement joue un rôle majeur dans la contagion. En hiver, nous passons beaucoup plus de temps à l’intérieur, confinés dans des espaces clos et souvent mal aérés pour conserver la chaleur.

Cette promiscuité dans les transports en commun, les bureaux ou les écoles augmente drastiquement les occasions de transmission. La concentration de personnes dans un même lieu facilite le passage rapide du virus d’un individu à l’autre.

Le virus de la grippe est un marathonien du froid. Dans un air sec et frais, il peut survivre plus longtemps en suspension, augmentant les chances de contamination.

Le cycle annuel du virus Influenza

Le virus circule toute l’année à l’échelle mondiale. Il suit simplement les saisons, passant d’un hémisphère à l’autre pour trouver son climat de prédilection et continuer sa course.

En France métropolitaine, l’épidémie de grippe saisonnière survient typiquement entre décembre et avril. C’est durant cette période précise que les conditions sont réunies pour une circulation active et une flambée des cas.

La mécanique de la contagion : comment le virus se propage

La transmission par voie aérienne, le danger invisible

Ce que beaucoup ignorent, c’est que la voie royale de la grippe saisonnière reste l’air. Une personne infectée projette des milliers de gouttelettes invisibles chargées de virus en toussant, en éternuant, mais aussi simplement en parlant ou en respirant.

Il faut distinguer deux projectiles : les grosses gouttes qui retombent vite (moins d’un mètre) et les aérosols, plus fins, qui restent en suspension dans l’air. Ces derniers saturent l’atmosphère d’une pièce fermée.

L’inhalation de ces particules suffit pour être contaminé, surtout en lieu clos. C’est mathématique.

Le contact direct et indirect, un vecteur sous-estimé

Parlons du contact direct, souvent oublié. Serrer la main d’une personne malade ou l’embrasser sont des voies de transmission évidentes. C’est un échange immédiat et risqué de pathogènes.

Le piège vient du contact indirect. Le virus peut survivre plusieurs heures sur des surfaces (poignées, acier). Toucher un objet contaminé puis se toucher le visage (bouche, nez, yeux) est un mode de contagion très fréquent. C’est un réflexe quasi automatique.

C’est pourquoi le lavage des mains reste la première barrière contre ce type de transmission. Ne le négligez surtout pas.

Les trois grandes voies de la contamination

Pour y voir clair, je synthétise ici les modes de propagation de cette grippe épidémie pour une meilleure mémorisation.

  • Les gouttelettes respiratoires : Projetées lors de la toux ou des éternuements. Contaminent les personnes à proximité directe (moins de 2 mètres).
  • Les aérosols : Fines particules virales restant en suspension dans l’air d’une pièce, surtout si elle est mal ventilée.
  • Le contact : Direct (poignée de main) ou indirect via des surfaces contaminées (téléphones, interrupteurs) suivi d’un contact avec le visage.

Anticiper la vague : surveillance et prévention

La surveillance épidémiologique en temps réel

En France, l’évolution de la grippe saisonnière est suivie de très près par les autorités sanitaires. Des acteurs clés comme Santé publique France et le réseau Sentinelles collectent et analysent des données cliniques chaque semaine. Ce maillage territorial permet de réagir vite face à la montée des cas.

La grande nouveauté réside dans l’utilisation d’outils de modélisation prédictive développés par l’Institut Pasteur. Ces modèles mathématiques sophistiqués permettent désormais d’anticiper le pic de l’épidémie sur plusieurs semaines. Une avancée majeure appliquée concrètement pour la saison 2025-2026 afin de mieux gérer les flux hospitaliers.

La vaccination, le bouclier le plus robuste

La vaccination annuelle demeure le moyen de prévention le plus efficace à notre disposition. Elle ne vise pas uniquement à éviter l’infection, mais surtout à réduire drastiquement les formes graves et les hospitalisations chez les patients vulnérables.

Pourquoi faut-il la refaire tous les ans ? Tout simplement car le virus mute constamment. Le vaccin est donc réadapté chaque année aux souches qui sont les plus susceptibles de circuler, comme les virus de type A(H3N2) ou A(H1N1).

Se faire vacciner n’est pas qu’un geste individuel. C’est un acte de protection collective qui réduit la circulation du virus et protège les plus fragiles.

Les gestes barrières, des réflexes qui sauvent

Au-delà du vaccin, les gestes barrières constituent un complément indispensable à la vaccination, accessible à tous immédiatement pour limiter la contagion.

  1. Se laver les mains très régulièrement à l’eau et au savon, ou avec une solution hydroalcoolique.
  2. Tousser ou éternuer dans son coude pour ne pas contaminer ses mains.
  3. Utiliser des mouchoirs à usage unique et les jeter aussitôt.
  4. Aérer les pièces de vie et de travail au moins 10 minutes plusieurs fois par jour.
  5. Porter un masque chirurgical dès l’apparition des premiers symptômes pour protéger son entourage.

