
Stress au travail : reconnaître les signes mieux le gérer
Le stress au travail est un problème pour beaucoup de salariés. Améliorer sa gestion du stress permet d'éviter ses conséquences sur la santé.
Article relu
9 min de lectureMis à jour le 20/10/26

Le stress est une réponse physiologique et psychologique de l’organisme face à une situation perçue comme menaçante ou contraignante.
Le conseil clé : consultez un médecin dès que le stress dure, revient ou retentit sur votre sommeil, votre travail ou votre vie quotidienne ; en cas d’idées suicidaires, appelez sans attendre le 3114.
Informations vérifiées en octobre 2026 — Sources : INRS, OMS, Ameli.fr, HAS, ANSM
Maux de ventre, nuque raide, sommeil agité, irritabilité : le stress se manifeste par un ensemble de symptômes, aussi bien physiques que psychologiques, en réaction à une situation inhabituelle ou difficile. Comment savoir si vous êtes réellement stressé ? Cet article s’adresse à vous si vous vous sentez stressé, ou si vous vous inquiétez pour un proche : il vous aide à reconnaître ces signes, à comprendre leurs effets sur la santé et à savoir quand consulter. L’équipe médicale de Qare fait le point sur les différentes manifestations du stress, celles du stress chronique et du stress post-traumatique, et sur ce qui les distingue de l’anxiété.
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Face à une situation inhabituelle ou à une pression (avant un examen, par exemple), notre corps et notre esprit réagissent. C’est le stress : le cerveau déclenche une réaction en chaîne qui mobilise tout l’organisme, avec la libération d’adrénaline, puis de cortisol, par les glandes surrénales. Le médecin Hans Selye a décrit dès 1936 cette réaction, le syndrome général d’adaptation, en trois phases : l’alarme, la résistance, puis l’épuisement si le stress se prolonge. Ses manifestations peuvent être physiques, émotionnelles, intellectuelles ou comportementales :
Lors d’une période de stress intense, vous pouvez également avoir la gorge nouée, ou bien commencer à avoir des tremblements, par exemple. Chaque personne réagit différemment au stress, ce qui fait que les réactions sont très variées. Certaines personnes vont plus somatiser que d’autres et avoir plus de symptômes physiques, alors que d’autres souffriront davantage de changements d’humeur ou encore de perte de confiance en elles. Le stress peut aussi peser sur les relations familiales, amicales et professionnelles.
Ces symptômes peuvent survenir dans de nombreuses situations : pendant la grossesse, au travail, lors d’un déménagement, d’une séparation, ou même d’un événement heureux. Certains stress sont aussi collectifs, comme celui provoqué par les confinements et la crise sanitaire de 2020.
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Le trouble de stress post-traumatique (TSPT) n’est pas un simple stress intense : c’est un trouble psychique qui peut apparaître après un événement traumatisant (accident, agression, attentat…). Selon le DSM-5, la classification américaine des troubles mentaux, ses symptômes se répartissent en 4 groupes ; la CIM-11 de l’OMS en retient 3 (reviviscences, évitement, hypervigilance) :
Le stress peut devenir chronique : il s’installe dans la durée lorsque le facteur de stress reste présent. C’est fréquent en milieu professionnel, par exemple lorsqu’un salarié est constamment surchargé de travail. Ce stress chronique peut mener au surmenage, voire à un syndrome d’épuisement professionnel, ou burn-out.
Les signes du stress chronique apparaissent en général en quelques semaines ; ils sont assez proches de ceux du stress aigu et varient d’une personne à l’autre :
Si vous pensez souffrir de stress chronique, parlez-en à votre médecin : il pourra en rechercher la cause, vérifier qu’une autre maladie n’explique pas vos symptômes et vous proposer une prise en charge adaptée.

Les effets du stress sur l’organisme sont nombreux et peuvent, à la longue, retentir sur la santé physique comme sur la santé mentale : selon l’OMS, le stress peut provoquer ou aggraver des problèmes de santé mentale, surtout l’anxiété et la dépression. Un stress qui dure peut aussi affaiblir certaines défenses du système immunitaire : des études ont montré que les personnes stressées sont plus vulnérables aux infections des voies respiratoires, comme le rhume, et le zona peut se réveiller lors d’une période de fatigue ou de stress. Tomber souvent malade est d’ailleurs un signal qu’il faut lever le pied.
