
Mythomanie : comment la soigner ?
Afin de savoir comment soigner la mythomanie, il est d'abord nécessaire de comprendre les causes de cette tendance pathologique au mensonge.
Article relu
6 min de lectureMis à jour le 27/06/26

La mythomanie, aussi appelée pseudologia fantastica, est un trouble du comportement caractérisé par un mensonge compulsif et répété, sans bénéfice apparent pour la personne.
Le conseil clé : Si vous suspectez une mythomanie chez un proche ou vous-même, consultez un médecin généraliste qui orientera vers un professionnel de santé mentale adapté.
Informations vérifiées en 2026 — Sources : Ameli.fr, HAS, classifications internationales DSM-5 / CIM-11
A différencier avec le simple mensonge, la mythomanie est un véritable trouble du comportement. Ceux qui en souffrent sont incapables de faire la différence entre les histoires qu’ils inventent et la réalité. Comment définir la mythomanie ? Quelles sont les différences entre un menteur invétéré et un mythomane ? Nous décryptons le sujet pour vous.
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La mythomanie est une tendance pathologique au mensonge, qui relève de la psychiatrie. Par définition, un mythomane est une personne qui :
Le psychiatre allemand Anton Delbrück décrit pour la première fois ce trouble en 1891. Le terme est ensuite repris dans les travaux du psychanalyste français Ernest Dupré en 1905. Il tire son origine du grec ancien : “mythos” (qui signifie légende ou mythe) et “manie” (de mania qui veut dire folie).
Aujourd’hui le terme est moins utilisé par les professionnels de santé et ne fait pas partie des derniers ouvrages de classifications internationales des troubles mentaux (DSM-5 et CIM-11). Il est cependant associé à d’autres pathologies mentales comme le trouble de la personnalité narcissique, le trouble de la personnalité limite (borderline), le trouble factice et le trouble délirant de type mégalomaniaque.
Par ailleurs, comprendre les mécanismes à l’origine de cette tendance pathologique au mensonge est une étape essentielle avant d’envisager une prise en charge thérapeutique adaptée.
Le terme mythomane ou “mytho” fait partie de notre langage courant au point qu’on l’utilise aujourd’hui pour qualifier toute personne qui ment de manière répétée. Une distinction est cependant à faire entre la personne qui invente des histoires pour se tirer d’une mauvaise situation et le menteur compulsif.
Dans ce contexte, certains individus qui mentent pour masquer leurs lacunes souffrent en réalité d’un profond doute de ses propres capacités, caractéristique du syndrome de l’imposteur.
Ce qui distingue un mythomane d’un simple menteur, c’est qu’il n’y a pas de frontière entre ce qu’il raconte et sa perception de la réalité. Il vit littéralement à travers ses fabulations. Les symptômes de la mythomanie sont :
Si le terme mythomane est si fréquent c’est que le mensonge est constamment utilisé lors de nos interactions sociales. Il peut parfois l’être pour de “bonnes” raisons, comme par exemple lorsqu’on ment pour protéger les sentiments d’autrui. Ou encore quand on raconte à ses enfants que c’est le père Noël qui a déposé des cadeaux sous le sapin.
Mais même si nous mentons tous, certains mensonges sont plus bénins que d’autres et ils n’ont pas tous les mêmes conséquences. Un menteur invétéré ou un manipulateur a conscience de distordre la réalité et le fait généralement dans un but précis et au détriment de son interlocuteur. Pour un escroc par exemple, le mensonge est un outil utilisé dans le but de tromper autrui. Pour un séducteur peu scrupuleux, il peut servir à dissimuler des informations afin de cumuler plusieurs relations amoureuses.
Un mythomane ment quant à lui de manière inconsciente Il ne connaît pas d’autre fonctionnement que de continuer à vivre dans un monde imaginaire qu’il se crée afin de protéger sa vision du monde et sa sensibilité.
Les causes exactes de la mythomanie sont souvent difficiles à identifier. Elle provient d’un besoin profond de fuir la réalité qui vient souvent d’un choc émotionnel (décès d’un proche, annonce d’une maladie incurable, échec scolaire ou professionnel, déception amoureuse…).
Elle est également associée à plusieurs troubles psychiatriques :
A noter : si la mythomanie en elle-même n’est pas héréditaire, certains troubles mentaux associés à des mensonges chroniques le sont. De plus, on observe souvent chez les mythomanes des figures parentales crédules, manipulatrices ou absentes. Ce qu’il faut retenir, c’est que les mensonges compulsifs émanent le plus souvent d’un rapport particulier aux émotions et d’un manque profond d’estime de soi.
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Il est très difficile pour un mythomane de reconnaître le caractère pathologique de ses mensonges ou même simplement le fait qu’il ment. C’est lié à son sens distordu de la réalité qui l’empêche de la percevoir telle qu’elle est.
Dans les formes les plus légères de mythomanie, il peut être possible de confronter le mythomane. Mieux vaut cependant ne pas avoir trop d’attentes et s’armer de patience car on peut se retrouver face à un déni important et parfois insurmontable. La meilleure option lorsqu’on a un proche qui souffre de mythomanie est de solliciter un avis médical auprès d’un psychiatre, à la fois pour le diagnostic et le pour le traitement.
On peut se poser la question de savoir comment il est possible de vivre avec un mythomane. La réponse dépendra de son degré de mythomanie et de son acceptation d’un éventuel traitement. Le soutien seul du ou de la partenaire d’un menteur pathologique n’est généralement pas suffisant, que cette personne aille dans son sens ou qu’elle tente de le confronter.
Il n’existe à ce jour pas de traitement médicamenteux contre la mythomanie mais la thérapie peut en revanche aider. Comprendre les causes des mensonges et faire un travail sur l’estime de soi des menteurs maladifs, permet parfois de les aider à sortir petit à petit de cette pathologie.
Cela nécessite que la démarche de guérison émane dans une certaine mesure du mythomane et pas seulement de son entourage, ce qui est rare. Le suivi psychiatrique et thérapeutique laisse cependant de l’espoir afin d’accompagner et de faciliter le retour à la réalité de ces menteurs pas comme les autres.
La mythomanie se manifeste par des mensonges répétés, parfois très élaborés, qui ne semblent pas seulement destinés à obtenir un avantage immédiat. La personne peut finir par adhérer partiellement à son récit, ce qui la distingue d’un mensonge ponctuel ou volontairement manipulateur.
Les causes peuvent être multiples : besoin de valorisation, faible estime de soi, histoire personnelle difficile, troubles de la personnalité, anxiété ou difficultés à affronter la réalité. La mythomanie n’est pas un simple “défaut de caractère” et peut s’inscrire dans un fonctionnement psychologique plus complexe.
La mythomanie n’est pas automatiquement associée à un danger physique. Elle peut toutefois créer de la souffrance, des conflits, une perte de confiance et des situations difficiles pour l’entourage. Le niveau de risque dépend du contenu des mensonges et des comportements associés.
La prise en charge repose surtout sur un accompagnement psychologique. Le travail vise à comprendre la fonction des mensonges, renforcer l’estime de soi, reconnaître les situations déclenchantes et rétablir un rapport plus stable à la réalité et aux relations.
Nos articles citent des sources officielles : HAS, Ameli, études cliniques.
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