L’essentiel en 30 secondes
Un AVC, ou accident vasculaire cérébral, survient lorsqu’une partie du cerveau n’est plus correctement alimentée en sang à cause d’une artère bouchée, ou lorsqu’un vaisseau sanguin se rompt. Il nécessite une prise en charge immédiate.
- Un visage qui s’affaisse, un bras qui faiblit ou une parole inhabituelle, apparus soudainement, doivent faire appeler le 15 ou le 112.
- Des symptômes qui disparaissent rapidement peuvent correspondre à un accident ischémique transitoire (AIT) : il faut également appeler les secours.
- À l’hôpital, l’imagerie cérébrale permet notamment de déterminer s’il s’agit d’une artère bouchée ou d’un saignement et d’orienter le traitement.
- Après un AVC, la rééducation, le suivi médical et la prévention d’une récidive sont adaptés à chaque personne.
En cas de suspicion d’AVC ou d’AIT, appelez les secours sans attendre une consultation médicale ou une téléconsultation.
Face à un accident vasculaire cérébral, reconnaître rapidement les signes permet d’organiser la prise en charge sans perdre de temps. Le terme « AVC » regroupe plusieurs mécanismes qui ne se traitent pas de la même manière. Les informations ci-dessous expliquent le parcours de soins, depuis les premiers symptômes jusqu’au suivi après l’AVC.
Quels sont les premiers symptômes d’un AVC ?
Le principal point commun des signes d’alerte est leur apparition brutale. Ils varient selon la région du cerveau touchée et ne provoquent pas forcément de douleur. Trois manifestations sont particulièrement simples à repérer :
- Le visage devient asymétrique : un côté de la bouche tombe ou la personne ne parvient plus à sourire normalement.
- Un bras ou une jambe devient soudainement faible ou engourdi, souvent d’un seul côté. La personne peut par exemple ne plus réussir à lever un bras.
- La parole ou la compréhension est perturbée : difficulté à parler, à articuler, à trouver ses mots ou à comprendre une phrase simple.
D’autres signes peuvent survenir brutalement : perte de la vision d’un œil, vision double, trouble marqué de l’équilibre ou de la coordination, ou mal de tête très intense, soudain et inhabituel. Il n’est pas nécessaire de présenter tous ces symptômes pour appeler. Le ministère de la Santé détaille les principaux signes d’alerte de l’AVC.
Un signe neurologique brutal, même passager : appelez les secours
En cas de suspicion d’AVC ou d’AIT, composez immédiatement le 15 ou le 112. Le SAMU évalue la situation et organise si nécessaire le transport vers l’établissement adapté.
Que faire en attendant les secours ?
- Appelez le 15 ou le 112, donnez l’adresse précise, décrivez les symptômes et suivez les consignes du médecin régulateur. Ne raccrochez pas avant d’y être invité.
- Notez l’heure d’apparition des premiers signes. Si elle est inconnue, indiquez à quelle heure la personne a été vue sans symptôme pour la dernière fois, par exemple avant de s’endormir.
- Aidez la personne à s’asseoir ou à s’allonger confortablement et rassurez-la. En cas de trouble de la conscience, suivez les consignes du régulateur ; une mise en position latérale de sécurité peut être nécessaire.
- Ne donnez rien à boire ni à manger. Ne donnez aucun médicament de votre propre initiative, même un traitement habituel. Regroupez si possible les ordonnances et informations médicales utiles sans retarder l’appel aux secours.
N’organisez pas vous-même le transport vers les urgences avant d’avoir appelé le 15 ou le 112 : le SAMU peut déterminer le moyen de transport et l’établissement les plus adaptés. Ces recommandations suivent les consignes de l’Assurance Maladie et le parcours de santé de la HAS.
Qu’est-ce qu’un AVC ?
Le cerveau a besoin d’un apport continu en sang et en oxygène. Lorsqu’une artère se bouche ou qu’un vaisseau sanguin se rompt, une partie du cerveau peut être endommagée. Selon la zone touchée, cela peut perturber par exemple les mouvements, la parole, la vision ou la compréhension. L’expression « attaque cérébrale » est parfois utilisée pour désigner un AVC.
L’AVC ischémique : une artère obstruée
L’AVC ischémique, aussi appelé infarctus cérébral, est la forme la plus fréquente. Un caillot bouche une artère qui alimente le cerveau. Il peut se former directement dans l’artère ou provenir d’une autre partie du corps, notamment du cœur. Lorsque cela est possible, certains traitements visent à rétablir rapidement la circulation sanguine.