Les douleurs liées au stress sont multiples. Le stress provoque souvent des douleurs musculaires et articulaires, ainsi que des maux de ventre. Il peut aussi entraîner des maux de tête : céphalées de tension ou, chez les personnes migraineuses, crises de migraine, pour lesquelles le stress, une contrariété, mais aussi une détente brutale, comme le début du week-end, sont des facteurs déclenchants classiques.
Le ventre est l’un des endroits où le stress se fait le plus sentir. Pendant une période de stress, vous pouvez avoir divers symptômes digestifs :
Le stress peut aussi déclencher ou aggraver les symptômes du syndrome de l’intestin irritable (ou colopathie fonctionnelle), une maladie fréquente qui associe :
Bon à savoir : l’ulcère de l’estomac est surtout dû à la bactérie Helicobacter pylori ou à la prise d’anti-inflammatoires ; un stress intense ou prolongé (accident, brûlures graves) n’est qu’un facteur favorisant parmi d’autres.
Sur le long terme, le stress a aussi des effets sur le cœur. L’Assurance Maladie le compte parmi les facteurs de risque de maladie cardiovasculaire sur lesquels on peut agir : il favorise l’augmentation de la tension artérielle et du taux de sucre dans le sang, et peut aggraver une hypertension artérielle.
Le stress peut être un déclencheur d’infarctus du myocarde. Si vous avez une maladie coronarienne, apprendre à gérer votre stress fait partie de la prévention ; en revanche, l’activité physique n’est pas à éviter : après un infarctus, une fois la réadaptation terminée, une activité physique adaptée, modérée et régulière est recommandée.
Tant que le stress reste bref et modéré, sans provoquer de réactions hors de proportion, on parle souvent de « bon stress ». Une décharge d’adrénaline peut être motrice : c’est elle qui nous permet de fuir face à un danger, de rester concentré pendant un examen important ou de faire un discours encore meilleur qu’aux répétitions. Pour l’INRS, il n’existe pourtant scientifiquement ni bon ni mauvais stress : il faut surtout distinguer le stress aigu, ponctuel, du stress chronique, qui dure.
Sur le court terme et bien dosé, le stress peut améliorer les performances. Mais cet effet atteint vite un plafond : au-delà, un stress trop intense ou qui dure les fait baisser, et peut même paralyser. C’est ce stress, souvent appelé « mauvais stress », qui nuit à la santé et dont nous décrivons les différentes formes dans cet article.
Lorsque les symptômes du stress sont très forts, ils peuvent créer un sentiment de malaise, voire générer de l’anxiété. La différence tient surtout à leur origine : le stress est une réaction à une contrainte présente, alors que l’anxiété est une émotion d’inquiétude, souvent tournée vers l’avenir, qui peut survenir sans menace réelle. Elle s’accompagne elle aussi de signes physiques proches de ceux du stress :
Lorsque l’anxiété se répète, s’installe dans la durée, survient sans lien avec un danger réel et perturbe la vie quotidienne, une consultation médicale s’impose : il peut s’agir d’un trouble anxieux.

L’angoisse et l’anxiété désignent la même émotion ; sa forme aiguë est la crise d’angoisse, ou attaque de panique. Ses symptômes, physiques et psychologiques, sont plus brefs mais beaucoup plus intenses que ceux du stress :
Une crise d’angoisse atteint son maximum en moins de 10 minutes et dure en moyenne 20 à 30 minutes. Très impressionnante, une crise isolée est pourtant sans gravité. Des techniques de gestion du stress aident à mieux vivre avec au quotidien : l’Assurance Maladie conseille des exercices de respiration profonde, et Santé publique France propose la cohérence cardiaque ou la relaxation musculaire progressive, à pratiquer quelques minutes par jour. Si les crises se répètent ou si l’angoisse s’installe, consultez votre médecin traitant, un psychiatre ou un psychologue. Au moindre doute devant une douleur dans la poitrine, appelez le 15.