Face à une épidémie de grippe désormais bien installée en France, la vigilance collective est de mise. Si les nouveaux modèles prédictifs de l’Institut Pasteur permettent d’anticiper le pic, la protection repose sur nous. Associer la vaccination aux gestes barrières constitue la stratégie la plus sûre pour traverser cet hiver et protéger les plus vulnérables.

FAQ

Quels sont les symptômes caractéristiques de la grippe saisonnière ?

La grippe se distingue par un début soudain et brutal. Contrairement à un rhume qui s’installe progressivement, l’infection par le virus Influenza terrasse souvent le patient en quelques heures. Les signes cliniques majeurs associent une fièvre élevée (souvent supérieure à 39°C), des frissons intenses, une fatigue écrasante (asthénie) et des douleurs musculaires diffuses (myalgies).

À ce tableau général s’ajoutent des signes respiratoires : une toux sèche et douloureuse, et parfois des maux de tête (céphalées). Il est important de noter que chez la personne âgée, la fièvre peut être moins marquée, mais l’altération de l’état général et la confusion sont des signaux d’alerte.

Quel type de virus de la grippe circule actuellement ?

Pour cette saison hivernale (2025-2026), les données de Santé publique France et du Centre National de Référence indiquent une prédominance des virus de type A. Il s’agit majoritairement des sous-types A(H3N2) et A(H1N1)pdm09.

Le virus A(H3N2) est particulièrement surveillé car il est historiquement associé à des épidémies plus sévères, notamment chez les sujets âgés et les personnes fragiles. La co-circulation de ces souches explique l’intensité de l’activité épidémique observée dès le mois de décembre en France métropolitaine.

Quels sont les mois propices à l’épidémie de grippe ?

En France métropolitaine, l’épidémie de grippe est strictement hivernale. Elle s’installe généralement entre décembre et avril. Cette saisonnalité s’explique par les conditions climatiques : le virus Influenza est plus stable et se transmet plus efficacement dans un air froid et sec.

De plus, nos comportements en hiver (vie en espaces clos, moins d’aération) favorisent la transmission. Pour la saison actuelle, l’épidémie a démarré précocement, avec une intensification notable des indicateurs dès la mi-décembre, anticipant un pic épidémique autour des fêtes de fin d’année.

Quel est le moment le plus difficile lors d’une grippe ?

La phase la plus pénible se situe généralement durant les 2 à 3 premiers jours suivant l’apparition des symptômes. C’est la période du « V » grippal (pour Vitesse et Violence) : la fièvre est à son maximum et les douleurs musculaires sont les plus intenses, clouant souvent le malade au lit.

Si la fièvre chute souvent vers le 4ème jour (parfois avec une légère remontée le lendemain, le fameux « V grippal »), la fatigue intense et la toux peuvent, elles, persister plusieurs semaines après la guérison apparente. C’est ce qu’on appelle la convalescence, qui nécessite du repos pour éviter les surinfections.

Combien de temps dure la contagiosité et la maladie ?

La période de contagiosité est un piège pour la prévention : un adulte est contagieux 24 heures avant même de ressentir les premiers symptômes. Il le reste ensuite pendant 5 à 7 jours après le début de la maladie. Chez les enfants et les personnes immunodéprimées, cette période peut être plus longue.

Concernant la maladie elle-même, la phase aiguë dure généralement une semaine. Cependant, le virus se transmettant par gouttelettes (toux, éternuements) et aérosols, le respect des gestes barrières et l’isolement sont cruciaux dès le moindre doute pour rompre la chaîne de transmission.

Quelle est la différence entre la grippe A et la grippe saisonnière ?

C’est une confusion fréquente. La « « grippe saisonnière » désigne l’événement épidémique qui revient chaque hiver, tandis que la « grippe A » désigne une famille de virus. Dans la grande majorité des cas, la grippe saisonnière est causée par des virus de type A (comme le H1N1 ou le H3N2) ou de type B.

Dire « j’ai la grippe A » revient souvent à dire « j’ai la grippe saisonnière classique ». Les virus de type A sont simplement connus pour leur capacité à muter plus rapidement et à provoquer des épidémies plus vastes que les virus de type B.

S’agit-il d’un nouveau virus de la grippe qui circule cet hiver ?

Il ne s’agit pas d’un « nouveau » virus au sens où le SARS-CoV-2 l’était en 2019, mais plutôt d’une évolution des souches existantes. Le virus de la grippe mute en permanence (c’est le glissement antigénique). Cette année, nous observons par exemple la circulation d’un variant du virus A(H3N2) (sous-clade K).

C’est précisément pour cette raison que la composition du vaccin antigrippal est revue chaque année par l’OMS. Elle est ajustée pour correspondre au mieux aux souches qui circulent, afin de garantir une protection efficace contre les formes graves, même si le virus a légèrement évolué.