L’AVC hémorragique : un saignement
Dans un AVC hémorragique, un vaisseau sanguin se rompt et provoque un saignement cérébral. La prise en charge est différente de celle d’un AVC dû à un caillot. Les symptômes ne permettent pas à eux seuls de distinguer un AVC ischémique d’un AVC hémorragique. Une imagerie cérébrale est donc indispensable. L’Inserm explique les différents mécanismes de l’AVC.
AIT ou « mini-AVC » : pourquoi faut-il aussi appeler le 15 ?
Un accident ischémique transitoire (AIT) provoque des symptômes neurologiques soudains qui disparaissent complètement, souvent en quelques minutes. L’imagerie ne montre pas d’infarctus cérébral constitué. Le diagnostic nécessite cependant une évaluation médicale : on ne peut pas conclure à un AIT à domicile simplement parce que les symptômes ont disparu.
L’expression « mini-AVC » est parfois utilisée, mais elle peut faire croire à tort que l’épisode est sans importance. Un AIT constitue un signal d’alerte, car le risque d’AVC est augmenté dans les heures et les jours qui suivent. Si des symptômes évoquant un AVC ont duré quelques minutes puis ont disparu, appelez quand même le 15 ou le 112. Voir les informations de Santé publique France et de l’Assurance Maladie sur l’AVC et l’AIT.
Comment le diagnostic est-il établi à l’hôpital ?
L’équipe médicale évalue les symptômes, l’état de conscience, les antécédents et les traitements en cours. Elle cherche notamment à connaître l’heure de début des symptômes ou le dernier moment où la personne a été vue sans symptôme. Les médicaments qui modifient la coagulation du sang sont également pris en compte.
Une imagerie du cerveau et des vaisseaux est réalisée rapidement, par scanner ou IRM selon la situation et les équipements disponibles. Elle permet de rechercher une artère obstruée ou un saignement, d’évaluer les tissus cérébraux concernés et de guider le traitement. Un bilan complémentaire recherche ensuite la cause de l’AVC, par exemple une origine cardiaque ou une maladie des artères. La prise en charge est organisée avec une équipe neurovasculaire, idéalement en unité neurovasculaire. L’Assurance Maladie décrit les examens réalisés en cas d’AVC.
Quels sont les traitements de l’AVC ?
Le traitement dépend du type d’AVC, des résultats de l’imagerie, du délai depuis le début des symptômes, de l’artère concernée et de l’état de santé du patient. Il est décidé par l’équipe spécialisée. Un traitement destiné à déboucher une artère ne convient pas à un AVC hémorragique.
En cas d’AVC ischémique
La thrombolyse intraveineuse consiste à administrer un médicament destiné à dissoudre le caillot. Lorsqu’elle est indiquée, elle doit être réalisée le plus tôt possible, généralement dans les 4 h 30 suivant le début des symptômes.
Chez certains patients sélectionnés grâce à l’imagerie, une thrombolyse peut également être envisagée au-delà de 4 h 30, notamment lorsque l’heure de début est inconnue ou lorsque l’AVC est découvert au réveil. Cette décision est exclusivement hospitalière.
La thrombectomie mécanique consiste à retirer le caillot à l’aide d’un dispositif introduit dans les vaisseaux. Elle s’adresse notamment à certaines occlusions de grosses artères. Elle est particulièrement efficace lorsqu’elle est réalisée rapidement et peut, chez des patients sélectionnés selon des critères précis, être proposée jusqu’à 24 heures après le début des symptômes ou le dernier moment connu sans symptôme.
La thrombolyse et la thrombectomie peuvent parfois être associées. Les délais mentionnés correspondent à des critères médicaux de traitement : ils ne doivent jamais être interprétés comme un délai pendant lequel il serait possible d’attendre avant d’appeler les secours. Même si plusieurs heures se sont déjà écoulées, il faut appeler immédiatement le 15 ou le 112. Les recommandations HAS actualisées en octobre 2025 détaillent les critères utilisés par les équipes spécialisées.
En cas d’AVC hémorragique
La prise en charge vise notamment à limiter l’extension du saignement, à contrôler la pression artérielle lorsque cela est nécessaire et à corriger rapidement l’effet de certains traitements anticoagulants ou troubles de la coagulation. Une intervention neurochirurgicale ou neuroradiologique peut être indiquée dans certaines situations, selon la cause, la taille et la localisation du saignement. La surveillance hospitalière spécialisée est essentielle. Voir le traitement de l’AVC selon l’Assurance Maladie.