Si vous avez des idées suicidaires, n’attendez pas : appelez le 3114, le numéro national de prévention du suicide, gratuit et joignable 24 h/24 et 7 j/7. En cas de danger immédiat, appelez le 15 ou le 112.
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Vous pouvez parler de vos symptômes à un médecin généraliste ou à un psychiatre en vidéo, par exemple sur Qare, depuis chez vous. Le médecin fait le point avec vous, recherche si besoin une autre cause à vos symptômes, vous oriente, le cas échéant, vers une psychothérapie et peut, si nécessaire, vous prescrire un traitement. En France, une prescription en ligne doit reposer sur un échange direct avec le médecin, en vidéo ou par téléphone, et non sur un simple questionnaire.
Une téléconsultation avec un médecin généraliste de secteur 1 coûte 25 € ; avec un psychiatre de secteur 1, 50,20 € pour les patients de plus de 25 ans. Elles sont remboursées à 70 %, moins la participation forfaitaire de 2 €, dans le respect du parcours de soins (l’accès direct au psychiatre est possible entre 16 et 25 ans si vous avez déclaré un médecin traitant).
Pour une souffrance psychique d’intensité légère à modérée, les séances chez un psychologue partenaire de Mon soutien psy sont aussi remboursées à 60 %, dans la limite de 12 séances par année civile ; la première a lieu au cabinet, puis le suivi peut se faire en vidéo.
Le stress n’est pas une maladie, mais lorsqu’il dure, il favorise ou aggrave de nombreux problèmes de santé. Selon l’INRS, le stress chronique est associé aux maladies cardiovasculaires, au syndrome métabolique et au diabète de type 2, aux troubles musculosquelettiques, à la dépression, aux troubles anxieux, à l’épuisement professionnel et aux troubles du sommeil. Il peut aussi déclencher une crise d’asthme ou de migraine, aggraver les symptômes d’un syndrome de l’intestin irritable, provoquer des poussées d’eczéma, de psoriasis ou d’urticaire, et favoriser les infections en affaiblissant certaines défenses du système immunitaire.
Le stress oculaire est lié à une fatigue des yeux plutôt qu’au stress, et provoque notamment les symptômes suivants :
Néanmoins, le stress psychologique peut aussi provoquer certains symptômes oculaires, comme une paupière qui saute.
Le stress oxydatif, ou stress oxydant, n’a pas de lien direct avec le stress psychologique. Il désigne un déséquilibre, dans les cellules, entre la production d’espèces réactives de l’oxygène, dont les radicaux libres, et les défenses antioxydantes de l’organisme. Il ne provoque pas de symptômes visibles, mais il est impliqué dans le vieillissement et dans de nombreuses maladies.
La polyglobulie est une anomalie du sang marquée par un excès de globules rouges. Le stress psychologique n’en est pas une cause reconnue. Une fausse polyglobulie, due à une baisse du volume de plasma, peut en revanche s’observer en cas de déshydratation (vomissements, diarrhée, manque de boisson) ou de prise de diurétiques.
Sur le corps, le stress se traduit surtout par une accélération du rythme cardiaque, un souffle court ou une sensation d’oppression, des tensions et douleurs musculaires, des maux de tête, des maux de ventre et des troubles digestifs, des sueurs inhabituelles, de la fatigue et des troubles du sommeil ou de l’appétit. Ces signes disparaissent en général quand la situation stressante prend fin ; s’ils durent, parlez-en à un médecin.
C’est le cerveau. Dès qu’une situation est perçue comme une menace, il active le système nerveux et les glandes surrénales, situées au-dessus des reins : elles libèrent d’abord de l’adrénaline, qui accélère le cœur et la respiration, puis du cortisol, qui mobilise l’énergie de l’organisme. Lorsque le stress dure, ce système d’alerte reste activé et finit par s’épuiser.
Sources officielles.
Nos articles citent des sources officielles : HAS, Ameli, études cliniques.
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