Quelles séquelles et quelle récupération après un AVC ?
Les suites d’un AVC sont très variables. Certaines personnes récupèrent complètement ou presque complètement. D’autres conservent des difficultés pour marcher, utiliser un bras, parler, comprendre, avaler ou voir.
Une fatigue importante, des difficultés d’attention ou de mémoire, ainsi que des changements de l’humeur peuvent également survenir. Certains de ces troubles sont peu visibles mais peuvent avoir un retentissement réel sur la vie quotidienne.
La rééducation débute dès que l’état de santé le permet. Selon les besoins, elle peut faire intervenir des kinésithérapeutes, des orthophonistes, des ergothérapeutes, des médecins de médecine physique et de réadaptation ou d’autres professionnels.
L’objectif peut être de récupérer une fonction, de retrouver le plus d’autonomie possible, d’apprendre à compenser certaines difficultés ou d’adapter l’environnement. La récupération dépend notamment de la localisation et de l’étendue des lésions ainsi que de la situation de chaque patient. Elle peut continuer à évoluer plusieurs mois après l’AVC et il n’est pas possible de prévoir précisément la récupération d’une personne à partir des premiers jours. L’OMS présente les principes de la réadaptation après un AVC.
Le médecin traitant participe au suivi avec les équipes spécialisées. Le retour à domicile, la reprise du travail et la reprise de la conduite sont préparés au cas par cas. Les difficultés psychologiques, émotionnelles ou sociales, ainsi que les besoins des proches aidants, peuvent également nécessiter un accompagnement. L’Assurance Maladie propose des repères pour le quotidien après un AVC.
Peut-on réduire le risque d’AVC ou de récidive ?
Un AVC peut survenir à tout âge chez l’adulte, même si sa fréquence augmente avec l’âge. Plusieurs facteurs de risque peuvent être pris en charge : hypertension artérielle, tabagisme, diabète, excès de cholestérol ou encore certains troubles du rythme cardiaque comme la fibrillation atriale. L’absence de facteur de risque connu ne permet cependant pas d’écarter un AVC devant un symptôme neurologique brutal.
- Faire contrôler sa pression artérielle et suivre le traitement prescrit si nécessaire : comprendre les enjeux de l’hypertension artérielle.
- Prendre en charge un diabète ou un excès de cholestérol avec son médecin.
- Se faire accompagner pour arrêter de fumer, limiter la consommation d’alcool et adopter une alimentation équilibrée.
- Pratiquer régulièrement une activité physique adaptée à son état de santé ; après un AVC, les modalités sont discutées avec l’équipe de soins.
Après un AVC ischémique ou un AIT, le traitement destiné à prévenir une récidive dépend notamment de la cause. Certaines personnes reçoivent un médicament antiagrégant plaquettaire, d’autres un anticoagulant, par exemple en cas de fibrillation atriale. Ces médicaments n’ont pas les mêmes indications et ne sont pas interchangeables. Ne commencez, n’arrêtez ou ne modifiez jamais un traitement de ce type sans avis médical. La prévention des récidives décrite par l’Assurance Maladie associe le traitement de la cause à la prise en charge des facteurs de risque cardiovasculaire.
Quelle place pour une consultation à distance ?
Une suspicion d’AVC ou d’AIT nécessite d’appeler immédiatement le 15 ou le 112 : une téléconsultation classique n’est pas adaptée à cette situation. Elle ne permet ni de réaliser l’imagerie nécessaire ni d’organiser à elle seule la filière d’urgence.
Le terme « télé-AVC » désigne quant à lui un dispositif médical utilisé entre professionnels de santé afin de permettre l’expertise d’une équipe neurovasculaire à distance. Il fait partie de la filière hospitalière et ne correspond pas à une téléconsultation grand public.
Une fois la phase d’urgence passée, certaines consultations de suivi ou de prévention peuvent être réalisées à distance lorsque le professionnel estime ce format adapté. Elles ne remplacent pas les examens, soins ou séances de rééducation nécessitant une présence physique. La HAS détaille la place des outils numériques dans le parcours de l’AVC.
Photo d’illustration : Anna Shvets / Pexels. Les clichés représentés ne sont pas présentés comme ceux d’un patient atteint d’AVC.

